Roumanie 2016. Mise en bouche…

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Durée du voyage : 5 semaines du 14 juin 2016 au 20 juillet 2016.

trajet aller : départ de Lyon via l’Italie, la Slovénie, la Hongrie. Entrée en Roumanie à Arad

trajet retour : sortie de Roumanie par Nadias/ Vrsac et retour Lyon via la Serbie, la Croatie, la Slovénie, l’Italie.

Kms parcourus : 7887

Gas-oil : 748 litres ( coût moyen : 1,15€)

Cartes routiéres : Michelin Europe 2016, Michelin 738 national, IGN découverte du monde Roumanie Moldavie

Livres: Guide vert Michelin Roumanie, Le Routard Roumanie Bulgarie, National Géographic Roumanie

Coups de cœur :

Delta du Danube. Camping Dan Pescarul à Murighiol

Volcans de boue : muddy land ( www.muddyland.ro ) GPS : N45° 20′ 48 » E26°42′ 34 »

Sovata (Praid) : camping Vass KertChange : 1€ = 4,5039 Ron

Scarisoara : glacier souterrain

Toutes les régions sont belles et à découvrir. On retournera avec plaisir en Roumanie.

Accueil : parfois indifférent, souvent très chaleureux

Etapes de nuit : www.campingcar-infos.com, www.campercontact.com

Nous avons dormi aussi bien en camping qu’en « sauvage ». Le camping permet de rencontrer les gens et de faire travailler l’économie. Nous avons trouvé des campings très coquets et très propres.

Aires de service camping-car : quasi inexistantes. Prévoir un seau pour les vidanges.

CB : pas acceptée partout. Il faut impérativement avoir du liquide sur soi. Distributeurs automatiques dans les grandes villes

Vignettes automobiles obligatoires :

Slovénie /Hongrie : Ematrica D1(28€ les 2, décomposés comme suit : 15€ pour 7 jours en Slovénie + 13€ Hongrie) Prise à la station autoroutière italienne de Duino Sud (vers Trieste)

Roumanie : Rovignette. 7€ pour 30 jours de date à date. Prise à la frontière Hongrie/Roumanie

Slovénie (retour) : Prise dans une station service avant la frontière.

Pour des tarifs à jour voir le site : www.vab.be/fr

Attention : bien vérifier sur les vignettes l’absence d’erreur sur le numéro d’immatriculation du véhicule !

Réseau routier : déplorable le plus souvent à part les autoroutes.

Insécurité : pas plus qu’ailleurs. On ne laisse rien en vue et on ne stationne pas n’importe où. Gare aux Gypsies !

Achats :

Les magasins sont bien achalandés. Les marchés sont hebdomadaires. Nous avons achetés fréquemment fromages, fruits et légumes à des paysans en bord de route : excellente qualité et souvent moins cher qu’en boutique.

Coût de la vie : moins élevé qu’en France.

Wifi : bien présent. Il suffit souvent de le demander car il n’y a pas toujours des étiquettes.

Langues parlées : roumain, un peu de français, d’italien et d’allemand.

Prévoir le guide Gépalémo du Routard !

Cartes du périple total Lyon/Lyon. Cliquez ci-dessous :

Périple total Lyon/Lyon

Carte du périple à l’intérieur de la Roumanie. cliquez ci-dessous :

Périple interne Roumanie

En route pour la Roumanie !

dsc04630 14 au 16 juin 2016.

De Lyon, notre première étape est le col du Mont Cenis où nous dormons bercé par les cloches des tarines.

Puis, le lendemain, nous traversons l’Italie d’une seule traite en prenant les autoroutes. Nous arrivons sur l’aire de camping-cars de Trieste. Idéalement située sous un auto-pont, proche des docks et de la voie de chemin de fer…Idéale pour une nuit…bruyante ! Elle a le mérite d’exister…Nous nous installons sur un emplacement plat, presque épargné par les crottes de chien et partons à la recherche d’une bière bien méritée. Nous demandons à un passant qui s’esclaffe de rire…Pourtant rien de tel pour pousser la poussière de la route !

De retour à notre emplacement, un agent nous prie de changer de place ! Allons bon ! Nous étions sur des places louées pour les voitures !!! C’est ainsi que nous nous trouvons « glissés » sous le tablier de l’auto-pont ! Impossible d’ouvrir le lanterneau de toit mais c’est propre et plat.

Le 16 juin, nous partons tôt. Nous avons acheté hier les vignettes pour la Slovénie et la Hongrie, fait nos pleins… En route pour Szeged, à 50 kms de la frontière roumaine.

La Slovénie est belle, diverse, très ordonnée…Coquette !

A midi, nous voici à la frontière hongroise…Immédiatement arrêtés par une armada de policiers en embuscade !!! Pendant que je rassemble les documents, Jean-Paul suit les signes des « pandores »…Avec celui-ci, nous avançons de 1 mètre, avec celui-là, nous stoppons, avec l’autre sous l’arbre qui manipule un téléphone…Tout à coup … « GO ! GO ! GO ! » Là, il y a un truc…Nous attendons le contre-ordre : impossible de filer sans être contrôlés. En fait, c’est le douanier bien à l’ombre sous l’arbre qui a vérifié notre numéro d’immatriculation à l’aide de son téléphone : nous sommes en règle…Ah la technologie moderne…

La Hongrie paraît plus pauvre que sa voisine slovène et le paysage est plus morne. Peu importe, nous filons !

Szeged enfin et la promesse d’un camping. Au point GPS…Un vaste pré et…Plus rien !!! Plus de camping ! Le GPS en indique un autre…Fermé lui aussi. Le gardien nous assène : « NICHT ». En voici un en sortie de ville…Naturiste ! Nous filons dans la campagne…Suivant le GPS qui en trouve un à 20km de Zegded…Dans la direction…Dont nous venons ! Nous empruntons une piste sableuse, sous des pins, pendant 2 bons kms. Si le camp est fermé, nous pourrons toujours aller dans la pinède ! Au bout du chemin, une oasis : Oazis Tanya : coquet, dans une clairière, avec un accueil un peu en français, surtout en anglais et …Le verre de bienvenue ! Nous échangeons longuement avec notre hôte qui nous incite à la prudence. Des renards visitent le camping la nuit et chapardent les chaussures laissées hors des véhicules ! Quelle nuit ! Un régal !

Album photos. Phase d’approche. Cliquez ci-dessous :

En phase d’approche !

Arad. Région Banat et Crisana

dsc04643 17 juin 2016 :

Nous partons à 9h avec quelques regrets et cherchons une station où acheter la Ro-vignette, obligatoire pour tout véhicule étranger sur le territoire. Depuis peu, elle se prend au poste frontière.

Un poste digne d’un grand moment. Barrière hongroise : contrôle des papiers, du véhicule. Le douanier plonge littéralement dedans, casquette comprise, par la fenêtre conducteur ! Sa curiosité est vive mais…Le chef est là… Nous passons.

Barrière roumaine, files désordonnées de véhicules…On est dans la bonne ? A priori oui…La vignette c’est où ? Il n’y a pas de cabane pour l’acheter…çà sent l’arnaque…Méfiance…Nous stoppons quelques millimètres avant la « cabirotte » douanière…C’est tout bon. Avancez ! NON ! On ne bouge pas car on n’a pas la vignette ! Gros soupir douanier «  à 100 mètres à droite ». On va avec le véhicule ? Re-soupir… « oui » ! C’est qu’on ne nous la fait plus ! On a déjà donné sur ce type de bêtise. Une roue dans le pays, sans le bon papier et c’est l’amende !!!

La préposée à la vignette est charmante. Elle me tend le sésame et la facture, explique que tout est électronique donc pas de boitier, pas d’autocollant…Juste le document en cas de contrôle. Vérification du dit document au Ccar avant de partir…Vieille méfiance ! La facture est juste et les coordonnées aussi. Vérification de la vignette…Et là !!! Erreur sur notre immatriculation ! J’y retourne…La préposée se confond en excuses, j’en tombe des nues…Ce n’est pas comme çà d’habitude… Voici la vignette en règle.

A Arad, nous stationnons sur un parking au centre du boulevard de la Révolution le long de la voie de tram. C’est exigu…Va-t-il passer sans nous rayer ? Oui !

Arad est écrasée par la chaleur. A l’office du tourisme, l’hôtesse parle un excellent français et s’étonne de notre venue : la destination est peu prisée par les Français. Elle s’étonne encore plus quand nous lui apprenons que nous séjournerons un mois. Elle donne des infos précieuses.

Arad est la porte de la Roumanie, située dans le Banat et arrosée par la Murès. Elle est douloureusement belle avec nombres d’immeubles anciens dont la splendeur n’est plus que décrépitude, d’autres ravalés à grand frais sans doute, et enfin les derniers… Modernes et clinquants ! La promenade dans les jardins le long du Murès est la bienvenue pour résister aux 38° !

Direction Lipova pour l’étape nocturne et son camping international qui…n’existe plus ! Nous cherchons une place vers une église, une place de village bien de chez nous… Or, le tour des églises est barrièré et ne permet pas le stationnement. La route est coincée entre la montagne, les quelques habitations, la voie ferrée et la rivière. Les prés sont détrempés…Nous roulons et cherchons… Fatigués par la chaleur, de guerre lasse, nous stoppons dans un restaurant pour routier avec parking et demandons s’il est possible d’y passer la nuit en contre-partie de nos repas. L’hôtesse a du mal à me comprendre et vice-versa. Une dame s’instaure interprète et nous échangeons en…Italien ! C’est OK pour les repas et la nuit au prix de 10 lei cependant, soit un peu plus de… 2€. Le repas est composé de viandes grillées : poulet, porc et veau, d’une salade de choux et de frites.

Il fait lourd…L’orage éclate…Le ballet des camions est incessant sur la route ! Une horreur ! Las, la pluie s’arrête et les routiers discutent dehors… Certes, gentiment, sans hausser le ton, sans éclat de voix ou de rire…Mais entre deux passages de camions, on n’entend que leurs voix… Jean-Paul finit par s’endormir. Quant à moi, je compte : les intervalles entre les véhicules, puis leur vitesse estimée puis …Angoisse ! Si l’un d’eux quitte la route, il nous écrase direct !!! Bon, çà suffit !!! je finis par sombrer sur le matin.

C’est décidé : il faudra gérer autrement l’étape nocturne !!!

Album photos. Arad. Cliquez ci-dessous :

Arad

Sibiel. région Transylvanie. Horezu. Région Olténie des Piemonts nord

18 juin 2016.

dsc04712  Sibiel est un village situé à l’ouest de Sibiu au pied des monts Cibin. Peu connu des guides touristiques, il a gardé son authenticité. Les habitants nous font un signe de bienvenue. Nous dirigeons nos pas vers l’église St Treime, construite en 1765. A cette époque, la foi orthodoxe était bannie de Transylvanie. Les habitants ont donc érigé une façade catholique. La porte est close…Nous traversons le cimetière et rejoignons le musée des icônes sur verre. Il a été créé par un prêtre, Zosim Oancea, qui venait de passer 15 ans en prison pour avoir protesté contre le régime communiste ! Les icônes sur verre se sont développées à partir de 1700 grâce à des paysans qui ne pouvaient pas s’offrir des icônes sur bois. Elles retracent des éléments de folklore : Marie est habillée comme les femmes des diverses régions de Roumanie, St Georges comme les hommes. Marie protège les pièces d’habitation et St Georges les maisons. Plus de 700 icônes sont regroupées au musée. Nous restons les derniers visiteurs avec la gardienne, qui nous abandonne pour frotter sa lessive, laquelle trempe dans une bassine dans la cour du musée. Tout à coup, elle nous entraine dans l’église. Elle en détient la clé ! A l’intérieur, nous découvrons les mêmes fresques que celles du monastère du Mont Athos en Grèce, ceci parce que le fondateur de l’église venait du Mont Athos. Passées de mode, ces fresques avaient été recouvertes de chaux. A la faveur de travaux, elles ont été découvertes pour le bonheur de nos yeux ! L’église sent le benjoin et le bois. Un banc longe les 4 murs de la minuscule nef. C’est pour les notables ? Non, pour les anciens ! Viennent ensuite, 2 rangs de bancs pour les hommes et 3 pour les femmes. Et les enfants ? Debouts, devant !!!

Album photos. Sibiel. Cliquez ci-dessous :

Sibiel

dsc04775  Direction Horezu, Olténie des Piemonts nord.

Ce monastère orthodoxe se dresse fièrement sur un éperon au bout d’une route en cul de sac, à 39 km à l’ouest de Ramnicu Valea. Il a été édifié sous le règne de Constantin Brancoveanu (règne de 1688 à 1714). Les caractéristiques architecturales sont bien spécifiques au style brancovan : un mélange d’inspiration byzantine, islamique et palladienne, arcs en plein cintre formant une large galerie, hautes tour coiffées de toits, balustrades sculptées de feuilles courbes et motifs zoomorphiques, salle à manger des pèlerins richement ornée de fresques et surtout massifs de fleurs… Tout ici incite au calme et à la contemplation.

L’église principale est protégée par une enceinte comprenant plusieurs tours de guet et un clocher …Pour sonner l’alerte ! Les cellules de religieuses occupent une ailes et les logements et le réfectoire des pélerins une autre.

Nous échangeons dans un français parfait avec un potier de la région qui tient un stand sur le parking. Il nous indique un endroit clame, au bord de l’eau, à 2 km où nous pourrions passer la nuit même si le parking du monastère est très bien.

Hélas, le coin au bord de l’eau est un pré envahi des Roumains qui festoient…Nous retournons au parking et attendons que le bar ferme et que cesse de tourner en boucle son seul et unique CD de chants roumains. Nous attendrons jusqu’à…1 heure de matin ! Un violent orage a éclaté, mettant un terme au vacarme et à la liesse des clients. Nous avons reçu des grêlons en forme de petits triangles sur le camping-car…Inquiétant ! Le matin, après notre 2ème nuit quasi blanche, nous constatons les dégâts…Ouf ! Rien à déplorer !

Album photos. Horezu. Cliquez ci-dessous :

Horezu

Transfagarasan. Musée Astra de Sibiu. Région Valachie

19 juin 2016.

dsc04820  La transfaragarasan, de Curtea de Anges à Cisnadoara, est une belle route inaugurée en 1974. D’abord très aérienne, elle passe ensuite au pied de la Cetatea Poienari ( le vrai château de Vlad Tepes, Comte de Dracula), suit de profondes gorges très boisées, puis le lac artificiel de Vidaru et, enfin, se lance à l’assaut d’un col qui culmine à 2034 mètres. La cascade Balea regorge d’eau. Nombreux sont les automobilistes à stationner en toute anarchie pour une photo et un moment inoubliable. Nous faisons de même…La circulation, à cet endroit, ne s’opère plus que sur une seule voie à cause des véhicules garés. Nous pensions avoir vu le pire. Non ! Un peu avant le col, ce sont des blocs de neige qui obstruent une des voies ! Puis, nous restons bloqués 10 minutes sous le tunnel. Plus rien n’avance. La route est-elle fermée ??? Non ! Au col, des échoppes sont installées : minis grills, buvettes, baraques de produits locaux, cabanes d’artisanat made in…Chut ! Ne soyons pas mauvaises langues tout de suite. Il y a des centaines de véhicules qui tentent de se garer sur des places gratuites, y compris sur le trottoir du tunnel. Un vrai capharnaüm ! Nous restons zen !!! Puis la lente descente déroule ses lacets en épingles à cheveux vers les Carpates.

Album photos. Transfagarasan. Cliquez ci-dessous :

Transfagarasan

dsc04840  Il est encore tôt. Nous décidons de visiter le Musée Astra à la périphérie de Sibiu.

Le Musée Astra de  Sibiu est une sorte d’éco-musée en plein air, le plus grand de Roumanie, qui regroupe environ 400 bâtiments selon des thèmes précis : les moulins, l’industrie traditionnelle, les fermes…Tout ceci autour d’un superbe lac. Nous avons donc un bel aperçu de l’habitat traditionnel et pouvons photographier tranquillement les maisons qui jalonnent nos routes depuis quelques jours. Les maisons sont peintes de couleurs vives, une sorte de badigeon. Elles ont soit une galerie couverte, soit une sorte de perron couvert équipé d’un banc. La toiture en est basse pour plusieurs raisons : protection contre la chaleur, le froid, poste d’observation discret, endroit où le linge et les herbes culinaires sont mis à sécher et, enfin, en été, lieu de préparation des repas.

Le puits est présent partout y compris dans des villages-rue modernes. Souvent, nous apercevons des habitants remplir des bonbonnes d’eau au puits, y compris dans la cour des maisons récentes. Celà signifie-t-il que l’eau courante est encore un luxe ?

Proche des maisons : les greniers. En pierre ou en osier tressé selon les époques ou les provinces. Les oratoires sont aussi bien présents le long des routes.

Vers les églises se dressent des sortes de placards métalliques portant les inscriptions « vivi » et « morten ». il s’agit de « brûloirs » à cierges. La taille du cierge définit le nombre d’intentions de prières. Selon que celles-ci s’adressent aux vivants ou aux morts, le cierge est placé côté droit ou côté gauche du placard.

La visite est très instructive et nous bénéficierons d’un spectacle de chants et danses folkloriques.

L’étape du soir s’effectuera au « camping ananas » de Cisnadoara. Il est coquet et en pleine nature. Nous devrions pouvoir dormir …Soudain…çà alors !!! Des Français ! Nous tombons sur un couple de nantais en caravane. C’est si rare de trouver des Français ! Grâce à eux, nous avons désormais un site internet très utile pour trouver les étapes de nuit : « campercontact ».

Album photos. Musée Astra. Cliquez ci-dessous :

Musée Astra

Premières impressions.

img_2888 20 juin 2016.

Nous faisons constamment, parfois dans la même heure, le grand écart entre la fin du 18ème siècle et le début du 21ème. Ce Roumain se déplace avec une carriole à cheval, pourtant il téléphone avec un smartphone ! Les habitations comprennent toutes des cours closes. Y compris, les maisons au design contemporain ont un puits dans la cour. Elles avoisinent des masures délabrées.

Le tri sélectif n’a quasi pas cours.

Le travail des champs est peu mécanisé et s’effectue à la main. Je retrouve les fenaisons de mon enfance ! Peu de tracteurs sillonnent les prés. Ils sont anciens. Le cheval est omni-présent et constitue une aide précieuse. Le foin est mis à sécher à la verticale sur des séchoirs et les tas sont montés autour d’une structure qui rappelle celle d’un tipi ; ainsi le cœur de la meule reste aéré. Les troupeaux sont magnifiques : vaches et moutons essentiellement. Nous remarquons que les pâturages ne sont pas clos ; un berger et des chiens gardent les troupeaux. Beaucoup de chiens errent, éveillant notre méfiance.

Le réseau routier secondaire est dans un état déplorable et nécessite de la part du chauffeur une attention de chaque instant, d’autant que les conducteurs roumains sont les rois des chauffards !!!

Les Roumains sont prompts à rendre service, à donner un renseignement. La barrière de la langue est là ; pour autant , chacun se débrouille pour se faire comprendre. Les Roumains sont calmes, respectueux (sauf au volant) et quasi indifférents dès lors qu’on ne demande rien. Aucune curiosité malsaine les anime vis à vis de notre véhicule au design particulier. Nous stationnons facilement dans les villages et sur les sites touristiques sans être importunés. Pour le moment, nous n’avons aucune difficulté à trouver des places de stationnement au pied des sites touristiques. Bien sûr, la mendicité est présente, surtout dans les villes. Nous ne cédons pas aux demandes et opposons un « nicht » ferme et souriant.

Les Roumains se laissent photographier avec plaisir si nous leur demandons la permission et prennent la pose tout sourire.

Les normes de sécurité dans les sites touristiques ne répondent pas aux standards français : c’est le moins que l’on puisse dire.

Le tourisme est peu développé. Nous cherchons parfois longtemps les sites faute d’un panneau adéquat. Nous rencontrons beaucoup de Hollandais ou d’Allemands, peu de Français.

Pour les campings, pour le moment, grâce au site recommandé par le couple de Nantais (campercontact), nous trouvons chaussure à notre pied.

Côté nourriture, les viandes sont souvent fumées, comme les fromages. Nous achetons en bord de route et nous régalons. Au top : le miel et sa saveur « mille fleurs » si lointaine de celle de notre miel. Tout est aromatisé aux herbes de prés : orties, livèche, arroche et rumex.

Nous nous « acclimatons » et continuons notre périple avec moins d’a priori négatifs.

Reprenons notre périple.

Album photos. Roumanie, au fil de la route. Cliquez ci-dessous :

Au fil de la route

Sibiu. Biertan. Sighisoara. Carpates. Transylvanie.

dsc05037  20 juin 2016.

Déjà 30° à 9H. Sibiu est entourée de montagnes puisqu’elle se situe au pied des Carpates. Le centre-ville historique est réservé aux piétons. La ville a été édifiée par les Romains. Castrum Cibinum devait protéger le défilé de l’Olt des invasions. Elle fut une place importante de négoce parée de solides remparts la protégeant des attaques des Tarares et des Ottomans. La spécialité de Sibiu est le…salami ! On en trouve partout.

Notre coup de cœur : les toits avec leurs lucarnes en forme d’yeux !

Il semblerait que Vlad Tepes, le terrible Comte de Dracula, aurait empalé nombres d’habitants de Sibiu vers 1439…Est-ce l’explication des yeux sur le toit ? D’ailleurs, un des fils de Dracula est enterré ainsi… Enfin…Enterré… !?!? C’est enterrés les vampires ????

Album photos. Sibiu. Cliquez ci-dessous :

Sibiu

dsc05083 Pour notre plus grand plaisir, le Gps nous entraine, en direction de Biertan, sur une route qui ne figure pas sur notre carte à travers la campagne et les forêts. Nous traversons nombre de villages-rues. Les maisons sont peintes de diverses couleurs et leur fronton mentionne la date de leur construction. Beaucoup sont du XXéme siècle. Les femmes portent de longues jupes rouges aux motifs fleuris et des fichus de même teinte. Les charrettes attelées sont légion.

Nous découvrons les camions ruchers. Ils s’agit de camions-remorques. Les remorques abritent des ruches sur plusieurs étages, un peu comme une HLM à abeilles, dans laquelle ces dernières pénètrent par une fente de boite aux lettres. Le camion est stationné dans les prés ou les bois. L’apiculteur effectue son travail au sein de la remorque au milieu des abeilles.

Biertan, citadelle saxonne, est l’une des plus belles églises fortifiée de Transylvanie. La légende dit qu’elle est née d’une poignée de sable que la fille d’un géant a laissé tomber de sa poche. Biertan fut édifiée en 1486. Une porte nous intrigue dans l’église. Elle a été sculptée en 1515 et est dotée d’un système de verrouillage impressionnant : 19 points !!! Dans cette pièce , étaient enfermés pendant 15 jours, les couples qui souhaitaient divorcer… Système radical et résultat garanti !

Quant on vous dit que les Roumains sont indifférents…Au départ de Biertan, l’alarme du camping-car se déclenche…Et hurle à qui mieux mieux. Jean-Paul tente de l’arrêter mais elle refuse d’obtempérer pendant 5 bonnes minutes. Des Roumains sont installés aux terrasses des cafés…Personne ne s’émeut !!!

Album photos. Biertan. Cliquez ci-dessous :

Biertan

dsc05100   Sighisoara est la cité médiévale la plus évocatrice de Transylvanie et bien sûr, la cité de naissance du père de Dracula !

Sighisoara est un ancien castrum romain, colonisée par les Saxons vers 1280 et, comme toute ville marchande marchande, fortifiée. L’enceinte est pourvue de 16 tours ; chaque corporation assurait à tout de rôle la défense de la cité.

La porte d’entrée de la ville est surmontée d’un beffroi de 64 mètres de haut et d’étranges personnages ornent le clocher. Chacun représente un jour de la semaine.

Nous pénétrons à la dérobée la maison natale de Dracula et, comme le prix est exorbitant pour visiter la chambre natale, nous faisons, sous le manteau, une photo du salon. Ouh là !!! Le patron se doute de quelque chose…Il nous file le train l’air rogue ! Restons stoïques !….Il ne va pas nous empaler, ni nous sucer le sang : il fait encore jour ! Nous filons vers l’escalier couvert érigé en 1642. Composé de 173 marches il permet d’accéder à une église gothique. OUF ! Le cerbère a renoncé à nous suivre !

L’enquête sur Dracula peut se poursuivre…Avançons cependant avec prudence…

Album photos. Sighisoara. Cliquez ci-dessous :

Sighisoara

 

Viscri. Fagaras. Cetatea Poienari. Transylvanie

dsc05247  21 juin 2016.

Nous filons vers Viscri, une citadelle saxonne, de grand matin. Enfin…Filer est un bien grand mot ! La route est défoncée, cassante et tapante à souhait. Aïe ! Un pont de bois bien précaire… Va-t-il résister au passage du camping-car qui avoisine les 3 tonnes ??? Appréhension…. OUI!!! çà passe !!!

Pour parcourir 8Km, il nous faudra 45 minutes ! Le voyage en vaut la peine. Nous voici hors du temps. La rue principale est en terre battue ; les enfants se baignent dans la fontaine ! Ce village saxon figure parmi les plus beaux de Transylvanie et nous comprenons pourquoi tant il est préservé. Le Prince Charles d’Angleterre y serait propriétaire d’une demeure et il oeuvrerait à la restauration de la citadelle. Un chien nous sert de guide et nous conduit, à grands coups de langue sur nos mollets, jusqu’à l’entrée de l’église fortifiée. Elle remonte au début du XII ème siècle et est l’une des plus anciennes de Transylvanie. Elle est entourée d’une enceinte ponctuée de trois tours carrées et de deux bastions. En cas d’invasion, les habitants et le bétails se réfugiaient dans l’enceinte, les animaux étant abrités dans les bâtiments construits le long de l’enceinte.

Bien que nous sommes dans un site ouvert au public, les normes de sécurité « à la française » sont absente. Aucun filet anti-suicide au sommet de la tour, pas de garde corps dans les escaliers en bois, branlants à souhait, aucune interdiction de marcher sur les planchers aux planches vermoulues…Hors du temps vous dis-je ….

Nous découvrons la tour du lard ! Dans cette tour, la température est constante…Aux alentours de 10 °, grâce aux murs épais et à un ingénieux système de ventilation. Dans cette tour, les paysans stockaient leurs pièces de lard. Elles étaient numérotées sur la couenne. Deux paysans gardaient la tour ,chaque semaine, à tour de rôle. Elle était ouverte uniquement le dimanche pour que chacun préserve le lard de la semaine. Chaque ponction était dument répertoriée afin d’éviter les chapardages ou la mauvaise foi en temps de disette. Gare à celui qui prélevait trop peu : la porte s’ouvre exclusivement le dimanche. Et le dimanche suivant, les couennes numérotées sont obligatoirement ramenées pour un contrôle de la consommation !

dsc05273  Fagaras aurait mérité un arrêt. Nous nous contenterons d’une magnifique photo à regret et rejoindrons Saliste pour l’étape nocturne. En cours de route, nous ferons l’achat de fromages dans une cabane en bord de route. Nous aurons droit à une dégustation en règle ! Et à des explications en roumain…que nous ne comprendrons pas complètement. Un fromage ressemble à de la féta et est conservé soit dans la panse de brebis, soit dans une boite de bois confectionnée à l’aide du tronc d’un bouleau évidé. Pour les fromages de vaches, ils sont vendus soit demi-secs, soit fumés. Aucun n’a de croûte.

La Transylvanie est le pays de Dracula. Qu’en est-il ? En 1431, Vlad II s’établit à Sighisoara. Il est surnommé Dracul parce qu’il appartient à l’ordre des Dragons. C’est dans cette ville que sa femme donne naissance en 1436 à Vlad III Dracul, plus connu sous le nom de Tépes (l’Empaleur) pour avoir usé et abusé du pal sur ses adversaires. On raconte aussi qu’il festoyait à côté de ses victimes hurlant sous la torture…Un homme charmant en somme !

dsc04787 Cetatea Poienari est l’un de ses châteaux. Surplombant la fameuse Transfagarasan, ses façades n’inspirent guère à toquer à la porte.

Album photos. Viscri. Cliquez ci-dessous :

Viscri

Alba Iula. Transylvanie.

dsc05326  22 juin 2016.

Alba Iula était la capitale de la Transylvanie de 1541 à 1690. Elle sera une garnison militaire « hermétique » jusqu’en 2004.

Elle renferme l’une des citadelles du règne des Habsburg les plus impressionnantes d’Europe. C’est à Alba Iulia que fut signé le rattachement de la Transylvanie à la Roumanie en 1918.

Malgré la chaleur (32° à 9H), nous visitons la citadelle, construite par un architecte italien, Giovani Morando Visconti au début du XVIIIème, elle reprend le modèle de l’étoile à 7 branches inventée par Vauban. L’église orthodoxe voisine l’église catholique. Cette dernière referme 3 mausolées abondamment fleuris dont celui de Iancu de Hunedoara, père du futur roi de Hongrie : Matthias Corvin.

D’élégantes scènes de vie en bronze agrémentent le parc de la citadelle et nous nous amusons avec ces statues.

Nous quittons pour quelques temps la Transylvanie…Mais nous reviendrons sur les traces de Dracula !!! Il n’en a pas fini avec nous, celui-là !

Nous nous dirigeons vers les Monts Apuseni et le pays des Moti, dans la région Banat et Crisana. Les Motis sont des fermiers et des mineurs de longue tradition puisque leur lignée remonterait à plus de 4 000 ans.

Les Monts Apuseni culminent à 1400 mètres mais sont très escarpés, avec des pentes abruptes. La route accuse des dénivelés de 15% ! La forêt abrite encore les derniers grands carnivores de Roumanie : lynx, ours et loups. Les Motis doivent détenir un permis de chasse spécial pour les chasser.

La routes est encore une fois très « tapante » et « cassante », ceci alors que les villages sont équipés de la video-surveillance ! Un contraste de plus ! Grâce à la forêt nous gagnons en fraicheur.

La ville de Rosia Montana nous étonne. Au vu des grands bâtiments et tapis roulants abandonnés, il semble que des industries minières étaient implantées. Et pas n’importe lesquelles ! Il s’agissait de mines d’or ! Aujourd’hui encore, ce site fait l’objet d’une lutte acharnée entre les écologistes qui souhaitent préserver la beauté du site et une compagnie minière internationale qui souhaite exploiter à nouveau le filon en promettant…Monts et merveilles ! La compagnie propose rien moins que de faire sauter cinq montagnes, d’édifier un lac de résidus de cyanure de 600 hectares et de déplacer 2 000 habitants ! Espérons que les Motis résisteront encore longtemps face à ce désastre écologique !

Nous voici au camping Danut de Garda de Sus. Enfin…Camping… Il s’agit de stationnements dans un pré fauché juste ce qu’il faut, d’un bloc wc au fond du pré et de 2 douches. L’intimité est protégée par un simple rideau.

Nous ne comprenons pas ce qui s’est joué au niveau du prix puisque l’un des hôtes demandait le double que l’autre ! Nous avons payé le prix le plus bas ! Peut être parce que nous sommes les seuls Français, peut être parce que nous avons fait demi-tour au camping voisin de 50 métres, mieux équipé mais plus bruyant.

Gros débat : nous soutenons que le véhicule ne passe pas sous le fils électrique qui traverse l’entrée, le propriétaire alléguant l’inverse ! Décidément ! Nous avions raison ! Agitation du propriétaire qui finit par lever le dit fils avec une gaule !!!

Une Roumaine âgée ramasse son foin devant notre pare-choc en toute tranquillité. Le ruisseau nous charme par son clapotis…Bonheur…

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Alba Iula

Scarisoara. Grotte de glace. Banat et Crisana

img_3004 23 juin 2016.

Nous pensions rejoindre ce site en randonnée ; notre voisin de camping nous le déconseille : trop loin (10 km ce n’est rien pour nous!), trop raide ! Nous nous fions à ses conseils et bien nous en a pris. Les 6 derniers kilomètres ont une pente à 15° et le soleil tape dur : 32° déjà !!!

Nous accédons à la grotte située à 46 mètres de profondeur par un escalier escarpé et glissant pour sa partie en bois. Nous découvrons un des plus grands glaciers souterrains du monde : 120 000M3 de glace ! Des stalactites de glace, des draperies, des stalagmites. La température même au plus fort de l’été oscille entre -1 et +1° : du bonheur !

Nous remontons sur le plateau et…nous voici interviewés par une chaine de Tv roumaine. La journaliste est sympa ; alors pour lui faire plaisir…Nous redescendons dans la grotte ! Quand on aime…

Des étals sont installés le long du sentier et nous ne résistons pas au plaisir de quelques achats. Ici, de la confiture de baies sauvages et là…A une authentique Mémé, toute chenue, des girolles ! Elle en veut 10 lei ( 2,30€) pour un sac bien rempli. Elle n’a pas la monnaie te moi, j’ai 9 lei dans le porte-monnaie…Affaire conclue ! Avec une jolie photo en prime !

A la boutique d’artisanat en bois, la vendeuse refuse la carte bleue. Je lui tends un billet de 100 lei (22€). Elle n’a pas la monnaie. Je lui laisse le billet et elle file à l’hôtel voisin le changer, et ce, sans aucune appréhension ! Elle me laisse la garde de sa boutique !

De retour au camping, pour éviter le lever de fils électrique, le propriétaire nous demande de rouler sur le foin qui sèche. NON ! SI ! NON ! Cette fois, c’est lui qui gagne et nous qui obtempérons la mort dans l’âme.

L’alarme du camping-car se déclenche à nouveau intempestivement ! Jean-Paul prend la mouche et la neutralise…définitivement.

Alors que nous sirotons tranquillement un apéro bien mérité, l’orage gronde…Se rapproche…Agitation de paysannes autour du foin. Notre voisin leur prête main forte…L’orage est là…Nous nous y mettons aussi ! Nous couvrons les tas à l’aide de plastiques et maintenons ces bâches avec des bois qui nous trouvons ici ou là ! Vite fait, bien fait ! Gratitude des paysannes qui décidément trouvent les 2 Français bien étranges : des touristes qui aident sans façon, alors que les Roumains sont indifférents çà existe ?

La vidange des eaux grises du camping-car s’effectue au seau. Jean-Paul s’applique à verser le liquide dans la fosse. Non ! Il faut jeter à la rivière. Nous restons cois et obtempérons là encore la mort dans l’âme. Et non, pas comme cà ! Le propriétaire fait la démonstration : il faut jeter avec un bon élan, presque jusqu’au milieu de la rivière !

Dernière péripétie de cette journée particulière : plus d’eau sur l’évier, plus sur le lavabo et plus pour la chasse des WC….Alors que notre réservoir contient 100 litres …Jean-Paul vérifie. Fusibles : OK…Pompe à eau…Là, il y a un problème. Elle semble défectueuse. Jean-Paul sort la caisse à outil : çà va barder ! Il change la pompe en tour de main et tout rentre dans l’ordre. La malédiction de Dracula nous poursuit-elle ???

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Scarisoara