20 juin 2023. Spa. PN Hautes Fagnes. Bokrijk. Belgique

Parc national des Hautes Fagnes.

Hier soir, un Belge frappe à notre porte. Il a crevé et ne dispose pas de cric dans son véhicule. Hélas, le notre est trop haut pour passer sous son véhicule. Nous tentons de le monter sur nos cales. Rien à faire : la roue crevée repousse la cale ! Avec le peu de réseau téléphonique existant, il appelle un ami à la rescousse..La conversation coupe en plein milieu ! Poisse !!! J’avise des personnes qui reviennent de balade et demande à notre automobiliste malchanceux de les interpeler. Elle ont un cric ! Oui mais voilà ! …Notre automobiliste ne sait pas changer une roue ! Jean-Paul lui apprend !!
Tout est bien qui finit bien et nous voici à nouveau au calme !

Ce matin, nous partons en balade à travers les fagnes : zones humides de landes et de tourbières, parsemées de sapinières et de feuillus, couvertes de myrtilles, orchis, iris des marais, peuplées de renards, belettes, pics verts, geais, grives, milans…

De joyeux papillons guident nos pas.

Nous grimpons à la tour panoramique pour bénéficier d’une vue plus grande sur les fagnes et sur le signal de Botrange, point culminant de la Belgique.

Curiosités géologiques que nous observerons du sommet de la tour panoramique : les pingos, des cuvettes entourées d’un talus, qui à l’origine étaient des bulles de glace, qui au moment de leur fonte ont taraudé le sol.

Plus loin, un chêne ancestral. Planté en 1700, il nous séduit par son réseau de racines et la base de son tronc. Quelle merveille !

Bokrijk.e

Il s’agit d’un éco-musée qui reconstitue l’habitat rural des provinces flamandes. Sous une voute de noisetiers élégamment tressés….

Nous accédons au site et nous baladons de fermes en hameau…

…Rêvons devant une maison que nous aimerions bien habiter…

…Jouons avec les coqs…

…remarquons de beaux moules en bois chez le boulanger…

…admirons les fourneaux si particuliers. Dans le foyer, une brassée de petit bois suffit à allumer le feu qui sera ensuite nourri par du charbon. Le four est tout petit mais la surface de chauffe assez grande pour plusieurs plats à laisser mijoter.

Les intérieurs sont raffinés.

Ecole, église, moulin et micro-brasserie : les villages étaient auto-suffisants.

Vous êtes curieux ? Cliquez ici : https://photos.app.goo.gl/YE5prsT1nGPf84R3A

Nous voici sur l’aire de camping-car de Gent, en plein cœur de la réserve de Kattevennen. Il faut dompter l’automate d’entrée, un brin récalcitrant …Enfin…Un gros gros brin !!! Il ne veut pas me donner la main, me demande de choisir le nombre de litres d’eau à mettre dans notre cuve et le nombre de kilowatts que je pense utiliser !!! Qu’est ce que j’en sais !!!
Au bout d’un nombre incroyable d’essais, on peut accéder au site ! Intelligence artificielle : mon œil !!! Jamais vu une usine à gaz pareille ! Il faut un code pour utiliser la prise électrique, un autre pour remplir….PFFF ! Heureusement, le site est beau et un jeune cerf viendra nous voir.

Demain lessive, repassage et vérification de la feuille de route pour la Hollande . Nous y serons le 22 juin, avec 4 jours de retard sur le programme…Peu importe ! Ce rythme nous convient et nous serons de retour comme promis pour relayer nos voisins.

Nous avons aimé cette partie de la Belgique : très verte, bien vallonnée, avec de belles villes plutôt paisibles. Dans les offices de tourisme, les hôtesses ont pris un temps fou pour nous expliquer, plus qu’en détail, tous les sites à voir, nous donner des brochures, promouvoir tel ou tel site en lien avec nos aspirations. C’est sûr : on reviendra ! Avec nos vélos électriques ! Parce que les côtes à 10%, à vélo classique…ce n’est plus pour nous !
Pour le moment, nous marchons quotidiennement entre 8 et 15 kms.

Enfin, voici l’histoire des frites. Autrefois, en bord de Meuse, les pêcheurs avaient coutume à l’Epiphanie de frire tous les petits poissons qu’ils attrapaient. Lors d’un hiver particulièrement rigoureux, il fut impossible de pêcher…Un pêcheur a alors eu l’idée de tailler des pommes de terre en petits bâtonnets pour rappeler les poissons et il les a fait frire dans la graisse de bœuf ! Ainsi a été inventée la frite !

19 juin 2023. Blégny mine. Spa. Belgique

Blégny mine.

En fin de matinée, nous avons rendez-vous pour visiter la mine de Blégny. Ce site de charbonnage a été le dernier à fermer dans le bassin liégeois en 1980.

La mine a été exploitée longtemps, d’abord en surface, puis, au XIXème siècle en sous-sol. Elle descendait sur 8 étages et jusqu’à 530 mètres de profondeur.

Nous commençons par parcourir le terril. Il est composé les déchets d’extractions : pierres, charbons impropres…

Le terril ressemble à un petit mont couvert de végétation. Le tapis roulant déverse en haut les déchets qui finissent par former une sorte de tas.

De la végétation pousse sur les pentes. Les bouleaux vrillent leurs racines pour s’adapter à la déclivité et tenir les « gravats ».

Un escalier, bien raide, de 240 marches nous conduit tout en haut !

Le train des mineurs est à lui seul angoissant : tassés, serrés, les mineurs étaient emmenés dans les galeries jusqu’au point d’extraction.

Nous prenons des forces avant de descendre dans la mine. Il n’y a pas à dire : les frites belges à la graisse de boeuf…C’est autre chose que les nôtres ! Moelleuses dedans, croquantes dehors, avec un goût particulier !

Il faut s’équiper en conséquence : casque et veste de mineur sont obligatoires. EUH…. Pas très propre la veste ! Et pour le casque…Pas de charlotte ! …çà craint un peu non ?!?! On fait la grosse tête de « punis »…

Blégny est l’une des quatre authentiques mines de charbon en Europe où vous pouvez descendre d’abord à -30 mètres avec la cage des mineurs, sorte d’ascenseur de fer, sans éclairage, et bringuebalant à une vitesse folle…Je n’en mène pas large…Même si le « mineur sympa » se veut rassurant…

Nous voici dans la galerie ! Les parois sont toutes en fer. Quel travail colossal fait par les mineurs pour sécuriser !

Cette porte sert à diriger les flux d’air de la surface à -60 mètres et donc à ventiler les galeries.

Un escalier nous conduit à -60 mètres, le long d’une pente à 10% qui était exploitée par les mineurs dans des conditions déplorables. Jugez plutôt !

Le charbon forme une veine sombre et brillante entre deux couches de pierre.

Toutes les machines fonctionnent et nous nous trouvons vite dans un vacarme qui est celui de la mine ! Pauvres mineurs !!!

Retour à la surface par la cage : Beurk !!! Sainte Barbe, patronne des mineurs, nous accueille au sortir de la cage. Nous voilà sauvés !

Ici, le guide nous explique toute les opérations de lavage…Euh…pour le bain de boue…merci , çà ira ! Même si c’est gratuit !

Le guide nous présente le joli train qu’utilisaient les nantis pour se rendre à Liège ou Maastricht. Quel contraste avec celui des mineurs !

Nous jetons un dernier regard sur le Puit Mary et le site avant de rejoindre Spa.

Non, Jean-Paul ! Ce n’est pas notre Exsis ! Nostalgie…Quand elle te tient…

Spa. Ville d’eau.

Spa nous attire en tant que ville d’eau. Elles ont toutes un charme suranné et une élégance particulière, un peu désuète, qui me plait.

L’office du tourisme est aussi une référence pour obtenir des renseignements sur le parc naturel des Hautes-Fagnes, où nous comptons randonner pour rejoindre le point culminant de la Belgique : le signal de Botrange ( hauteur : 694 mètres). Le parc abrite par ailleurs une riche faune et flore.

Hélas ! Mille fois hélas ! Le parc est strictement interdit d’accès à cause de la sécheresse et d’un incendie qui s’est déclaré dans la semaine.

Devant nos mines déconfites, l’hôtesse nous propose une autre balade, au-dessus de Spa, qui nous permettra de découvrir les fagnes : le domaine de Bérinzenne. C’est ici que nous bivouaquons ce soir, sans réseau pour mise en ligne du billet quotidien sur le site.

Revenons à Spa ! Dans la ville, des Pierrots facétieux jouent à saute-mouton…

Sous l’oeil un brin agacé de Pierre Le Grand…

Ce dernier possède son pouhon : la source la plus célèbre de Spa, de style art déco, équipée d’une baignoire en cuivre et ainsi que sa table personnelle.

La source était fréquentée par, entre autre, la Reine Margot, Victor Hugo. Les vertus curatives des sources de Spa sont connues depuis les Romains !

L’eau est légèrement piquante, acidulée et riche en fer, ainsi qu’en témoigne la fontaine Marie-Henriette.

Un funiculaire, ultra moderne, permet de rejoindre, sans fatigue, les nouveaux thermes au sommet de la colline.

Les façades Art Déco se distinguent parmi d’autres d’inspiration plus classique.

Cachée au fond d’une impasse, nous découvrons une cour paisible et accueillante.

La cascade monumentale est plutôt un bassin minuscule que nous avons failli rater.

L’église Saint Remacle surprend par ses divers clochers.

La micro brasserie est bien élégante dans le parc des 7 heures qui abrite aussi un moulin qui servait de pigeonnier.

Les anciens thermes présentent une façade Napoléon III.

Sur la Place Royale, la station météo tente vaillamment de résister aux affres du temps.

Le casino demeure le plus ancien du monde ; construit en 1763, il a cependant subi plusieurs rénovations chamboulant son style initial.

Spa est une ville pleine de charme où il fait bon déambuler le nez en l’air, sous les frondaisons ou dans le parc.