18 juin 2024. Belogradtchik. Chiprovtsi. Gorges de l’Iskar. Sofia

De bon matin, bien requinqués par la fraicheur et la calme de la nuit, nous partons à l’assaut de la forteresse de Belogradtchik.

Nous nous arrêtons sur le bord de la route pour nous glisser entre ces rochers de grès rouge modelés par le vent…


…Et accédons à un promontoire, non sécurisé, qui nous permet d’embraser du regard les différents rocs.

Nous voici maintenant au château. Les hommes ont édifié la forteresse en profitant des remparts naturels du site, en édifiant 3 enceintes successives,…

…avec chacune sa porte défensive, permettant des défenses individuelles

De rudes et raides escaliers permettent de passer de l’une à l’autre et de gravir le site  !

D’ingénieuses canalisations ont été creusées dans le plateau supérieur pour évacuer…L’eau de pluie ? L’huile bouillante ?

Quelle vue !!!

D’étranges guetteurs de pierre veillent sur nous !

Après cette visite stupéfiante, reprenons notre route bien ombragée par des feuillus dont de magnifiques noyers. Depuis notre arrivée en Bulgarie, nous nous étonnons de voir à quel point les arbres sont protégés et les rues, routes, chemins tous ombragés. Le soleil doit taper dur !!!

Soudain, au détour d’un virage …face à nous…une carriole !

Un léger détour nous conduit à Chiprovtsi.

Le monastère est l’un des plus beau de la région. Edifié au Xème siècle, il a été incendié six fois par les Ottomans et toujours reconstruit.

Il est en activité ; aussi, nous pénétrons doucement dans l’enceinte et nous dirigeons vers l’église dédiée à Ivan Rilski.

Un moine nous rejoint avec une grosse clé et, sans un mot, nous ouvre l’édifice…une merveille d’art ottoman…Dont vous ne verrez aucune photo puisqu’elles sont rigoureusement interdites à l’intérieur ! Après une obole, nous repartons à la découverte des gorges de l’Iskar et de leurs rochers étranges !

Elles ont été creusées par la rivière Iskar et sont longues de 80 kms.

Une église se cache et semble menacée par la paroi rocheuse.

De curieux engins roulants nous croisent.

Des cascades impétueuses dégringolent de la montagne et viennent grossir les flots de l’Iskar !

Au pied de l’une d’elle une agréable ginguette attend les voyageurs…

…tout comme une passerelle qui enjambe le lit de l’Iskar !

Notre Exsis paraît bien petit au pied de ses montagnes !

Ici aussi les falaises présentent d’étranges visages qui scrutent la vallée. Saurez vous les voir ?

Vous connaissez le « téléphone arabe » . Le téléphone bulgare vous dit quelque chose ? Il est plus que redoutable. Alors que nous étions stationné en bord de route forestière, au carrefour de départementale, que Jean-Paul recalait des objets qui avaient bougé dans la soute, une camionnette est arrivée, a stoppé face à nous sur la départementale, avec à son bord un homme et une femme assez « rustiques ». Ils nous ont longuement observés….sans un signe…malgré un bonjour de la main de ma part. Aussi, brutalement qu’ils ont surgit, ils sont repartis. Qui avait-il donc dans les champs alentour que nous ne devions pas voir ? Comment ces « guetteurs » ont-ils été prévenus ? Mystère….

Plus nous approchons des villes importantes, plus nous remarquons des immeubles délabrés. Il faut savoir la terre tremble souvent dans la région.

Une dernière halte pour faire le plein d’eau de source,…

…et nous voici à Sofia où nous rencontrons des difficultés à trouver l’aire de camping-car « Bei Ivan » ! Notre GPS nous envoie un peu partout sauf à destination. Waze fera mieux et nous rapprochera. Nous faisons des demi-tours, demandons à un gardien de parking qui me fait de grands gestes de contournement. Ne comprenant pas de quoi il retourne, je tente une traduction écrite par Google Translate… Il fait signe qu’il ne comprend pas…Je réalise un peu tard que soit il ne sait pas lire, soit il ne peut pas lire faute de lunettes.

Nous finissons par trouver ! Las ! Une immense caravane vient de se faire refouler… Nous, on est tout petit…Oui ! Mais encore trop grands ! Un couple de jeunes gens, allemands, nous indique en français le caravanpark de Sofia !
Nous voici repartis…Et à la grille du caravan park…Qui trouvons nous ? La grande caravane ! La dame maitrisant bien l’anglais au téléphone s’occupera même de notre entrée et placement sur site…parce que…personne n’est physiquement présent ! Uniquement, une caméra surveille !

17 juin 2024. Vidin. Belogradtchik

AH… Quelle nuit !!! A minuit, des nuées de jeunes se sont abattues sur le parking, musique à fond et canettes en main. Aucune agressivité de leur part, juste beaucoup de bruit ! Nous décidons de partir et Jean-Paul éclaire la barre de leds ! Stupeur des jeunes… Ils ne pensaient surement pas que nous dormions…Votre mission si vous l’acceptez : trouver un parking ! Plus simple à dire qu’à faire sans aucune connaissance de la ville, des rues couvertes par des arbres aux branches basses…Soudain…Au milieu des immeubles…une bande de terre qui ressemble à un parking. On se gare tant bien que mal en tentant d’être à peu près de niveau. Notre sommeil commence enfin…
A six heures, le bruit d’une pelleteuse …On regarde … Oui ! Des ouvriers semblent attendre notre départ pour attaquer un chantier. Nous retournons sur le premier parking…Et constatons un sol jonché de détritus de toutes sortes !!! Allez douche, café et visite de la forteresse Baba Vida.

Selon la légende, Vida a fait construire cette forteresse imprenable pour échapper au mariage à la mort de son père, un boyard.

D’ailleurs il fallait oser franchir la porte en fer !

La réalité ? Une construction défensive au Xème siècle par les Bulgares sur les ruines de la citadelle romaine de Bonomia.

Les remparts offrent de belles vues sur le Danube.

Pauvres gens condamnés au cachot ! Ils n’en réchappaient pas !

Tout comme moi, condamnée à gravir ces gigantesques marches !

Ah ! Enfin la sortie ! Et quelle sortie !!!!

La salle de culte reflète les différentes influences religieuses des occupants successifs : Bulgares, Ottomans, Habsbourg.

Les rois bulgares arboraient de belles tenues…

…et leurs archers étaient pourvus d’arcs redoutables !

Tiens ! D’ailleurs ! Vous connaissez ce « va-t-en-guerre » ! Expliquez lui que… maintenant…la guerre se pratique autrement !

Allez ! En route ! Direction : Belogradtchik et ses rochers de grès rouge aux formes sculptées par le vent.

De nombreuses fontaines d’eau de source potable jalonnent notre route. Nous faisons le plein de nos gourdes de cette eau au goût un peu minéral mais si fraiche que le bidon s’embue instantanément.

Pour récupérer, nous décidons de dormir au camping Madona, bien caché au milieu de la forêt et entouré d’un verger. Nous y sommes seuls, sous bonne garde des nombreux chats de la propriétaire !