24 juin 2024. Kovatchevitsa. Trigrad. Stoykite.

Quelle nuit agréable ! Quelle fraicheur réparatrice ! Au coucher du soleil, nous avons même pu admirer le vol de lucioles !

Kovatchevitsa est un village de montagne, perché à 1100 mètres d’altitude, au bout d’une route en cul de sac.

Vieilles de plus de 200 ans, en pierres taillées et couvertes de lauzes, ses maisons sont accrochées fièrement à la colline, regardant la vallée de toute leur élégance.

L’église saint Nikola date de 1848…

.. mais la plupart des icônes sont du XVIème siècle.

Un énorme poêle trône fièrement, signe de la rudesse des hivers.

Dans la vallée, nous visitons les ruines de la cité Nicopolis ad Istrum, mises à jour en 1871.

Créée en 106 par l’Empereur Trajan après sa victoire contre les Dacès, elle présente un plan carré où l’on distingue des tours et des remparts,…

…la place centrale…

…et des maisons.

Détruite par les Slaves au VIème siècle, elle a connu une période de repeuplement au IXème siècle avant de tomber dans l’oubli. Vu l’état du site, Nicopolis est toujours aussi oubliée hélas !

Quittons le massif du Pirin pour celui des Rhodopes. Une charrette va bon train devant nous sur la route principale.

La route n’est que lacets qui grimpent à qui mieux mieux à flanc de montagne. Certaines pentes, pourtant en pleine ville, sont à plus de 12% ! Notre Exsis monte vaillamment ; nous prenons le temps …
Parfois, nous sommes en pleine forêt, parfois dans des gorges karstiques, exploitées par l’homme.

Les ouvriers cassent les blocs avec des outils rudimentaires, sous des cabanons recouverts de bâches en plastiques.

Ils réalisent de belles palettes qui seront ensuite transportées par camions.

A une fontaine de bord de route, Jean-Paul réalise notre plein d’eau potable manuellement ! Il y a très peu d’aires de camping-car sur notre itinéraire un brin sauvage et nous devons faire preuve d’ingéniosité.

Nous voici dans l’étroit défilé de Trigrad qui doit nous conduire à la gorge du diable.

Au fond du ravin, serpente la belle rivière Trigrad, au combien rafraichissante !

Eh voilà ! Impossible de croiser ! Qui recule ??? On commence ! Mais un autre véhicule est derrière nous…Du coup , c’est le Bulgare qui recule ! On se salue. On prend le temps. Aucune agressivité !

Le parking de gorge du diable est tout aussi riquiqui ! Notre véhicule étant court, aucun souci pour trouver une place.
Selon la légende, Orphée serait descendu aux enfers par cette grotte pour ramener à la vie Eurydice sa bien-aimée, tuée par un serpent le jour de leurs noces.

Ici est le royaume du dieu Hadès.
Hadès, charmé par la flute d’Orphée, l’autorise à sauver sa Belle à la condition de ne pas se retourner lorsqu’il quittera la grotte avec elle.

Orphée a désobéi ! Et il a été puni ! Eurydice s’est évaporée pour toujours. Pourtant…N’est ce pas elle dans cette vapeur sortant des entrailles de la gorge du diable ?

Plus sérieusement , un tunnel de 150 mètres de long nous conduit dans une salle gigantesque de 50 mètres de haut, où le rugissement de la rivière Trigrad, qui s’écoule ici par la plus haute chute souterraine des Balkans, nous assourdit.

Un peu de lumière nous parvient de 60 mètres au dessus de nos têtes !


C’est par un long escalier, à pic ,de 288 marches que nous sortirons de ce gouffre…

…et profitons de la rivière Trigrad toute calme …

…et de la lumière sur les parois à pic de la gorge.

Nous faisons le choix d’avancer un peu notre route puisqu’il est tôt. Notre étape nocturne s’effectuera sur le parking d’une chapelle de montagne à Stoykite.

A la tombée de la nuit, nous bénéficierons encore du ballet d’une myriade de lucioles tout autour du camping-car et des glapissements d’un renard dans le pré en contre-bas.