24 juillet 2019. Kune-Vain-Tale. Patok. Krujë.

24 Juillet 2019. Réserve Kune-Vain-Tale, lagune de Patok :

35° à 9H

En quittant le camping de Shkodër, le terminal CB a bloqué et je suis sûre que c’est… Après la transaction! J’ai du payer en liquide mais en indiquant fermement que si j’ai eu un débit, je reviendrais sur la route du retour. Affaire à surveiller de près !

Nous avons pris une première route pour la réserve de Kune-Vain-Tale, laquelle s’étend sur 2 000 ha, présente un paysage de marais salés, petits lacs et dunes et abrite 17 000 oiseaux.

Arrivés devant l’ancien relai de chasse du Comté Cioni, gendre de Mussolini, sans aucune autre explication, nous empruntons une piste sur 2 bons kms avant de rebrousser chemin. L’Exsis ne passait plus malgré sa bonne garde au sol.

Nous tentons la route de Tale et parvenons à 2 kms de la réserve… Sauf que là… Impossible de se garer sans gêner les exploitations agricoles… Donc…Nous avons filé ailleurs parce que …Chez Routes en Exsis… Nous sommes tenaces !

Nous avons enfin pu profiter du littoral sauvage à la lagune de Patok. Admirez les magnifiques carrelets! Par contre, pour les tortues Caouanes, les tortues vertes et les oiseaux…NADA !

Nous avons donc rejoint Krujë et son camping à la ferme. Après un moment de détente bien mérité, nous visitons la citadelle. Construite au V° siècle, puis reconstruite au XIIIème par Charles d’Anjou (oui le nôtre!), elle a ensuite appartenu aux Ottomans. Skanderberg est le héros national ! Il a régné sur l’Albanie au XV éme siècle et Krjë était sa capitale. Les monuments glorifient ses batailles.

Dans la citadelle, nous avons déambulé dans les ruelles en pavés de chat, cherché le passage secret et admiré le petit hamam encore bien conservé, non sans faire une halte sous l’olivier planté par Skanderberg.

Pour le retour, nous passons par le vieux bazar qui n’a de vieux que le nom ! Ici s’étend le royaume du MIC … Le « made in China ». Difficile de trouver du vrai artisanat albanais pour le moment.

Album photos. Cliquez : Kun-Vain-Tale Patok Krujë

25 juillet 2019. 1ères impressions

Comme un goût de « je m’en foutisme ». Comme un goût de laisser-aller…

Et pourtant, l’Albanais est très coquet, très apprêté. Pourquoi ne soigne-t-il pas son pays ? Les maisons à 2, voire 3 étages, sont habitées au rez-de-chaussée, ou au dernier étage, le reste est en attente : de fenêtres, de moellons, d’aménagement…Les fers à béton sortent sur la terrasse sommitale attendant ….Attendant… La rouille qui les gangrène chaque jour plus.

Les immeubles en ruine, qui mériteraient réhabilitation au titre de la sauvegarde du patrimoine, avoisinent des complexes flambant neufs. Et que dire de ces immeubles au luxe tape à l’œil, ostentatoire…Nouveaux riches que vous avez mauvais goût avec vos colonnes, vos statues et vos dorures partout !!!

Nous ne trouvons pas pour le moment d’habitat typique.

Bien sûr, il y a eu des guerres fratricides, des tremblements de terre…Mais quand même ? Est-ce la seule explication ? Est ce pour éviter de payer des impôts sur les constructions finies ?

Les gens sont étonnés de voir des Français. L’échange se fait souvent en italien. Les Albanais sont accueillants.

Nous sommes choqués du peu de considération pour le respect de la nature. Pas de tri sélectif et les ordures sont jetées n’importe où. Les décharges sauvages abondent. Pourquoi ? Alors qu’il y a de grands bacs poubelles ? Alors que des « brigades de propreté » ramassent les ordures, que des gens collectent les bouteilles en plastique dans de grands sacs…

Dans le lagon de Karavasta, les gens bronzent sur une belle plage de sable …Jonchée de détritus…Quasi couchés dans les détritus ! Les réserves naturelles ne sont pas respectées. Nous avons vu des pays « sales » (Mali, Mauritanie, Russie) mais pas au point d’ici.

Paradoxalement, les Albanais sont tirés à 4 épingles ! Les carrosseries des voitures étincellent !

À part le gas-oil, les prix sont plus bas qu’en France. Pour le moment, le réseau routier est plutôt bon. Les chauffards, par contre, sont légion. Il faut rester très calme au volant et avoir les yeux partout. Le code de la route versus Albanie c’est « je fais ce que je veux et toi tu te débrouilles avec mes décisions ».

Que nous réserve la suite du périple ???

25 et 26 juillet 2019. Durrës. Djivaka. Karavasta.

25 juillet 2019. Durrës. Karavasta.

30° à 9H.

Festival de musiques hier soir à Krujë ! Et du coup…Circulation intense sur la route en bas du camping une bonne partie de la nuit. Le propriétaire se confond en excuses même si je lui explique qu’il n’y est pour rien.

Il fait 30 ° ce matin à 8h30 à 600 mètres d’altitude !

Nous visitons un peu Durrës. Il faut chercher les sites…Et comme nous n’avons payé le parking que pour une heure, que la chaleur nous accable, nous renonçons à trouver les forum et bains romains.

Nous rejoignons la lagune de Karavasta pour, selon le Petit Futé, nous régaler, dans ce parc naturel préservé, de toutes sortes d’espèces d’oiseaux dont les pélicans frisés.

Nous trouvons, par pur hasard, un camping sans prétention où le gérant nous choisit la meilleure place, à l’ombre, au calme. Les cigales nous assourdissent. (camping Piccolo Paradiso : N 40°58’27.9’’ E 19°28’46.0’’)

En fin d’après-midi nous partons sur le bord du lagon voir les oiseaux. Bilan : des crabes, une mouette et une aigrette, des tonnes de détritus en tout genre, des paillotes, du béton ! Où est la réserve vantée par le Petit Futé ??? Il n’y a pas mis les roues depuis quelle année ???

Demain matin nous irons à la maison du parc pour en savoir plus…Parce que la balade en barque pour voir les oiseaux…C’était une idée sympa.

Pas de wifi au camping. En cherchant bien…Celui du « resort » voisin est libre : je me connecte dessus sans hésitation !

26 juillet. Djivaka. Karavasta

Hier impossible de trouver des informations sur les postes d’observation des oiseaux.

Aujourd’hui, c’est à pied que nous avons rejoint la maison du parc afin d’en savoir plus. Si vous venez dans le lagon de Karavasta, c’est ici qu’il faut se renseigner et nulle part ailleurs, y compris sur la balade en barque ! L’accueil est de 1er ordre : assuré par 3 pélicans frisés ! Nous qui les avons tant cherchés hier !

Les guides nous emmènent à travers la pinède admirer le lagon puis nous montons à la tour d’observation pour un tour d’horizon.

Nous parcourons ensuite le « resort » proche du camping, faisons quelques courses et admirons l’ingénieux ralentisseur albanais : un cordage en travers de la route ! Nous avons connu plus cassant sur les SH (routes nationales) albanaises ! De retour au camping « picolo paradiso » (un peu pompeux comme nom mais bon…), le gardien nous offre une bière et nous tentons d’échanger. Nous comprenons qu’après une carrière de chauffeur de car à l’international, il a trouvé ce boulot pour vivre. Ses 3 enfants sont en Allemagne. Il semble qu’il y ait une problème de visa, sans que nous comprenions bien lequel, pour qu’il puisse voir ses enfants. Quel agréable moment ! Par contre, quand nous lui annonçons notre intention d’admirer le coucher de soleil sur le lac ce soir…Il a une drôle de mimique…Pas sûre que ce soit une bonne idée…Nous renoncerons donc.

Conseil du jour :  « si l’Albanais te déconseille une action, obéis. Si tu ne sais pas pourquoi, lui le sait même s’il ne ta le dit pas ! »

Cet après-midi, c’est repos, lessive, tri des photos et tentative de rédaction d’un article pour le blog. Il faut dire que je me « ponte » sur le wifi du ressort voisin…D’où les coupures réseau !

Album photos. Cliquez : Durrës. Djivaka. Karavasta

27 juillet 2019. Monastère Ardenice. Berat.

27 juillet 2019 . Monastère Ardenice.

25,6° à 8H

Nous cherchons notre route en arrivant à Ardenice. Nous nous garons devant un hôtel restaurant et je descends du véhicule. Une femme, me voyant arriver, se « sauve » vers les tréfonds du restaurant. Je la suis tout sourire, mais la peur (oui.. LA peur et pas la crainte) est inscrite dans son regard. J’insiste d’une voix douce et avec le sourire. Elle se détend tout en restant méfiante…Manastary ? Ouf mot magique ! Manastéry !!! Elle sourit cette fois et se répand en explications !

Visite très agréable du monastère d’Ardenice ! Bien sûr, des mendiants occupent la montée à la porte du lieu saint. Les billets ? Ah non…Pas de billet ! Il faut acheter une publication par personne pour 0,91€ pièce.  Je couvre mes cheveux avec ma fouta au grand étonnement d’un autre couple de Français.  Pour le moment, aucune tenue ne nous est imposée dans les édifices religieux ; on prend les devants par respect.

Le monastère, construit en 1280, serait le plus beau monument orthodoxe d’Albanie et aurait abrité les noces de Skanderberg, héros national,en 1451 . Il abriterait le plus vieux texte en langue albanaise. Nous avons vu les photos… Les fresques murales sont magnifiques. Le « guide » nous autorise une photo par personne, soit 2 par couple, sans flash. Pendant ce temps, il sort de l’église…Comme çà il n’a rien vu et sa conscience est tranquille.

Il nous explique aussi que les plus belles icônes ont été « enlevées, cassées par les communistes » ! Nous n’en saurons pas plus.

Nous voici à Berat,  la ville aux 1000 fenêtres. L’influence ottomane est très marquée. C’est à pied, par une montée à plus de 10%, et une température indécente, que nous avons rejoins la citadelle. Elle est habitée.  Les maisons et ruelles sont typiques. Nous nous sommes régalés d’un plat traditionnel au restaurant Onufri après la visite du musée du même nom. Onufri est un célèbre peintre albanais, le 1er grand peintre albanais, à qui la peinture doit un « rouge » très particulier : un rouge brillant teinté de pigments roses. C’est le seul a avoir osé le rose dans les peintures très codifiées des icônes. On sait très peu de chose sur lui si ce n’est qu’il est à l’origine d’un style et d’une école renommés.

Autre personnage célèbre : Ali Pacha, un Ottoman, qui s’est emparé de la ville au dix neuvième siècle. Il utilisait le poison, la terreur et la diplomatie pour régner.

La campagne ici est très belle, plus entretenue que les villes. Les oliveraies très nombreuses avoisinent les grandes serres de production et les champs de maïs.  Après un achat épique de pêches en bordure de route, nous avons reçu en cadeau des poires. La vendeuse m’a mis 4 kg de pêches là où je n’en souhaitais qu’un. Impossible de l’arrêter ! Au pire, on fera de la compote ! En revanche, c’est la 3ème fois que les Albanais nous offrent de la nourriture ou une boisson en signe de bienvenue. Nous bivouaquons ce soir sur le parking du site archéologique Apollonia. Il fait 38° à 17h.

Album photos. Cliquez : Monastère Ardenice. Berat.

28 juillet 2019. Apollonia. Byllis.

28 juillet 2019.  Apollonia.

37,5° à 9H

Nous étions pourtant bien hier soir sur le parking d’Apollonia.  À 21h, un gardien en gilet jaune nous impose de nous garer dans le site même sur un autre parking.  On a du plier l’apéro et la salade vite fait ! Un 4X4 allemand, qui partageait le bivouac avec nous, avait compris qu’il devait se garer à côté de nous. Jean-Paul le détrompe: « Nein. Ferbotten ! Auf !!! » Le 4X4 s’engage en premier et prend une place sur la minuscule plate-forme qui nous est dédiée. LAS ! Impossible de rejoindre la place imposée : l’Exsis patine sur le gravier en pleine montée et virage à angle droit. Le «gilet jaune » ne veut rien savoir… On doit se poser ICI ! Je lui réponds fermement en italien que nous sommes trop lourd et que nous irons sous l’olivier en contre-bas. Il s’entête et nous aussi. Jean-Paul fait « fumer » le gravier…Et finalement…

On se pose sous l’olivier séculaire !!! Apéro !!!

Oui…Mais…Ce matin… Le « gilet jaune » veut qu’on se déplace avant la visite du site. On a fait la sourde oreille.  Curieusement, je ne comprends plus aucun mot italien…Nous comprendrons que la place que nous occupons est celle réservée au chef religieux d’Apollonia : bien plate et surtout à l’ombre sous la frondaison de l’olivier millénaire !

Apollonia est un parc archéologique très complet qui comprend un musée. Ancienne cité grecque fondée en 600 avant J.-C., Apollonia était dédiée au dieu Apollon. Elle disposait d’un port fluvial et les gisements de naphte proches assuraient sa prospérité. Les tremblements de terre du Vème siècle causeront sa perte. Le site sera découvert et fouillé par un Français, Léon Rey, aux environs de 1930. Tout au long des sentiers, nous serons accompagnés de tortues « caouanes ».

Nous avons ensuite rejoint Byllis par une route pourrie! Byllis est plus sauvage qu’Apollonia. La cité fut fondée au IV ème siècle avant J.-C. par le sanguinaire Néoptolène, fils d’Achille, à son retour de la guerre de Troie. Nous avons eu le sentiment que le lieu est laissé en déshérence. Les scorpions et serpents attendent les pieds des imprudents : chaussures fermées obligatoires !

Là aussi, le « gardien » nous offre une bière, des plantes aromatiques séchées qu’hélas je dois refuser…Vous imaginez les dégâts dans le camping-car causés par les plantes sur les routes défoncées ? Moi….Pas besoin de me faire un dessin…. Non merci !

Des puits de pétrole sont en activité dans les champs et l’air répand une odeur pestilentielle de gaz…

Nous poursuivons en direction de Fier quand soudain la SH devient …Défoncée. Tout doucement, nous poursuivons encore quelques kilomètres …La SH est de pire en pire ! Elle disparaît et de grands effondrements sont visibles plus loin. Nous sommes seuls et notre véhicule, même s’il présente une bonne garde au sol, n’est pas 4X4. En cas de plantage….çà risque de durer !!! Par prudence, nous rebroussons chemin et retournons sur Fier pour prendre la direction de Vlora par l’autoroute toute nouvelle. La campagne est toujours aussi belle avec de magnifiques oliviers.

Albums photos. Cliquez : Apollonia. Byllis.

28 et 29 juillet 2019. Orikum. Col Llogara. Ksamil.

28 juillet 2019. Route cotière Orikum.

Vlora la balnéaire…  Nous voulions voir la rue du célèbre lyonnais Justin Godart en bons Lyonnais que nous sommes mais nous avons renoncé à cause de travaux importants en centre ville rendant le stationnement impossible et du vent de sable.

C’est donc par la route côtière qui nous fait penser à notre Riviera entre les embouteillages, les transats, les parasols et les hôtels de luxe, nous atteignons Orikum et le camper park « fish house ». Quel Accueil !!!  Un endroit chaleureux!

Le patron, prénommé Colombo, nous fait goûter son raki maison. Nous discutons en italien et inévitablement vient LA question : «  Mais pourquoi les Français ne viennent pas ? Pourquoi les Français ne nous aiment pas ? Nous ne sommes pas tous des mafieux ! » Délicate réponse… Nous expliquons de l’Albanie est loin et qu’il faut beaucoup de temps pour venir, que le rejet vient de la méconnaissance des Albanais qui pourtant sont accueillants et que, hélas, il existe des mafias dans tous les pays.

Examen réussi ! Et une tournée de raki en plus ! Une !!! Il faut fêter l’ouverture !!! …Et la bonne réponse ?!?!?

Nous profitons de la mer et nous commandons le poisson de sa pêche du jour pour notre menu du soir. De gros nuages menaçants cachent le col de Llogora,  notre destination de demain… Ce soir, un déluge de pluie s’abat sur nous.

Album photos. Cliquez : Vlora. Orikum

29 juillet 2019. Col de Llogara. Ksamil

30° à 8 H

Super repas de poissons hier soir.

Déjà 30° à 8h ce matin! Nous achetons de l’huile d’olive albanaise sur conseil de Colombo. Je choisis 2 bouteilles en verre les pensant plus résistantes que le plastique. Arrivée au camping-car, un léger choc entre les 2 et… Patatrac ! L’une d’elle se brise ! Heureusement dans le sac à courses. Mais quand même…L’huile a giclé ! Et badigeonné la porte de la cellule !!!

Un bon nettoyage plus tard, nous voici partis pour le col de Lloagara qui se cache dans le brouillard. Le thermomètre affiche une agréable température de 21° à 10h. La maison du parc nous déconseille toute randonnée aujourd’hui et demain à cause de la météo.  Dommage…

Nous empruntons donc une route de corniche jusqu’à Ksamil. Malheureusement, il nous sera impossible de visiter le vieux village de Geparo à cause de la chaleur et de difficulté à garer notre Exsis. Par contre, nous avons vu l’ancienne base de sous- marins. D’après certains récits, elle aurait aussi servi de prisons pour les enfants utilisés dans le cadre d’un trafic d’organe. Sale réputation !

La route était entourée de montagnes arides d’un côté et d’oliviers de l’autre. La Riviera albanaise est belle pourtant nous remarquons la pauvreté des bergers dans les collines.

L’accueil au camping de Ksamil est super ! Café late glacé et mousseux à souhait, bonbons épicés, bouteille d’eau glacée.

Ce n’est qu’une fois la température tombée que nous avons visité la cité balnéaire… Dont nous vous livrons quelques clichés pris en centre-ville. Ici, le gouvernement s’est fâché contre les constructions illégales et en a cassé plus de 200…Dont il reste les squelettes.. En plus des immeubles inachevés…Qui vraissemblablement resteront en l’état !

Demain Butrint en bus…. Dès l’aube!

Album photos. Cliquez : Llogara. Ksamil.

30 juillet 2019. Butrint.

Butrint : Notre plus beau site visité pour le moment ! Qu’il est agréable de marcher sous les eucalyptus et les lauriers-sauce ! Vestiges grecs, romains, byzantins et vénitiens occupent le lieu. Mais aussi pour qui sait regarder calmement : tortues et crapauds au bain.

Hélas, les vestiges sont peu protégés à part un sol en mosaïque recouvert de sable.

Au quatrième siècle avant JC, Butrint était un lieu de culte, un port important sur la route principale de la mer Adriatique. Au cinquième siècle, Butrint devient un centre épiscopal. Puis la ville périclite pour n’être plus qu’un petit village de pêcheurs au 19éme siècle et finalement abandonnée au profit de Ksamil.

Cet endroit a inspiré Virgile, Racine et Eugène Delacroix. Nous vous livrons la description qu’en fit Cicéron au 1er siècle avant J.-C. : « l’endroit le plus tranquille, le plus agréable et le plus frais du monde » en tout cas, pour nous, ce n’est que vérité en ce qui concerne l’Albanie.

Nous musarderons encore demain à Ksamil avant de mettre cap au Nord- Est.

Album photos. Cliquez : Butrint.

1 août 2019. St Nicolas Mesopotam. Syri i Kalkër. Gjirokaster.

1 aout 2019 : Monastère St Nicolas de Mésopotam.

31° à 8H30

Quelle nuit ! Pas le moindre souffle d’air, chaleur étouffante et MAAF en forme !!! MAAF ? Vous ne connaissez pas : Mosquitos Albanian Air Force ! Et côté force…Rien à redire ! Ils sont performants !!!

Hier soir, nous avons échangé des sourire avec une belle grand-mère, au visage buriné, toute chenue et vêtue de noir qui allait et venait sur la terrasse. Et ce matin, c’est un porte-clé « tour Eiffel » que nous avons offert à la propriétaire du camping en remerciements de ses bons soins. Quelle émotion dans son regard ! Quelle tristesse dans le notre de quitter cette dame si accueillante !

Nous quittons Ksamil à 9h. Il fait déjà plus de 30°. Le monastère St Nicolas de Mésopotam est hélas en ruines. Le gardien nous accompagne, soucieux de bien nous accueillir, montrer des merveilles insoupçonnées et partager son désarroi. Il nous explique tristement que malgré le classement Unesco les travaux n’avancent pas et tout le site s’abime. Nous compatissons et partageons sa tristesse.

Album photos. Cliquez : St Nicolas de Mésopotam

Pour rejoindre Syri i Kalkër, l’oeil bleu, la piste est longue de 2km. Le site vaut le détour. Il s’agit d’une résurgence naturelle d’un bleu-vert glacial. L’eau remonte en légères bulles d’une température maximale de 8°: un choc pour les jambes mais le bonheur!!!

Il n’existe aucun explication scientifique valable pour ce phénomène…

Album photos. Cliquez : Syri i Kalkër

Puis nous nous engageons sur une belle route à flanc de montagne pour rejoindre la vallée parallèle : celle de Gjirokastër.

Sur la ligne de crête : un bel étal ! Arrêtes toi ! Nous sommes friants de ce genre d’échoppe et celle-ci propose du miel et de…L’huile !!! C’est bien mal nous connaître que de penser que nous allions abandonner l’idée de ramener de l’huile d’olive ! Le jeune commerçant est étonné de voir des Français et engage une conversation dans un sabir mêlant l’anglais, l’allemand, l’italien. Nous lui répondons de la même façon en ajoutant les images du Gépalémo ! Il nous « impose » une dégustation et c’est les bras chargés de bons produits que nous reprenons la route !

A Gjirokastër, nous nous garons sur un « camping » tout nouveau. Le jeune gardien nous fait les honneurs des installations, à l’albanaise…C’est à dire que dans les toilettes, vous avez une pièce regroupant le wc, le lavabo, le pommeau de douche…Et le bac à douche ? Pas besoin ! Il suffit d’une bonde sur le sol carrelé et le tour est joué ! Nous expliquons notre souhait de nous rendre dans la vieille ville à pied. Il nous répond : «  be careful ! Next crossroad.. ! » Son geste de la main est explicite ! Au prochain carrefour, des voleurs !…Il en faut plus pour nous décourager et c’est d’un pas vigoureux que nous partons ! Nous traversons la bande de « roms voleurs », habitant le bidonville en contre-bas de la chaussée sans encombre.

La vieille ville ottomane de Gjirokastër est en cours de rénovation. Elle sera très belle dans quelques temps, toute en camaieu de gris ! La citadelle austère domine la vallée du Drino. Les kulles, maisons sans fenêtre au rez de chaussée et percées de meurtrières renforcent ce sentiment d’autérité.

Gjirokastër a abrité deux personnages célèbres : le dictateur Enver Hoxa et le romancier Ismaël Kadaré. Le premier a transformé la vieille ville en musée à ciel ouvert ( en détruisant cependant une partie du patrimoine) et le second chante ses vertus dans ses romans !

A Gjirokastër, nous avons trouvé du véritable artisanat albanais. Ici, pour l’achat de serviettes dont j’ai reconnu la facture manuelle, la marchande m’offre un napperon. Là, le vieux sculpteur sur bois et sa femme expliquent, en italien, qu’ils sont parmi les derniers à pratiquer cet art. Je leur achète une cuillère qui est aussitôt gravée à mon nom, admire un gratte-dos à la forme ergonomique…Une demie heure plus tard, prise de remord de n’avoir pas acheté cet objet, je retourne à la boutique. Le premier regard est inquiet : «  y a-t-il un souci avec la vente ? »…Face à mon sourire, et au gratte-dos que je prends, voilà les deux vieillards rassurés, tout sourire et…Je serais embrassée sur les 2 joues et récompensée d’un bonbon pour la peine ! Quelle chaleur !!!

Album photos. Cliquez : Gjirokastër

2 et 3 août 2019. Benjë Novosolë. Gërmenj SH75.

2 aout 2019. Benjë Novosolë.

34° à 9H30

Initialement nous devions bivouaquer aux sources d’eau chaude de Benje Novosolë. Sauf que…Avant de rejoindre le bivouac nous voulions visiter Kosinëz. Et là….

Impossible de rejoindre Kosinëz par une pente à 25% toute en gravier, avec le camping-car. Même si nous sommes prudents pour la descendre, la remontée sera impossible à cause du poids. Allez à pied ? Nous sommes trop mal garés et il n’y a aucun emplacement à proximité permettant de laisser l’Exsis sans gêne pour autrui.

Tant pris, nous renonçons même si tout le monde nous a vanté cette merveille et ses fleurs…

Direction l’étape suivante : Permet ! C’est… Comment dire…Bof! Trop abimée par l’essor du tourisme à notre goût.

Ainsi nous voici à 11h, à Benjë Novosolë, aux sources chaudes, par quasi 40° sans un brin d’ombre…. Ici se tenait une station balnéaire réputée qui est tombée en ruine avec la chute de la dictature communiste. Il reste de grands bassins naturels où les Albanais se baignent après s’être enduit d’une glaise aux vertus bienfaisantes.

Restent sur le site 3 beaux ponts de pierre et une église dédiée à la vierge.

Album photos. Cliquez : Benjë Novosolë

Il est possible de bivouaquer sur le « parking » ; l’absence d’ombre et la chaleur excessive nous poussent à poursuivre en direction de la montagne et de Gërmenj, au nord de Leskovik, où nous avons repéré une ferme auberge.

Pour le moment, la route en fond de vallée est très belle et nous apprécions le paysage. Attention ! Tourne à gauche sur la SH75 ! …. Ah…La magnifique SH75 ! Un moment d’anthologie ! Complètement ruinée ! Moyenne: 20km/h! Et on a tout trouvé sur la route: cairns annonçant un effondrement, éboulis, chevaux en liberté, chèvres, gros rochers. Par contre, les paysages étaient époustouflants. Malgré tout, Jean-Paul, en tant que conducteur, reste vigilant et moi, en tant que co-pilote, même si je fais des photos, J’ai les yeux partout. Et justement, derrière nous pas loin, un gros camion DAF 4X4 va nous rejoindre. Nous trouvons un recoin où stationner le temps de lui cèder le passage. Il roule plus vite que nous quand même!

Sur cette portion, il est impossible de se croiser bien entendu. La SH 75 est large de au mieux 2,20 mètres dans les endroits les plus larges ! Espérant qu’il ne viendra pas un gros camion en face, reculer relèverait de la haute couture, ou plutôt de la conduite de haute précision !

Carshove enfin ! Attention ! Sur un forum, un voyageur indiquait qu’il fallait continuer en direction de la Grèce pour trouver la nouvelle route en très bon état sur l gauche. Nous cherchons ; le camion 4X4 aussi, puis il fonce tout droit dans une direction « inconnue » ! Pas de panneau, rien sur mes 2 cartes…Observons, le peu de panneaux routiers existants… Là, à gauche, notre direction et la route est super belle ! çà doit être l’itinéraire indiqué sur le forum !

Nous nous engageons et au bout de 2 kilomètres…Déception ! Désespoir ! Plus de route, plus de bon goudron mais une méchante piste qui a eu été goudronnée…dans de temps immémoriaux ! On refait le point calmement…Rien à faire ! Il n’y a pas d’autres routes sur nos cartes. Alors…on y va…Lentement…Prudemment… Aucun trafic sur cette route à part des troupeaux et des bergers étonnés… »C’est quoi ce véhicule ? Il fait quoi ici, sur cette « route » à carriole « 

Et tout à coup…Au bout d’une heure de cette méchante piste, aux paysages pourtant bien beaux…Un goudron nickel, une route superbe à travers une belle forêt de pins…Nous n’osons y croire…çà va durer ? Ou c’est juste pour nous énerver ?

Oui çà dure et nous arrivons à Farma Sottira. Tout d’abord, nous demandons si nous pouvons rester car il s’agit d’une ferme auberge / pisciculture/ camping à la ferme avec accès sur autorisation du propriétaire, mais une ferme auberge où rien ne manque à 977 mètres d’altitude: poules, oies, chiens, vaches limousines avec cloches et veaux, dindons, canards, poussins, truites!!!

Nous voici à l’ombre des arbres ! Bien stationnés avec des animaux qui nous rendent visite !

Et là …C’est le 4X4 DAF ! Le conducteur, un Allemand, vient nous voir et nous demande des infos sur la route prise. Lui, avec sa carte allemande, a trouvé la route toute neuve. Il explique : « pour éviter le tronçon le plus en ruines de la SH75 en venant de Permet, à Carshove, ne prenez pas la direction Leskovik à gauche mais continuez tout droit jusqu’à Perat quasiment à la frontière grecque. Vous trouverez la SH65 pour Leskovik qui est en bon état »

Il vient juste d’arriver pourtant, la largeur de son véhicule le pénalisant sur les routes étroites !

Une question lui brûle les lèvres : « c’est 4X4 le camper ??? »… » Non « 

Le voilà admiratif ! Et nous comprenons mieux la tête de bergers croisés !

Il s’étonne tout comme nous de l’absence de bus, mini bus ou camion sur toute la SH 75. Nous en déduisons que l’étroitesse de la chaussée défavorise le transport en commun. Attention donc si vous avez un grand camping-car ! Pas de SH 75 pour vous !

Farma Sottira propose une piscine. Il s’agit en fait d’un bassin de la pisciculture réaménagé. L’eau arrive directement de la rivière… Bien fraîche! Le bonheur ! Bon…D’accord…L’eau sent le poisson ! Pas grave !

La température n’est plus que de 27° à 19h. Du coup… Demain… Relâche ici!

3 aout 2019. Farma Sottira

Cette nuit, pour le 1ére fois de notre périple en Albanie, nous avons remis la couette ! Quelle fraicheur vivifiante à Farma Sottira !

Un vrai hâvre de paix aussi où nous nous reposons. Ce matin, le petit-déjeuner était composé de produits de la ferme : beurre salé, fromage blanc, œufs au plat, confiture et pain. Le régal !

Sans compter qu’à midi, une truite de la rivière sitôt pêchée sitôt grillée nous a régalés. Que des bons produits et un service impeccable à Farma Sottira que nous quitterons à regret demain !

Album photos. cliquez : Farma Sottira

4 août 2019. Korçë.

4 aout 2019. Korçë

Déjà 36° à l’ombre des arbres à 9H !

De nouveau la SH 75 défoncée avec cette fois de la tôle ondulée sur des kms. Nous comprenons pourquoi de Permet à Erseke nous n’avons vu ni bus ni camion! Impraticable pour autre chose qu’un véhicule court! Notre Exsis a réussi brillamment l’épreuve.

Des vestiges de guerre subsistent un peu partout. Nous traversons une région de montagne certes mais de pastoralisme et de grands vergers. Le paysage est magnifique et nous en prenons plein les yeux !!!

Surprise!… Émotion!!! …20 kms au sud de Kamenica une superbe 3 voies nous emmène à Korçë, ville propre, coquette et sereine.

Korçë laisse une place de choix aux piétons avec de grandes artères piétonnes, de larges trottoirs ombragés d’arbres. Elle est aussi la capitale de bière avec la plus grande marque de bière locale : la Korça !

Nous visitons la cathédrale orthodoxe où se déroule un baptême, flânons dans l’ancien quartier du bazar en complète reconversion et rénovation pour ensuite visiter la mosquée Merahori. Cette dernière, construite en 1494 à l’emplacement d’une église orthodoxe, est dédiée à un gouverneur ottoman, Illyas Bey qui se faisait appeler mirahor ( général de cavalerie), d’où le nom de la mosquée.

Les fresques à l’intérieur sont belles, la clarté et la fraicheur agréable. Nous apprécions longuement. En face, une curieuse tour de l’horloge est érigée. Nous n’aurons pas plus d’information sur elle.

Nous dirigeons ensuite nos pas vers le plus beau du pays : le musée d’art médiéval à la collection unique icônes dont celles d’Onufri. Moderne, il ressemble à un gros cube avec une lourde porte en acier..Porte fermée !…Pourtant, les horaires indiquent que c’est ouvert ! Jean-Paul, par un geste réflexe, sonne …Sonne…Sonne ! Et là ! Oh…Une dame vient ouvrir ! Pas contente du tout la dame ! Avec un grand sourire, nous demandons si le musée et ouvert et si nous pouvons visiter. Elle aquièce toujours aussi peu aimable et nous assène : « Photos interdites » … Toujours sans aucun sourire et sur un air revêche…

Attend un peu ma vieille !!! Tu me connais mal !

Les salles du musée ont des noms évocateurs : Salle d’Or, balcon blanc, labyrinthe noir, salon rouge, salle blanche et noire. Il contient des merveilles donc une magnifique et importante collection des icônes d’Onufri. Admire avec nous les oranges, rose et ce fameux rouge « brillant » d’Onufri dont le secret est malheureusement perdu à jamais !

Ah oui ! L’interdiction de photographier ! Oh ben…Nous sommes seuls dans les salles. Les caméras sont bien visibles… Donc en tenant correctement contre ma poitrine, mon iphone et en le déclenchant du pouce sans viser… çà le fait ! Il a cetes fallu recadrer et redresser certains clichés… pas grave ! D’autant que la boutique du musée ne vend aucun ouvrage sur l’oeuvre d’Onufri ! Et puis, ma désobéissance répond à l’accueil trop revêche de l’hôtesse !

Ce soir nous campons sur le terrain de la Vila Verde ; les fils nous ont fait gravir la colline derrière la maison. Quelle vue magnifique!!! Merci les jeunes ! Et merci google translate pour communiquer !

Au retour, le plus jeune de nos accompagnateurs ramasse un bouteille en verre dans le rue, devant le portail de Vila Verte. Il obtient nos félicitations….Jusqu’à ce qu’il… jette la bouteille au fossé ! Consternation !!! Nous tentons une gentille explication sur le bien fondé de mettre plutôt à la poubelle qu’au caniveau. Réponse : mais on ne voit plus la bouteille !!!

Ensuite après le dîner, nous avons été invité et avons échangé juste fort tard dans la nuit autour du Raki, de notre eau de vie de poire et de vin albanais. Quel agréable moment de partage à Vila Verde !

Album photos. Cliquez : Korçë