Hier soir, un groupe de jeunes campeurs commence à installer un énorme barbecue presque devant nous. Peu rassurés par le mélange flammes et brandons du barbecue et herbe très sèche, nous suivons l’affaire attentivement.
Eh bien ! Bravo ! Nous ne sommes pas enfumés et le pré ne prend pas feu !
L’un des jeunes nous propose à boire…Nous déclinons gentiment car trop fatigués par la chaleur pour soutenir une conversation en anglais. Il revient un moment plus tard avec des bouchées au chocolat qu’il nous offre. Que pouvons lui donner en échange ? Jean-Paul a alors une super idée : il lui explique l’origine du mot barbecue…Mais notre anglais n’est pas assez bon pour qu’il comprenne. Heureusement que l’application « translate » est là ! Notre jeune homme éclate de rire dès qu’il a lu l’explication en bulgare !
Et au cours de la soirée, c’est l’ensemble de leur groupe qui est parti d’un rire gigantesque ! Gageons qu’il va encore briller lors de plusieurs barbecues !
La chaleur est toujours écrasante ce matin et nous partons tôt pour Melnik. La forêt, jusqu’à présent, presque essentiellement composée de feuillus, se pare principalement de résineux ! La route serpente, grimpe en lacets serrés à des altitudes très importantes pour redescendre tout aussi sec sur l’autre versant de la montagne ! La Bulgarie est très montagneuse le long de ses frontières avec la Grèce et la Macédoine ! Dans les massifs du Rila et du Pirin, la forêt domine !
Melnik est la plus petite ville de Bulagrie. Elle a été prospère au XIIIéme siècle quand elle était dirigée par le magnat local Despot Slav.

A l’époque ottomane, elle périclite puis se redresse à nouveau au XVIIIème et XIXéme siècle grâce au négoce du vin et du tabac. Elle comptait alors 20 000 âmes et 70 églises ! Elle est toujours réputée pour sa viticulture et figure en bonne place sur la route des vins.

Aujourd’hui, redevenu village, Melnik s’étire au pied d’insolites formations géologiques : des pyramides de sable et de gravier !


Tout au long des rues, les belles maisons en encorbellement, rénovées avec goût, nous enchantent.



Certaines rues sont très étroites et s’élancent à l’assaut des pyramides !

Plus loin, de curieux personnages de bois guettent le chaland.

Un nouveau lieu de dévotion est en cours de construction …

…quand un autre tombe en ruines. Ainsi va la vie religieuse.

Nous empruntons une belle rue pavée pour rejoindre la maison Kordopoulov. La montée est rude et les pavés n’épargnent pas nos pieds.

Bâtie en 1754, elle est perchée sur la colline et appartenait à une riche famille grecque de producteur de vins.

Décorée dans un style d’influences vénitiennes et orientales, elle est aussi la plus grande maison de la Renaissance bulgare du pays.
Les pièces réservées aux affaires et aux réceptions impressionnent par leurs dimensions et la beauté des vitraux.




Il en est de même pour la chambre du maitre de maison.

Les pans de murs sont peints de délicats motifs floraux.

Des cheminées réchauffent chaque pièce.

Plus intimiste, la salle à manger familiale est équipée d’un étonnant placard qui permet de surveiller , sans être vu, le travail de la domesticité. D’autres pièces en aurait aussi été équipées.

Le plus étonnant dans cette maison reste la cave, immense, qui s’étire sur 200 mètres sous terre. Le vin y était autrefois conservé dans des tonneaux de 30 à 50 tonnes ! Les galeries sont creusées à même le rocher.



Rupite abrite le seul volcan de Bulgarie. A ses pieds, des sources thermales d’une température de 74° attirent nombre de Bulgares.



Pour les atteindre, il faut emprunter une route un peu défoncée, parvenir à une grande croix à flanc de colline.

Pour le moment, rien n’est vraiment aménagé même si des constructions commencent à envahir l’espace. Aussi, malgré les belles nuances des bassins d’eau, nous nous sommes contentés de toucher l’eau tant l’absence d’hygiène sur le site est préoccupant.
Tout à côté, se trouvent la maison de Baba Vanga et son église. Baba Vanga (1911-1996) était la voyante la plus réputée des Balkans, et au delà.

Elle a perdu la vue, à l’âge de 14 ans, lorsqu’elle a été soufflée par une tornade et a été retrouvée les yeux plein de sable. Elle s’est intéressée très tôt aux plantes médicinales qui poussent à foison en Bulgarie.

Toute « voyance » n’est pas bonne à divulguer ; Baba Vanga a passé 6 mois en prison pour avoir prédit la mort de …Staline ! Pour autant, n’est ce pas vérité que d’affirmer que chaque homme est mortel ?
Baba Vanga vivait dans une modeste demeure où elle recevait y compris des personnalités du monde entier.

Proche de sa maison, elle a fait ériger une élégante église …


…toute ornée d’une curiosité en Bulgarie : des icônes modernes.

Baba Vanga est toujours vénérée de nos jours.
Pour échapper à l’intense chaleur, nous prenons la direction de la montagne, et plus particulièrement de Kovatchevitsa où nous dormirons sur le parking à l’entrée de ce village de montagne.
