25 et 26 juin 2024. Zabardo. Plovdiv.

Nous reprenons notre route tôt le matin à travers les montagnes des Rhodopes couvertes de vastes pinèdes. Rhodope était un dieu thrace et il devait être à la fois bien sauvage et amoureux de la faune et de la flore. Nous sommes en effet dans les contrées les plus sauvages de Bulgarie. Elles abritent plus de 300 espèces d’oiseaux, des ours bruns, des chèvres sauvages, des loups et des renards mais aussi des fleurs sauvages telles la violette, la tulipe ou la silivriak, qui serait née du sang d’Orphée mis en pièces par des Bacchantes en furie.

Pour rejoindre Zabardo et ses « ponts merveilleux » (choudnite most) la route est très très mauvaise : étroite, avec des lacets serrés et trouée comme un gruyère ! La conduite requière toute notre attention pour éviter ses satanés fondrières ! L’enfer durera 13 kms pour la montée et…AUTANT pour la descente !

Le site, habituellement très fréquenté, est aujourd’hui presque désert. Quelques Bulgares nous accueillent tentant de vendre un objet de leur minuscule échoppe, le tout dans la bonne humeur. Nous préférons le calme de la petite maison dans la prairie.

Les formations rocheuses auraient été provoquées par un tremblement de terre et forme de véritables arches.

L’Indien, figé dans la pierre, me murmure à l’oreille que ce n’est ni un tremblement de terre, ni la rivière qui coule sous ces ponts naturels, mais bien lui et sa magie qui ont créé ces merveilles !

J’en ris ! Mal m’en a pris !!! …Paf ! Je me casse la figure en beauté dans la descente d’un bloc de granit ! Le genou part de son coté et la cheville de l’autre !!! L’indien s’est vengé !
Nous quittons les montagnes des Rhodopes pour la plaine de Thrace, immense et monotone, couverte de champs de céréales pour visiter Plovdiv, une ville aussi vieille que Rome ou Athènes.

Mais avant, il faut réussir à entrer sur l’aire de Glamping Alliance. Tout se fait par QR Code ! Il n’y a aucun employé sur le site. Il nous faudra ¾ d’heures, et pas mal de rouspétances, pour vaincre les algorythmes et obtenir le précieux sésame ! Entre le plantage du smartphone avec lequel j’avais scanné le 1er QR code, la poursuite de l’enregistrement sur la tablette en partage de connexion, le plantage plusieurs fois de leur site, la demande des numéros de passeport (leur système ne reconnaît pas la carte d’identité!), l’oubli de souscription d’une prestation et l’impossibilité de rectifier, l’appel de la « hotline » qui ne parle QUE Bulgare et me raccroche au nez, le téléchargement d’un nouveau QR envoyé sur mon mail et, s’il vous plait, chacun son QR …. Franchement, il y a de quoi regretter les humains !!!
Enfin nous voici dans la place !

Cet après-midi : relâche !!! De toute façon, il fait plus de 40° à l’ombre…

26 juin 2024 : A nous Plovdiv ! Et bien chaussés s’il vous plait ! Les rues de la vieille ville grimpent raide et sont couvertes de grosses pierres !

Cette ville s’étire sur 7 collines ! Fondée par les Thraces dès 5 000 av JC, elle a été étendue par Philipe II de Macédoine en 342 av JC. Elle s’appelle alors Philippopolis.

En 46, les Romains la dote de rues, de tours, d’acqueducs…

Au milieu du IIIème siècle, les Goths la pillent et la détruisent. En 447, les Huns en font tout autant !

Le passé de Plovdiv, bien que tourmenté, reste rayonnant et souligné par de magnifiques vestiges.
A commencer par les ruines de l’Agora et de l’Odéon.

En face, le musée de l’ancienne basilique épiscopale de Philippopolis présente une cour pavée avec un bassin.

Elle abrite une mosaïque de près de 2 000m2, trouvée sur le site ! Ses façades en verre reflètent l’église catholique de San Lyudvig…


A cette vue, la maison toute proche en rougit de plaisir !

Grimpons à l’assaut de la vieille ville aux maisons si bien rénovées ! Les pieds et les mollets sont à rude épreuve ! Mais, l’effort est récompensé !

Presque en haut de la vieille ville, la maison Lamartine, typiquement plovdivienne. Lamartine y a séjourné 3 jours en juillet 1833 lors de son retour d’Orient et il en parle dans son ouvrage : « Voyage en Orient »

Attention ! Encore un génie …Depuis mes déboires avec l’Indien hier…Méfiance !

Sympa, il nous invite juste de nous hydrater à la fontaine du paon et à admirer une belle mosaïque !

Décidément ! Quelle magie opère dans ce quartier ??? L’horloge s’est trompée d’heure !

Quant à la fresque des « temps modernes », c’est elle qui est insolite au milieu de toutes les vieilles demeures !

Nous débouchons enfin sur la place Djoumaia, pour le plus grand bonheur de nos pieds ! Enfin des trottoirs et rues dignes de ce nom !

Le stade romain a été bien mis en valeur puisqu’on peut y pénétrer par l’ancienne entrée des sportifs afin de se régaler à la terrasse des restaurants installés dans l’arène.

Dans la rue Alexandar Ier, les maisons sont très colorées parfois flambant neuves ou presque…

…et parfois en piteux état, malgré leur splendeur !

Attention à Milyo qui nous écoute avec ses grandes oreilles ! Blagueur et imitateur il pourrait bien se moquer de nous !

Allons plutôt boire de l’eau bien fraiche à la belle fontaine…

…Sous l’oeil de Mercure, soudain dédoublé…

…pendant qu’Atlas porte le monde en haut d’une terrasse !

Dans le parc Tsar Siméon, la danseuse entame un pas de deux…

…Alors que les mouettes profitent du bassin de la si bien nommée « fontaine qui chante ».

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