13 juin 2023. Bavay. Avesnois

Aujourd’hui, nous visitons le plus grand forum romain de France : Bavay. Le musée s’étend sur un site archéologique de 2,5 ha.

Bavay, une riche cité aux maisons basses, était un important noeud de communication de l’empire romain au 3ème siècle.


Les vestiges ont été mis à jour en 1942 sur un terrain dégagé par les bombardements de 1940.

La vie était très raffinée à Bavay. Les mosaïques pavaient rues et maisons.

A l’intérieur des demeures, les murs étaient peints de fresques.

Des lampes à huiles diffusaient une douce lumière.

Les divinités protégeaient les maisons et étaient installées dans chaque pièce de l’habitation.

Les animaux domestiques étaient représentés en bonne place.

Le mobilier était rafinné comme en attestent les poignées de coffres, clés …

Et que dire de cette belle balance romaine….

La vaisselle de prestige était d’un beau rouge, ornée de sculpture et les couteaux existaient déjà.

Le nécessaire de toilette de la dame de maison consistait en un beau miroir rond, des pots d’onguents, des boites à bijoux, une palette pour mélanger les fards. Elles étaient très coquettes et utilisaient déjà les végétaux et huiles pour créer des crèmes. Elles aimaient les bijoux.

Auriez-vous eu confiance dans le chirurgien ophtalmologue ? J’ai des doutes au vu des instruments.

Pour écrire et signer les documents, le maitre de maison utilisaient des stylets et des cachets.

Les urnes cinéraires recueillaient les cendres des défunts et des bornes à leur mémoire étaient installées le long des routes.

A l’extérieur, les vestiges permettent de comprendre les 3 espaces de Bavay : la justice avec la basilique, l’administration avec l’esplanade et enfin le temple surélevé.

Bien sûr sous les arcades les boutiques apportaient toute la dimension commerciale.

Bavay a périclité au IIIème siècle hélas.

Bilan du séjour en Avesnois.

L’Avesnois, très valloné, offre de très beaux sites à visiter et de belles forêts à parcourir. Partout, les habitants ont à cœur de lier conversation pour nous indiquer des visites à faire, des produits à déguster…

Le maroille : Stop ! Non ! çà ne pue pas ! Oui ! Un excellent fromage ! Fin et délicat en bouche, avec des retours floraux ! Il se cuisine même en dessert c’est vous dire ! Alors arrêtons de lui faire mauvaise presse !

Autres bons fromages : le coeur de Cerfmont et la boulette d’Avesnois !


Les musées contiennent des richesses et les prix d’entrée sont très raisonnables de notre point de vue de Lyonnais habitués à plus cher) : pas plus de 12€ à 2
Par contre, nous regrettons de n’avoir pas commander les documentations relatives aux sentiers de randonnées et balades à vélo avant notre départ car, hélas, hors saison, les maisons du parc ou offices de tourisme sont très peu ouverts.

12 juin 2023. Maroilles. Locquignol. Forêt de Mormal. Avesnois.

Maroilles.

Et bien non ! Maroilles n’est pas qu’un fromage !!! Maroilles est aussi le site d’une des plus importantes abbayes du Nord, fondée en 652 par St Humbert.

Elle se développe et devient si riche qu’elle génère beaucoup de ressentiments et de haines contre elle, notamment de la part des paysans du coin, très pauvres et écrassés par les dîmes. Dans ces circonstances, le 29 juillet 1789, s’est déroulé le « vacarme de Maroilles ». Les habitants de Maroilles, assistés de ceux des villages voisins, pillèrent intégralement l’abbaye. 2 ans plus tard, il ne restait plus une pierre de cette imposant et riche édifice !!! Quel « vacarme » !!!

Plus rien…sauf…Quelques bâtiments épargnés :

…ainsi que le moulin qui enjambe l’Helpe mineure produisait la farine jusqu’à la fin du XIXème siècle avant de fournir l’électricité pour la commune…

…L’église et ses étonnants « trésors ».

Sur les façades, la pierre bleue du Nord habille les fenêtres sur fond de briques rouges en un joli contraste de tons froids et chauds.

Après un dernier regard sur une splendide demeure, nous partons à Locquignol.

Locquignol.

Locquignol, ancien centre artisanal de sabotiers et de sculpteurs, coeur de la forêt de Mormal, nous déçoit ! Clairement, rien à voir !!!

Une tentative de trouver de la documentation sur la Forêt de Mormal, ses sentiers et son arboretum à la mairie… Las ! Tout est fermé, non disponible ! En clair, avant de venir en Avesnois hors saison, commandez tous les guides et cartes dont vous aurez besoin de chez vous !

Un rapide regard à l’église…

Pour autant, à Locquignol et en Forêt de Mormal, j’ai retrouvé toute l’ambiance décrite dans le polar de Mylène André : « les pendus de la forêt de Mormal » dont je vous conseille la lecture avant de venir.

Nous rebroussons chemin en direction du panneau « arboretum » que nous avons croisé en venant et …Certainement…Il n’ai que dans un sens ce panneau ! Du coup, on le loupe, se retrouve au bord du canal de la Sambre pour un demi-tour…STOP ! C’est plutôt bien ici !!!

Nous voici donc, en relâche, en bord de Sambre, et dans la forêt de Mormal, écoutant et observant les multiples oiseaux. Un très beau bivouac !

11 juin 2023. Avesnes-sur-Helpe.Le Quesnoy. Avesnois

Nous comptons dormir ce soir dans un camping à Maroilles, puis, après-demain, prendre nos vélos pour sillonner la forêt de Mormal.
Nous avons jeté notre dévolu sur un établissement qui, sur son site, demande l’envoi d’un mail de réservation. Ainsi fut fait ! Et pendant que nous publiions les textes sur le site, hier soir, un mail arrive nous demandant de téléphoner…Ainsi a été fait ! Et là….Stupeur ! Nous devons non seulement réserver le jour de notre arrivée mais …L’heure ! Bon …Réservation faite !

Nous quittons Felleries sans faire les services du camping-car car la borne est en cours de réparation…Et puis…Comme nous rejoignons un camping ce soir…pas de souci ! Erreur de débutant !!!

Avesnes-sur-Helpe.

Avesnes-sur-Helpe est une ville paisible en ce dimanche matin. Les commerces sont quasi tous fermés ; peu de gens dans les rues. La commune engage de grands travaux d’embellissement : Avesnes est la capitale de l’Avesnois !

Son passé est chahuté. En 1477, la ville, bourguignonne à l’époque, est mise à sac par le furieux Louis XI. La France la récupère en 1659 et Vauban l’intègre immédiatement dans son pré carré ! Il érige des remparts ! …Qui seront quelques siècles plus tard ensuite complétés, « modernisés ».

Les ruelles anciennes sont étroites.

Saint Louis se cache à l’angle de l’une d’elles.

Voici la maison où Napoléon a rédigé son dernier ordre du jour avant Waterloo…Un clin d’oeil du destin à notre endroit ???…

Sur la Grand Place, la collégiale St Nicolas du XIIème siècle, possède un des carillons les plus célèbres du Nord. Ses 48 cloches (dont le gros bourdon Charlotte offert par Charles Quint) égrène une agréable mélodie à chaque heure pleine de la journée.

L’hôtel de Ville date de 1757.

L’ancien palais de justice prend des airs de temple grec.

La salle des fêtes détonne un peu, …

…Au grand dam de l’arbre qui lève les bras au ciel devant ce fouillis architectural !

De splendides villas déploient leurs charmes anciens, prouvant si besoin en est, la prospérité qui fut celle de la capitale de l’Avesnois.

Le Quesnoy.

Caché dans un cadre de verdure et d’étang, au bord de la forêt de Mormal, Le Quesnoy mérite vraiment une visite. En effet, Le Quesnoy est la place forte bastionnée la mieux préservée du Nord. Elle est la 1ère œuvre de Vauban, âgé alors de 21 ans ! Une réussite d’ingéniosité à nos yeux !

Construites en silex et pierres grossières, recouvertes de briques, elles présentent des bastions en saillies et des courtines et un sentier de randonnée, avec des panneaux explicatifs sur l’oeuvre première de Vauban, en fait le tour. Nous le suivons grâce l’application Visorando.

Un système de vannes permettait la mise en eau des douves en cas d’attaque.

Aujourd’hui, elles offrent un hâvre de paix aux oiseaux d’eau et aux visiteurs grâce à la création de promenades, jardins, espaces de détente où les visiteurs pique-niquent sereinement le dimanche.

Nous quittons les remparts par un pont-levis sur lequel il est interdit de trotter ! La preuve !

A l’intérieur de la ville, la chaleur nous écrase. Pourtant, nous rejoignons l’hôtel de ville de style édifié en 1700 de style classique et bien vite le camping-car.

En effet, il faut aller au rendez-vous au camping. Le gérant a bien stipulé fermement d’être à l’heure « pile » pour le retrait de l’emplacement ! Il est encore tôt …PFFF …çà saoûle ! Et quand çà saoûle chez « Routes en Exsis »…Action ! Réaction ! Décommandons ! Cherchons autre chose !!! Ne restons pas de bois !

Oui …C’est juste que…les services ne sont pas faits ! Et voilà ! L’erreur de débutant qui nous claque à la figure malgré plus de 17 années de voyages et vadrouilles ! Un tour sur nos sites favoris et nous fonçons vers une aire de service proche qui s’avérera…en travaux ! Allez …Une autre est à 7 kms ! On y va… Services faits !

Au fait…on dort où ? Roule en direction de Maroilles pour qu’on visite la fromagerie Druesnes, à la ferme de Cerfmont, seul producteur fermier au village de Maroilles, et avec une boutique à la clé ! On pourra acheter de bons fromages !

Hé ! Trop bien ! C’est une étape du réseau France Passion. On reste et on profite…L’accueil est super ! C’est bon le maroilles ! C’est bien l’Avesnois ! Et au menu : une délicieuse flamiche au Maroille !

10 juin 2023. Hestrud. Avesnois.

Un peu échaudés par nos « exploits » cyclistes d’hier, nous décidons de rejoindre Hestrud, distant seulement de 11 kms , avec le camping-car. C’est ainsi que nous mesurons l’exact dénivelé des pentes d’hier ! Environ 6% ! Pour nous, sans entrainement…Evidemment : c’est énorme !

Hestrud se situe à 2 pas de la Belgique et abrite le dernier poste frontière de France, lequel a fermé le 31 décembre1989. Il est aussi le seul de France à avoir conservé sa barrière de douane !

Encore un moment hors du temps et beaucoup d’amusement.

Dans la partie consacrée aux douaniers, évidemment, le matériel d’arrêt des véhicules et des gens (contrevenants ou non)…

…le lit dédié aux planques dans les bois ; constitué d’un chassis qui se portait sur le dos du douanier, il se dépliait et accueillait une sorte de sac de couchage. Un chien réveillait sans bruit le douanier à l’approche du contrebandier !

Quand j’observe le « vélo douanier », …Euh…Comment dire ?…Ils étaient coriaces, les douaniers !!!

N’oublions pas non plus l’appareil de transmission !

Côté contrebandiers, les femmes sont à l’honneur avec un soutien-gorge rembourré de feuilles de tabac, denrée rare et chère,…

…ou ce jupon permettant de cacher des sacs de sels, de poivres, des rubans…

…Ou encore ce landeau à double fond !

D’amusantes affiches témoignent du dynamisme de ce mini musée !

En sortant, nous admirons le joli kiosque à danser ; ainsi, sont appelés ici les kiosques à musique. Ils ont pour la plupart été construits au XIXème siècle par les fonderies de la Sambre et accueillaient les musiciens chargés de faire danser les populations lors des fêtes villageoises. Il reste encore une vingtaine de kiosques …A danser ? …Ou à musique ? Choisissez selon que vous soyez d’ailleurs ou d’Avesnois !

9 juin 2023. Solre-le-Château. Sars-Poteries. Avesnois

Allez ! C’est décidé ! Ce matin, nous parcourons l’Avesnois à vélos…Classiques ! Dès le départ…Ouille !… Il est bien « dur » ce vélo ! Il n’avance rien ! Pourquoi, je peine comme çà sur les « manivelles » ??? Eh oui ! Après plus de 2 ans de pratique quotidienne du vélo électrique, revenir au classique déroute ! Doux euphémisme pour dire qu’on en a marre avant le début de la balade !


Allez : on s’accroche !!!!
L’Avesnois est doté de dénivelés qui ne semblent pas insurmontables mais, ils sont redoutables : courts et en même temps bien raides.
Les offices de tourisme étant fermés lors de nos passages, nous n’avons pas la carte des itinéraires du Réseau Points Noeuds Vélos et utilisons la carte IGN et l’application Géovélo, mieux que rien. Sans ces fichues cartes, le repérage n’est pas simple : manque de panneaux, itinéraires indiqués uniquement par des numéros…Vaille que vaille, nous avançons !

9 juin 2023. Solre-le Château. Avesnois.

Nous rejoignons finalement l’ancienne voie ferrée transformée en voie verte de l’Avesnois qui nous conduit en toute sérénité à Solre-le Château. Ne cherchez pas le château : il a été démoli à la Révolution. Dès l’entrée de la ville, une belle villa nous accueille.

Pourtant, nous lui préférons l’Hôtel de Ville Renaissance (1574)….

et son église au clocher penché, datant des XVème et XVIIème siècles.

Au fait, pourquoi il penche le clocher ? En fait, il était droit jusqu’à un mariage, où, pour la première fois, depuis très longtemps, la mariée était restée vierge. Le clocher, en apprenant cela, se pencha pour la voir. Dieu, pour le punir de sa curiosité, décida de le laisser pencher jusqu’à la fin des temps !

La flèche est ornée d’échauguettes en fuseau et couronnée d’un bulbe à lucarne où se tenait un guetteur !

A l’intérieur de l’église, nous aurons aussi la sensation d »être observés par ses curieuses têtes au bout des poutres du plafond et la statue du saint patron.

Seule une musicienne lève les yeux au ciel, cherchant sans doute l’inspiration pour entamer un air.

Evidemment, en sortant, il faut enfourcher les vélos et partir sur Sars-Poteries …sans se tromper. On devient vraiment forts ! Cette fois, un gros camion n’a pas réussi à nous doubler !!! Vrai de vrai !!!
Imaginez, une rue pas bien large, des voitures en stationnement quasi sur une voie, reste une autre voie mais réduite par un trottoir, nous en montée, et derrière… Le camion. Comme çà monte dur et que même si on appuie ferme sur les pédales, on n’avance pas…Le camion reste derrière. On finira par se garer en haut de la côte pour qu’il nous dépasse dans un grand sourire…Il se moque de nous ou pas le camionneur ?

9 Juin 2023. Sars-Poteries. Avesnois.

Tenons bon dans les côtes ! Je crois qu’on nous observe….Faisons semblant d’être des pros du biclou…Même si c’est dur ! N’empêche, le vélo avance mieux…Est-ce l’effet de l’oeil ????

Ce village possède une grande richesse verrière. Ici, nous sommes au pays des épis de faîtage. Très présents au XIXème et XXème siècle, ils signalaient les maisons des verriers. Hélas en 1999, il n’en reste plus que quatre. C’est alors que le musée du verre, le Musverre, décide de relancer cette tradition dans son atelier et dans distribuer tous les 2 ans aux habitants. Maintenant, les épis de faitage ornent de nombreux toits et c’est très joli !

Nous voici au Musverre, beau bâtiment contemporain en pierre bleue de l’Avesnois.

La première partie est consacrée à la création ouvrière des XIXème et XXème siècle.

Amusés nous découvrons les « bousillés », œuvres réalisées entre 1802 et 1937, par les ouvriers, sur leur temps libre et dans les ateliers. Pendant leurs pauses, ils utilisaient des chutes de verre pour réaliser des objets du quotidien, décoratifs ou rituels.

Les enfants n’étaient pas oubliés ; ils jouaient avec des palets de marelle en verre comme nous avec les billes !

De notre point de vue, les « bousillés » n’ont rien de « bousillés » et nous auraient comblé tant ils sont beaux !

Dans l’exposition temporaire, le travail des mains est valorisé par les artistes ainsi que celui du textile. Ne sont-elles pas réalistes ces mains qui filent la laine en verre,…

…dévident le fil,…

…cet arbre à fruits de dentelle ?

Viens ensuite l’exposition contemporaine car le Musverre abrite la plus grande collection d’art contemporain en verre de France et des partenariats sont noués avec les verriers du monde entier.

Mais, vous êtes invités ce soir ! Entrez donc dans votre belle robe…

…ou votre corset…

Recouvrez vos épaules d’une veste car les nuits sont fraiches.

Prenez votre sac à main et rejoignez vos hôtes !

En attendant de passer à table, déjà dressée…

…contemplez le paysage sur cette chaise accueillante…

…écoutez cet air de flûte si entrainant…

…rafraichissez vous d’un kiwi…

…servi sur sa coupe…

…et surtout évitez de parler de choses qui fâchent aux esprits déjà chagrins !

Derrière le fil barbelé,…

…le regard vous observe !

A moins que vous bourses bien vides ne l’obsèdent !

Que de merveilles dans ce musée si peu connu !

Mais que se passe-t-il ? Le vélo avance plus facilement ! On a trouvé notre second souffle ??? A mins que ce ne soit l’appel du ventre… en moins de 15 minutes, nous sommes de retour à notre véhicule, prêts à passer à table nous aussi.

Album photos Musverre. Cliquez ici :https://photos.app.goo.gl/uZ2FYD8TXg7VKERV6

8 juin 2023. Felleries. Avesnois

Allez corvée de lessive à la main ! Grâce à un ingénieux système de clips qui se glissent sur le rail de notre auvent, le linge est vite sec et comme repassé. Notre pieuvre, Pussy, accueille les plus petites pièces. Ah…L’intendance en voyage…PFFFFF …

Ensuite visite de Felleries.

Dès le XVIIème siècle, se distingue dans l’art du « bois-joli ». Qu’est-ce ? Des bois tournés et de la boisellerie. Cette industrie s’est développée pour les besoins de l’industrie textile ; bobines et fuseaux sortaient de nombreuses usines pour rejoindre notamment Roubaix. Ici aussi, les essences locales étaient utilisées : bouleau, aulne et merisier.

Le musée du bois-joli se tient dans un moulin à eau du XVIème siècle, remis en fonctionnement.

Le musée du bois-joli se tient dans un moulin à eau du XVIéme siècle, remis en fonctionnement.
Après la partie « bois-joli » et ses impressionnants robinets de bois, utilisés pour les tonneaux des produits chimiques…

… La visite continue par la mise en marche du moulin…

…Et enfin l’atelier du tourneur sur bois…

…Qui m’offrira un magnifique champignon en bois de noisetier, sorti de ses mains, sous nos yeux ! Quel agréable moment après les corvées d’hier et du matin !

7 juin 2023. Fourmies. Trélon. Parc de l’Avesnois

Après la traversée de vallons verdoyants et encore de belles forêts de feuillus, nous atteignons Fourmies, en Avesnois, pour visiter le musée du textile et de la vis sociale. Le parking est minuscule ; aussi, nous décidons de trouver un stationnement un peu en périphérie, quitte à marcher.
Le musée est installé dans l’ancienne usine Prouvost-Masurel, en activité de 1874 à 1978. Elle témoigne des grands mouvements du 19ème siècle, de l’industrialisation et de ses conséquences sociales.

Laissez nous vous conter le grand drame de Fourmies ! Le 1er mai, la tradition impose que les jeunes coupent une branche d’aubépine en fleur pour leur fiancée. Or, le 1 mai 1891, les ouvriers, au lieu de compter fleurette, se mettent en grève, à l’appel de leur syndicat, pour obtenir la journée de 8 heures de travail. Ils se rassemblent ; les gendarmes arrêtent quelques « forts en gueule ». L’après-midi, la manifestation enfle et afflue sur la place de la mairie pour obtenir leur libération. Un officier prend peur et pense sa troupe débordée. Il ordonne d’ouvrir le feu sur les manifestants, sans sommation ! Neufs morts et de trente blessés gisent sur le pavé !

Nous parcourons les halles dédiées aux machines de la 2ème moitié du XIXème siècle aux années 1970, dont beaucoup fonctionnent encore. Elles sont belles, entourées de leur dentelle de fer !

Nous découvrons les ateliers de tissage et confection à domicile, puis la reconstitution d’une rue de Fourmies. Nous aurions tant aimé nous assoir à la table de l’Estaminet, fouiller dans le bazar pêle-mêle ou discuter du montant de notre retraite au guichet de la Poste…Nostalgie !

Les habitats ouvriers d’une surface de 25m2 étaient dédiés à un couple et jusqu’à 2 enfants en bas âge !

Dans la salle de classe de 1895, des fusils sont accrochés au mur. Curieux … Ils symbolisent la France revancharde de 1870 à 1914.

Dans la dernière salle, une exposition temporaire est consacrée aux musiques populaires en Avesnois du XIXème au XXème siècle. Le gramophone, avec son cornet transparent, nous étonne, tout comme la grande armoire à musique mécanique, ou encore la mini boite à musique qui joue Sond of Silence de Simon and Garfunkel !

Album photos de Fourmies. Cliquez ici : https://photos.app.goo.gl/e7hePaiajmSceMJY6

7 juin 2023. Trélon.

Rejoignons Trélon pour l’atelier-musée du verre.

Nous nous garons sur un parking « poudreux » là encore. Depuis Guédelon, la poussière ne nous quitte pas ! La sécheresse sévit et la pierre, ici, est blanche et très friable. Tout ceci, sous l’effet conjugué du vent, et de certains conducteurs qui participent visiblement au championnat de France du plus beau nuage de poussière, notre véhicule est recouvert et envahi par une sorte de poudre très fine. Elle s’infiltre partout, un peu comme la latérite en Afrique ! Heureusement, le musée a prévu un grand parking en gravier et nous changeons le camping-car de place. Toujours çà de moins dans la cellule !

Ici encore, nous sommes les seuls visiteurs et l’accueillant nous emmènent directement vers deux verrières qui soufflent un vase dans une chaleur effroyable. Nous avons le temps de discuter avec elles.

Le four Boëtus, construit à la fin du XIXème siècle avec une charpente métallique Eiffel, servaient aux verriers pour souffler, à la bouche, des bouteilles de champagnes, et ce, jusqu’en 1914.

A coté, un plus moderne et plus récent (1926), le four Stein nous emmène dans l’ère de la verrerie semi-automatique. Il était dédié à la production de flacons de parfums et de pots à cosmétique de prestige.

L’accueillant qui nous montre les plus belles pièces de la collection : flacons de parfum de luxe, bouchons, commandes particulières qui faisaient la renommée de la verrerie jusqu’en 1977, année de sa fermeture.

A la fin de la visite, nous remarquons des sortes de faitage en verre… Sont-ils toujours utilisés ? Oui, nous répond le préposé à l’accueil. Ces pignons sont typiques de la région et résistent très bien aux intempéries. En quittant Trélon pour notre étape, nous en verrons un, du plus bel effet, sur le toit d’une maison en briques.

Album photos de Trélon. Cliquez ici : https://photos.app.goo.gl/RNy92vJMzxVtkTuPA

Notre étape pour quelques jours est un « camping de mon village » du réseau Camping-car Park, à Felleries. A peine sur notre emplacement, nous attaquons le grand ménage de la cellule de notre Exsis. A grand renfort d’huile de coude, tout y passe : cloisons, poste de pilotage, coins, recoins…Enfin sortis de cette poussière ! Et regardez,ce que nous découvert…Il est beau le combi !