Mikulov. Zojmo. 23 juin 2017

La tempête s ‘est déchainée toute la nuit secouant le camping-car dans tous les sens ! A peine croyable, le lendemain matin, le ciel est bleu limpide et le temps calme !

Nous n’avons pas encore goûté aux vins Moraves ! Il serait temps …Aussi, nous rendons à Mikulov, un très ancien village viticole qui entoure le château perché sur une colline, entourée de vignes.

La partie la plus ancienne du château date du XIIIème siècle ; Une autre est de style baroque. Cet édifice a été incendié par les nazis en 1945, après qu’ils l’ait utilisé en dépôt d’oeuvres volées au Louvre et aux grands collectionneurs juifs de France.

Nous profitons aussi longuement du magnifique parc qui l’entoure avant de redescendre vers le village et de pénétrer dans vinothèque. Le gérant est là, inoccupé et…ne fait aucun cas de nous ! Au bout de longues minutes, nous ne sortons de son inertie et demandons des explications sur les vins, s’il est possible de goûter etc… Il est surpris, puis se déride et se lance dans un flot de commentaires…Dont nous avons du mal à saisir l’entièreté ! Nous goûtons les vins primés au salon de Prague : rouges, blancs et rosés. Tous sont de grande qualité et nous n’hésitons pas à acheter une sélection, ainsi que du vin en « vrac », à la tireuse. Notre commerçant en était ahuri…Littéralement ! Peu de touristes doivent acheter du vin ainsi et c’est un tord ! Le vin est très bon, distribué dans une bouteille plastique que le commerçant encapsule de façon hermétique. Un « bon de transport» est fourni avec les bouteilles pour le voyage. A notre tour d’être ahuris !

Znojmo, toute proche de la frontière autrichienne surplombe une jolie rivière : la Dyji. La ville conserve un joli centre médiéval. Nous découvrons que Napoléon est passé par là ! Malgré la beauté architecturale de Znojmo, nous avons vraiment l’impression que toutes les villes tchèques sont construites sur le même modèle : une petite place avec une statue des Saints puis une immense place avec sa colonne de la peste ! Du coup, nous sommes un peu blasés… A moins que la chaleur étouffante nous cause cette lassitude. Tout en appréciant le patrimoine, nous nous interrogeons sur la suite de notre séjour…

Posons nous au camping et faisons le point ! …Euh ??? C’est çà le camping ! Un immense champ de terre avec un bloc sanitaire délabré, des groupes de marginaux avec des chiens, des feux de camp…Nous passons notre chemin, non sans une belle frayeur ! La route passe sous un immeuble. Le passage est étroit et semble bien bas… Passera ou passera pas ??? Jena-Paul avance tout doucement. Je le guide du mieux que je peux en prenant de la hauteur pour mieux estimer…Passe !!!

Et c’est ainsi que nous nous retrouvons au camping 4 étoiles de Vranov nad Dyji, au bord d’un magnifique lac et pour un prix identique au camping de Znojmo !

A 17H30, le thermomètre affiche encore 35° !

Album photos. Mikulov. Znojmo. Cliquez ci-dessous :

Mikulov. Znojmo

Holasovice. Cesky Krumlov. 24 juin 2017

La route qui nous conduit à Holasovice traverse une magnifique campagne. Nous admirons des champs de fleurs cultivées uniquement pour une marque tchèque réputée de soins bio : Botanicus. De nombreux ruchers nomades sont installés.

Au détour de la route, voici la bucolique Holasovice avec sa mare, ses peupliers et ses belles maisons bien alignées le long de la grand place. Le village de style baroque rural nous séduit immédiatement ! Le village datant du XIIème siècle compte aujourd’hui 120 résidents. La place, longue de 200 mètres, large de 70 mètres accueille une chapelle et une ancienne forge. Devant chaque maison, au fronton agrémenté de la date de leur construction, se dresse un puit équipé d’une pompe en bois.

Nous admirons une ancienne ferme avec des étables et des greniers à blés haut de trios étages. Pour nous restaurer, nous pénétrons dans l’auberge Spejchar U Vojty ; la cuisine, simple et raffinée, ravit nos papilles et l’accueil est très sympathique.

Il n’en est pas de même dans le pré appelé « Stone Hedge ». Il contient de nombreuses sculptures en bois d’accès direct par un chemin ni barricadé, ni interdit à qui que ce soit. Au bout de l’allée des sculpture, nous nous faisons haranguer par une femme qui grimpe la colline en courant. Elle vitupère à gorge déployée et…Nous en comprenons rien ! Sauf que…Nous avons quelque chose qui a déclenché sa colère ! A part çà …. Elle hurle « no foto »…Ah bon ! Parce qu’il y a quelque chose à photographier ? Peut être les billots taillés…Bof !… Pas terrible !… Mais puisque qu’on se fait copieusement agonir d’insultes…On prend une photo ! Na !

Cesky Krumlov est qualifiée de perle de la Bohême tant elle est magique et ensorcelante, lovée dans les méandres de la Vltava, entre les monts Sumava et la frontière de l’Autriche. A dominante médiévale, elle affiche cependant une variété de styles qui se marient agréablement. Le cœur de ville est pavé et piéton ; ce qui ajoute encore au charme de cette bourgade. Nous avons un réel coup de cœur pour cette cité que nous parcourons tout l’après-midi ! La région a connu des rites sataniques jusqu’au XVIIIème siècle. D’ailleurs, la première femme vampire a habité le château de Cesky Krumlov : Eléonore de Schwarzenberg. Schwarzenberg ??? Comme le restaurateur de la chapelle des os à Sedlec ? Celui dont le blason est une tête de mort martelée par un pic vert ??? Peut être bien ! En attendant, Eléonore, de santé fragile et au teint diaphane, demeure une légende. Alentours, 3 squelettes ont été exhumés ; ils ont été enterrés selon le rite vampire : le crâne posé entre les jambes…

Notre journée s’achève au magnifique camping Paradis, tout proche de Cesky Krumlov. Imaginez une grande prairie verdoyante, avec des massifs de fleurs et des arbres magnifiques, une rivière qui coule en bordure…Le plus beau camping du voyage et le plus reposant ! Je me suis même fait un copain ! Un enfant d’une dizaine d’années qui jouait sur une tablette au point wifi me montre mille et une astuces sur Youtube et Facebook ! Belle complicité ! Nous papotons en anglais et rions ensemble un bon moment. Pour sa gentillesse, je lui offre un porte-clé « Tour Eiffel » qui le ravit ! Le Papa, cependant, viendra jusqu’au camping-car vérifier si nous sommes des gens corrects. Un sourire, un échange de mot, une gousse d’ail bien en vue… Non ! Nous en sommes pas des vampires !!! Quoique….

Album photos. Holasovice. Cesky Krumlov. Cliquez ci-dessous :

Holasovice. Cesky Krumlov

En rentrant par la Lorraine. 25 au 28 juin 2017

Le vent est très frais ce matin et le ciel bien gris. Après une si belle étape, Nous décidons de regagner la France en passant par la Lorraine, saluer nos Nancéens favoris ! Pour une fois, nous ne rencontrons quasi aucun bouchon sur les autoroutes allemandes. Après Cesky Krumlov quitté le matin, nous voici cette fin d’après-midi en France, sur le parking du musée de la ligne Maginot, où nous passons la nuit.

Puis nous visitons Sarguemine où il n’y a plus de poterie d’après l’office du tourisme, le lac de Linde à Tarquinpol… Impossible de se garer ailleurs que dans la cour d’une ferme !

A Lunéville, le château propose une magnifique exposition animée par le conservatoire des dentelles et broderies. Nous échangeons longuement avec une dentelière…Hors d’âge !

Puis voici Toul où nous nous approvisionnons en Côte de Toul au Domaine de l’Ambroisie, une étape France Passion à souligner pour la qualité de son accueil et de son vin.

Puis Nancy et une agréable journée en famille et enfin Lyon !

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En rentrant par la Lorraine

En route pour la Roumanie !

dsc04630 14 au 16 juin 2016.

De Lyon, notre première étape est le col du Mont Cenis où nous dormons bercé par les cloches des tarines.

Puis, le lendemain, nous traversons l’Italie d’une seule traite en prenant les autoroutes. Nous arrivons sur l’aire de camping-cars de Trieste. Idéalement située sous un auto-pont, proche des docks et de la voie de chemin de fer…Idéale pour une nuit…bruyante ! Elle a le mérite d’exister…Nous nous installons sur un emplacement plat, presque épargné par les crottes de chien et partons à la recherche d’une bière bien méritée. Nous demandons à un passant qui s’esclaffe de rire…Pourtant rien de tel pour pousser la poussière de la route !

De retour à notre emplacement, un agent nous prie de changer de place ! Allons bon ! Nous étions sur des places louées pour les voitures !!! C’est ainsi que nous nous trouvons « glissés » sous le tablier de l’auto-pont ! Impossible d’ouvrir le lanterneau de toit mais c’est propre et plat.

Le 16 juin, nous partons tôt. Nous avons acheté hier les vignettes pour la Slovénie et la Hongrie, fait nos pleins… En route pour Szeged, à 50 kms de la frontière roumaine.

La Slovénie est belle, diverse, très ordonnée…Coquette !

A midi, nous voici à la frontière hongroise…Immédiatement arrêtés par une armada de policiers en embuscade !!! Pendant que je rassemble les documents, Jean-Paul suit les signes des « pandores »…Avec celui-ci, nous avançons de 1 mètre, avec celui-là, nous stoppons, avec l’autre sous l’arbre qui manipule un téléphone…Tout à coup … « GO ! GO ! GO ! » Là, il y a un truc…Nous attendons le contre-ordre : impossible de filer sans être contrôlés. En fait, c’est le douanier bien à l’ombre sous l’arbre qui a vérifié notre numéro d’immatriculation à l’aide de son téléphone : nous sommes en règle…Ah la technologie moderne…

La Hongrie paraît plus pauvre que sa voisine slovène et le paysage est plus morne. Peu importe, nous filons !

Szeged enfin et la promesse d’un camping. Au point GPS…Un vaste pré et…Plus rien !!! Plus de camping ! Le GPS en indique un autre…Fermé lui aussi. Le gardien nous assène : « NICHT ». En voici un en sortie de ville…Naturiste ! Nous filons dans la campagne…Suivant le GPS qui en trouve un à 20km de Zegded…Dans la direction…Dont nous venons ! Nous empruntons une piste sableuse, sous des pins, pendant 2 bons kms. Si le camp est fermé, nous pourrons toujours aller dans la pinède ! Au bout du chemin, une oasis : Oazis Tanya : coquet, dans une clairière, avec un accueil un peu en français, surtout en anglais et …Le verre de bienvenue ! Nous échangeons longuement avec notre hôte qui nous incite à la prudence. Des renards visitent le camping la nuit et chapardent les chaussures laissées hors des véhicules ! Quelle nuit ! Un régal !

Album photos. Phase d’approche. Cliquez ci-dessous :

En phase d’approche !

Transfagarasan. Musée Astra de Sibiu. Région Valachie

19 juin 2016.

dsc04820  La transfaragarasan, de Curtea de Anges à Cisnadoara, est une belle route inaugurée en 1974. D’abord très aérienne, elle passe ensuite au pied de la Cetatea Poienari ( le vrai château de Vlad Tepes, Comte de Dracula), suit de profondes gorges très boisées, puis le lac artificiel de Vidaru et, enfin, se lance à l’assaut d’un col qui culmine à 2034 mètres. La cascade Balea regorge d’eau.

Nombreux sont les automobilistes à stationner en toute anarchie pour une photo et un moment inoubliable. Nous faisons de même…La circulation, à cet endroit, ne s’opère plus que sur une seule voie à cause des véhicules garés. Nous pensions avoir vu le pire. Non ! Un peu avant le col, ce sont des blocs de neige qui obstruent une des voies !

Puis, nous restons bloqués 10 minutes sous le tunnel. Plus rien n’avance. La route est-elle fermée ??? Non ! Au col, des échoppes sont installées : minis grills, buvettes, baraques de produits locaux, cabanes d’artisanat made in…Chut ! Ne soyons pas mauvaises langues tout de suite. Il y a des centaines de véhicules qui tentent de se garer sur des places gratuites, y compris sur le trottoir du tunnel. Un vrai capharnaüm ! Nous restons zen !!! Puis la lente descente déroule ses lacets en épingles à cheveux vers les Carpates.

Album photos. Transfagarasan. Cliquez ci-dessous :

Transfagarasan

dsc04840  Il est encore tôt. Nous décidons de visiter le Musée Astra à la périphérie de Sibiu.

Le Musée Astra de  Sibiu est une sorte d’éco-musée en plein air, le plus grand de Roumanie, qui regroupe environ 400 bâtiments selon des thèmes précis : les moulins, l’industrie traditionnelle, les fermes…Tout ceci autour d’un superbe lac. Nous avons donc un bel aperçu de l’habitat traditionnel et pouvons photographier tranquillement les maisons qui jalonnent nos routes depuis quelques jours. Les maisons sont peintes de couleurs vives, une sorte de badigeon.

Elles ont soit une galerie couverte, soit une sorte de perron couvert équipé d’un banc. La toiture en est basse pour plusieurs raisons : protection contre la chaleur, le froid, poste d’observation discret, endroit où le linge et les herbes culinaires sont mis à sécher et, enfin, en été, lieu de préparation des repas.

Le puits est présent partout y compris dans des villages-rue modernes. Souvent, nous apercevons des habitants remplir des bonbonnes d’eau au puits, y compris dans la cour des maisons récentes. Celà signifie-t-il que l’eau courante est encore un luxe ?

Proche des maisons : les greniers. En pierre ou en osier tressé selon les époques ou les provinces. Les oratoires sont aussi bien présents le long des routes.

Vers les églises se dressent des sortes de placards métalliques portant les inscriptions « vivi » et « morten ». il s’agit de « brûloirs » à cierges. La taille du cierge définit le nombre d’intentions de prières. Selon que celles-ci s’adressent aux vivants ou aux morts, le cierge est placé côté droit ou côté gauche du placard.

La visite est très instructive et nous bénéficierons d’un spectacle de chants et danses folkloriques.

L’étape du soir s’effectuera au « camping ananas » de Cisnadoara. Il est coquet et en pleine nature. Nous devrions pouvoir dormir …Soudain…çà alors !!! Des Français ! Nous tombons sur un couple de nantais en caravane. C’est si rare de trouver des Français ! Grâce à eux, nous avons désormais un site internet très utile pour trouver les étapes de nuit : www.campercontact.com.

Album photos. Musée Astra. Cliquez ci-dessous :

Musée Astra

Premières impressions.

img_2888 20 juin 2016.

Nous faisons constamment, parfois dans la même heure, le grand écart entre la fin du 18ème siècle et le début du 21ème. Ce Roumain se déplace avec une carriole à cheval, pourtant il téléphone avec un smartphone ! Les habitations comprennent toutes des cours closes. Y compris, les maisons au design contemporain ont un puits dans la cour. Elles avoisinent des masures délabrées.

Le tri sélectif n’a quasi pas cours.

Le travail des champs est peu mécanisé et s’effectue à la main. Je retrouve les fenaisons de mon enfance ! Peu de tracteurs sillonnent les prés. Ils sont anciens. Le cheval est omni-présent et constitue une aide précieuse. Le foin est mis à sécher à la verticale sur des séchoirs et les tas sont montés autour d’une structure qui rappelle celle d’un tipi ; ainsi le cœur de la meule reste aéré. Les troupeaux sont magnifiques : vaches et moutons essentiellement. Nous remarquons que les pâturages ne sont pas clos ; un berger et des chiens gardent les troupeaux. Beaucoup de chiens errent, éveillant notre méfiance.

Le réseau routier secondaire est dans un état déplorable et nécessite de la part du chauffeur une attention de chaque instant, d’autant que les conducteurs roumains sont les rois des chauffards !!!

Les Roumains sont prompts à rendre service, à donner un renseignement. La barrière de la langue est là ; pour autant , chacun se débrouille pour se faire comprendre. Les Roumains sont calmes, respectueux (sauf au volant) et quasi indifférents dès lors qu’on ne demande rien. Aucune curiosité malsaine les anime vis à vis de notre véhicule au design particulier. Nous stationnons facilement dans les villages et sur les sites touristiques sans être importunés. Pour le moment, nous n’avons aucune difficulté à trouver des places de stationnement au pied des sites touristiques. Bien sûr, la mendicité est présente, surtout dans les villes. Nous ne cédons pas aux demandes et opposons un « nicht » ferme et souriant.

Les Roumains se laissent photographier avec plaisir si nous leur demandons la permission et prennent la pose tout sourire.

Les normes de sécurité dans les sites touristiques ne répondent pas aux standards français : c’est le moins que l’on puisse dire.

Le tourisme est peu développé. Nous cherchons parfois longtemps les sites faute d’un panneau adéquat. Nous rencontrons beaucoup de Hollandais ou d’Allemands, peu de Français.

Pour les campings, pour le moment, grâce au site recommandé par le couple de Nantais (www.campercontact.com), nous trouvons chaussure à notre pied.

Côté nourriture, les viandes sont souvent fumées, comme les fromages. Nous achetons en bord de route et nous régalons. Au top : le miel et sa saveur « mille fleurs » si lointaine de celle de notre miel. Tout est aromatisé aux herbes de prés : orties, livèche, arroche et rumex.

Nous nous « acclimatons » et continuons notre périple avec moins d’a priori négatifs.

Reprenons notre périple.

Album photos. Roumanie, au fil de la route. Cliquez ci-dessous :

Au fil de la route

Sibiu. Biertan. Sighisoara. Carpates. Transylvanie.

dsc05037  20 juin 2016.

Déjà 30° à 9H. Sibiu est entourée de montagnes puisqu’elle se situe au pied des Carpates. Le centre-ville historique est réservé aux piétons. La ville a été édifiée par les Romains. Castrum Cibinum devait protéger le défilé de l’Olt des invasions. Elle fut une place importante de négoce parée de solides remparts la protégeant des attaques des Tarares et des Ottomans. La spécialité de Sibiu est le…salami ! On en trouve partout.

Notre coup de cœur : les toits avec leurs lucarnes en forme d’yeux !

Il semblerait que Vlad Tepes, le terrible Comte de Dracula, aurait empalé nombres d’habitants de Sibiu vers 1439…Est-ce l’explication des yeux sur le toit ? D’ailleurs, un des fils de Dracula est enterré ainsi… Enfin…Enterré… !?!? C’est enterrés les vampires ????

Album photos. Sibiu. Cliquez ci-dessous :

Sibiu

dsc05083 Pour notre plus grand plaisir, le Gps nous entraine, en direction de Biertan, sur une route qui ne figure pas sur notre carte à travers la campagne et les forêts. Nous traversons nombre de villages-rues. Les maisons sont peintes de diverses couleurs et leur fronton mentionne la date de leur construction. Beaucoup sont du XXéme siècle. Les femmes portent de longues jupes rouges aux motifs fleuris et des fichus de même teinte. Les charrettes attelées sont légion.

Nous découvrons les camions ruchers. Ils s’agit de camions-remorques. Les remorques abritent des ruches sur plusieurs étages, un peu comme une HLM à abeilles, dans laquelle ces dernières pénètrent par une fente de boite aux lettres. Le camion est stationné dans les prés ou les bois. L’apiculteur effectue son travail au sein de la remorque au milieu des abeilles.

Biertan, citadelle saxonne, est l’une des plus belles églises fortifiée de Transylvanie. La légende dit qu’elle est née d’une poignée de sable que la fille d’un géant a laissé tomber de sa poche. Biertan fut édifiée en 1486. Une porte nous intrigue dans l’église. Elle a été sculptée en 1515 et est dotée d’un système de verrouillage impressionnant : 19 points !!! Dans cette pièce , étaient enfermés pendant 15 jours, les couples qui souhaitaient divorcer… Système radical et résultat garanti !

Quant on vous dit que les Roumains sont indifférents…Au départ de Biertan, l’alarme du camping-car se déclenche…Et hurle à qui mieux mieux. Jean-Paul tente de l’arrêter mais elle refuse d’obtempérer pendant 5 bonnes minutes. Des Roumains sont installés aux terrasses des cafés…Personne ne s’émeut !!!

Album photos. Biertan. Cliquez ci-dessous :

Biertan

dsc05100   Sighisoara est la cité médiévale la plus évocatrice de Transylvanie et bien sûr, la cité de naissance du père de Dracula !

Sighisoara est un ancien castrum romain, colonisée par les Saxons vers 1280 et, comme toute ville marchande marchande, fortifiée. L’enceinte est pourvue de 16 tours ; chaque corporation assurait à tout de rôle la défense de la cité.

La porte d’entrée de la ville est surmontée d’un beffroi de 64 mètres de haut et d’étranges personnages ornent le clocher. Chacun représente un jour de la semaine.

Nous pénétrons à la dérobée la maison natale de Dracula et, comme le prix est exorbitant pour visiter la chambre natale, nous faisons, sous le manteau, une photo du salon. Ouh là !!! Le patron se doute de quelque chose…Il nous file le train l’air rogue ! Restons stoïques !….Il ne va pas nous empaler, ni nous sucer le sang : il fait encore jour ! Nous filons vers l’escalier couvert érigé en 1642. Composé de 173 marches il permet d’accéder à une église gothique. OUF ! Le cerbère a renoncé à nous suivre !

L’enquête sur Dracula peut se poursuivre…Avançons cependant avec prudence…

Album photos. Sighisoara. Cliquez ci-dessous :

Sighisoara

 

Viscri. Fagaras. Cetatea Poienari. Transylvanie

dsc05247  21 juin 2016.

Nous filons vers Viscri, une citadelle saxonne, de grand matin. Enfin…Filer est un bien grand mot ! La route est défoncée, cassante et tapante à souhait. Aïe ! Un pont de bois bien précaire… Va-t-il résister au passage du camping-car qui avoisine les 3 tonnes ??? Appréhension…. OUI!!! çà passe !!!

Pour parcourir 8Km, il nous faudra 45 minutes ! Le voyage en vaut la peine. Nous voici hors du temps. La rue principale est en terre battue ; les enfants se baignent dans la fontaine ! Ce village saxon figure parmi les plus beaux de Transylvanie et nous comprenons pourquoi tant il est préservé.

Le Prince Charles d’Angleterre y serait propriétaire d’une demeure et il oeuvrerait à la restauration de la citadelle. Un chien nous sert de guide et nous conduit, à grands coups de langue sur nos mollets, jusqu’à l’entrée de l’église fortifiée. Elle remonte au début du XII ème siècle et est l’une des plus anciennes de Transylvanie. Elle est entourée d’une enceinte ponctuée de trois tours carrées et de deux bastions. En cas d’invasion, les habitants et le bétails se réfugiaient dans l’enceinte, les animaux étant abrités dans les bâtiments construits le long de l’enceinte.

Bien que nous sommes dans un site ouvert au public, les normes de sécurité « à la française » sont absente. Aucun filet anti-suicide au sommet de la tour, pas de garde corps dans les escaliers en bois, branlants à souhait, aucune interdiction de marcher sur les planchers aux planches vermoulues…Hors du temps vous dis-je ….

Nous découvrons la tour du lard ! Dans cette tour, la température est constante…Aux alentours de 10 °, grâce aux murs épais et à un ingénieux système de ventilation. Dans cette tour, les paysans stockaient leurs pièces de lard. Elles étaient numérotées sur la couenne. Deux paysans gardaient la tour ,chaque semaine, à tour de rôle. Elle était ouverte uniquement le dimanche pour que chacun préserve le lard de la semaine. Chaque ponction était dument répertoriée afin d’éviter les chapardages ou la mauvaise foi en temps de disette. Gare à celui qui prélevait trop peu : la porte s’ouvre exclusivement le dimanche. Et le dimanche suivant, les couennes numérotées sont obligatoirement ramenées pour un contrôle de la consommation !

dsc05273  Fagaras aurait mérité un arrêt. Nous nous contenterons d’une magnifique photo à regret et rejoindrons Saliste pour l’étape nocturne. En cours de route, nous ferons l’achat de fromages dans une cabane en bord de route. Nous aurons droit à une dégustation en règle ! Et à des explications en roumain…que nous ne comprendrons pas complètement. Un fromage ressemble à de la féta et est conservé soit dans la panse de brebis, soit dans une boite de bois confectionnée à l’aide du tronc d’un bouleau évidé. Pour les fromages de vaches, ils sont vendus soit demi-secs, soit fumés. Aucun n’a de croûte.

La Transylvanie est le pays de Dracula. Qu’en est-il ? En 1431, Vlad II s’établit à Sighisoara. Il est surnommé Dracul parce qu’il appartient à l’ordre des Dragons. C’est dans cette ville que sa femme donne naissance en 1436 à Vlad III Dracul, plus connu sous le nom de Tépes (l’Empaleur) pour avoir usé et abusé du pal sur ses adversaires. On raconte aussi qu’il festoyait à côté de ses victimes hurlant sous la torture…Un homme charmant en somme !

dsc04787 Cetatea Poienari est l’un de ses châteaux. Surplombant la fameuse Transfagarasan, ses façades n’inspirent guère à toquer à la porte.

Album photos. Viscri. Cliquez ci-dessous :

Viscri

Oradea. Région Banat et Crisana

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24 juin 2016.

Oradea était au XIIIéme siècle, un important centre artisanal et commercial et le berceau de nombreux artistes à partir du XVème siècle. Nous arrivons en plein travaux de rénovation à la fois de la chaussée et des bâtiments !

Pourtant la visite vaut le détour. Ne serait-ce que pour la galerie de l’aigle noir, toute couverte d’une belle verrière, toute en courbes et douceur. Elle relie les deux corps du Palais de l’aigle noir, construit entre 1907 et 1909, dans le style art nouveau.

Nous avions jeté notre dévolu sur un village d’artisans : Vadu Crisului. Soit les boutiques étaient fermées, soit les artisans…Bref ! Çà ne vaut pas le détour ! Par la route secondaire, nous voulons rejoindre Sancraiu. Mauvaise idée !

La rivière a emporté une partie de la route ! Nous slalomons entre les trous, roulons en deuxième, sur des blocs de pierres directement issus de la rivière pour aboutir face à un pont sous lequel…Nous ne passerons jamais ! Sa hauteur est de 2,10 mètres et celle de notre véhicule de 3,05. Consternation ! Stupeur ! On ne va quand même pas refaire tous les kilomètres de « gaz » ??? Un Roumain nous vient en aide dans un bon français : « prenez tout de suite à gauche après la voie ferrée. Il y a un petit bout un peu dur mais après c’est tout bon. Çà passe. » çà passe ? Mon œil !!! Nous avons beau chercher le passage, ausculter le terrain, inspecter à pied…Impossible de franchir en toute sécurité les fondrières remplies de boue.

Sur ma carte Michelin, je remarque un passage en rebroussant chemin quelques kilomètres. Je tente une confirmation avec le GPS…Qui reste muet ! Celui-là ! Jamais au boulot quant on en a vraiment besoin ! Quitte à faire demi-tour, nous tentons le coup…Au feeling ! Au pif le plus total ! Et çà marche ! Nous revoici sur la route principale direction Giläu, vers Cluj Napoca.

Album photos. Oradea. Cliquez ci-dessous:

Oradea

Targu Neamt. Gorges de la Bicaz. Défilé de Gheorgheni. Transylvanie.

dsc05924  1 juillet 2016.

Au matin, l’accueil du camping étant fermé, nous laissons les clés aux habitués du bar. En jetant la poubelle, Jean-Paul la trouve étrangement lourde…Ce doit être la bouteille de vin bue hier…Le tri sélectif n’est qu’embryonnaire en Roumanie.

A 8h30, la température dépasse déjà les 25° ! Sur le bord de la route, une religieuse fait du stop. Nous la prenons à bord et ne comprenons pas sa destination. Elle nous montre sur la carte. C’est la ville voisine ! Nous la déposons bien volontiers et nous attirons une salve de bénédictions !

Nous traversons d’immenses plaines céréalières sous un soleil écrasant et rejoignons Targu Neamt. Depuis plusieurs jours, je cherche, en vain, à acheter un superbe pompon rouge : celui qui orne les harnais des chevaux. Je n’en trouve nulle part et me suis résolue à le fabriquer moi-même…Lorsque….Stop !!! Jean-Paul freine et se range brutalement… ????….Des pompons rouges !!! Je file en acheter un dans cette sorte de forge/bourrellerie en bord de route. La discussion se déroule en anglais et le jeune forgeron ne comprend pas pourquoi je choisis le plus grand pompon pour une voiture. Je ne me suis pas souvenue que « camping-car » se dit « ruuuulote » en roumain et il ne comprend pas le mot anglais « camper ». Devant ma mine réjouie, il va même jusqu’à me faire une remise parce que, dit-il, ceci lui portera chance.

Le pied de la citadelle de Targu Neamt est envahi par des échoppes où le « made in Asia » domine ! La montée est rude pour rejoindre le château construit sur un piton rocheux au XIV° siècle. Dieu merci, elle est délicieusement ombragée ! Le pont d’accès est une prouesse architecturale, unique en Europe. En arc de cercle, son objectif est de faire passer les ennemis devant les tours pour mieux leur tirer dessus. Il est aussi impossible de prendre de l’élan pour briser la porte avec des béliers sur ce pont en arc de cercle. Et bien sûr, des tunnels secrets permettent de descendre tout en bas de la colline !

Nous choisissons une route un peu difficile pour nous diriger en direction de Brasov. A travers le Roumanie profonde, elle longe l’immense lac Muntelui, emprunte les gorges de la Bicaz, Gheorgheni et son défilé.

Dans les gorges de la Bicaz, la roche est très proche de la chaussée et nous sommes attentifs à la hauteur des surplombs. Ici, nous sommes dans un pays de légendes. Les pics étaient vénérés par les Daces, comme cet étrange pain de sucre qui émerge de la forêt. Après bien des virages en épingles à cheveux, nous atteignons les rives du lac rouge. Il a été créé par un effondrement rocheux et sa couleur est effectivement en nuances de rouge à brun. Sa réputation est sulfureuse. Sa couleur serait due à celle du sang versé dans ses eaux. Celui d’Estera qui demanda aux montagnes d’ensevelir sous un éboulis meurtrier son poursuivant ? Celui d’un troupeau de moutons engloutis avec bergers et chiens ? Personne ne sait…

Le défilé de Gheorgheni est tout aussi escarpé. Il est impossible de stationner avec notre camping-car pour faire des photos. Nous osons le parallèle avec les gorges du Verdon.

Cette traversée du pays sicule nous conduit à Praid où nous envisagions de passer la nuit sur la parking de la mine de sel. L’environnement peu engageant nous incite à poursuivre jusqu’à Sovatat et au camping Kass Kert. Ici, encore, nous trouvons un havre de paix, très coquet, bien aménagé. Le propriétaire souhaite que les voyageurs aient l’impression de coucher dans un jardin. Pari gagné !

Pour clore le repas du soir, nous cherchons notre gros fromage de Sibiu…Impossible de remettre la main dessus…Lorsque…Jean-Paul se souvient du poids étrangement lourd de la poubelle jetée le matin ! Malédiction gypsie ?!?! En rangeant hier soir tard les restes du repas, dans la nuit noire, le fromage a du être jeté dans la poubelle !!!

Album photos. Targhu Neamt. Bicaz. Gheorgheni. Cliquez ci-dessous :

Targhu Neamt. Bicaz. Gheorgheni.