Sagrès. Cabo San Vicente. 12 juin 2014.

  Au camping, de jeunes Belges nous ont conseillé d’aller à Sagrès plutôt qu’à Lagos et de dormir au Cabo San Vicente, au bord des falaises… Tentés, nous modifions donc l’itinéraire et prenons la N120, le long de la Costa Dourade. Le revêtement est abimé par endroit mais dans l’ensemble très roulant, ce qui est loin d’être le cas au Portugal. La route s’étire dans une campagne aride, à travers les chênes-liége, les mimosas, les pins et les pâturages. En pleine ville, un âne, bâté avec un antique harnais à pompons rouges tire une carriole d’herbe sur laquelle est juchée deux anciens, leurs chapeaux visés à la tête ! Plus loin, une dame âgée accroche des peaux de chèvre tannées sur sa façade dans l’espoir d’en vendre…Quel anachronisme avec les camions flambant neufs qui empruntent la N120 !!!

Nous ne croiserons que 4 camping-cars ; c’est vous dire si nous sommes loin des itinéraires à touristes !

A Sagrès, nous optons pour la visite de la forteresse. Les remparts du XVIII° ont été construits selon les principes de Vauban.

Un motif circulaire de 50 mètres de diamètre orne la cour ; rose des vents, cadran solaire, aire de séchage du poisson ou lieu de cérémonie : nul ne sait !

C’est d’ici qu’Henri le Navigateur souhaitait ouvrir une route sur l’Inde contournant l’Afrique. Avec la fortune de l’Ordre du christ, héritier des Templiers, il armé des bateaux et …Aucune expédition n’est partie de Sagrès ! Peut être à cause des falaises abruptes… En tout cas, le quartier général d’Henri le Navigateur était bien ici en 1415 après la prise de Ceuta. Il a attiré tous les grands astronomes, cartographes et mathématiciens. Ce qui lui a permis de découvrir…Non pas l’itinéraire bis pour les Indes…Mais Porto Santo, Madère et les Açores !

6 Kms plus tard, nous rejoignons le cap San Vicente posé sur un à pic de 80 mètres. Là aussi, le lieu est entouré de légendes…

Dans l’Antiquité, les Grecs en ont fait le lieu de repos des Dieux. Les chrétiens, bien plus tard, au IV° siècle, le baptisent Cap St Vincent parce qu’ici s’est échoué le bateau qui transportait la dépouille du martyr ! Au début du XX° siècle, les nonnes vivaient sur le cap, bien avant la construction du phare. Par temps de brouillard, elles secouaient toute la journée des centaines de clochettes et allumaient un grand feu la nuit pour signaler la côte dangereuse aux marins…D’ailleurs, certaines nuits sans lune, si vous êtes sur la lande ou en mer….les clochettes peuvent de tinter encore !

Ce soir, aucun risque. Le vent a forci mais la température est montée à plus de 35° dans la journée et le ciel est tout dégagé… Nous avons hâte de photographier le coucher de soleil dont on disait, au Moyen âge qu’il était 100 fois plus grand qu’ailleurs ! Et plus incendiaire ! Légende… ???

Album photos. Sagrès. Cabo San Vicente. Cliquez ci-dessous :

Sagrès. Cabo San Vicente.

Portimao. Ferragudo. Silvès. 13 juin 2014.

  Pour carillonner…C’est un tintamarre de carillons qui a résonné jusqu’à 22H. Pas celui des nonnes ! Celui des bips de fermeture des voitures des badauds ! Jamais nous n’avons vu autant de monde devant un coucher de soleil !!! Puis, telle une envolée de moineaux, tous les badauds sont partis…Créant quasiment un embouteillage et… Nous avons enfin été seuls sur le cap, point le plus à l’ouest de l’Europe. Le faisceau du phare a illuminé notre nuit, concurrençant ainsi la lune.

A Portimao, la chaleur nous écrase. Nous jetons notre dévolu sur le musée de la ville. Le musée occupe les anciens locaux de la conserverie de sardine ; la scénographie lui est essentiellement consacrée. La présentation est très bien faite du déchargement des poissons dans des paniers d’osier à la mise en boite, en passant par la confection des boites en fer et l’éviscération des sardines.

Un très bon moment ! La ville en elle même est peu attrayante ; aussi avons nous traversé le pont pour visiter Ferragudo, plus attachante à nos yeux. Son port de pêche artisanale fonctionne encore. Nous avons chercher un peu d’ombre dans les ruelles. Le mercure grimpe ferme …

C’est l’aire de camping-car de Silves que nous choisissons pour attendre la chute des températures. De beaux emplacements avec tous les services, un accueil des plus sympathique, le wifi à disposition, des tables pique-nique et des oliviers à l’ombre propice….La visite de Silves attendra la soirée !

Etant très proche de la borne du wifi, j’en profite pour mettre à jour le blog. Le signal est excellent ; çà devrait aller vite. Eh bien, pour le wifi aussi c’est l’heure de la sieste. Au bout d’une heure, seules quelques photos , « allégées » comme il se doit, sont téléchargées ! J’enrage…en vain ! Internet à pleine puissance est un mythe ici aussi.

La température baisse enfin au fur et à mesure que le soleil décline. Silves est une ville perchée sur une colline, entourée de vergers, et au pied de laquelle serpente l’Arade, un fleuve poissonneux à souhait. L’influence maure est très présente ne serait-ce que par l’imposante forteresse de grès rouge qui domine. Avant la reconquista, Silvès était la capitale de l’Al-ghrab musulman : le royaume de l’Algarve. En 1189, après l’avoir conquise, Sancho 1er rase la ville et détruit une vingtaine de mosquées. Seule la citadelle a été épargnée. En 1191, les Maures reprennent la ville qui ne redeviendra chrétienne qu’en 1248. Par le port transitait tout le bois de la serra. Il s’est envasé peu à peu…Ainsi déclina la ville ! Elle reste cependant un centre culturel important et fête chaque année sa bière ! Cette dernière, à la fois légère et puissante, est servie dans des bocks très particuliers en grès. Elle est la bienvenue pour étancher notre soif après l’ascension de la citadelle ! Le bar comporte une cour intérieur, agrémentée d’une fontaine. Il nous a immédiatement renvoyé à nos souvenir du Maroc.

Dans cette paisible bourgade, la horde de chiens errants que nous rencontrons est paisible. A peine, un des chiens lèvera-t-il une paupière à notre passage…Ce n’est pas le cas des cigognes ! Ici aussi, elles sont très présentes. L’un de nos étonnement est la quantité de cigognes nichant au Portugal ! L’Alsace est belle est bien battue à plate couture. Nous aurons le plaisir d’observer y compris la cigogne noire. Et figurez vous que la cigogne est très bruyante…Elle claque sans arrêt du bec d’un claquement sec et rythmé : clac-clac…clac-clac…Clac-clac-clac !

Album photos. Portimao. Ferragudo. Silvès. Cliquez ci-dessous :

Portimao. Ferragudo. Silvès.

San Lourenço. Faro. Beja. 14 juin 2014.

DSC03911 Déjà 33,6° à 8H50 : çà promet !

Nous prenons la route pour Faro, avec une halte à la chapelle Sao Lourenço. Inutile de vous dire qu’elle est bien mal indiquée, que nous avons cherché un bon moment, emprunté une route très étroite, sinueuse pour enfin déboucher sur la place et…Essayez de garer un camping-car, même d’une longueur de 5,45 mètres frôle parfois l’exploit sportif ! C’est le cas au pied de cette chapelle ! Notre Exsis envahit littéralement l’espace…

Pour vous aider, cet édifice est à 2 km à l’est d’Almancil, à 6 km de Loulé, sur la route de Faro. Il faut donc prendre la route au lieu de la voie rapide…Prévoyez une carte assez détaillée et…De nombreuses fausses routes !

L’extérieur n’a rien de rare si ce n’est l’escalier quasi à pic qui conduit au clocher et la fresque représentant le martyre de St Laurent.

La visite est payante et plutôt chère : 2€ par personne ! Les photos sont interdites…Si ! Si ! La cerbère voit et entend tout. Pour le prix, quand même…Un cliché…Comme nous n’avions pas l’appoint et la cerbère pas de monnaie, Jean-Paul retourne au véhicule chercher des « petites pièces ». Bonne élève (Hum ! Hum!), je lui tends, avec un grand sourire mon appareil photo, à ranger dans le véhicule. Sauf que…Dans ma pochette…Patiente mon mini appareil, le fameux Cybershot format carte de crédit et silencieux au possible.

L’intérieur de la chapelle est tapissé d’azulejos, réalisés au XVIII° par le Maitre de l’époque : Oliveira Bernardes. Les scènes racontent la vie et la mort en l’an 258 de St Laurent . Figurez vous qu’il préférait distribuer les biens de l’Eglise aux pauvres plutôt que de les donner à l’empereur romain. Grave ignominie qui sera punie comme il convient ! St Laurent a fini brûlé sur un gril chauffé par un brasier…La 1ére plancha en somme !

Dans la chapelle, le bleu de azulezos est comme rehaussé par l’or des retables. La lumière est fantastique, un peu magique…Alors…Sans bruit, je m’autorise 3 clichés à la volée…Le résultat est moyen mais on a bien rigolé !

DSC04103 A Faro, nous visitons la vieille ville uniquement. La chaleur gagne en intensité. Nous serons donc un peu épargnés dans les vieilles ruelles. Ce qui frappe au premier abord est le bruit incessant du trafic aérien ! Comment font les gens pour vivre dans un tel rugissement de réacteurs ? La vieille ville présente un bel ensemble architectural, en pleine restauration.

Nous aurons la chance d’apercevoir de belles scènes de vie : la mendiante sous le porche, l’atelier du céramiste, des azulezos en cours de restauration, un mariage et son cérémonial bien différent du notre, et, enfin, la serrure portugaise. Vous ne connaissez pas ? Pourtant, elle est simple, efficace et…à la portée de toutes les bourses ! Prenez une chaine et un cadenas. Passez la chaine dans des trous faits dans chaque battant de la porte, pour une porte à 2 vantaux, ou dans le trou de la porte et celui du volet de la fenêtre, cadenassez et …Le tour est joué !

Il fait trop chaud pour rester à Faro…Cap au nord pour trouver de la fraicheur ! Nous empruntons la N2 plutôt que l’autoroute. Ceci nous permet d’acheter en direct des fruits et légumes incomparables ! Les tomates cœur de bœuf sont charnues, sans pépin. Le goût est celui de la tomate juste cueillie au jardin mûre à point. Une odeur de fraise envahit soudain l’étal. Sous nos yeux, un ouvrier en apporte de pleines caisses. La cueillette est en cours. Côté tarif ? Un kilo de cerises très charnues, deux kilos de tomates cerises, 500 grammes de fraises, autant de figues, un kilo d’abricot et 500gr d’orange, le tout pour…10,70 euros ! Non, je ne me trompe pas ! Moins de 11€ le tout ! Alors, faites comme nous ! Achetez direct au producteur en bord de route ! Vérifiez cependant le rendu de monnaie. L’erreur est humaine…L’appât du gain aussi !

Nous roulons dans l’Alentejo, la plus grande province du Portugal ( environ la superficie de la Belgique). Ici, le paysage est composé de vastes plaines dont la monotonie est rompue par quelques collines. Grenier à blé du pays, 1er producteur mondial de liège, couvrant 1/3 de la superficie du Portugal, l’Alentejo ne regroupe pourtant que 6% de la population. Le climat est rude : glacial et venté l’hiver mais torride et poussiéreux l’été. On en découvre un bel échantillon puisque nous voyageons toute fenêtre close et climatisation poussée !

L’Alentejo est la province des Latifondias. Ce sont d’énormes propriétés (un peu comme les haciendas) qui produisaient les céréales, la viande bovine, l’huile d’olive. Elles employaient un minimum d’ouvriers permanents et beaucoup de saisonniers. Lors de la révolution de 1975, les latifundaires ont été obligés de partager la terre. Ils n’ont pu conserver qu’une centaine d’hectares chacun. On peut vous dire que c’est déjà beaucoup et qu’il n’y a pas foule ! Les voisins proches sont encore bien loin les uns des autres ! Même si le portail de la latifundia est proche de la route principale, nous ne verrons presque pas les bâtiments tant la route d’accès est longue.

Le liège est exploité dans cette région. Nous trouverons de nombreuses exploitations de chêne liége. Seule l’écorce est collectée, à une périodicité de 4 ans par arbre. Elle est ensuite stockée puis travaillée, transformée en chapeau, sac, bijou ou vêtement. Le « produit fini » est très souple, fin, léger et résistant.

DSC04196  Nous voici enfin au camping de Béja. La température extérieure est de presque 46° alors qu’à l’intérieur du camping-car, elle culmine à 31°. En sortant du véhicule, Jean-Paul, qui ne craint pourtant pas la chaleur, a l’impression d’être précipité dans un brasier intense, comme si du plomb en fusion coulait sur ses épaules. Il reconnaît que c’est la première fois de sa vie de baroudeur qu’il connait une telle sensation. Moi ?…OUT ! Je suis totalement OUT ! C’est sûrement pour çà que…J’y reviendrais un plus loin ! Subit-on le martyr de St Laurent pour les 3 photos clandestines de la chapelle ?

Pour autant nous souhaitons visiter le musée d’Art Wisigoth. Et si on veut le faire avant la fermeture…Il faut affronter la fournaise ! Le billet est couplé avec le musée régional, lequel est installé dans l’ancien couvent. Et qui dit couvent, dit ??? Fraicheur bien sûr ! Un vrai bonheur ! Nous avons apprécié la marqueterie de marbre de la chapelle baroque, le déambulatoire, la chapelle St Jean-Baptiste et sa curieuse porte des morts.

Le musée wisigoth étant malheureusement fermé, nous nous sommes précipité dans le château toujours à la recherche d’une bienheureuse fraicheur. La visite est gratuite ! La vue du haut des remparts, et surtout de la tour, est époustouflante. A perte de vue, ce ne sont que champs de céréales dorés par le soleil, tâches vertes des oliveraies et immenses silos de stockage des céréales.

La chaleur écrasante ne réussissant pas à réduire notre gourmandise, nous cherchons la pasteleria Luis da Rochas. Cette pâtisserie est une institution ! Elle tient le haut du pavé depuis 1893 ; le décor est très « année 1950 ». Déguster une douceur devient un moment d’anthologie ! La rue qui nous conduit dans ce haut lieu de la gourmandise est ombragée par de grandes toiles tendues de part et d’autre. Pratique pour le challant mais désespoir du photographe ! Comme souvent au Portugal, nous manquons de recul pour photographier une belle façade, les rues en pente ou les bâtiments de guingois donnent l’impression que la photo est tordue ! Nous découvrirons quand même une magnifique cheminée maure qui tient lieu de barbecue.

Le camping …Maintenant que me voici revigorée, je me lance dans la visite des sanitaires. J’espérais laver ma tignasse…Là !…Horreur !!! Stupeur !!!! Dégout !!! Je reviens au véhicule hors de moi ! Et refuse catégoriquement d’utiliser le bloc sanitaire ! Je ronchonne à tout va, empoigne l’appareil photo et opère une volte-face devant Jean-Paul médusé. Quelle mouche me pique ? Le bac à vaisselle est rempli d’une sorte de sable noir, les douches femmes sont décorées de touffes de poils noirs, de rasoirs jetables, d’emballages de tampons périodiques. Çà mérite un bon commentaire assorti de photos sur le net !!! Alors, je me défoule ! Le chariot de ménage est dans un coin : les éponges, serpillières et balais sont …Momifiés ! Ils n’ont pas du servir depuis, au moins, leur invention !

Je fonce à l’accueil, ordi sous le bras pour une mise en ligne de cette abomination sans tarder. Hé ! Hé !

Béja est une ville qui a beaucoup développé le wifi ; elle l’offre gratuitement dans les endroits les plus touristiques, dont l’accueil du camping. Je respecte toute la procédure, créé mon identifiant, attend le mail de confirmation contenant le lien de connexion…çà dure un peu ! L’ordi est sur mes genoux car la seule minuscule table est occupée par un Papy qui lit le journal. Le responsable du camping sort et…Chasse le Papy. Il doit me céder la place ; je propose de partager…Stratégie pour engager la conversation et m’étonner de la difficulté à se connecter. Qu’est ce que je n’ai pas fait là ? Le responsable, dévoué comme tout Portugais de plus de 50 ans, m’impose son aide et s’approprie mon ordi. Il refait la procédure…1 fois, 2 fois, 3 fois…Peste et me prouve que çà marche sur son téléphone portable. Au bout d’une demi-heure, je déclare forfait ! Mais avec une idée derrière la tête…Puisque je ne peux pas avoir internet, est-ce l’agent d’entretien pourrait me laver une douche ? Dit avec un beau sourire et devant l’air dépité du responsable, j’avais une chance… Ce sera comme le wifi ! C’est proposé mais impossible à réaliser de suite ! Pour la petite histoire, le mail contenant le lien a été envoyé…3 heures après ma demande initiale ! Et toujours pour la petite histoire, nous avons déboursé dans ce magnifique camping au sol poussiéreux et aux sanitaires insalubres : 11,50 € la nuit ! Alors, les camarades : faites du camping sauvage aux environs de Béja et boycottez ce bouge !

Album photos. San Louricio. Faro. Beja. Cliquez ci-dessous :

San Lourenço. Faro. Beja

 

Evora. Marvao. 15 juin 2014.

Ce billet est dédié à nos amis André et Monique Bonnetat pour les remercier de leur insistance à nous engager à visiter la chapelle des os.

  Ce matin, les chants de tourterelles nous réveillent. Il est encore tôt et, curieusement, la température est devenue acceptable. Je ne peux pas m’empêcher, en quittant le camping, d’interpeler la personne à l’accueil sur la « propreté » des sanitaires. Il se gratte le ventre, puis la nuque, me répond « pas aujourd’hui » avec le sourire ! Les amis, çà se confirme ! Nous avons campé chez « crados et fainéantise » !

En parlant de sale, le camping-car est vraiment peu reluisant côté extérieur. Justement voici une station de lavage acceptant les véhicules hauts. Le tableau de commande est écrit en portugais mais c’est le même que chez nous : lavage, rinçage simple, anti-trace et cire. Nous commençons le lavage…Jusque là, classique : de la mousse. Nous passons au rinçage simple…De l’eau sous pression…Mais quand même…çà mousse un peu… ?!?!…Nous n’insistons pas et enclenchons le rinçage anti-trace….C’est quoi çà ? C’est quoi ce cauchemar ????…De la mousse ! En quantité ! De la mousse haute pression, dense, qui nappe le camping-car !!! Horreur !!!!…Nous vérifions : c’est bien le rinçage anti-trace !!!…Nous revenons au rinçage simple…La mousse part petit à petit mais….La carrosserie, les baies en acrylique sont couvertes de traces. Nous enrageons ! Nous voici donc à essuyer le camping-car avec des microfibres, à verser de l’eau de notre réservoir avec une bouteille sur les baies pour éviter une attaque corrosive qui les abimerait à tout jamais ! Et nous pestons comme de beaux diables !!!! Au bout de trois quart d’heure d’efforts intenses, nous prenons enfin la route d’Evora.

Evora est classée à l’Unesco et, franchement, ceci est mérité. La cité est très belle avec son temple romain, son enceinte médiévale intactes, ses maisons à moucharabiehs et ses arcades.

Evora a abrité la cour du Portugal au XV° et XVI° siècle. C’était un foyer d’humanisme jusqu’à l’arrivée…Des jésuites et de l’inquisition ! Evora deviendra alors la capitale de… l’intolérance et sombrera dans une léthargie profonde !

Un peu pour faire plaisir à nos amis André et Monique, nous cherchons la chapelle des os. Nous avons visité les catacombes de Paris et l’ossuaire de Douaumont donc…Les empilements de squelettes…On connait. Nous sommes même un peu blasés pour tout dire.

Cette chapelle se trouverait sur l’un de côté de la cathédrale. André nous a prévenu : il faut chercher l’entrée, assez mal indiquée. Bon…La cathédrale est en rénovation, bardée d’échafaudages, cachée par des cabanes de chantier. Impossible de pénétrer à l’intérieur ou d’apercevoir un clocher suggérant une chapelle. On a promis donc on cherche ! Nous décidons de faire le tour du chantier et furetons dans les recoins… Là ! Un panneau minuscule, derrière un étal d’artisanat et de bouteilles d’eau. Il indique : « capela dos ossos ». Pas besoin de parler portugais pour comprendre… Nous passons une méchante porte, enjambons un tas de bois …PFF… çà commence bien ! On ne va trouver que des gravas et des trucs crados ! Lorsque …

Nous débouchons dans un déambulatoire bien soigné ! Et au fond, à gauche, l’entrée de la chapelle !!! Nous ne regrettons pas d’avoir insisté ! Au XVI° siècle, 5 000 personnes ont offert des crânes et des tibias pour décorer la chapelle. Ils forment des frises le long des arcs des voutes. A côté de l’autel, il y a même le crâne du Père fondateur ! Lieu absolument incroyable : André et Monique avaient raison !

A 14H30, lorsque nous quittons Evora, le vent s’est levé ; pour autant, la température est de 43° ! Nous décidons de rejoindre le village perché de Marvao pour une halte nocturne que nous espérons fraiche. La route serpente en épingles à cheveux très serrées lorsque nous franchissons les monts puis, elle s’étire en un long ruban d’asphalte lorsque nous rejoignons la plaine. Nous n’en finissons pas de traverser d’immenses champs de céréales…Quelle monotonie ! Ah…Enfin…Nous grimpons !!! Au détour du chemin, nous apercevons Marvao sur un piton rocheux. Vue magique !

Et endroit magique aussi ! Nous stationnons sur le parking camping-car ; en fait : une terrasse arborée, aux emplacements bien délimités, des tables pique-niques, une vue à 180° sur la plaine et tous les services dont…Un panneau d’interdiction de stationner pour les…camping-cars !… ?!?!?… On a loupé quelque chose ??? A pied, nous retournons sur la route inspecter les indications. Le parking est bien là où nous sommes. En bon Français, nous faisons fi du panneau d’interdiction ! On verra bien ! IZONKA n’a qu’à être clair !

Marvao sera une des des plus belles étapes de notre périple et une des plus pittoresques. Ce village est un nid d’aigle, tout proche de l’Espagne, perché sur une éminence de la serra Sao Mamede à 900 mètres d’altitude. En regardant la forteresse, nous ne savons pas où finit la muraille et où commence le rocher.

Nous débutons la visite par le couvent de Nossa Senhora da Estrella, situé tout à côté du parking. Il a été fondé par les Franciscains au milieu du XV° siècle. La porte est ouverte…Nous…N’entrons pas !!!

Un jeune homme handicapé nous barre le chemin et nous interpelle d’un ton peu amène. Il dit quoi ? Il est très ferme, campé sur ses jambes et désigne, d’un index accusateur …Un tas de balayures… Je finis par comprendre : en fait, il balaie la chapelle et nous interdit de marcher dans les balayures. Je le rassure avec un beau sourire… çà suffira à nous faire entrer mais…Pas plus !

En bon cerbère, il livre, fermement, tout un tas de consignes…Nous ne comprenons que « no fotographar ». Bon ben…De toute façon, il n’y a pas grand chose à « fotographar ». Il s’éloigne…Et là…C’est plus fort que moi ! Poussée par le diable, je photographie ! Non mais !!! Le jeune revient et fonce droit sur moi. Ouille !!!

Il me parle à nouveau …Puis me tire par le bras … !?!?…

Intriguée et amusée, je le laisse me conduire, manu militari, dans une pièce voisine. Whaou !!! Magnifique !!! Ce sont les pièces réservées aux dignitaires, totalement conservées dans leur jus, avec, dans les vitrines, les trésors du couvent. Le jeune homme est content. Pour autant, il me montre fermement les vitrines, puis le flacon de produit à vitre…Pas poser les doigts sur les vitrines : je lui indique que j’ai bien compris. Dommage qu’il soit resté avec nous…En partant, je lui montre un kakémono explicatif pour lui demander s’il existe un dépliant. Il part ventre à terre…Et revient avec une plaquette en anglais. Il veut de toute force nous vendre une carte postale en contrepartie du dépliant. Nous refusons et lui proposons 1€ pour la plaquette. Il réfléchit et, finalement, empoche l’euro. Le voici soudain pris de remord…Il nous tend une carte postale que nous refusons à nouveau avec le sourire… Nous avons bien compris : il nous a vendu quelque chose de gratuit et se demande comment justifier l’écart entre la caisse et le nombre de cartes postales. Nous réussissons à force de mimiques à lui faire comprendre qu’il peut garder l’euro ! Eh bien, à notre départ, il n’avait plus rien du cerbère ! Il était devenu un soleil tant il rayonnait !

Nous sommes partis à l’assaut de la citadelle! Les ruelles sont étroites, pavées et glissantes.

En cette fin d’après-midi, nous cherchons un cyber et demandons à l’office du tourisme. L’accueil est sans pareil, d’une gentillesse incroyable. L’hôtesse nous indique deux points wifi dont l’un dans un bar. Une bière serait bienvenue…Nous optons donc pour la superbe terrasse du bar, en surplomb de la vallée.

Là encore, la gentillesse des personnels nous surprend. Les voici aux petits soins pour nous, proposant leur aide pour la connexion, s’inquiétant de notre confort, multipliant les délicatesses. C’est une exception ??? Eh bien non ! Lorsque nous visitons, le château, les gens que nous rencontrons sont très sympathiques, accueillants.

Vraiment, Marvao est une superbe étape !

Album photos. Evora. Marvao. Cliquez ci-dessous :

Evora. Marvao

Guarda. Bragançà. Lyon. 16 au 22 juin 2014

Nous quittons à regrets la halte paisible de Marvao pour rejoindre Guarda. Nous roulons à travers des pâturages occupés par des blocs de granits de ci de là ; ils nous font penser à des baleines échouées dans des champs de céréales. La N18 après Nisa n’est qu’une suite de virages rapprochés et serrés. Çà tangue pas mal dans le camping-car. Après Castel Branco, la route « tape » beaucoup. C’est l’un des rares tronçons de notre périple qui sera aussi délabré.

Nous empruntons ensuite la N 233 à travers la Vale de Santa Pao et aurons la chance de voir une scène authentique : une charrette attelée d’un âne, remplie de salades et de carottes juste tirées du potager, le tout piloté par un couple tout aussi typique. Rien ne manque : ni les pompons de l’âne, ni le chapeau sur la tête de l’homme, le fichu pour la femme et les inévitables chaussettes. Hélas, impossible de s’arrêter pour un cliché tant la route est étroite !

Nous remarquons que les potagers sont installés sous les oliviers, signe que le soleil tape dur dans la région !

Nous voici à Guarda. La première aire de stationnement est trop loin de la ville. Nous cherchons en vain la seconde et finissons par opter pour une place de stationnement pour voiture sous la ville haute.

Guarda : la gardienne ! Perchée à 1000 mètres d’altitude, elle est la ville la plus haute du Portugal. Le visage du centre ancien est rude, noir à cause de la pierre locale, un granit brun. Elle symbolise des hivers rigoureux et de la résistance sans relâche à l’envahisseur espagnol. D’ailleurs, si vous faites le tour de la cathédrale en levant les yeux, vous découvrirez vers une échelle de secours, une superbe paire de fesses, au trou largement ouvert et tourné vers l’Espagne en signe de dédain !

Ici aussi la gentillesse est de mise : de la passante nous entrainant vers la cathédrale à travers les ruelles, au quincailler qui nous explique le mode d’emploi des casseroles typiques au tailleur de pierres qui nous captive par le récit de son dur labeur et de la décadence du Portugal. Emus, nous lui achèterons une pierre sculptée contre une photo. Dans mon petit sac à dos, elle vaudra son pesant de…granit !!!

Album photos. Guarda. Cliquez ci-dessous :

Guarda

Nous rallions Bragança pour l’étape nocturne. L’aire de stationnement est surprenante , toute en terrasses, sous les remparts : une belle étape ! Compte-tenu de l’heure, nous remettons la visite au lendemain.

Bien nous en a pris car la lumière matinale est belle ! La vieille ville, ou citadelle, est ombragée de grands arbres et close de murailles. Nous découvrons un vieux village aux maisons blanches encore habitées, un étonnant pilori dont le fût représente grossièrement un sanglier. Bien sûr ici aussi le donjon du château a abrité une princesse prisonnière qui se morfondait derrière les moucharrabiehs de sa fenêtre dans l’attente du retour de son prince, éloigné par le Père intransigeant qui le trouvait indigne de sa chère fille.

Il y a plus passionnant à nos yeux ! Nous investissons le domus ! Ce dernier est l’unique hôtel de ville dans ce genre du Portugal. Il est bien caché derrière l’église et son entrée encore plus dissimulée puisqu’elle se trouve dans l’étroit espace qui sépare le domus et l’église. Le domus est de style roman et témoigne de la puissance passée des franchises communales. Cette grande salle ouverte à tous les vents abritait le conseil municipal. Les marchands venaient ici s’acquitter des taxes diverses. D’étranges figures ornent le haut des murs. Le style est plutôt celui d’une halle… Pourquoi l’avoir installé au premier étage d’ailleurs ??? Tout simplement parce que le rez-de-chaussée abrite une immense citerne d’eau potable. Lors des conflits avec l’Espagne, elle a permis aux habitants de résister à l’envahisseur !

Impossible aussi de résister au musée des masques ! Il y en a de tout type : en osier, en paille tressée, en bois, en peau tannée, en papier, en fer…Avec bien sûr, les costumes en harmonie et tout ce qui permet de piquer les fesses ou pincer les entrejambes masculines. Chaque année, le carnaval de Bragance est réputé pour la qualité des déguisements, l’intensité de la fête et les facéties des carnavaliers ! Derrière le masque tout est permis !

L’église Santa Maria est enfin ouverte…Avec une heure de retard ! Elle abrite un magnifique plafond en bois polychrome, peint en trompe l’oeil et un autel au summum du baroque. Il convient de glisser 1 euro pour déclencher l’éclairage et…De patienter ! L’éclairage est d’abord verdâtre…Beurk …Puis les lampes gagnent en intensité, livrant alors toute la magnificence des peintures aux visiteurs. Près de la porte d’entrée se cache un escalier dérobé qui conduit au balcon de la nef. Nous l’avons emprunté sans hésiter pour être encore plus prés du magnifique plafond afin de profiter de sa splendeur.

On rentre à Lyon par où ??? Hier soir, Jean-Paul envisageait de rejoindre Lyon via Toulouse ; ce matin, il opte pour Pau. Ors, nous sommes attendus vers Montpellier…Regardez donc une carte…A mon sens, se diriger sur Perpignan est plus pertinent. Nous devrons faire au moins une étape en Espagne. Le GPS est réglé sur le camping de Zaragossa. J’attends que la réflexion murisse et se décante…Nous avons subi une véritable « grêle » d’insectes au milieu de l’Espagne qui a duré plus d’une demi-heure…C’était bien la peine de vouloir un véhicule propre !!!

Finalement, l’itinéraire sera Bragançà, Zaragossa, La Jonquiera, Perpignan, Collioure, Roujan (34. merci à Béatrice et Gérard pour leur accueil), Dieulefit puis Lyon.

Album photos. Bragançà. Cliquez ci-dessous :

Bragançà

Roadbook

23 mai après-midi : départ Lyon

24 Mai : Leon ( Espagne)

25 mai : Viana do Castello

26 mai : Braga

27 mai : fin de visite Braga et se rendre l’AM à Guimaraès

28 mai : Porto

29 Mai : Porto

30 mai : Porto

30 mai : Basse vallée du douro

Amarante / Vila Real / Solar de Mateus

31 Mai : Viseu / Aveiro

1 juin : Coimbra

2 juin : Luso Buçàco

3juin : Tomar, Fatima, San Pedro de Moel

4 juin : Batalha/ Nazaré

5 juin : Obidos /Péniche

6 juin : Peniche

7 juin : Ericeira / Sintra/ arrivée Lisbonne

8 au 10 juin : Lisbonne

11 juin : Setubal

estuaire du sado/ Parc Serra Arrabida/ lago San André

12juin : Lagos / Sagrès / Cabo Sao Vicente

13 juin : Portimao / Silvès

14 juin : Faro / Béja

15 juin : Evora / Marvao

16 juin : Guarda / Bragançà

17 juin : Zaragosa (Espagne)

18 juin : Collioure

20 juin : Roujas

21 juin : Roche St Secret

22 juin : Lyon

infos pratiques

Le Portugal est terre  de contrastes entre les bâtiments rénovés à grand frais et ceux en état de délabrement avancé, les zones fortement urbanisées de l’ouest à celles désertes de l’est. Nous avons été souvent irrités par le manque d’informations touristiques ou la mauvaise grâce mise à nous renseigner chez les moins de 50 ans, émus par la gentillesse des plus de 50 ans et leur accueil. Que vous aimiez la plage, la fête, les vieilles pierres, la religion, les endroits intimes ou les belles forêts : vous trouverez tout au Portugal.

Notre périple a été trop rapide à notre goût : en un mois c’est un peu juste.

Côté prix, les camping sont chers, les musées et transports très abordables. La nourriture est simple, à prix correct et les pâtisseries…Divines !

Concernant les visites de monuments, le Portugal a une véritable politique des seniors : n’hésitez pas à demander la réduction.

Camping obligatoire dans les grandes villes : Porto, Lisbonne, Coimbra…Le vol est sport national dans ces villes ! Attention aux sacs, appareils photos et bijoux ! N’empruntez pas les ruelles qui vous paraissent peu sûres. Attention lors des files d’attente notamment celles des transports en commun.

Kms parcourus : 6300 environ

budget GO  : 850 €

budget autoroute : je n’ai pas encore compté ! Pour le moment la facture des « électroniques » portugaise n’est pas arrivée…

Faut-il prendre l’autoroute au Portugal ? NON, le réseau secondaire est bien entretenu et roulant à quelques tronçons près.

Insécurité ? Dans les grandes villes, prendre les précautions habituelles et aller dans les camping. Ailleurs, aucune !

Emmener des vélos ? Franchement, à part être de super cyclotouristes, ils sont inutiles. Le Portugal est très vallonné avec de beaux dénivelés.

Nos livres de voyage : le Guide Evasion « Portugal », un must pour sortir des sentiers battus et les itinéraires insolites en ville et le Routard, guide Gépalémo du Routard (utile plus d’une fois!)

la carte : Michelin 733

Le GPS : fort utile ! Et parfois capricieux …

Internet : dans les cyber ou les bibliothèques mais…souvent à « petit » débit !

Les aires de services et stationnement : à peu près partout. Voir le site http://www.campingcar-infos.com

Quelques prix au Portugal  en juin 2014 :

repas pour 2 en ville ( Porto, Lisbonne, Coimbra) : aux alentours de 11€ ( prata de dias + pain+ bière + café)

Gas oil : entre 1,349 €/l et 1,258€/l

1 litre d’eau minérale : 0,40€

bière (50cl)  : 2€

Les magasins d’alimentation Pingo Doce et Lidl sont ouverts le dimanche toute la journée (pour les imprévoyants).

Les campings de la chaine Orbitur sont à privilégier. Bien que plus chers, ils sont plus propres et mieux organisés que les autres.

CB : pas acceptée partout y compris lorsque le pictogramme est affiché . Renseignez vous avant de vous servir.

Prévoir des petites coupures et jamais de billet supérieur à 20€ : le rendu de monnaie est souvent difficile.

Et si vous pouvez, assistez aux concerts gratuits que donne Luis Peças au monastère de Alcobaça, en général d’avril à septembre, du lundi au vendredi, à 11h et 15 H. Magique et troublant !!!

Rabat. El Jadida. 21 décembre 2010

Maroc Rabat1 20 décembre 2010. Ciel voilé . 24,5°

Lever à 6h pour être au consulat de Mauritanie à 9 H, nous trouvons grille close au camping ! Çà commence bien ! Un gardien finit par nous ouvrir. Rabat est comme toutes les grandes villes : asphyxiée par des embouteillages monstrueux aux heures de pointe ! La circulation est complètement empirique ! Les véhicules se croisent et s’entre-croisent avec les 2 roues. La vigilance est de mise à chaque tour de roue.

Le GPS routier est censé fonctionner en traceur ; il pointe le cap et navigue selon les waypoints que je lui ai rentrés. Encore faut-il trouver le bon écran ! Plusieurs tripatouillages seront nécessaires. Nous arrivons, enfin, devant l’ambassade de Mauritanie ! La porte du « bureau » s’ouvre. Une bousculade monstre cause le courroux du préposé : « un par un ! Tout à la queue! ». Il faut jouer des coudes et écraser des pieds pour garder sa place en lançant un regard noir et parfois une invective ; Nous voici dans la place et là….

Le « bureau » a la taille d’une cabine de douche ! 5 personnes attendent derrière le « guichet », compressés au point de ne pouvoir bouger un membre ! Essayez de rentrer à 5 dans une cabine et vous comprendrez aisément ! Le guichet est formé d’une vitre dans laquelle sont découpés à  1,60 m du sol, un trou rond de 10cm de diamètre et, 1M en dessous un trou rectangulaire de 3cm de haut sur 10 de long. Un vrai « trou qui parle » à la russe ! L’ensemble de la vitre est recouvert de scotch marron. Sait-on jamais si on réussissait à voir la tête du préposé !!! Bien évidemment aucune lumière dans ce bouge ! L’horreur absolue pour une claustrophobe comme moi ! Concentrée sur ma respiration, je prépare soigneusement nos documents. Le douanier veut les dossiers « UN à la FOIS ! »; afin de ménager sa susceptibilité, je tends celui de Jean-Paul en premier. Mais, quand il découvre le mien, il tonitrue : « VOUS ETES ENSEMBLE ? » « oui » «  Alors les dossiers ENSEMBLE ! »…Logique douanière !!!

Les visas seront disponibles demain à 14 H ! Rien à faire pour les obtenir dans la journée !

Nous visitons donc Rabat.

Rabat a été fondée en 1150 par le Grand sultan Almohade Abd al-Moumin, au nord d’une antique cité romaine. Le Maréchal Lyautet l’avait choisie comme centre administratif du protectorat. Les immenses remparts, couleur de pain d’épices, érigés par Yacoub el Mansour, au XII ème siècle, entourent la ville sur plus de 5 Km.

Nous parcourrons la Médina et flânons dans ses multiples échoppes jusqu’à l’immense cimetière El Alou que nous longeons jusqu’à la Kasbah des Oudaïas.

Un peu de traduction :

Kasbah : maison fortifiée en pisé sur fondations en pierre

Ksar : ensemble formé par plusieurs Kasbah, donc village fortifié

Souk : marché

Dar : la porte

Médina : la ville

Riad : jardin clos, puis maison d’hôte avec jardin.

Baraka : la chance

Maroc Rabat5

 Revenons à notre Kasbah. Elle est l’une de premières constructions de la ville, a été bâtie au XII° siècle sur un site romain. Les Oudaïas étaient de terribles pillards, si sanguinaires, que le Sultan Moulay Abderrahmane a arrêté leur caïd en 1832 et a dispersé toute la tribu. Une partie s’est réfugiée à Rabat dans cette Kasbah à l’abandon. Décidés à se tenir tranquille, les Oudaïs deviendront les garants de la sécurité de la ville.

La Kasbah est divisée en trois parties : andalouse, portugaise, musulmane. Les ruelles sont étroites, les maisons peintes de blanc, symbole de l’unité, et de bleu pour la mer. Au pied des murailles, le long de plage, le mausolée de Sidi el’Yabouri fait l’objet d’un culte assidu de la part des femmes en mal de maris !

Un dar est orné d’un chat… Etrange…Il s’agit du riad Dar Baraka (darbaraka-rabat.com) et son histoire est peu commune. Avant de partir pour la Mecque, le propriétaire a caché sa fortune dans un trou du jardin. Il est mort  lors du pèlerinage. Malheureusement, sa famille ne connaissait pas la cache. Lors d’une grande famine, elle a recueilli un chat famélique…qui un beau jour, a gratté le sol et découvert le trésor ! La légende dit qu’Allah a voulu récompenser la famille de sa charité envers la pauvre bête.

Nous voici à nouveau devant le consulat et nous échangeons quelques mots avec Yves et Roselyne rencontrés hier. Le passeport d’Yves n’avait plus qu’une demie page disponible et le douanier a refusé d’accorder le visa : il exige 2 pages vierges !!! Le consulat a finit par accepter d’établir un passeport provisoire. Mais aujourd’hui, le douanier exige 20 DH (2€) et refuse de rendre la monnaie sur le billet tendu par Yves ! C’en est trop ! Je tends une pièce de 20 DH à Yves, histoire de contenter le douanier !!! Et quand les Français se dépannent…APERO !!! Nous avons passé deux heures agréables dans leur caravane… A charge de revanche au Sénégal… puisque nous serons dans le même coin.

Au moment de partir, la roue arrière droite est quasi à plat. Jean-Paul enclenche le compresseur et regonfle. Nous nous arrêterons souvent sur l’autoroute pour contrôler…Le pneu devient brulant… Soudain… SPLOOOOO ! BBANNNG !  Nous nous garons en catastrophe ! Le pneu est à plat !

Nous changeons la roue et prévenons Mina de notre retard. Elle nous attend chez elle à El Jadida. Nous arriverons à la nuit, juste avant une nouvelle tempête ! L’accueil de Mina est digne de sa réputation ! Jusque tard, nous échangerons avec sa nièce et ses neveux. Ils nous conseillent  et nous apprendrons que la route entre Marrakech et Agadir est coupée à cause des inondations. Où va-t-on passer ? Il faut attendre (encore !), le temps va s’arranger !

Le lendemain, grâce à l’intervention  efficace de Mostapha, notre roue est réparée pour… 20 Dh !!! (2€)

Album photos Rabat. Cliquez ci-dessous.

Rabat

El Jadida : En accostant en 1502, les Portugais ont édifié en catastrophe un fortin, baptisé : Mazagan. Il est doté de superbes murailles, réputées imprenables. En 1514, une salle d’arme souterraine est construite. L’épaisseur des murs dépasse 3 mètres, sa superficie couvre près de 100 m2 et 25 piliers soutiennent sa voûte. En 1541, ce bâtiment sera transformé en citerne à eau. Alimentée en eau de pluie grâce à un trou dans la voute, elle peut contenir 2,7 millions de litre d’eau ! Abandonnée, puis murée, elle a été redécouverte…en 1916, quand Ben Attar, épicier de son état, a souhaité agrandir sa boutique en écroulant un mur !

Mais revenons à Mazagran; En 1769, le terrible sultan Mohamed ben Abdallah s’empare de la ville et la rebaptise El Jadida, ce qui signifie «La nouvelle» en arabe. Elle s’agrandira et la médina sera cernée de remparts, flanquée de 4 nouveaux bastions.

Après une séance shopping dans la «caverne d’Ali Baba» et au souk, il est temps de reprendre notre route.

Merci à Mina et à sa famille pour leur accueil chaleureux !

Album photos El Jadida. Cliquez ci-dessous

El Jadida

1 ères impressions. 30 décembre 2010

Quelques instantanés:

Les mirages :

Vous apercevez au loin une magnifique ville blanche étincelante dans le soleil, un bosquet d’arbre près d’un lac. Vous ne les atteindrez jamais hélas ! Il s’agit bel et bien d’un mirage. Pour en être sûr, une seule solution : faire une photo avec son appareil numérique. En regardant ensuite dans l’écran de contrôle et en jouant avec le zoom, vous verrez…rien ! Juste l’immensité du désert ! Les experts avancent que ceci est dû à la réverbération du soleil sur le mica du sable…Nous n’en savons rien mais pour l’avoir vécu, ce phénomène est troublant.

Des vedettes ?!

A peine arrivés chez Ali à Nouadhibou, un journaliste nous a littéralement sauté dessus pour nous interviewer ! Il a copieusement photographié notre véhicule, et Ali avec nous. Pour quel journal ? Aucune idée ! Mais impossible de voyager incognito !

Coût de la vie :

salaire moyen entre 250 et 400€ par mois. Ali nous a indiqué que « 250€ c’est déjà très bien ! ». Par pudeur, nous n’avons rien dit du notre. La vie a énormément augmentée en Mauritanie. Les Mauritaniens se plaignent de ne plus pouvoir vivre, du manque de travail et de l’enrichissement croissant des «déjà riches ». Beaucoup trouvent ceci anormal. La Mauritanie s’oriente-t-elle vers un nouveau coup d’état ? Le dernier remonte à 2008.

Internet :

Pas de haut débit mais des ordinateurs hyper performants ! Choc pour l’Européen ! Pour vous donner une idée : pour mettre en ligne 2 billets sur le blog, sans photo, ni mise en page, il m’a fallu une heure de connexion. Et encore ! J’ai du utiliser une subtilité : envoyer le texte par mail vers une adresse « secrète » correspondant à la page d’accueil du blog…lequel s’avère impossible à ouvrir !

L’ADSL arrive tout juste à Nouakchott la capitale !

Nouakchott :

Que de changements en 5 ans ! En 2005, la ville était très sale, les trottoirs inexistants, les voitures, y compris, les taxis officiels en dentelle de rouille. Les chèvres, omni présentes, se nourrissaient de toutes sortes de détritus jonchant les rues : cartons, sacs plastiques, viscères…Le Marché Capitale enchantait par ses couleurs, son air brouillon, ses « échoppes » de tieb tieb ( récup, occasions ) où tout, absolument tout, pouvait être acheté : de l’ante-diluvienne prise électrique à l’essence dans une bouteille en plastique de tonic ! Les passages du marché étaient couverts de mellahs (voiles colorés) afin de protéger les chalands du soleil.

Aujourd’hui, le made in Taïvan a tout envahi. Nous n’avons pas réussi à trouver des naïls, sandales touaregs réservées aux femmes et confectionnées dans des peaux de dromadaires (enfin …en chèvre maintenant). La tong est reine dans les échoppes de chaussures !  Des bâches de plastique bleu couvrent les allées et la police chassent les marchands « à la sauvette » !

Les voitures à Nouakchott sont en bon état, voire flambant neuves, y compris les taxis officiels. De larges trottoirs recouverts de faïence bordent certaines avenues et…une « brigade de propreté » ramasse les détritus …que vous pouvez jeter dans d’immenses bacs poubelles …aussitôt renversés et fouillés par les nécessiteux ! Là pas de changement hélas !

Dans le quartier des ambassades, nous avons traversé une véritable cour des miracles : boiteux, culs de jatte, polios…Toutes les infirmités s’étaient données rendez-vous. Les gens quémandent mais, face à un refus poli et ferme, n’insistent pas.

Les Autorités :

Pour le moment, au Maroc comme en Mauritanie, tant la Gendarmerie Royale que la Police restent courtoises et correctes : une seule demande de cadeau et une seule demande « d’encouragement »…que nous avons déclinées comme il se doit !

Il semblerait que les Gouvernements ont strictement interdit d’importuner les rares touristes…A suivre…

Nous apprécions leur courtoisie et rions de leur amusement devant nos fiches de police. En couleur, avec nos photos d’identité et celle du véhicule, elles remportent un franc succès. Il doit exister un concours de la plus belle fiche récupérée dans la journée vu la mine réjouie de la personne qui obtient la notre!

Le « Blaireau Gonflant » :

Il sévit toujours ! Sorti de nulle part, y compris en plein désert, toujours prêt à rendre service, surtout quand…on a besoin de rien ou que la réparation nécessaire au véhicule est déjà réalisée. On éconduit fermement ! Et devant la demande de cadeau, inévitable, on formule une contre-demande de cadeau. « Blaireau Gonflant » en perd l’intégralité de ses moyens ! Pensez donc : le toubab réclame au lieu de donner !!!

Nourriture :

Tout est désormais accessible dans les grandes villes mauritanienne : fromages comme alcool. Il suffit de savoir où s’approvisionner ! Mais…toujours pas de vitrines aux magasins ! Ceci réduit les joies du shopping.

Tout se marchande sauf le pain. Le vendeur annonce un prix qu’on divise par trois. Nous proposons un tiers du prix vendeur. Si notre estimation ( c’est la formule) est trop basse, la transaction ne se formalise pas. Il suffit de passer à la boutique suivante, qui propose d’ailleurs les mêmes articles made in Taïwan, et…re-belotte. Si à nouveau les négociations ne démarrent pas, nous revoyons notre estimation à la hausse. En général, le 3ème ou le 4ème vendeur, prévenu par téléphone mauritanien aura baissé son prix. Face à une légère augmentation du notre, l’affaire se conclue ! L’Afrique reste et demeure l’école de la patience !

La religion :

Le Muezzin s’égosille plusieurs fois par jour du haut de son minaret. Les mosquées sont extrêment nombreuses, chacune étant dotée de son muezzin. A heure fixe, dès le lever du jour ( 5 ou 6H du matin)  tous les muezzin donnent de la voix et nous…on compare et on se marre ! Quelle cacophonie !!! La pire expérience pour le moment a été vécue à Nouadhibou. Pendant plus de deux heures, toutes les 5 minutes, les 6 muezzins scandaient : « allah akbar »…pour punir les non musulmans ? En tout cas, on connait. C’est « PROPAGANDA»!!!!

Insécurité :

Pas vraiment ! La gendarmerie et l’armée sont présentes. Nos haltes s’effectuent dans des établissements de renommée, recommandés notamment par Gandini dans son guide des campings au Maroc avec extension. Ces aubergistes représentent des mines de renseignements très précieuses. Ils estiment que la situation est calme et sûre pour les voyageurs. Ils nous accueillent à bras ouverts et s’inquiètent de la désaffection des routards. Nous venons d’échanger avec le responsable mauritanien de « Mauritanie Aventure ». Pas d’inquiétude pour lui, la société organise toujours des séjours mais…la prudence reste de mise…

Nouadhibou. Nouakchott. Mauritanie. 26 au 30 décembre 2010

Après une halte bien méritée chez Ali à Nouadhibou, nous reprenons la route pour Nouakchott.

Ali a été un hôte attentionné et désireux de faire connaitre son pays. Il nous a emmené à la pointe de Nouadhibou voir des phoques, puis au marché au poisson. Il s’est occupé de la réparation de notre roue, encore crevée ! Et que dire du délicieux thé partagé avec son épouse !

Nous prenons le temps de déposer chez le Père Jérôme un énorme carton de médicaments et de lait en poudre pour les enfants. son église est étonnante : toute ronde et surmontée d’un poisson à la place de la traditionnelle croix ou du coq gaulois.

C’est bien volontiers que nous lui rendons service et emmenons à son ami qui garde la grande antenne du PK 300 un carton de légumes, à remettre impérativement à son ami et pas à son épouse…Eh oui ! Car sous les légumes…bien cachée…une bouteille de wisky est destinée à l’ami.

Le trajet s’annonçait simple et tranquille par un goudron plus que correct. Nous doublons une Renault 12 toute en dentelle de rouille. Soudain ! …. CHHHHHH….GOLCGLOCGLOC…. Ah non ! Encore à plat ! Jean-Paul change pour la niéme cette roue pourtant fraichement réparée ! Le vieux Maure en R12 de dentelle nous double en Riant de toutes ses dents… Manquantes ! C’est de bonne guerre l’Ami !

L’ami d’Ali nous attend en bord de route. On lui remet le carton de légumes sans rien dire. Sa mine s’allonge…S’allonge … jusqu’à ce qu’on lui dise de regarder sous les légumes ! Là …Heureusement qu’il a des oreilles pour arrêter son immense sourire édenté ! Il veut nous inviter. Hélas notre temps de voyage est contraint car nous avons des rendez-vous, pour une fois, à date fixe. Nous prenons congés gentiment et repartons sur Nouakchott.

Album photos. Cliquez ci-dessous

Nouahdibou

Car avant de rentrer au Sénégal, nous cherchons à contracter l’assurance à Nouakchott. Des amis à nous l’ont fait : ceci évite bien des tracasseries à la frontière. Hélas ! Nous ne disposons pas de l’adresse exacte du cabinet ; nous avons donc demandé à Sidi Barri, notre hôte à l’Auberge Sahara, de se renseigner. Patience…Mais pendant ce temps, Sidi Barri emmène nos passeports à la DST pour les formalités.

Sur ses conseils, nous nous présentons dans une agence et là…Econduits !?!? Nous sommes purement et simplement éconduits !!! Retour à l’Auberge Sahara…Rira bien qui rira le dernier !

çà y est !!!! Après l’intervention de notre aubergiste auprès du directeur de AGM (Assurances Générales du Mali), Himself, nous sautons dans un taxi au lieu de déjeuner afin de souscrire le précieux sésame avant fermeture de la comptabilité à 14 H. L’assureur avait juste un grosse flemme ce matin !…Et nous, pas envie de verser un backchich!

Subtilité et stupidité de l’affaire, expliquée et commentée par le directeur en personne : « c’est marqué sur l’attestation valable aussi au Mali, mais en fait c’est la généralité. La réalité c’est que nous avons une convention avec le Sénégal. La carte brune doit être renouvelée pour le Mali dans nos bureaux de Dakar »! Ben voyons !

Nos passeports sont enfin revenus de la DST vers 17H (on commençait à flipper!) avec le gros cachet rouge faisant foi !

Nous avons échangé longuement sur la situation avec Kania qui a monté l’Auberge Sahara où nous logeons. Elle connait une telle perte de son chiffre d’affaire qu’elle pense vendre ! Les touristes ne viennent plus !

Nous souhaitons partir tôt le lendemain mais sommes obligés d’attendre l’arrivée d’un groupe de véhicules pour être positionné sur le parking clos en pôle position. On a attendu 3 heures : ils sont arrivés à 22H et nous n’avions pas encore mangé. Pas un mot d’excuse de leur part : goujats ! On les a sermonné en anglais : marche pas ! Et en plus, pas moyen qu’ils se bougent pour ranger leurs épaves de bagnoles ! Jean-Paul est en mode « tête de cochon », Kania, notre hôtesse, n’en peut plus. Tout finit par rentrer dans l’ordre  et nous reprenons notre place sur le parking, bien au fond. Mais pourquoi tout ce cirque si c’est pour se mettre sur la même place …Soit disant, cette troupe démarre à 4H demain matin et nous à 8 H…Patience…

Album photos. Cliquez ci-dessous

Nouakchott