Écrasante chaleur !

Depuis notre arrivée en Roumanie nous sommes terrassés par la chaleur ! Plus de 47 degrés hier à Sibiu ! Mon rein fragile est douloureux malgré plus de 3 litres d’eau bus par jour. Nous avons décidé de rentrer en cherchant un peu de fraîcheur. Un camping, une cinquantaine de kilomètres avant Arad, nous accueille et nous offre ombre et vent… même s’il est chaud. Nous décidons donc d’un repos avant de repartir.

12 et 13 juillet 2024. Fagaras. Sibiu. Roumanie

Enfin une belle nuit fraiche et reposante ! Les deux équipages, requinqués, prennent la route chacun de leur côté. Nous nous retrouverons mi-octobre au festival des aventuriers de Tonnay-Charente !
A cause des trop fortes chaleurs qui vont encore sévir plusieurs semaines selon la météo, et des malaises qu’elles me causent, nous décidons de rentrer tranquillement à Lyon. Avec beaucoup e tristesse, nous prévenons Irina, connue en 2016 et avec qui nous entretenons des contacts réguliers, que nous ne viendrons pas dans le delta du Danube à Murighiol dans leur joli camping « Dan the fisherman ». Elle comprend aisément et nous indique que la Roumanie n’a jamais connu une telle vague de chaleur, ni aussi longue !

Lors de notre voyage en Roumanie, en 2016, nous n’avions pas visité le château de Fagaras faute de temps. Aussi, devient-il notre destination du jour. Le magnifique château, récemment restauré, se mire dans l’eau des douves.

Propriété des Princes de Valachie au XIIIème et XIVème siècle, la forteresse a été aménagée par la vovoïde de Transylvanie au XVIème siècle, puis sous le règne du Prince Gabor Bethlen dans le style renaissance transylvanien.

Prends garde ! La tour nous surveille de ses multiples yeux !

Les salles de réunion, dont la salle du trône, où étaient prises les décisions importantes sont imposantes !

Hélas, le château a abrité des salles de tortures et la terrible « dame de fer », engin de torture dont personne ne réchappe vivant, trône encore dans les murs.

Ensuite,les Autrichiens ont utilisé le château comme prison militaire et reconverti en prison politique sous le régime communiste. Nous descendons dans les cachots …

Même s’il fait frais et que j’apprécie…Décidément non ! Je ne suis pas prête à rester trop longtemps dans ces murs qui exsudent les mauvaises ondes !

A l’étage, bien sûr, revoilà Dracula !!!

Le musée du pays de Fagaras, dans l’enceinte même du château, mérité une visite tant il recèle des trésors de broderies, verreries, poteries…

En longeant les douves, une église, dont les dômes resplendissent au soleil, s’offre à nos yeux !

Il s’agit de la cathédrale St John of the Baptist, elle aussi rénovée et entourée d’un immense parvis, après modification de la voirie. Malheureusement, nous n’avons trouvé aucune documentation sur sa construction et son histoire.

Nous avions beaucoup aimé Sibiu en 2016 et avons décidé d’y établir notre halte nocturne à l’aire de camping-car nomad caravan . Pour y accéder, il nous faudra opérer une manœuvre délicate en pleine circulation du vendredi après-midi, période au cours de laquelle de nombreux Roumains quittent la ville pour le bord de mer. OUF ! Nous y voilà sans encombre et accueilli, non pas par la patronne qui n’a qu’une hâte, filer à bord de son camping-car, mais par une résidente qui prend le temps de tout nous expliquer du fonctionnement de l’aire au bus ou taxis pour rejoindre le centre-ville en passant par la vaisselle et internet !

Sibiu est réputée être la plus belle ville de Roumanie. Elle se laisse découvrir en longues flâneries. A nouveau, en descendant du bus, nous sommes interpellés par une dame…En français..Très contente de trouver des Français et de pratiquer une langue qu’elle aime beaucoup.

Elle nous envoie dans des ruelles et quartiers que nous n’avions pas visité en 2016, un peu comme en balade privée. Ses conseils s’avèreront judicieux !

Nous nous amusons des « yeux sur le toit », ces lucarnes percées dans les toits de tuiles rouges, et destinés à protéger la nourriture, stockée dans les greniers, de la lumière directe du soleil et de garder une ventilation adaptée à la conservation des denrées. En 2017, avec le slogan « Vă vedem », qui signifie « On vous voit », les manifestants contre la dictature de Ceausescu dessinent sur leurs banderoles les yeux de Sibiu ! Et c’est ainsi qu’ils sont devenus, partout dans le monde, la symbole de la contestation.

Ce n’est pas Dracula, malgré son air courroucé, qui nous dira le contraire !

Lorsque nous rentrons au camping-car, à 14H, il fera 47,4° à l’extérieur, à l’ombre des arbres et 40,8° à l’intérieur de l’Exsis. Impossible de faire quoi que ce soit cet après-midi !

11 juillet 2024. Brasov. Prejmer. Roumanie.

Quelle belle soirée avec nos amis ! Pour être plus à l’air et à l’aise, nous avons utilisé une des tables du bar, non sans offrir un kir au propriétaire, toujours prêts à discuter avec les clients !
D’anecdotes en échanges autour de nos voyages, d’astuces en camping-car en rigolades, la soirée a passé bien vite !

La nuit a été chaude et étouffante…Et éprouvante et quasi-blanche pour moi ! Vivement la fraicheur que nous espérons trouver plus au nord ! Nous nous quittons en se donnant un point de retrouvailles… éventuellement… pour le soir à Prejmer sur une aire de stationnement que nous connaissons.

De notre côté, nous voulons visiter Brasov, ville où il est bien difficile de stationner ! Les nombreux parkings et places de stationnement le long des rues sont bondés. Nous virons et tournons un bon moment avant de se décider pour un stationnement en épi dans une rue étroite….Voyons voir ! Sommes bien dans la case ? Est-ce qu’on ne dépasse pas sur la chaussée ? Devant nos interrogations, un homme nous dit que tout est parfait ! OUF !

Une dame échange dans un français parfait avec Jean-Paul pendant que je m’acquitte des droits de stationnement. Elle est heureuse de pratiquer cette langue qu’elle aime. Nous aurons une longue discussion sur les perspective de travail en Roumanie. Comme en France, les plus de 50 ans ont bien du mal à trouver un emploi. Les salaires sont plus bas aussi.

Brasov a été fondée en 1211 par les chevaliers teutoniques sur un ancien site dace. En 1987, c’est aussi ici qu’a eu lieu la première manifestation contre la dictature de Ceausescu !

L’hôtel de ville est bien imposant. Sa façade en arc de cercle ne réussit pas à adoucir cette impression de puissance.

Dans la rue piétonne, les façades baroques ou gothiques incitent à marcher les yeux au ciel !

Le mont Tâmpa domine la Place Stafuliu et toute la vieille ville. A son sommet, le terrifiant Vlad Tepes fit empalé plus d’une quarantaine de nobles !

La Piata Stafului était autrefois le centre médiéval de Brasov. La maison de conseil, construite en 1420, se dresse fièrement au centre.

Elle est surmontée par la tour du héraut où se réunissaient les conseillers municipaux.

Le puit, dans les margelles supportent une structure de fer forgé, délivre une eau très fraîche et délicieuse.

Le joueur de flûte de Hamelin est apparu à Brasov qui le rappelle à notre bon souvenir grâce à sa statue négligemment posée à l’angle d’un balcon.

Ici, tout est prétexte à décoration et à fleurissement. La preuve avec ces deux vélos bien garés dans un espace dédié !

Pour l’étape nocturne, nous rejoignons Prejmer et ses stationnements dédiés, bien identifiés au sol par le mot « RULOT ». lors de notre voyage en 2016, nous avions apprécié le calme de cette étape et le charme de son église-forteresse saxonne.

Surprise ! Nos amis Stéphane et Annie sont là ! Quel plaisir de se retrouver encore une fois ! Le temps d’apprécier deux anciennes maisons, de réparer le klaxon du camping-car de nos amis, il est l’heure de faire comme les cigognes du nid tout proche : papoter autour d’un verre et d’un repas !

9 et 10 juillet 2024. Giurgui. Barcaresti. Roumanie

Nous rentrons à Lyon par la Roumanie parce que nous avons envie de revoir Irina et son mari Dan, connus en 2016 et propriétaires du camping « Dan the fisherman » à Murighiol dans le delta du Danube. Nous sommes restés amis via les réseaux sociaux. https://camping-dan-pescarul.ro/

En parlant d’amis, il paraît plus facile de rejoindre d’abord Annie et Stéphane, plus proches en kms, que d’aller vers Irina et Dan et monter ensuite plein nord à la rencontre d’Annie et Stéphane. Rendez-vous est donc donner pour demain, vers Berça, dans le parc des volcans de boue.
Cléo est venue nous saluer ce matin et nous avons échangé avec ses parents sous un soleil déjà chaud.
Après les dernières courses à Ruse pour terminer nos levas, nous voici sur le pont sur le Danube qui marque la frontière Bulgarie/Roumanie.

Emprunter ce pont nous coute 2€. Et bien sûr, nous ne comprenons pas ce que dit la préposée dans le guichet ! Nous avons pris la Rovignette en ligne, après bien de bug du site…
Trop tard pour tergiverser ! En plein milieu du Danube, nous nous retrouvons en Roumanie !

Au débouché du pont, à Giurgui, un petit box, le dernier contrôle bulgare…où le douanier est épaule contre épaule avec sa collègue roumaine !
Jean-Paul marque bien le stop côté roumain, enclenche la première et c’est parti !!!
STOP !!!
Il pile !
Il a juste oublié l’arrêt roumain à 1 mètre du bulgare ! Il emporte vite nos papiers d’identité à la douanière roumaine qui dans un grand sourire lui dit de filer !
Nous sommes bien en Roumanie et retrouvons ces boutiques de pompes funèbres qui n’ont cesser de nous étonner tant elles diffèrent des nôtres.

Nous filons bon train sur Bucarest. Tellement bon train que nous loupons la bretelle pour le périphérique qui évite Bucarest ! Et le GPS reste muet !
Nous ferons plus de une heure de bouchon pour traverser la capitale et la trouverons bien changée. Par exemple, d’immenses building de verre entourent le Parlement et donne la sensation que celui-ci est écrasé alors qu’il y a 8 ans, il culminait !
C’est bien fatigués que nous arrivons à l’aire de service de Barcaresti, ou plutôt dans la cour d’un particulier qui reçoit les camping-cars. Pour nous mettre bien à l’ombre alors que la température excède les 40°, il coupe la branche d’un arbre en grimpant sur une échelle branlante, équipé d’une sorte de défonceuse électro-portative. Nous frémissons et pensons à l’accident..;Ouf ! Tout se termine bien ! Il sera très prévenant tout en restant discret ! Quel accueil !
Et qui dit nouveau pays dit nouvelle monnaie !


10 Juillet 2024. Berca.

Grâce à une route de campagne très rurale, nous rejoignons nos amis à Berca au camping Muddy, idéalement placé pour accéder aux volcans

Il fait si chaud que nous tentons de trouver un place à l’ombre, chose que s’avèrera quasi impossible !
Après une rude montée, nous accédons à un site quasi lunaire et aux couleurs si contrastées : voici les volcans de boue !

Nous y retrouvons nos amis et partons à l’exploration du parc.

Rien ne pousse sur cette terre trop salée, argileuse, juste animée par les bulles des volcans formées par un gaz qui remontent des entrailles de la terre. La boue est froide et certains s’en enduisent pour ses propriétés curatives.

En route pour la Roumanie !

dsc04630 14 au 16 juin 2016.

De Lyon, notre première étape est le col du Mont Cenis où nous dormons bercé par les cloches des tarines.

Puis, le lendemain, nous traversons l’Italie d’une seule traite en prenant les autoroutes. Nous arrivons sur l’aire de camping-cars de Trieste. Idéalement située sous un auto-pont, proche des docks et de la voie de chemin de fer…Idéale pour une nuit…bruyante ! Elle a le mérite d’exister…Nous nous installons sur un emplacement plat, presque épargné par les crottes de chien et partons à la recherche d’une bière bien méritée. Nous demandons à un passant qui s’esclaffe de rire…Pourtant rien de tel pour pousser la poussière de la route !

De retour à notre emplacement, un agent nous prie de changer de place ! Allons bon ! Nous étions sur des places louées pour les voitures !!! C’est ainsi que nous nous trouvons « glissés » sous le tablier de l’auto-pont ! Impossible d’ouvrir le lanterneau de toit mais c’est propre et plat.

Le 16 juin, nous partons tôt. Nous avons acheté hier les vignettes pour la Slovénie et la Hongrie, fait nos pleins… En route pour Szeged, à 50 kms de la frontière roumaine.

La Slovénie est belle, diverse, très ordonnée…Coquette !

A midi, nous voici à la frontière hongroise…Immédiatement arrêtés par une armada de policiers en embuscade !!! Pendant que je rassemble les documents, Jean-Paul suit les signes des « pandores »…Avec celui-ci, nous avançons de 1 mètre, avec celui-là, nous stoppons, avec l’autre sous l’arbre qui manipule un téléphone…Tout à coup … « GO ! GO ! GO ! » Là, il y a un truc…Nous attendons le contre-ordre : impossible de filer sans être contrôlés. En fait, c’est le douanier bien à l’ombre sous l’arbre qui a vérifié notre numéro d’immatriculation à l’aide de son téléphone : nous sommes en règle…Ah la technologie moderne…

La Hongrie paraît plus pauvre que sa voisine slovène et le paysage est plus morne. Peu importe, nous filons !

Szeged enfin et la promesse d’un camping. Au point GPS…Un vaste pré et…Plus rien !!! Plus de camping ! Le GPS en indique un autre…Fermé lui aussi. Le gardien nous assène : « NICHT ». En voici un en sortie de ville…Naturiste ! Nous filons dans la campagne…Suivant le GPS qui en trouve un à 20km de Zegded…Dans la direction…Dont nous venons ! Nous empruntons une piste sableuse, sous des pins, pendant 2 bons kms. Si le camp est fermé, nous pourrons toujours aller dans la pinède ! Au bout du chemin, une oasis : Oazis Tanya : coquet, dans une clairière, avec un accueil un peu en français, surtout en anglais et …Le verre de bienvenue ! Nous échangeons longuement avec notre hôte qui nous incite à la prudence. Des renards visitent le camping la nuit et chapardent les chaussures laissées hors des véhicules ! Quelle nuit ! Un régal !

Album photos. Phase d’approche. Cliquez ci-dessous :

En phase d’approche !

Arad. Région Banat et Crisana

dsc04643 17 juin 2016 :

Nous partons à 9h avec quelques regrets et cherchons une station où acheter la Ro-vignette, obligatoire pour tout véhicule étranger sur le territoire. Depuis peu, elle se prend au poste frontière.

Un poste digne d’un grand moment. Barrière hongroise : contrôle des papiers, du véhicule. Le douanier plonge littéralement dedans, casquette comprise, par la fenêtre conducteur ! Sa curiosité est vive mais…Le chef est là… Nous passons.

Barrière roumaine, files désordonnées de véhicules…On est dans la bonne ? A priori oui…La vignette c’est où ? Il n’y a pas de cabane pour l’acheter…çà sent l’arnaque…Méfiance…Nous stoppons quelques millimètres avant la « cabirotte » douanière…C’est tout bon. Avancez ! NON ! On ne bouge pas car on n’a pas la vignette ! Gros soupir douanier «  à 100 mètres à droite ». On va avec le véhicule ? Re-soupir… « oui » ! C’est qu’on ne nous la fait plus ! On a déjà donné sur ce type de bêtise. Une roue dans le pays, sans le bon papier et c’est l’amende !!!

La préposée à la vignette est charmante. Elle me tend le sésame et la facture, explique que tout est électronique donc pas de boitier, pas d’autocollant…Juste le document en cas de contrôle. Vérification du dit document au Ccar avant de partir…Vieille méfiance ! La facture est juste et les coordonnées aussi. Vérification de la vignette…Et là !!! Erreur sur notre immatriculation ! J’y retourne…La préposée se confond en excuses, j’en tombe des nues…Ce n’est pas comme çà d’habitude… Voici la vignette en règle.

A Arad, nous stationnons sur un parking au centre du boulevard de la Révolution le long de la voie de tram. C’est exigu…Va-t-il passer sans nous rayer ? Oui !

Arad est écrasée par la chaleur. A l’office du tourisme, l’hôtesse parle un excellent français et s’étonne de notre venue : la destination est peu prisée par les Français. Elle s’étonne encore plus quand nous lui apprenons que nous séjournerons un mois. Elle donne des infos précieuses.

Arad est la porte de la Roumanie, située dans le Banat et arrosée par la Murès. Elle est douloureusement belle avec nombres d’immeubles anciens dont la splendeur n’est plus que décrépitude, d’autres ravalés à grand frais sans doute, et enfin les derniers… Modernes et clinquants ! La promenade dans les jardins le long du Murès est la bienvenue pour résister aux 38° !

Direction Lipova pour l’étape nocturne et son camping international qui…n’existe plus ! Nous cherchons une place vers une église, une place de village bien de chez nous… Or, le tour des églises est barrièré et ne permet pas le stationnement. La route est coincée entre la montagne, les quelques habitations, la voie ferrée et la rivière. Les prés sont détrempés…Nous roulons et cherchons… Fatigués par la chaleur, de guerre lasse, nous stoppons dans un restaurant pour routier avec parking et demandons s’il est possible d’y passer la nuit en contre-partie de nos repas. L’hôtesse a du mal à me comprendre et vice-versa. Une dame s’instaure interprète et nous échangeons en…Italien ! C’est OK pour les repas et la nuit au prix de 10 lei cependant, soit un peu plus de… 2€. Le repas est composé de viandes grillées : poulet, porc et veau, d’une salade de choux et de frites.

Il fait lourd…L’orage éclate…Le ballet des camions est incessant sur la route ! Une horreur ! Las, la pluie s’arrête et les routiers discutent dehors… Certes, gentiment, sans hausser le ton, sans éclat de voix ou de rire…Mais entre deux passages de camions, on n’entend que leurs voix… Jean-Paul finit par s’endormir. Quant à moi, je compte : les intervalles entre les véhicules, puis leur vitesse estimée puis …Angoisse ! Si l’un d’eux quitte la route, il nous écrase direct !!! Bon, çà suffit !!! je finis par sombrer sur le matin.

C’est décidé : il faudra gérer autrement l’étape nocturne !!!

Album photos. Arad. Cliquez ci-dessous :

Arad

Sibiel. région Transylvanie. Horezu. Région Olténie des Piemonts nord

18 juin 2016.

dsc04712  Sibiel est un village situé à l’ouest de Sibiu au pied des monts Cibin. Peu connu des guides touristiques, il a gardé son authenticité. Les habitants nous font un signe de bienvenue.

Nous dirigeons nos pas vers l’église St Treime, construite en 1765. A cette époque, la foi orthodoxe était bannie de Transylvanie. Les habitants ont donc érigé une façade catholique. La porte est close…Nous traversons le cimetière et rejoignons le musée des icônes sur verre. Il a été créé par un prêtre, Zosim Oancea, qui venait de passer 15 ans en prison pour avoir protesté contre le régime communiste ! Les icônes sur verre se sont développées à partir de 1700 grâce à des paysans qui ne pouvaient pas s’offrir des icônes sur bois. Elles retracent des éléments de folklore : Marie est habillée comme les femmes des diverses régions de Roumanie, St Georges comme les hommes. Marie protège les pièces d’habitation et St Georges les maisons. Plus de 700 icônes sont regroupées au musée.

Nous restons les derniers visiteurs avec la gardienne, qui nous abandonne pour frotter sa lessive, laquelle trempe dans une bassine dans la cour du musée. Tout à coup, elle nous entraine dans l’église. Elle en détient la clé ! A l’intérieur, nous découvrons les mêmes fresques que celles du monastère du Mont Athos en Grèce, ceci parce que le fondateur de l’église venait du Mont Athos. Passées de mode, ces fresques avaient été recouvertes de chaux. A la faveur de travaux, elles ont été découvertes pour le bonheur de nos yeux !

L’église sent le benjoin et le bois. Un banc longe les 4 murs de la minuscule nef. C’est pour les notables ? Non, pour les anciens ! Viennent ensuite, 2 rangs de bancs pour les hommes et 3 pour les femmes. Et les enfants ? Debouts, devant !!!

Album photos. Sibiel. Cliquez ci-dessous :

Sibiel

dsc04775  Direction Horezu, Olténie des Piemonts nord.

Ce monastère orthodoxe se dresse fièrement sur un éperon au bout d’une route en cul de sac, à 39 km à l’ouest de Ramnicu Valea. Il a été édifié sous le règne de Constantin Brancoveanu (règne de 1688 à 1714). Les caractéristiques architecturales sont bien spécifiques au style brancovan : un mélange d’inspiration byzantine, islamique et palladienne, arcs en plein cintre formant une large galerie, hautes tour coiffées de toits, balustrades sculptées de feuilles courbes et motifs zoomorphiques, salle à manger des pèlerins richement ornée de fresques et surtout massifs de fleurs… Tout ici incite au calme et à la contemplation.

L’église principale est protégée par une enceinte comprenant plusieurs tours de guet et un clocher …Pour sonner l’alerte ! Les cellules de religieuses occupent une ailes et les logements et le réfectoire des pélerins une autre.

Nous échangeons dans un français parfait avec un potier de la région qui tient un stand sur le parking. Il nous indique un endroit clame, au bord de l’eau, à 2 km où nous pourrions passer la nuit même si le parking du monastère est très bien.

Hélas, le coin au bord de l’eau est un pré envahi des Roumains qui festoient…Nous retournons au parking et attendons que le bar ferme et que cesse de tourner en boucle son seul et unique CD de chants roumains. Nous attendrons jusqu’à…1 heure de matin ! Un violent orage a éclaté, mettant un terme au vacarme et à la liesse des clients. Nous avons reçu des grêlons en forme de petits triangles sur le camping-car…Inquiétant ! Le matin, après notre 2ème nuit quasi blanche, nous constatons les dégâts…Ouf ! Rien à déplorer !

Album photos. Horezu. Cliquez ci-dessous :

Horezu

Transfagarasan. Musée Astra de Sibiu. Région Valachie

19 juin 2016.

dsc04820  La transfaragarasan, de Curtea de Anges à Cisnadoara, est une belle route inaugurée en 1974. D’abord très aérienne, elle passe ensuite au pied de la Cetatea Poienari ( le vrai château de Vlad Tepes, Comte de Dracula), suit de profondes gorges très boisées, puis le lac artificiel de Vidaru et, enfin, se lance à l’assaut d’un col qui culmine à 2034 mètres. La cascade Balea regorge d’eau.

Nombreux sont les automobilistes à stationner en toute anarchie pour une photo et un moment inoubliable. Nous faisons de même…La circulation, à cet endroit, ne s’opère plus que sur une seule voie à cause des véhicules garés. Nous pensions avoir vu le pire. Non ! Un peu avant le col, ce sont des blocs de neige qui obstruent une des voies !

Puis, nous restons bloqués 10 minutes sous le tunnel. Plus rien n’avance. La route est-elle fermée ??? Non ! Au col, des échoppes sont installées : minis grills, buvettes, baraques de produits locaux, cabanes d’artisanat made in…Chut ! Ne soyons pas mauvaises langues tout de suite. Il y a des centaines de véhicules qui tentent de se garer sur des places gratuites, y compris sur le trottoir du tunnel. Un vrai capharnaüm ! Nous restons zen !!! Puis la lente descente déroule ses lacets en épingles à cheveux vers les Carpates.

Album photos. Transfagarasan. Cliquez ci-dessous :

Transfagarasan

dsc04840  Il est encore tôt. Nous décidons de visiter le Musée Astra à la périphérie de Sibiu.

Le Musée Astra de  Sibiu est une sorte d’éco-musée en plein air, le plus grand de Roumanie, qui regroupe environ 400 bâtiments selon des thèmes précis : les moulins, l’industrie traditionnelle, les fermes…Tout ceci autour d’un superbe lac. Nous avons donc un bel aperçu de l’habitat traditionnel et pouvons photographier tranquillement les maisons qui jalonnent nos routes depuis quelques jours. Les maisons sont peintes de couleurs vives, une sorte de badigeon.

Elles ont soit une galerie couverte, soit une sorte de perron couvert équipé d’un banc. La toiture en est basse pour plusieurs raisons : protection contre la chaleur, le froid, poste d’observation discret, endroit où le linge et les herbes culinaires sont mis à sécher et, enfin, en été, lieu de préparation des repas.

Le puits est présent partout y compris dans des villages-rue modernes. Souvent, nous apercevons des habitants remplir des bonbonnes d’eau au puits, y compris dans la cour des maisons récentes. Celà signifie-t-il que l’eau courante est encore un luxe ?

Proche des maisons : les greniers. En pierre ou en osier tressé selon les époques ou les provinces. Les oratoires sont aussi bien présents le long des routes.

Vers les églises se dressent des sortes de placards métalliques portant les inscriptions « vivi » et « morten ». il s’agit de « brûloirs » à cierges. La taille du cierge définit le nombre d’intentions de prières. Selon que celles-ci s’adressent aux vivants ou aux morts, le cierge est placé côté droit ou côté gauche du placard.

La visite est très instructive et nous bénéficierons d’un spectacle de chants et danses folkloriques.

L’étape du soir s’effectuera au « camping ananas » de Cisnadoara. Il est coquet et en pleine nature. Nous devrions pouvoir dormir …Soudain…çà alors !!! Des Français ! Nous tombons sur un couple de nantais en caravane. C’est si rare de trouver des Français ! Grâce à eux, nous avons désormais un site internet très utile pour trouver les étapes de nuit : www.campercontact.com.

Album photos. Musée Astra. Cliquez ci-dessous :

Musée Astra

Premières impressions.

img_2888 20 juin 2016.

Nous faisons constamment, parfois dans la même heure, le grand écart entre la fin du 18ème siècle et le début du 21ème. Ce Roumain se déplace avec une carriole à cheval, pourtant il téléphone avec un smartphone ! Les habitations comprennent toutes des cours closes. Y compris, les maisons au design contemporain ont un puits dans la cour. Elles avoisinent des masures délabrées.

Le tri sélectif n’a quasi pas cours.

Le travail des champs est peu mécanisé et s’effectue à la main. Je retrouve les fenaisons de mon enfance ! Peu de tracteurs sillonnent les prés. Ils sont anciens. Le cheval est omni-présent et constitue une aide précieuse. Le foin est mis à sécher à la verticale sur des séchoirs et les tas sont montés autour d’une structure qui rappelle celle d’un tipi ; ainsi le cœur de la meule reste aéré. Les troupeaux sont magnifiques : vaches et moutons essentiellement. Nous remarquons que les pâturages ne sont pas clos ; un berger et des chiens gardent les troupeaux. Beaucoup de chiens errent, éveillant notre méfiance.

Le réseau routier secondaire est dans un état déplorable et nécessite de la part du chauffeur une attention de chaque instant, d’autant que les conducteurs roumains sont les rois des chauffards !!!

Les Roumains sont prompts à rendre service, à donner un renseignement. La barrière de la langue est là ; pour autant , chacun se débrouille pour se faire comprendre. Les Roumains sont calmes, respectueux (sauf au volant) et quasi indifférents dès lors qu’on ne demande rien. Aucune curiosité malsaine les anime vis à vis de notre véhicule au design particulier. Nous stationnons facilement dans les villages et sur les sites touristiques sans être importunés. Pour le moment, nous n’avons aucune difficulté à trouver des places de stationnement au pied des sites touristiques. Bien sûr, la mendicité est présente, surtout dans les villes. Nous ne cédons pas aux demandes et opposons un « nicht » ferme et souriant.

Les Roumains se laissent photographier avec plaisir si nous leur demandons la permission et prennent la pose tout sourire.

Les normes de sécurité dans les sites touristiques ne répondent pas aux standards français : c’est le moins que l’on puisse dire.

Le tourisme est peu développé. Nous cherchons parfois longtemps les sites faute d’un panneau adéquat. Nous rencontrons beaucoup de Hollandais ou d’Allemands, peu de Français.

Pour les campings, pour le moment, grâce au site recommandé par le couple de Nantais (www.campercontact.com), nous trouvons chaussure à notre pied.

Côté nourriture, les viandes sont souvent fumées, comme les fromages. Nous achetons en bord de route et nous régalons. Au top : le miel et sa saveur « mille fleurs » si lointaine de celle de notre miel. Tout est aromatisé aux herbes de prés : orties, livèche, arroche et rumex.

Nous nous « acclimatons » et continuons notre périple avec moins d’a priori négatifs.

Reprenons notre périple.

Album photos. Roumanie, au fil de la route. Cliquez ci-dessous :

Au fil de la route

Sibiu. Biertan. Sighisoara. Carpates. Transylvanie.

dsc05037  20 juin 2016.

Déjà 30° à 9H. Sibiu est entourée de montagnes puisqu’elle se situe au pied des Carpates. Le centre-ville historique est réservé aux piétons. La ville a été édifiée par les Romains. Castrum Cibinum devait protéger le défilé de l’Olt des invasions. Elle fut une place importante de négoce parée de solides remparts la protégeant des attaques des Tarares et des Ottomans. La spécialité de Sibiu est le…salami ! On en trouve partout.

Notre coup de cœur : les toits avec leurs lucarnes en forme d’yeux !

Il semblerait que Vlad Tepes, le terrible Comte de Dracula, aurait empalé nombres d’habitants de Sibiu vers 1439…Est-ce l’explication des yeux sur le toit ? D’ailleurs, un des fils de Dracula est enterré ainsi… Enfin…Enterré… !?!? C’est enterrés les vampires ????

Album photos. Sibiu. Cliquez ci-dessous :

Sibiu

dsc05083 Pour notre plus grand plaisir, le Gps nous entraine, en direction de Biertan, sur une route qui ne figure pas sur notre carte à travers la campagne et les forêts. Nous traversons nombre de villages-rues. Les maisons sont peintes de diverses couleurs et leur fronton mentionne la date de leur construction. Beaucoup sont du XXéme siècle. Les femmes portent de longues jupes rouges aux motifs fleuris et des fichus de même teinte. Les charrettes attelées sont légion.

Nous découvrons les camions ruchers. Ils s’agit de camions-remorques. Les remorques abritent des ruches sur plusieurs étages, un peu comme une HLM à abeilles, dans laquelle ces dernières pénètrent par une fente de boite aux lettres. Le camion est stationné dans les prés ou les bois. L’apiculteur effectue son travail au sein de la remorque au milieu des abeilles.

Biertan, citadelle saxonne, est l’une des plus belles églises fortifiée de Transylvanie. La légende dit qu’elle est née d’une poignée de sable que la fille d’un géant a laissé tomber de sa poche. Biertan fut édifiée en 1486. Une porte nous intrigue dans l’église. Elle a été sculptée en 1515 et est dotée d’un système de verrouillage impressionnant : 19 points !!! Dans cette pièce , étaient enfermés pendant 15 jours, les couples qui souhaitaient divorcer… Système radical et résultat garanti !

Quant on vous dit que les Roumains sont indifférents…Au départ de Biertan, l’alarme du camping-car se déclenche…Et hurle à qui mieux mieux. Jean-Paul tente de l’arrêter mais elle refuse d’obtempérer pendant 5 bonnes minutes. Des Roumains sont installés aux terrasses des cafés…Personne ne s’émeut !!!

Album photos. Biertan. Cliquez ci-dessous :

Biertan

dsc05100   Sighisoara est la cité médiévale la plus évocatrice de Transylvanie et bien sûr, la cité de naissance du père de Dracula !

Sighisoara est un ancien castrum romain, colonisée par les Saxons vers 1280 et, comme toute ville marchande marchande, fortifiée. L’enceinte est pourvue de 16 tours ; chaque corporation assurait à tout de rôle la défense de la cité.

La porte d’entrée de la ville est surmontée d’un beffroi de 64 mètres de haut et d’étranges personnages ornent le clocher. Chacun représente un jour de la semaine.

Nous pénétrons à la dérobée la maison natale de Dracula et, comme le prix est exorbitant pour visiter la chambre natale, nous faisons, sous le manteau, une photo du salon. Ouh là !!! Le patron se doute de quelque chose…Il nous file le train l’air rogue ! Restons stoïques !….Il ne va pas nous empaler, ni nous sucer le sang : il fait encore jour ! Nous filons vers l’escalier couvert érigé en 1642. Composé de 173 marches il permet d’accéder à une église gothique. OUF ! Le cerbère a renoncé à nous suivre !

L’enquête sur Dracula peut se poursuivre…Avançons cependant avec prudence…

Album photos. Sighisoara. Cliquez ci-dessous :

Sighisoara