Praid. Prejmer. Bran. Transylvanie.

dsc06030  2 Juillet 2016.

Nous voici à Praid pour visiter la mine de sel, encore en exploitation depuis l’Antiquité. Un panneau annonce que le sel contenu pourrait fournir toute l’Europe ! Tout d’abord un bus nous emmène à 120 mètres sous terre après une descente de 2 KM. Il y a foule. Les mines ont été transformées en centre de traitement des maladies respiratoires. Pour que la cure fasse effet, il faut rester 4H sous terre. Le temps peut sembler long…Pas à Praid ! Nous parcourons un décor hallucinant à la Jules Verne : salles immenses contenant des boutiques, des jeux d’enfant, des aires de pique-nique, des restaurants, des bars, un cinéma 3D, une église, un musée et tout ceci équipé en wifi ! Une véritable ville souterraine où nous avons déambulé pendant… 2 heures, tant nous avons perdu toute notion du temps ! La température est agréable, l’hygrométrie supportable…Reste un goût salé sur la peau lors de notre sortie des entrailles de la mine.

En bord de route, nous avisons des étals de girolles et souhaitons en acheter…Par deux fois, nous nous arrêtons et, par deux fois, nous filons dare-dare. Nous sommes tombés sur des Gypsies que nous n’avions pas détectés au premier regard. Ils prétendaient vendre le kilo 100€ ! Oui ! vous avez bien lu ! 100€ ! Qui devant mon refus, tombent à 50, puis 25 puis….Basta !!! Quand c’est comme çà, on dégage en vitesse !!!

Nous trouverons à nous approvisionner plus loin, à 2€ le kilo, vers une paysanne, assise sous un parasol, à côté de sa ferme ! J’en profiterais pour lui acheter aussi quelques légumes et fruits. Les marchés ne sont qu’hebdomadaires en Roumanie et depuis Arad, nous n’avons pas réussi à en faire un seul ! S’approvisionner en bord de route est une solution et permet de faire vivre les paysans.

dsc06045  A Prejmer, nous visitons une belle et originale église luthérienne fortifiée du XIII° siècle. L’enceinte fortifiée est large de 30 mètres. L’église tient la place centrale. Des échoppes et des logements occupent les galeries de l’enceinte sur quatre niveaux. Les logements ne sont, ni plus ni moins, que de minuscules cellules, une par famille, dans laquelle chacun s’entassait avec ses vivres en cas d’attaque. Chaque porte est numérotée et correspond à une famille. Le bétail et les charrettes étaient remisés en rez de chaussée.

Là encore, nous sommes étonnés par l’absence de normes de sécurité. Nous marchons sous des charpentes de bois, sur des planchers troués qui menacent effondrement, empruntons des escaliers branlants sans aucun garde corps !

Nous passons la nuit à Bran, au camping vampire…çà ne s’invente pas !!! Et pourquoi vampire ??? Parce que nous sommes sur les terres du Comte Dracula et que son château est voisin de 2Km !

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Praid. Prejmer

Bran. Brasov. Transylvanie

 dsc06108 3 juillet 2016.

Inutile de dire qu’ici Dracula est utilisé à toutes les sauces ! Impossible de faire un pas sans tomber sur lui !!! Un vrai piège à touristes !

Les vampires appartiennent au folklore slave depuis l’ère païenne. Un adulte qui meurt sans se confesser, un enfant sans baptême, un rituel mal exécuté et c’est le drame ! Les revenants sévissent. Il faut alors les tuer une seconde fois à l’aide d’un pieu de bois enfoncé dans le cœur !

L’ail est-il un antidote ? Des tresses ornent les portes des maisons transylvaniennes…Alors…Peut être…

Le château de Bran est-il le vrai château de Dracula ? Il est présenté comme tel en tout cas…Comme celui de Cetatea Poienari et celui de Sighisoara…

En tout cas, le château de Bran est élégant. Edifié en 1377 par des marchands pour protéger les routes commerciales, il sera rénové en 1920 par la Reine Marie pour servir de résidence d’été. Nous parcourons, au milieu d’une foule dense, les 30 pièces sur 57 ouvertes au public et les 4 niveaux. Tout est minuscule et il faut souvent jouer des coudes, y compris, et surtout, dans la salle de tortures !

Album photos Bran. Cliquez ci-dessous :

Château de Bran

dsc06193 Le thermomètre affiche 30° à midi lorsque nous arrivons à Brasov. Il s’agit de l’ancienne Kronstadt. Nous rejoignons le cœur médiéval par une petite rue. Ce centre historique est beau et renvoie à la construction de la ville par les chevaliers teutoniques. Sur le fronton de la tour du conseil, nous découvrons une sculpture figurant un arbre ceint d’une couronne. En fait, lors de la construction de la ville, une couronne aurait été découverte accrochée à un arbre ; d’où le nom de la cité : ville de la couronne.

Dans la Biserica neagra (l’église noire), nous admirons un orgue de 4 000 tuyaux ! La tour de l’église mesure 65 mètres de haut et supporte la plus lourde cloche de Roumanie : 300 Kg.

La chaleur écrasante nous pousse à reprendre la route et nous ferons étape sous les arbres du parking de Prejmer, dans des emplacements réservés « Rulote ». Nos voisines les cigognes claquent du bec dans leurs nids. Tout est calme. Deux enfants nous regardent. Le petit garçon s’enhardit et lance : «  bonjour ça va ? ». Nous lui répondons amusés. Il est si fier de ses quelques mots prononcés en français qu’il les prononce en boucle ! La petite fille, ne voulant être en reste, se lance : « Badou ; taba ? » et se sauve en riant ! Le jeu dure un moment jusqu’à ce que la pluie fasse rentrer les enfants.

Le soir, nous serons régalés d’un feu d’artifice tiré juste au dessus du camping-car !

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Brasov

Volcans de boue. Berça. Région Valachie

dsc06258  4 juillet.

Trouver le site des volcans de boue n’est pas une mince affaire ! Nous avions la carte routière et une vague indication ainsi qu’une mise en garde concernant la route…défoncée ! J’avais tenté une localisation google earth pour estimer le point GPS. Le rentrer dans le GPS était le plus facile…Oui mais ! Le GPS routier en fait encore des siennes.

Dans un grand virage, au nord de Buzau, vers Berça, ( c’est clair comme indication!) nous prenons un chemin sur la droite, nous fiant à un panneau qui indique les volcans à 1 Km à droite, à 3 Km à gauche ! Ah bon….Nous réfléchissons et choisissons…Droite !

Nous stoppons face à un petit pont de bois….Supportera-t-il le poids de notre Exsis ? Est-il assez large ? Devons-nous rebrousser chemin ? Nous nous engageons…OUF ! Le pont tient bon. Plus loin, un camion rucher retient notre attention. Il s’agit d’une remorque pleine de ruches, avec des fentes comme une boite aux lettres pour que les abeilles atteignent leur ruche. L’apiculteur travaille le miel directement dans la remorque au milieu de ses ruches. Il dort dans la cabine du camion et déplace les ruches au gré de ses besoins en fleurs mellifères. Vu le tourbillon d’abeilles, nous jugeons prudent d’observer de loin. La chaussée est de plus en plus étroite et défoncée jusqu’à n’être qu’un mauvais chemin de gravier…

1 km a déjà été parcouru…Rien à l’horizon, si ce n’est des collines. Nous persistons dans notre direction ! Et nous voici enfin à bon port ! Nous arrivons dans un camping à la ferme, assez rustique, mais l’accueil est très chaleureux ! Je vous donne le point GPS : N45° 20′ 48 » E26° 42′ 34 ».

Nous sommes au milieu de nulle part, parmi des champs de fleurs. Il suffit de suivre un sentier et d’atteindre le plateau des volcans ! Vite ! Nous grimpons car la pluie menace ! Las ! Au sommet, il y a une cabane qui prélève un droit d’entrée. Et comme nous sommes partis sans un sou….Jean-Paul fait un aller-retour au véhicule à toute vitesse pendant que je profite des senteurs florales sur un banc.

Nous pénétrons dans un site de terre nue et ravinée alors que tout autour est verdoyant. La boue jaillit de terre, un peu comme le bouillonnement d’un brouet dans une marmite ! Les volcans sont apparus en 1881 sans que rien ne le laissait prévoir. Ils rejettent une argile grise et épaisse, un peu grasse et qui, semble-t-il, fait merveille pour les soins de la peau. Les Roumains s’en enduisent le visage, un peu comme un masque…Vu l’odeur de gas-oil qui se dégage sur site…Je m’abstiens !

Album photos. Volcans de boue. Cliquez ci-dessous :

Volcans de boue

Vidéo des volcans de boue. Cliquez ici : Vidéo

Delta du Danube. Région Dobrogea

img_5561  5 et 6 Juillet 2016.

Je dédie ce billet à Irina Ivanov et son mari du camping Dan Pescarul de Mirighiol. Encore merci pour votre gentillesse et la qualité de votre accueil.

En rejoignant la route principale, nous passons vers le fameux site de volcans indiqué à 3 km. Rien à voir avec celui que nous avons visité. Ici tout est accessible de la route, moins sauvage, plus touristique.

La route entre Buzau et Braila est très dangereuse à cause de multiples chauffards. Nous sommes sur le qui-vive. Nous souhaitons rejoindre Murighiol via Tulcea. Nous voici confronté à un problème de taille à Braila. Alors que la carte indique une route pour Murighiol, nous sommes en cul de sac face à un bac minuscule ! Il prend les camping-cars ? Nous nous renseignons à la cabine. Il n’y a pas de problème et nous sommes même invités à embarquer dare dare ! La courte traversée du Danube coute 40 lei (environ 9€). Nous traversons ensuite de belles étendues d’eau recouvertes de nénuphars, d’immenses champs de tournesol. Nous croisons à nouveau un enterrement. Cette fois ci le corbillard est une belle limousine, la procession plus conforme à nos habitudes françaises. Pour autant, le cercueil est grand ouvert, le défunt exposé et le couvercle du cercueil arrimé sur le toit du corbillard !

Nous voici enfin au camping Dan Pescarul de Murighiol ! Irina Ivanov, la propriétaire, nous offre un accueil de plus chaleureux ! Nous sommes bien et profitons sans vergogne du hamac à disposition et de l’espace commun bien ombragé pour résister à la chaleur de la journée.

Le soir, à nouveau, nous devons chasser un troupeau de vaches qui était fermement décidé à grignoter les fleurs d’Irina et les légumes de son jardin.

Le lendemain, nous voici levés dès potron-minet. Le mari d’Irina est un pêcheur. Il doit nous emmener sur sa barque pour lever les filets et observer la faune du delta. A 5h20, nous étions prêts !

Quelle promenade magnifique sur le delta !

Le soir, Irina nous a concocté un repas roumain, pris dans sa petite cabane. Tout d’abord, pour ouvrir l’appétit : un verre de tiuça, alcool de fruit (ici de la mirabelle) distillé maison. Viennent ensuite les légumes du jardin, tomates et concombres, puis la mamaliga, sorte de pain de polenta, et enfin les 3 poissons du delta grillés : saumon, brochet et silure et enfin des fruits du verger. Nous nous sommes régalés et avons échangé, en anglais, jusque fort tard dans la nuit avec Irina.

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Delta du Danube

Histria. Constanta. Région Dobrogea

dsc06847  7 juillet 2016.

Les adieux sont poignants ce matin. Nous échangeons nos adresses mail avec Irina et lui laissons des souvenirs des premiers Français qui ont couché dans son camping. Nous resterons en contact, c’est sûr !

Nous longeons la Mer Noire pour rejoindre le site d’Histria. Rien n’est vraiment indiqué ; il faut rouler un peu à l’instinct avec la carte sous les yeux, ce qui ne nous dérange pas outre mesure.

Après avoir quitté la route principale, 7 méchants kms nous conduisent au site archéologique majeur d’Histria.

Histria était un comptoir fondé au VII° siècle avant JC par des colons grecs. Histria est aussi le plus ancien port du rivage. Les vestiges sont grecs, romains et byzantins. Le site couvre 72 hectares. Les murailles et bastions dateraient eux du III° siécle ! Nous parcourons des ruines à l’abandon : une grande place dallée, les reste d’une église chrétiennes, de thermes. Nous marchons sur des morceaux de mosaèques et sommes tristes. Ce grand témoignage de l’histoire est envahis de mauvaises herbes, de serpents. Tout est à l’abandon sans souci de préservation ! Un Roumain ira même jusqu’à nous inciter à fouiller la terre à ses côtés ! Pour tenter d’en savoir plus, nous nous dirigeons vers le musée…Qui lui aussi est dans un tel état de décrépitude que l’accueil se fait dans un algéco et la visite à nos risques et périls. En fait, les mécènes qui protégeaient et valorisaient le site sont décédés et il n’y a plus de fonds pour continuer les fouilles et entretenir.

Pour la nuit, nous décidons de camper à Constanta. Nous laissons notre véhicule au camping et prenons un mini-bus pour le centre historique. Il fonce à tombeau ouvert ! La porte ne ferme que grâce à une grosse corde. Le chauffeur devait nous indiquer l’arrêt mais…Il nous a oublié ! Quand je me manifeste ( merci à mon guide vert qui me permettait de suivre), nous avions dépassé le cœur historique de 2 bons kms !!! A part la mosquée et la ballade sur le bord de mer, nous avons été très déçu par Constanta, présentée comme le St Tropez roumain. Les bâtiments sont délabrés, les rues sales… Beurk ! Le pire a été notre contact avec la Mer Noire, la si bien nommée ! Vers le camping, il y a une plage. Côté rue, elle est publique sur environ 500 m de large. Vient ensuite la plage privée avec ses couchettes, parasols etc. Il faut traverser la plage privé pour rejoindre le bord de mer. Là déjà…çà se gâte un peu ! Le pire est à venir ! Le mer n’est qu’un immense cloaque de bouteilles, plastiques, déjections en tout genre ! Je refuse de tremper un orteil dans c et égout à ciel ouvert !

Nous pensions avoir atteint le fond ! Mais non ! Vers 20H, au camping, alors que chacun profite de la fraicheur, toutes fenêtres ouvertes, un homme arrive, vêtu d’une combinaisons intégrale, d’un masque et de gants. Il porte une pompe à sulfater… !?!?…C’est quoi ce truc ??? Et le voici qui arrose littéralement de produits insecticides tous les buissons !!! Sans aucune précaution pour les gens alentours. Un Mosquitobuster !!!! Il hurle dans le bloc sanitaire pour le faire évacuer et…le sulfate, l’inonde, du toit aux fondations, sans aucune retenue !!! Un enfant sort en pleurant !!! Il a du recevoir une bonne dose d’insecticide ce malheureux !

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Histria. Constanta

Bucarest

dsc06918  8, 9 et 10 juillet 2016. 

Trop c’est trop ! Ce matin, la température est déjà de 36° à 8H ! Nous partons en direction de Bucarest. La gardienne de la barrière du camping refuse de nous ouvrir au motif qu’il nous manque je ne sais quel ticket. Là….C’est plus fort que moi ! Je vide mon sac en anglais : sur la saleté du site, l’intoxication intentionnelle hier soir par le Mosquitobuster, les sanitaires dégorgeant de M….Allez savoir pourquoi ! Le ticket est devenu secondaire pour la geôlière qui ouvre la barrière !

L’arrivée à Bucarest est dantesque. La ceinture n’est qu’une chaussée à double sens, embouteillée terriblement. Nous mettrons plus de 2H à parcourir les quelques kilomètres qui nous séparaient du camping. Après avoir retenu un taxi pour le lendemain, nous lessivons le véhicule de fond en comble et goutons un repos bien mérité.

Journée mal commencée, journée mal finie ! Alors que nous vidions, au seau, et dans un bouche d’égoût, nos eaux grises ( celle de la vaisselle et de la douche), nous nous faisons copieusement engueulé par une vieille mégère à la tête hérissée de bigoudis ! Elle veut quoi encore celle-là !!! A plus de 40°, il ne faut pas nous chauffer les oreilles ! L’employé du camp arrive à la rescousse. Elle croyait que nous jetions nos WC dans la rivière !!! Il a fallu qu’on lui mette la cassette des WC sous le nez pour qu’elle comprenne sa méprise !

9 Juillet 2016

Le taxi nous emmène au Palais du Parlement. Comme le chauffeur maitrise parfaitement le français et qu’il est un amoureux de sa ville, il en profite pour nous indiquer les principaux monuments et sites à voir. Il nous explique que, comme beaucoup de ces compatriotes, il est obligé d’exercer plusieurs métiers pour s’en sortir financièrement. Il déplore la fuite des jeunes et des « cerveaux » à l’étranger : Allemagne, France, Etats-unis et s’interroge sur l’avenir de son pays et les conséquences de la corruption érigée en système d’état.

Le palais du parlement est le deuxième plus grand bâtiment du monde après le Pentagone. Pour le construire, il a fallu raser plusieurs quartiers et ériger une sorte de colline pour qu’il domine la ville. Il a fallu 400 architectes et 20 000 ouvriers. Son volume est évalué à 2 550 000 m3 pour 60 000 M2 de planchers ! Il comprend 12 étages, 1200 salles au dimension chacune d’un terrain de football ; certaines atteignent les 19 mètres sous plafond.

La visite est très encadrée et les mesures de sécurité draconiennes. Peut importe, c’est à voir au moins une fois, ne serait-ce que pour admirer le travail des maitres ouvriers qui ont oeuvré à la magnificence du site.

Nous avons ensuite exploré la vieille ville, le quartier des artisans et celui de l’université, pris une photo au KM0, là où a démarré la révolution, et bu une bière de l’ours avant de prendre un taxi pour le retour au camping, fourbus par la chaleur lourde qui règne.

10 juillet 2016.
Ce matin, c’est le musée du village de Bucarest qui retient notre faveur. En effet, quoi de plus agréable que de déambuler sous les arbres, en bord d’eau, après la chaleur d’hier. Cet éco-musée résume bien les différents types d’habitats que nous avons rencontré sur notre route. Dans le secteur des moulins, l’un d’eux présente une sorte de gros trou conique creusé dans la terre, dont les parois sont habillées de planches, le tout sous une chute d’eau. Renseignement pris, il s’agit d’une machine à laver ! Il suffit de mettre dans la cuve la laine à feutrer ou les tapis à laver. Le courant d’eau tombe en force dans le cuveau, tourbillonne en entrainant le linge et… le tour est joué ! Ingénieux !

Nous nous laissons attendrir par une belle Roumaine qui vent sa production d’oeufs peints, des authentiques en coquilles, pas en bois ! Elle nous certifie qu’ils arriveront sans dommage à Lyon ! Nous nous laissons tenter tant le prix est raisonnable. Effectivement, les œufs sont arrivés à bon port et…Intacts !!!

Le taxi du retour a tenté de nous arnaquer. La pratique est semble-t-il courante à Bucarest. Nous avons négocié la course avant de monter. Il part en sens inverse jusqu’à ce qu’on sorte le plan et qu’on suive le trajet. . Nous lui faisons remarquer qu’il prend le chemin des écoliers… « C’est plus simple par là »…Soudain, il stoppe dans une contre allée pour nous demander 50 lei pour une course qui vaut 23 !Il se tient la tête, fait mine d’être perdu, de s’être tromper et négocie une rallonge. Là c’est vite vu ! Je lui assène fermement que nous allons le guider. Oui, mais il s’est trompé dans le prix, il va être perdant ! Je lui colle mes tickets des courses précédentes sous le nez ! Ce sont ses confrères qui se sont trompés de prix ! Très bien !!! Dites ce qu’on vous doit et on descend ici ! Nous faisons mime de descendre ! Il devient raisonnable tout en tentant une petite commission. Je fais mine d’appeler le camping pour signaler la fraude ! Ouh là !!! Il retrouve la mémoire et file direct au camp ! ! Je ne paie pas un centime de plus que la veille et exige même un reçu, histoire de lui apprendre que nous ne sommes pas des perdreaux de l’année !!! Il me fait grâce de 0,5 lei !

Album photos Bucarest. Cliquez ci-dessous :

Bucarest

Eselnita. Portes de fer. Région Banat et Crisana

dsc07228  11 et 12 juillet 2016.

Nous quittons Bucarest tôt, ce qui ne nous évitera pas les embouteillages. Nous souhaitons parcourir le plus possible le défilé des portes de fer. Il s’étire le long du Danube sur 144 KM.

Depuis Bucarest la route traverse de grandes plaines céréalières, puis de mornes étendues grillées par le soleil. Usines à l’abandon en état de délabrement extrême, maisons ou immeubles dont la construction a été stoppée depuis de nombreuses années, prostituées en légion … En faut-il plus pour nous convaincre de la pauvreté des habitants ?

Nous voici enfin au bord du Danube, au seuil des portes de fer, défilé que nous parcourrons en partie demain avant de quitter définitivement la Roumanie et de rejoindre Belgrade. La route est sinueuse. De l’autre côté du Danube, c’est la Serbie. Les couleurs du fleuve varient dans toute la gamme des bleus aux verts.

Nous passerons la 1ere nuit à Eselnita, sur le parking de la pensunea Danubia, la seconde vers Belgrade (Serbie)

Péripétie du jour : le camp de ce soir me demande 30€ pour la nuit. Je lui annonce payer en Lei…Le prix devient 45 lei soit….9,99€.

Le lendemain, nous reprenons le beau défilé des portes de fer. Magnifique et surprenant Danube avec ses mini palais en bord d’eau, les sculptures à même la roche !

Depuis 3 jours, nous cherchons désespérément un bureau de poste pour envoyer nos cartes postales. Rien à faire ! Avant de passer la frontière, nous faisons des courses pour dépenser nos derniers Lei et pleins d’espoir, demandons la poste à plusieurs Roumains. Les uns nous envoient par là, tout droit, c’est pas loin ( comprendre au moins 3 Km aller), un autre nous montre une drôle de boite…Oui, mais il nous faut les timbres…Enfin, une dame nous conseille de prendre le taxi ! Tant pis, les cartes partirons d’ailleurs !

Le passage de frontière Roumaine/ Serbie est encore un moment épique ! Nous tombons sur un jeune douanier serbe obtus ! Le douanier : »Oú ? » Nous : »France » Ce manège se répète 3 fois jusqu’à ce, qu’excédée, je réponde :  » Francia » et « go home ! » d’un ton péremptoire. Ça marche !!!

Belgrade : le GPS annonce cartographie incomplète ..?!?!?….. Nous avons plus d’un tour dans notre sac et traversons la ville sans coup férir.

Et nous voilà à Zemoun dans une boucle du Danube accueillis par un chien collant et 2 bières serbes. No comment sur l’étonnante arche de Belgrade. Il fait juste encore 39° à 19H!

Album photos Portes de fer. Cliquez ci-dessous :

Portes de fer

Viana do Castelo.

  Le 23 mai 2014, C’est enfin l’heure du départ ! Nous avons rejoint Marie-Pierre au multi-services de St Georges (47) pour la première étape de ce voyage. Effectivement, ce n’est pas la route la plus courte pour rejoindre le Portugal mais nous avions envie de partager un moment avec notre amie ! Alors…çà ne se discute même pas. Grâce à elle, nous avons échangé avec un Portugais qui rentrait tout juste du Portugal. Nous avons tenté d’éclaircir les infos contradictoires sur le paiement des autoroutes portugaises «  automatiques ». D’un côté, les guides touristiques nous disent de louer un boitier de télépayage à la frontière ou à la poste, de l’autre, que notre plaque d’immatriculation sera photographiée à la frontière et l’empreinte de la CB prise pour paiement automatique. Notre Portugais est formel : la deuxième info est la bonne.

Le lendemain, 24 mai 2014, nous quittons notre amie très tôt et atteignons Léon, en Espagne, au bout d’une longue route. Nous serons accueillis par une cigogne au nid et visiterons l’église du quartier pour se dégourdir un peu les jambes. La première chose qui frappe est le côté rococo de l’architecture. C’est clair : style baroque ! La seconde est l’expression de douleur intense sur le visage des statues !

Les supporters d’un match de foot créeront de l’animation jusque fort tard dans la nuit. Pour autant, nous serons les premiers à partir aux premières heures du jour.

L’autovia est longue est monotone jusqu’en Galice ! Ce 25 mai 2014, nous avalons les kms….Jusqu’au moment où…Le GPS propose une alternative qui nous ferait gagner 40 minutes ! On prend c’est évident !

Soudain…Une bonne demie-heure après… le GPS se « réveille » et nous informe : « vous avez un péage sur votre route. Souhaitez vous l’inclure au parcours ? »…Stupeur !…Jean-Paul prend la première sortie et nous faisons le point carte en main. Nous sommes sur une autovia espagnole donc gratuite ; le péage ne peut être que du côté portugais ; la frontière est à 50 Km environ ; L’autoroute portugaise est très chère …Et puis…On voit quoi du pays sur une autoroute ? Nada !

Reprogrammation du GPS et…retour sur nos kms ! Tu parles d’un gain de temps !!! Ce soir, c’est clair, je « trifouille » les entrailles du GPS pour lui interdire de proposer des routes payantes !…

Du coup, nous restons vigilants tout le long du trajet.

Voici la frontière ! Selon les indications de « notre » Portugais, nous devons prendre une file « étranger », aller à une boutique et accomplir les formalités pour le paiement des autoroutes et rocades. Sauf que…à part un panneau carré indiquant « Portugal », il y a …NADA ! Pas de file spéciale et d’ailleurs…Pas de file du tout ! Juste notre route qui continue, normale, banale…Pas de boutique particulière…Et si on se fait prendre sur une route « automatica », c’est l’amende assurée. Çà commence bien le Portugal !

Nous nous garons sur le parking permettant le stationnement nocturne à Viana do Castelo, proche de la ville historique et du pont Eiffel.

Viana est à la fois un port de pêche et un port de plaisance. Le centre ancien regorge de palais et de vieilles demeures parées d’azulezos, ces céramiques typiques jaune et bleu.

Alfonse III a créé la ville en 1258 par regroupement des petits bourgs alentours. Du XV° auXVIII° siècle, les pêcheurs de Viana partent pêcher la morue au large de Terre-Neuve, tandis que les navigateurs commercent. Toutes ces activités passées marquent la ville : ici, une statue portant un caravelle, là une riche maison d’armateur…

Santa Luzia, du haut de son belvédère, nous nargue.

Nous cherchons et finissons par trouver le funiculaire ! Quel moment ! C’est le plus long du pays. Il s’élève de 160 mètres sur un parcours de 650 mètres ! Çà grimpe dur !!! Quelle vue époustouflante en haut. Dans la basilique, une messe est en cours. Nous faisons discrètement une photo et quittons l’office. Tiens…Un marchand du temple ?…Non ! Un étal de produits typiques : chorizo doux et fort, jambons secs, saucisses qui ressemblent à des figattelus, cerises. Nous nous laissons convaincre par la gentillesse du vendeur et rejoignons le camping-car chargés de chorizo et cerises… Illico, je trifouille les entrailles du GPS un œil sur le parking.

PFF… Re Pffff…« Tu crois qu’on passe la nuit là ? Il n’y a plus que 2 camping-cars étrangers, le portugais vient de partir. Çà tourne pas mal ! Les voitures nous frôlent. » Jean-Paul tente de négocier …Je reste intraitable : «  JP, ce plan je ne le sens pas ! Des couples viennent en voiture, restent dedans malgré le soleil et repartent au bout de 20 minutes ! Je le sens pas du tout! » Depuis le temps que nous bivouaquons un peu partout, que nous voyageons hors sentiers battus, Jean-Paul fait confiance à mon instinct. Nous plions tout et décampons pour rejoindre notre étape du lendemain : Braga.

Album photos. Viana do Castello. Cliquez ci-dessous :

Viana do Castelo

Braga. 26 mai 2014.

  Après la traversée d’une forêt d’eucalyptus impressionnants par leur hauteur et leur taille, nous nous installons au camp municipal de Braga. Un brin vétuste, ce camping est proche de la ville historique et l’accueil est sympathique.

En guise de réveil matin, le champ des tourterelles…C’est mieux que le parking de Viana !

Fondée par la tribu des Celtes des Bràcaros, la ville sera la capitale de la Galice à l’époque romaine. Encore aujourd’hui, elle fête, pendant une semaine, la Braga Romana. Chacun se déguise en romain et des échoppes s’installent dans les rues piétonnes.

Les Suèves s’emparent de Braga au V° siècle et en font le cœur du royaume des Wisigoths. Braga sera ensuite occupée par les Musulmans puis redeviendra chrétienne en 1040. Henri de Bourgogne lui redonne alors son rang de capitale du christianisme et fait bâtir la Sé, autrement dit la cathédrale. Les archevêques gouvernent la ville depuis le palais épiscopal. Au XVI° siècle, l’archevêque Diego de Sousa décide d’embellir la ville et créée des places avec des fontaines, des hôpitaux, transforme les églises et les palais. Enfin, au XVIII° siècle, André Soares, architecte de renom, achève l’embellissement de Braga…Enfin…Avec son style bien particulier : la rocaille ! Pas sûr que nous ayons les mêmes goûts !

De bon matin, nous prenons le bus puis le funiculaire pour rejoindre la via sacra et l’igreja (l’église) de Bom Jesus. A mi-course, au moment du croisement des cabines, le funiculaire stoppe brutalement !…Allons bon : une panne ?…çà tient bien ?…Il y a quoi comme sécurité ?…En fait, le conducteur de notre cabine discute tranquillement avec celui de l’autre…Notre panne est…Un besoin impérieux de commenter je ne sais quoi avec le collègue !!! Et le papotage dure…5 bonnes minutes !

Sur l’esplanade, nous découvrons une grotte de la dévotion style rocaille (!!!), l’église, présentée comme la réalisation la plus extravagante du baroque portugais, et un gigantesque escalier à double rampe, orné de statues et de fontaines. Présenté comme le grimpe-vers-dieu les plus exubérant du Portugal, il a été construit en 1723, en 88 ans et compte 600 marches.

Tiens…une balance ! Précise, elle indique, pour les hommes comme pour les femmes, le poids idéal en fonction de la taille et de la tranche d’âge. Bien vu !…sauf qu’elle ne sert pas uniquement à se peser ! Elle va de paire avec la montée des marches de l’escalier ! L’ascension de ce dernier est ponctué de stations, comme un chemin de croix. Le pèlerin monte, à genoux, d’abord l’escalier des cinq sens, où il fait le vœu de renoncer aux plaisirs terrestres. Sur la première volée, se trouve la fontaine de la vue, sur la seconde, celle de l’ouie avec la statue du roi David, sur la troisième, la fontaine de l’odorat avec les statues de Noé et Sulamite, sur la quatrième, la fontaine du goût et sur la cinquième, la fontaine du toucher, avec les statues de Salomon et Isaac.

Ensuite, le pèlerin prend, toujours à genoux, l’escalier des trois-vertus qui l’incite à acquérir les vertus théologiales : foi, espérance, charité.

Au terme du trajet, toujours à genoux, le pèlerin achète son pesant de cierges, d’où la balance anti-triche, et ensuite seulement pénètre dans l’église néo-classique.

Faut être convaincu ! D’autant que les pavés qui recouvrent les marches d’escalier et l’esplanade sont pointus à souhait !!!

Nous nous sommes contenté de descendre l’escalier…évidemment sur nos…Pieds !

Une curieuse maison couverte de moucharabiehs attire notre attention : la casa dos crivos. Construite au XVII-XVIII°, elle est typique des maisons qui rappellent l’Afrique du Nord. Les jalousies étaient imposées par une mentalité religieuse stricte : les femmes pouvaient regarder la rue mais…sans être vues ! Comme quoi !

De l’Igreja Santa Cruz au Palacio do Raio, en passant par l’Igreja do Populo et l’antigo paço episcopal et son jardin, nous atteignons la Sé ! Hérissée de pinacles à l’extérieur, elle est austère à l’intérieur, si ce n’est l’orgue double aux tuyaux « en chamade ». Sa charpente est bien visible. Par endroit, un plafond peint recouvre les poutres, notamment sous l’orgue et dans le cœur. Attention : photo interdite !!! Un cerbère monte la garde..Et il n’est pas commode !…Du coup, avec un plaisir évident et non dissimulé…Nous avons pris 3 photos !!!

Nos premières impressions : beaucoup d’églises de style baroque rococo, des statuts de saints présentant toutes les mimiques de la douleur, de beaux bâtiments et des immeubles dans un état de délabrement avancé…La gentillesse des portugais qui trouvent toujours un mot de français pour nous renseigner.

Ces impressions se confirmeront-elles au fil des jours ?

La rencontre de Braga : François !

François est arrivé sur son vélo tractant une remorque. Il était accompagné d’une femme plus jeune que lui, elle aussi en vélo. François est âgé de…78 ans ! A la suite de deux AVC, il a enfourché le vélo et depuis parcours les route seul ou en compagnie de cyclistes rencontrés lors de ses périples. Sa remorque pèse 60 kg. Il vient de pédaler pendant plus de 5 000km ! Nous avons discuté un bon moment dans la bonne humeur. Rendez-vous est pris pour le festival des aventuriers de Tonnay-Charente mi octobre ! François est en effet « voisin » : il habite Royan. Et pour fêter notre rencontre, j’apporte le champagne ! Bonne route François !

Demain : monastère de Tibaés et Guimaraés.

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Braga