23 juin 2023. Giethoorn. Stavoren. Hindeloopen. Pays-Bas

Giethoorn.

Giethoorn se trouve à l’extrémité de l’Overijssel, dans la réserve naturelle de Wieden, près du parc national de Weeribben. Nous sommes dans le site le plus ininterrompu de marais tourbeux du Nord-Ouest de l’Europe !

A Giethoorn, des chemins d’eau font office de rue car, autrefois, le bateau servait aussi bien à transporter la tourbe que les vaches.

Les coquettes chaumières, datant du XVIIIème et XIXème siècle, sont entourées de canaux que nous enjambons grâce à des petits ponts. Devant chacune d’elles, un jardin est soigneusement entretenu.

Certaines étaient d’anciens hangars à bateau auxquels au fil des années a été adjointe une demeure.

D’autres ont des yeux sur le toit !

Quand aux toits des fermes de type halle, ils ont une forme particulière, en dos de chameau. Les terres agricoles, gagnées sur l’eau au fil des siècles, ont obligé les fermiers à agrandir leur habitation. Contraints par l’exiguïté des parcelles, la partie agricole a été surélevée, surplombant la partie habitation.

Les lacs frisons. Stavoren et Hindeloopen.

Nous prenons ensuite la route pour les lacs frisons dans le polder Nord-Ouest. Nous traversons des campagnes verdoyantes et des paysages lacustres où parfois notre route est en contrebas des canaux et villages !

Le circuit proposé par le guide Michelin comprend onze villes. Parmi celles-ci, nous en avons sélectionné trois.

Stavoren.

Stavoren est un ancien village de pêcheurs qui possède deux ports : une marina moderne et un port plus ancien où se cachent de vieux gréements.

Dans la marina, d’élégants cabanons servent de résidence de week-end à quelques privilégiés.

Côté ancien de la ville, les maisons sont basses, avec des façades en brique. Chacune possède un cachet particulier.

Nous remarquons une ferme frisonne rénovée. Si elle conserve son immense toiture pyramidale qui évoque une meule de foin, elle a perdu son toit de chaume au profit de tuiles « miroirs ». Le faîte du toit est orné de fer forgé.

Hindeloopen.

Coup de cœur pour cette petite ville. Des ruelles serpentent à travers les canaux, nous conduisant ici ou là.

De drôles de personnages hantent les rues. Ils sont bienveillants !

Nous découvrons, par hasard, une fontaine composée de tronc de bois et d’un entre-lac de branches en bronze, sur lesquelles sont posés des oiseaux émaillés qui crachent de l’eau !

L’église érige fièrement son haut clocher tout ajouré de « balcons » dans lesquels se tenaient des guetteurs.

La justice est représentée les yeux bandés, ceci en disant long sur la qualité de ses jugements.

Hindeloopen était spécialisée dans les meubles peints avec des coloris où dominaient le rouge et un vert sombre. Une maison présente encore des volets peints : scènes allégoriques mais aussi bibliques se succèdent.

ici aussi, certaines cheminées sont ornées de fer forgé.

Hindeloopen est située au bord de l’Ijsselmer, le lac de l’Ijssel, que nous regardons du haut de la jetée.

Bolsward.

Hélas ! Impossible de se garer ! Le parking « cars » est occupé par une fête foraine, aucune place dans les parking « voitures » ! Nous trouvons un parking un peu trop isolé à notre goût pour laisser notre Exsis. Nous passons donc notre chemin.

Un bivouac en bord de l’Ijsselmer nous tente et c’est ainsi que nous nous trouvons au bord de l’Afsluitdijk, la digue du nord.

22 juin 2023. Parc national Haute-Veluwe. Pays-Bas.

Encore une belle bagarre ce matin avec ce fichu automate !!! L’Intelligence Artificielle refuse de me délivrer les 50 litres d’eau payés ! Et bien sûr : aucun numéro de téléphone pour signaler le dysfonctionnement !
A force de forcer, l’algorithme à refaire le process, l’IA cède ! Mais j’ai payé 2 fois la prestation !!! Intelligence bien réelle de l’IA !

Nous voici aux Pays-Bas. Les premiers tours de roues nous déçoivent. Nous roulons sur une autoroute qui traverse des zones industrielles, de grandes plaines maraichères ou céréalières. Les asperseurs d’eau irriguent à tout va… Nous nous demandons dans quel état sont les nappes phréatiques…Pas beau à voir…

Enfin, nous voici proches d’une forêt à Otterlo, l’une des entrées du Parc National de la Haute-Veluwe.
Le guide Michelin nous promet une belle balade à vélo, traversant un jardin à sculptures, un autre de paysages, une faune très variée (mouflons, cerfs, chevreuils, oiseaux) et des paysages tout aussi variés. Ceci explique le prix d’accès assez élevé.

Et bien, Mr Michelin, nous sommes aux regrets de vous dire que le jeu n’en vaut pas la chandelle et que le prix est bien trop élevé pour ce que c’est !
Trouver la piste cyclable : impossible ! Pas de panneau. Donc on roule sur la bande des voitures. A part trois pauvres sculptures, circulez vous avez vu tout le jardin !

La faune est bien cachée. Il faut dire que nous entendons des coups de feu nourris et sans arrêt provenant d’un stand de tir proche…Donc les animaux…

Nous trouvons même une sorte de casemate…Peu engageante !


L’étang aux nymphéas nous ravira cependant.

Nous atteignons le point le plus éloigné de notre randonnée : la maison de chasse St Hubert. Cette demeure prétentieuse a été construite entre 1914 et 1920 et est considérée comme un des chefs-d’oeuvre de Berlage, un architecte hollandais. La tour est haute de 31 mètres. Il ne s’agit que d’un modeste pavillon de chasse qui, parfois, accueille le gouvernement néerlandais.

L’arbre qui parle nous chuchote que la pluie arrive…

« Pressez vous de rentrer ! Prenez donc le joli sentier cyclable à mon pied ! » Nous conseille-t-il.

« Foncez à travers la forêt de pins, de chênes et de hêtres, puis la lande sablonneuse…

… Et saluez de ma part le Général de Wet et ses hommes. Ils ont un air rogue comme çà, mais vous ne craignez rien ! »

Nous voici de retour au camping-car, après une quinzaine de kilomètres à vélo. Comme il est encore tôt, nous décidons de reprendre la route pour rejoindre Giethoorn, au nord-est des Pays-Bas.

Cette fois, le paysage est bien plus beau, avec des prairies, des polders et de charmants ports de plaisance. Les pistes cyclables sont de véritables boulevards à vélos, quasi plus larges que la route nationale.

Les ronds-points sont curieux. Il y a une voie bien séparée pour ceux qui prennent la 1ére à droite, pour les autres il faut suivre la matérialisation au sol et faire très attention à des sortes de séparateurs en ciment dans le rond-point qui dédient la voie de droite aux camions et autres gros véhicules. Nous comprenons que nous devons prendre cette voie…Affaire à suivre.

Pour ce soir, nous stationnons à l’aire de la marina de Giethoorn, sous une pluie battante.

20 juin 2023. Spa. PN Hautes Fagnes. Bokrijk. Belgique

Parc national des Hautes Fagnes.

Hier soir, un Belge frappe à notre porte. Il a crevé et ne dispose pas de cric dans son véhicule. Hélas, le notre est trop haut pour passer sous son véhicule. Nous tentons de le monter sur nos cales. Rien à faire : la roue crevée repousse la cale ! Avec le peu de réseau téléphonique existant, il appelle un ami à la rescousse..La conversation coupe en plein milieu ! Poisse !!! J’avise des personnes qui reviennent de balade et demande à notre automobiliste malchanceux de les interpeler. Elle ont un cric ! Oui mais voilà ! …Notre automobiliste ne sait pas changer une roue ! Jean-Paul lui apprend !!
Tout est bien qui finit bien et nous voici à nouveau au calme !

Ce matin, nous partons en balade à travers les fagnes : zones humides de landes et de tourbières, parsemées de sapinières et de feuillus, couvertes de myrtilles, orchis, iris des marais, peuplées de renards, belettes, pics verts, geais, grives, milans…

De joyeux papillons guident nos pas.

Nous grimpons à la tour panoramique pour bénéficier d’une vue plus grande sur les fagnes et sur le signal de Botrange, point culminant de la Belgique.

Curiosités géologiques que nous observerons du sommet de la tour panoramique : les pingos, des cuvettes entourées d’un talus, qui à l’origine étaient des bulles de glace, qui au moment de leur fonte ont taraudé le sol.

Plus loin, un chêne ancestral. Planté en 1700, il nous séduit par son réseau de racines et la base de son tronc. Quelle merveille !

Bokrijk.e

Il s’agit d’un éco-musée qui reconstitue l’habitat rural des provinces flamandes. Sous une voute de noisetiers élégamment tressés….

Nous accédons au site et nous baladons de fermes en hameau…

…Rêvons devant une maison que nous aimerions bien habiter…

…Jouons avec les coqs…

…remarquons de beaux moules en bois chez le boulanger…

…admirons les fourneaux si particuliers. Dans le foyer, une brassée de petit bois suffit à allumer le feu qui sera ensuite nourri par du charbon. Le four est tout petit mais la surface de chauffe assez grande pour plusieurs plats à laisser mijoter.

Les intérieurs sont raffinés.

Ecole, église, moulin et micro-brasserie : les villages étaient auto-suffisants.

Vous êtes curieux ? Cliquez ici : https://photos.app.goo.gl/YE5prsT1nGPf84R3A

Nous voici sur l’aire de camping-car de Gent, en plein cœur de la réserve de Kattevennen. Il faut dompter l’automate d’entrée, un brin récalcitrant …Enfin…Un gros gros brin !!! Il ne veut pas me donner la main, me demande de choisir le nombre de litres d’eau à mettre dans notre cuve et le nombre de kilowatts que je pense utiliser !!! Qu’est ce que j’en sais !!!
Au bout d’un nombre incroyable d’essais, on peut accéder au site ! Intelligence artificielle : mon œil !!! Jamais vu une usine à gaz pareille ! Il faut un code pour utiliser la prise électrique, un autre pour remplir….PFFF ! Heureusement, le site est beau et un jeune cerf viendra nous voir.

Demain lessive, repassage et vérification de la feuille de route pour la Hollande . Nous y serons le 22 juin, avec 4 jours de retard sur le programme…Peu importe ! Ce rythme nous convient et nous serons de retour comme promis pour relayer nos voisins.

Nous avons aimé cette partie de la Belgique : très verte, bien vallonnée, avec de belles villes plutôt paisibles. Dans les offices de tourisme, les hôtesses ont pris un temps fou pour nous expliquer, plus qu’en détail, tous les sites à voir, nous donner des brochures, promouvoir tel ou tel site en lien avec nos aspirations. C’est sûr : on reviendra ! Avec nos vélos électriques ! Parce que les côtes à 10%, à vélo classique…ce n’est plus pour nous !
Pour le moment, nous marchons quotidiennement entre 8 et 15 kms.

Enfin, voici l’histoire des frites. Autrefois, en bord de Meuse, les pêcheurs avaient coutume à l’Epiphanie de frire tous les petits poissons qu’ils attrapaient. Lors d’un hiver particulièrement rigoureux, il fut impossible de pêcher…Un pêcheur a alors eu l’idée de tailler des pommes de terre en petits bâtonnets pour rappeler les poissons et il les a fait frire dans la graisse de bœuf ! Ainsi a été inventée la frite !

19 juin 2023. Blégny mine. Spa. Belgique

Blégny mine.

En fin de matinée, nous avons rendez-vous pour visiter la mine de Blégny. Ce site de charbonnage a été le dernier à fermer dans le bassin liégeois en 1980.

La mine a été exploitée longtemps, d’abord en surface, puis, au XIXème siècle en sous-sol. Elle descendait sur 8 étages et jusqu’à 530 mètres de profondeur.

Nous commençons par parcourir le terril. Il est composé les déchets d’extractions : pierres, charbons impropres…

Le terril ressemble à un petit mont couvert de végétation. Le tapis roulant déverse en haut les déchets qui finissent par former une sorte de tas.

De la végétation pousse sur les pentes. Les bouleaux vrillent leurs racines pour s’adapter à la déclivité et tenir les « gravats ».

Un escalier, bien raide, de 240 marches nous conduit tout en haut !

Le train des mineurs est à lui seul angoissant : tassés, serrés, les mineurs étaient emmenés dans les galeries jusqu’au point d’extraction.

Nous prenons des forces avant de descendre dans la mine. Il n’y a pas à dire : les frites belges à la graisse de boeuf…C’est autre chose que les nôtres ! Moelleuses dedans, croquantes dehors, avec un goût particulier !

Il faut s’équiper en conséquence : casque et veste de mineur sont obligatoires. EUH…. Pas très propre la veste ! Et pour le casque…Pas de charlotte ! …çà craint un peu non ?!?! On fait la grosse tête de « punis »…

Blégny est l’une des quatre authentiques mines de charbon en Europe où vous pouvez descendre d’abord à -30 mètres avec la cage des mineurs, sorte d’ascenseur de fer, sans éclairage, et bringuebalant à une vitesse folle…Je n’en mène pas large…Même si le « mineur sympa » se veut rassurant…

Nous voici dans la galerie ! Les parois sont toutes en fer. Quel travail colossal fait par les mineurs pour sécuriser !

Cette porte sert à diriger les flux d’air de la surface à -60 mètres et donc à ventiler les galeries.

Un escalier nous conduit à -60 mètres, le long d’une pente à 10% qui était exploitée par les mineurs dans des conditions déplorables. Jugez plutôt !

Le charbon forme une veine sombre et brillante entre deux couches de pierre.

Toutes les machines fonctionnent et nous nous trouvons vite dans un vacarme qui est celui de la mine ! Pauvres mineurs !!!

Retour à la surface par la cage : Beurk !!! Sainte Barbe, patronne des mineurs, nous accueille au sortir de la cage. Nous voilà sauvés !

Ici, le guide nous explique toute les opérations de lavage…Euh…pour le bain de boue…merci , çà ira ! Même si c’est gratuit !

Le guide nous présente le joli train qu’utilisaient les nantis pour se rendre à Liège ou Maastricht. Quel contraste avec celui des mineurs !

Nous jetons un dernier regard sur le Puit Mary et le site avant de rejoindre Spa.

Non, Jean-Paul ! Ce n’est pas notre Exsis ! Nostalgie…Quand elle te tient…

Spa. Ville d’eau.

Spa nous attire en tant que ville d’eau. Elles ont toutes un charme suranné et une élégance particulière, un peu désuète, qui me plait.

L’office du tourisme est aussi une référence pour obtenir des renseignements sur le parc naturel des Hautes-Fagnes, où nous comptons randonner pour rejoindre le point culminant de la Belgique : le signal de Botrange ( hauteur : 694 mètres). Le parc abrite par ailleurs une riche faune et flore.

Hélas ! Mille fois hélas ! Le parc est strictement interdit d’accès à cause de la sécheresse et d’un incendie qui s’est déclaré dans la semaine.

Devant nos mines déconfites, l’hôtesse nous propose une autre balade, au-dessus de Spa, qui nous permettra de découvrir les fagnes : le domaine de Bérinzenne. C’est ici que nous bivouaquons ce soir, sans réseau pour mise en ligne du billet quotidien sur le site.

Revenons à Spa ! Dans la ville, des Pierrots facétieux jouent à saute-mouton…

Sous l’oeil un brin agacé de Pierre Le Grand…

Ce dernier possède son pouhon : la source la plus célèbre de Spa, de style art déco, équipée d’une baignoire en cuivre et ainsi que sa table personnelle.

La source était fréquentée par, entre autre, la Reine Margot, Victor Hugo. Les vertus curatives des sources de Spa sont connues depuis les Romains !

L’eau est légèrement piquante, acidulée et riche en fer, ainsi qu’en témoigne la fontaine Marie-Henriette.

Un funiculaire, ultra moderne, permet de rejoindre, sans fatigue, les nouveaux thermes au sommet de la colline.

Les façades Art Déco se distinguent parmi d’autres d’inspiration plus classique.

Cachée au fond d’une impasse, nous découvrons une cour paisible et accueillante.

La cascade monumentale est plutôt un bassin minuscule que nous avons failli rater.

L’église Saint Remacle surprend par ses divers clochers.

La micro brasserie est bien élégante dans le parc des 7 heures qui abrite aussi un moulin qui servait de pigeonnier.

Les anciens thermes présentent une façade Napoléon III.

Sur la Place Royale, la station météo tente vaillamment de résister aux affres du temps.

Le casino demeure le plus ancien du monde ; construit en 1763, il a cependant subi plusieurs rénovations chamboulant son style initial.

Spa est une ville pleine de charme où il fait bon déambuler le nez en l’air, sous les frondaisons ou dans le parc.

18 juin 2023. Liège. Belgique

Quelle nuit ! A croire que tous les fêtards et les automobilistes se sont donnés rendez-vous pour passer par notre rue… »Fanfare » jusqu’à 2 heures du matin !
La pluie tombe dru et nous dissuade d’aller aux Puces. Nous prenons donc la route pour Liège où un timide soleil nous accueille.

Nous traversons un beau marché, grouillant de vie, pour rejoindre l’office du tourisme et retirer le parcours du centre historique.

Liège est elle aussi en travaux d’embellissement et la marche est parfois malaisée…Surtout quand nous levons les yeux pour profiter des décors des façades ! Gare à la chute !

La brique et le grès houiller teintent de rouge le quartier ancien.

Certaines demeures ont été entaillées pour permettre le passage des carrosses.

Au sommet d’un puits, la minuscule porteuse d’eau cherche un sens à toute l’agitation de la rue.

Notre Dame de l’Immaculée Conception attire par sa façade écarlate et or.

La collégiale St Barthélémy a été édifiée au XIème et XIIème siècle en grès houiller. Elle est un bel exemple de l’architecture romane liégeoise.

L’intérieur embaume le benjoin. Nous profitons d’un concert d’orgue tout en admirant la clarté dans la nef et les sculptures.

Les fonds baptismaux sont présentés comme une des sept merveilles de la Belgique à cause de la haute qualité des reliefs et de leur exécution.

Nous découvrons les fameuse impasses, mini ruelles qui débouchent sur des trésors d’architecture et des cours intérieures soignées. De véritables bulles de paix !

L’escalier de la montagne de Bueren compte 374 marches. Il a été construit à la fin du XIXème siècle pour permettre aux militaires de relier directement la citadelle au bas de la ville.

Au lieu de le gravir, nous optons pour l’impasse des Ursulines et le début du sentier des Coteaux de la Citadelle.

Le Palais des Princes Evêques étire son austère façade de style gothique. Lieu de puissance et de pouvoir, il date de 1526.

Que voilà une jolie échoppe !

Et ce curieux vélo : comment l’utilise-t-on ???

La cathédrale St Paul séduit d’abord par son carillon harmonieux. Ancienne collégiale de 966, elle a été remaniée au fils des siècles.

Puis à l’intérieur, la surprise est totale : les vitraux sont d’époque différente, de facture classique à contemporaine. Une même scène est traitée à la fois en classique et en moderne et les œuvres, proches l’une de l’autre se répondent !

La lumière joue sur les murs.

Les tableaux impressionnent par leur finesse et leur qualité picturale.

Le trésor est composé, entre autres merveilles, des reliquaires de St Lambert et St Georges.

Du sol au plafond, que de splendeurs !

Après un regard intrigué sur la poste, nous traversons la Meuse pour rejoindre la quartier d’Outremeuse et marcher sur les pas de Georges Simenon.

Georges Simenon est né et a habité à Liège. Au fils de chacun des 80 « Maigret » on retrouve l’esprit de Liège.

Pour ce soir, nous bivouaquons sur l’aire de camping-car de la mine de Blégny à laquelle nous consacrerons une visite demain.

17 juin 2023. Namur

Nous quittons les bonnes énergies de l’Abbaye de Maredsous pour rejoindre Namur. La route serpente dans la vallée de la Meuse namuroise et traverse une succession de vallons encaissés mais si beaux avec leurs pâtures et leurs forêts de feuillus.

Nous voici sur l’aire de camping-car de Namur, coincée entre des établissements sportifs…Huit places de parking en « passe-moi le sel »…Encore bien aise de trouver un équipement ! La borne récalcitre à tout et il nous faudra beaucoup de patience pour la faire fonctionner. Vu les mauvais génies qui grimacent de toutes leurs dents… Pas étonnant qu’il y ait des bugs !!!

Namur est toute proche à pied. Cette ville est coincée entre Sambre et Meuse. Le centre est en travaux. Au demeurant, la ville est très propre. Gare au contrevenants ! Ici on ne badine pas avec l’ordre comme en atteste ce panneau !

Au marché, je me fais presque gronder pour avoir photographié une poule en cage. Le vendeur est mécontent et me réclame 2 euros pour la photo ! Il me suivra tout le long de son banc…Je ne cède pas !!! Et puis, un renard guette…

A quelques pas, autre scène étrange : un individu prête une oreille gigantesque à un vendeur ahuri ! Me voilà prévenue : méfiance avec les vendeurs et les poules !

Nous nous procurons le plan-guide du circuit de découverte de la ville. Bien fait, il explique les principaux sites à voir.

Tandis que l’ange s’époumone…

…nous déambulons dans le centre ancien à la découverte de belles demeures, toutes en élégance,…

…testons une belle chaise…

…achetons un Tupperware dans une boutique dédiée (inimaginable en France)…

…rêvons devant la Namourette, cette navette fluviale comme sortie d’un décor de conte de fée. Elle permet de se rendre d’une rive à l’autre en toute quiétude.

Pour grimper à la citadelle, nous préférons le téléphérique mais redescendrons à pied à travers des voies et escaliers en pavés.

La vue est fantastique sur la Meuse.

Une tortue « pilotée » par un homme aux yeux bandés trône dans une des cour de la citadelle. Elle symbolise une ile imaginaire avec un système politique idéel. Elle a été réalisée par Jean Fabre, un artiste anversois, condamné en 2022, avec sursis, pour des faits de violence, comportement inapproprié et attentat à la pudeur. Or, la Ville de Namur conteste ce jugement ! Elle utilise la notoriété de cette œuvre pour dénoncer les violences sexistes et promouvoir l’égalité des genres.

Partout, l’élégance se fait discrète. Ainsi cet œil de bœuf…

…Ou ces fleurs si délicates.

La fresque des Wallons, quant à elle, orne le jardin de l’hôtel de ville. Sur 320m2, toute la culture et l’histoire wallones s’étalent. Citons entre autres : Charlemagne, Blanche de Namur, Georges Simenon, Salvatore Adamo, Benoit Poelvoorde.

Namur est une ville attachante, préservée, qui se découvre à pied, le nez en l’air, en musardant.
Demain, avant de rejoindre Liège, nous visiterons son marché aux puces, véritable institution namuroise.

Album Photos Namur. Cliquez ici : https://photos.app.goo.gl/tskeuUCspmobP1Lr6

15 et 16 juin 2023. Strepy-Thieu. Charleroi. Maredsous. Belgique.

15 juin 2023. Strepy-Thieu.

Le spectacle des oies hier soir nous a amusé une partie de la soirée. Elles sont reines du rond-point et régulent la circulation ! Les automobilistes doivent attendre qu’elles se déplacent pour pouvoir passer. Elles se font copieusement klaxonner !

Comble du gardiennage : celui du camping-car entre dans leur prérogatives semble-t-il. J’ai voulu sortir faire une photo. Elles ont toutes foncé sur moi, ailes grandes écartées, pour me faire rentrer !!!

Ce matin, nous nous intéressons à l’ascenseur à bateaux de Strepy-Thieu sur le canal du centre. Du fait du développement industriel, au XIXème siècle, il a fallu relier la Meuse à l’Escault par un canal navigable. Problème : un dénivelé de 90 mètres entre 2 bassins. Le système des écluses s’avère inapproprié du fait de sa forte consommation en eau. Décision est prise de construire un ascenseur hydraulique.

L’ascenseur de Strepy-Thieu est le plus grand jamais construit en Europe ; la construction a duré 20 ans et couté 650 Millions d’euros. Il mesure 117 mètres de haut et permet le passage de péniches des 1350 tonnes en 40 minutes dans ses bacs pesant 8 000 tonnes.

Regardez bien : vous voyez les deux bassins le long de la structure ? Ce sont les deux « rectangles ».

Comment çà marche ? Une péniche se présente. Elle entre dans une sorte d’immense bassin. De l’autre côté de l’ascenseur, il y a le même bassin. Par le jeu des flux d’eau, les bassins vont s’équilibrer puis l’un va descendre plus que l’autre, exactement comme les deux plateaux d’une balance.

Ci-dessus, la péniche est dans le bassin sous la partie vitrée et le tout va descendre au niveau du canal.

15 juin 2023. Charleroi.

Charleroi nous attire surtout pour sons parcours street-art que nous imaginons un peu à l’image du parcours des murs peints de Lyon. Par précaution, nous téléchargeons l’itinéraire de la ballade dans notre téléphone depuis le site visitwallonia.be

1er challenge : garer notre Exsis en sécurité ! Tout le quartier de la gare sud, départ de notre balade, est en travaux, déviations, sesns interdits…A droite..A gauche…Sur le ring…Re-gauche…Re-ring … A en avoir le tournis ! Le GPS en perd le nord ! Plusieurs parkings sont envahis de prostituées bien « crakées ». Hors de question de laisser l’Exsis !!!
Filons de l’autre côté de la gare…Voilà un parking, sans gabarit, rue de la Villette : payant (1,98€/heure) mais bien propre !

C’est parti ! Gaillardement, nous attaquons le chemin sous la 1ère fresque : celle du Petit Chaperon Rouge. Prémonitoire ?!?!….

Pendant plus de 2kms nous évoluerons dans un site industriel apocalyptique, témoignage du passé métallurgique et minier de Charleroi.
Ici des usines désaffectées,…

…Là, « un grutier nous voit ». Mais où se cache-t-il donc ?

A la limite angoissant, si une péniche ne venait de temps à autre nous distraire. Pour la petite histoire, c’est ici qu’a été tourné Largo Winch 2 !

Les fresques sont presque effacées ; L’œuvre maitresse de 700 mètres de long, annonce un avenir au combien sombre…visionnaire !
Les oeuvres ont en effet été réalisées en 2003 dans le cadre du festival Urban Dream ! Elles ont 20 ans….Et n’ont pas été entretenues.

Nous rentrerons en métro puis nous installerons sur un des parking de l’Abbaye de Maredsous, au calme, avant de déguster une bière du même nom et de dévorer, à pleine dents et avec les doigts des fagotins de fromage et des saucisses sèches de Maredsous.

16 juin 2023. Maredret.

Du parking de l’Abbaye, nous partons pour une balade conseillée par le centre d’accueil. La 1ére étape nous conduit à Maredret, abbaye proche de 1km : Imposante façade de pierre bleue, puissance des hautes murailles, mais intérieur raffiné de l’abbaye avec ses colonnes élancées, le soleil à travers les vitraux.

Nous cheminons à travers la campagne dans une alternance de prés et de forets de feuillus. Ici se cache une chapelle…

…Là un village aux maisons sans volet

…Un vieux moulin.

Empruntons l’ancienne voie ferrée et pressons le pas,…

Longeons cette propriété…

…il est bientôt l’heure…

…Celle de visiter l’imposante abbaye de Maredsous !

16 juin 2023. Abbaye de Maredsous.

Toute récente (elle n’a que 151 ans), elle a été construite dans un style néo-gothique.

Ici les portes sont élégantes et les piliers de la nef s’élancent à l’assaut du ciel.

Le plafond en bois est peint d’étoiles et de visages de saints.

Sur les murs, le soleil, à travers les vitraux, met en valeur les œuvres.

Aujourd’hui encore des moines vivent et travaillent ici. Vous trouverez sur site : une micro-brasserie, une ferme qui vous vendra viande et légumes, une fromagerie, une boulangerie, une cafétéria….Bref ! À coté de la dimension spirituelle, la dimension commerciale !

Haut lieu touristique de la Wallonie, l’Abbaye de Maredsous vaut le détour !

14 juin 2023. Spiennes. Mons. Belgique.

Belgique ! 1ers tours de roues.

L’enfer des pavés ! Je ne sais pas par où le GPS nous a fait passer mais nous avons roulé pendant des Kms sur une route étroite toute en pavés en passant la frontière !

Spiennes. Silex’s.

Voici un bon moment que cela nous titillait : le silex c’est quoi ? En passant par Spiennes, l’occasion est belle de répondre à cette question.

C’est ici que se trouve Silex’s, à la fois un musée sur le silex et un centre d’extraction datant du néolithique, le tout sur une surface de 100 ha.

La mine a été découverte, par hasard, au XIXème siècle, lorsqu’il a fallu creusé une ligne de chemin de fer. Bien sûr, tout a été stoppé. Le site est désormais classé à l’Unesco.

Saviez-vous que le silex est un mélange de quartz, calcédoine et en petite proportion d’opale, enfermé dans une gangue de craie ? Admirez ses nuances !

Sur le site, nous accédons à une zone de fouille : le silex n’est pas à grande profondeur ici : Il affleure dans les prés et les puits ne descendent pas à plus de 16 mètres sous terre.

Les archéologues ont imaginé la manière dont nos ancêtres l’extrayaient. Là c’est vraiment « la mine » ! Un travail courbé, couché et l’extraction de gros blocs à l’aide de paniers en osier et de cordes…N’était remonté que l’utile, le tri s’opérant au fond de la galerie, et c’était déjà bien lourd.

Nous ne pourrons pas descendre dans les galeries car elles ne sont ouvertes que le week-end (à réserver) mais nous aurons droit à une visite virtuelle des plus intéressantes !

Silex’s : Un témoignage unique sur nos ancêtres capables d’extraire d’énorme blocs, de les tailler en parfaite symétrie juste à l’oeil ! Une visite que nous ne regrettons pas.

Mons :

Nous nous garons en périphérie du centre et partons à la découverte de cette ville. Ce qui nous frappe au premier abord est la couleur : le street-art est partout !

Ici la série « polars »,…

…Là  « la vie » !

Nous arpentons des ruelles pavés, bordées de belles demeures. Heureusement que nos chaussures ont des semelles absorbeuses de chocs ! La marche sur les pavés est redoutable pour les pieds !

La place du Marché aux herbes présente une ambiance intimiste.

Plus haut la Grand Place vibre de toute une agitation sympathique.

Au coin, comble du raffinement, un bâtiment arbore une grille qui ressemble à une dentelle de fer ornée de médaillons !

Les clochers sont tous différents et se dressent fièrement.

Le beffroi, de style baroque, domine. Ce n’est pas pour rien que Victor Hugo le décrivait comme « une énorme cafetière, flanquée au-dessous du ventre de 4 théières moins grosses » ! L’image est réaliste.

Sur les trottoirs, de ci, de là, nous observons de curieux demi-cercles. Ils symbolisent d’anciens puits de la ville qui ont été comblés ! Sympa cette idée !

Un diablotin nous souffle à l’oreille que notre bivouac du soir, sur un parking dans une rue calme, pourrait être plus sympa ! Pas faux ! Et on a encore du temps aujourd’hui… Cherchons donc sur Park4night.

A voilà ! La Louvière ! Proche de la visite que nous ferons demain matin ! Une belle halte en bord de canal où nous sommes accueillis par un troupeau d’oies !

13 juin 2023. Bavay. Avesnois

Aujourd’hui, nous visitons le plus grand forum romain de France : Bavay. Le musée s’étend sur un site archéologique de 2,5 ha.

Bavay, une riche cité aux maisons basses, était un important noeud de communication de l’empire romain au 3ème siècle.


Les vestiges ont été mis à jour en 1942 sur un terrain dégagé par les bombardements de 1940.

La vie était très raffinée à Bavay. Les mosaïques pavaient rues et maisons.

A l’intérieur des demeures, les murs étaient peints de fresques.

Des lampes à huiles diffusaient une douce lumière.

Les divinités protégeaient les maisons et étaient installées dans chaque pièce de l’habitation.

Les animaux domestiques étaient représentés en bonne place.

Le mobilier était rafinné comme en attestent les poignées de coffres, clés …

Et que dire de cette belle balance romaine….

La vaisselle de prestige était d’un beau rouge, ornée de sculpture et les couteaux existaient déjà.

Le nécessaire de toilette de la dame de maison consistait en un beau miroir rond, des pots d’onguents, des boites à bijoux, une palette pour mélanger les fards. Elles étaient très coquettes et utilisaient déjà les végétaux et huiles pour créer des crèmes. Elles aimaient les bijoux.

Auriez-vous eu confiance dans le chirurgien ophtalmologue ? J’ai des doutes au vu des instruments.

Pour écrire et signer les documents, le maitre de maison utilisaient des stylets et des cachets.

Les urnes cinéraires recueillaient les cendres des défunts et des bornes à leur mémoire étaient installées le long des routes.

A l’extérieur, les vestiges permettent de comprendre les 3 espaces de Bavay : la justice avec la basilique, l’administration avec l’esplanade et enfin le temple surélevé.

Bien sûr sous les arcades les boutiques apportaient toute la dimension commerciale.

Bavay a périclité au IIIème siècle hélas.

Bilan du séjour en Avesnois.

L’Avesnois, très valloné, offre de très beaux sites à visiter et de belles forêts à parcourir. Partout, les habitants ont à cœur de lier conversation pour nous indiquer des visites à faire, des produits à déguster…

Le maroille : Stop ! Non ! çà ne pue pas ! Oui ! Un excellent fromage ! Fin et délicat en bouche, avec des retours floraux ! Il se cuisine même en dessert c’est vous dire ! Alors arrêtons de lui faire mauvaise presse !

Autres bons fromages : le coeur de Cerfmont et la boulette d’Avesnois !


Les musées contiennent des richesses et les prix d’entrée sont très raisonnables de notre point de vue de Lyonnais habitués à plus cher) : pas plus de 12€ à 2
Par contre, nous regrettons de n’avoir pas commander les documentations relatives aux sentiers de randonnées et balades à vélo avant notre départ car, hélas, hors saison, les maisons du parc ou offices de tourisme sont très peu ouverts.

12 juin 2023. Maroilles. Locquignol. Forêt de Mormal. Avesnois.

Maroilles.

Et bien non ! Maroilles n’est pas qu’un fromage !!! Maroilles est aussi le site d’une des plus importantes abbayes du Nord, fondée en 652 par St Humbert.

Elle se développe et devient si riche qu’elle génère beaucoup de ressentiments et de haines contre elle, notamment de la part des paysans du coin, très pauvres et écrassés par les dîmes. Dans ces circonstances, le 29 juillet 1789, s’est déroulé le « vacarme de Maroilles ». Les habitants de Maroilles, assistés de ceux des villages voisins, pillèrent intégralement l’abbaye. 2 ans plus tard, il ne restait plus une pierre de cette imposant et riche édifice !!! Quel « vacarme » !!!

Plus rien…sauf…Quelques bâtiments épargnés :

…ainsi que le moulin qui enjambe l’Helpe mineure produisait la farine jusqu’à la fin du XIXème siècle avant de fournir l’électricité pour la commune…

…L’église et ses étonnants « trésors ».

Sur les façades, la pierre bleue du Nord habille les fenêtres sur fond de briques rouges en un joli contraste de tons froids et chauds.

Après un dernier regard sur une splendide demeure, nous partons à Locquignol.

Locquignol.

Locquignol, ancien centre artisanal de sabotiers et de sculpteurs, coeur de la forêt de Mormal, nous déçoit ! Clairement, rien à voir !!!

Une tentative de trouver de la documentation sur la Forêt de Mormal, ses sentiers et son arboretum à la mairie… Las ! Tout est fermé, non disponible ! En clair, avant de venir en Avesnois hors saison, commandez tous les guides et cartes dont vous aurez besoin de chez vous !

Un rapide regard à l’église…

Pour autant, à Locquignol et en Forêt de Mormal, j’ai retrouvé toute l’ambiance décrite dans le polar de Mylène André : « les pendus de la forêt de Mormal » dont je vous conseille la lecture avant de venir.

Nous rebroussons chemin en direction du panneau « arboretum » que nous avons croisé en venant et …Certainement…Il n’ai que dans un sens ce panneau ! Du coup, on le loupe, se retrouve au bord du canal de la Sambre pour un demi-tour…STOP ! C’est plutôt bien ici !!!

Nous voici donc, en relâche, en bord de Sambre, et dans la forêt de Mormal, écoutant et observant les multiples oiseaux. Un très beau bivouac !