Saly. 4 janvier 2011.

Direction Saly et la résidence de Bernard et Raky…Que nous trouvons sans mal grâce au GPS à leur grand étonnement, personne n’ayant réussi à trouver le point GPS exact de leur résidence ! Personne…Sauf nous ! Il s’en suivra un « cours » de navigation pour Bernard !

Cette étape représente la halte de luxe dans le voyage. Au sein d’une résidence plus que privée, sous les palmiers, se nichent de luxueuses cases, toutes plus coquettes les unes que les autres.

Dans leur jardin, nous découvrons plusieurs espèces de frangipaniers en fleurs, de baobab cactus. Jean-Paul profitera de la piscine à débordement et moi des transats…Si un séjour vous tente, Bernard et Raky louent leur maison et vous organisent le transport depuis l’aéroport de Dakar ainsi que des activités : www.location-villa-senegal.eu. Malgré l’ambiance plus que conviviale, nous reprenons notre route avant de mollir…

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Saly.

Jaol Fadiouth. Sine Saloun. 5 janvier 2011

Première difficulté à Joal Fadiouth : trouver notre halte nocturne. Nous avions l’adresse d’une auberge vers le stade de foot et nous la cherchons. Bien sûr, nous ne trouvons aucun panneau indicateur et le point GPS est approximatif: nous n’avons que celui du terrain de foot !

Un Blanc et un Noir, porteurs de bagages, arrivent à notre rencontre. Bagages = auberge, n’est-ce pas ?

Le Noir nous propose de demander à sa soeur, propriétaire d’une maison d’hôtes, si elle nous accorde l’hospitalité pour la nuit. Négociation du prix…Affaire conclue…Le gardien est payé tout de suite. Il nous installe le long d’une maison. Nous partons à pied pour l‘Ile de Fadiouth reliée par une passerelle en bois de plus de 500 m de long à Joal, ville native de Léopold Sédar Senghor.

L’île est entièrement constituée de coquillages. A certains endroit, la couche atteint la hauteur de 8 mètres ! Impressionnant de déambuler sur ce sol qui crisse sous les pas ! Tout comme le cimetière de coquillages… Les tombes sont situées tout en haut de la butte…en coquillage. Le sol étincelle, rivalisant de brillance avec la mer. Du haut du cimetière, le paysage de mangrove s’étale à nos pieds . Nous découvrons les greniers à mil typiques du détroit du Siné Saloum : ceux-ci sont construits sur pilotis !

Côté shopping, l’île est plutôt bien achalandée. Jugez plutôt : Auchan, Galerie Lafayette, Le Roi Merlin…Toutes ces boutiques regroupées sur la rue principale: « Champs Elysée ». D’accord, les boutiques ne sont pas tout à fait comme chez nous, les « champs » non plus. Mais quel humour !

Le soir, alors que nous nous relaxons au camping-car….TOC ! TOC ! TOC ! «  vous pas rester ici ! Sinon payer ! »…?!?!

Un individu veut nous faire payer en se prétendant le véritable gardien du clos ! Le ton monte devant sa mauvaise foi. Nous « bouclons » le véhicule et partons à la recherche du gardien du matin et de la propriétaire …qui justement surgit en compagnie du Blanc. Ce dernier nous conseille de rester à l’écart….Méga embrouille entre le « gardien nouveau » et la « propriétaire » qui n’est en possession… que de 90% du clos !

Devinez ce qui stationne sur les 10% qui ne sont pas à elle ? NOUS !

Embrouille sénégalaise classique!!!! Mauvais plan !!!! L’engueulade dure une bonne vingtaine de minutes mais la femme gagne et nous intime de rester où nous sommes. Nous réintégrons nos pénates…Mais les cris ont encore duré une bonne heure ! Méga supra embrouille où je ne m’y connais pas ! 

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Joal Fadiouth

N’Dangane. 6 et 7 janvier 2011.

Debout à 6 heures ! Il y a eu trop de passages le long du véhicule cette nuit et l’altercation nous a déplu. On dégage en vitesse dès la levée du jour pour rejoindre Yves et Roselyne à N’dangane, le « havre » en wolof ! N’dangane la bien nommée.

Yves et Roselyne ont retenu pour un mois dans un véritable bouquet de fleurs ! La rue est calme, le campement coquet, équipé d’une piscine nettoyée tous les jours. Une cuisine d’été couverte est à leur disposition et leur caravane occupe…le seul emplacement disponible ! Le campement n’est constitué que de cases alors…De là à garer un camping-car….Peu importe ! Nous stationnerons dans la rue et nous raccorderons sur une case pour l’électricité. Au Sénégal, les campements pour camping-car sont inexistants. Bien souvent, nous sommes contraints de demander l’hospitalité sur les parking d’auberge… Le touriste individuel est rare…Très rare…Il faut dire qu’à force d’être « déplumé », « racketté », le touriste boude le Sénégal…Sauf à venir en masse avec un voyagiste…Mais là : très peu pour nous !

Yves a tôt fait de nous organiser une balade en calèche, terme pompeux désignant une carriole bringuebalante, équipée de deux immenses roues et de « michelin », attelée d’un âne. Alphan (comme Luc le champion olympique) nous conduit à travers la brousse dans un village un peu reculé où les femmes danseront pour nous…Dans le but inavoué qu’on achète leurs babioles « de Tawaïn », par ordre d’importance des boutiques. La société sénégalaise est basée sur un système étonnant et complexe de priorités, de castes auquel nous tentons de nous conformer. Mais voilà que les femmes veulent que je danse…Le mal de dos qui me taquine sera la meilleure excuse pour refuser…Et me permettra d’engager la conversation avec une femme qui découvre que nous sommes mamy toutes les deux…Donc des Anciennes ( avec A majuscule) donc des Autorités ! Pour échapper aux marchandes, nous irons nous recueillir à l’église, puis écouter avec recueillement la chorale du village. Polyphonie sénégalaise, beauté des choeurs…Les chants nous enchantent…Mais ne nous empêchent pas de sauter sur la calèche et de filer dans le couchant.

Le lendemain, Babou nous attend avec sa pirogue pour une journée de pêche dans les bolongs ( bras de mer) du Siné Saloum. Youpie ! Je vais enfin inaugurer pour de vrai ma canne !!! Mais avant, la pirogue nous permet d’approcher de près les palétuviers et la mangrove et d’observer  de près les martin-pêcheurs, les pélicans, hérons et cormorans. Babou nous signale même une énorme hyène, trop loin de nous pour obtenir une belle photo.

La pêche commence. Yves monte ma ligne avec un superbe hameçon équipé d’un leurre…Bleu ! C’est ce qui lui semble le plus approprié dans ma panoplie ! Babou garde un oeil critique : «  c’est pas bon çà ! ». Je lance …..Assez loin pour forcer l’admiration. Normal : la formation au lancer s’est déroulée sur une pelouse de Gerland (Lyon 7°) …Donc la technique est parfaite ! Pour le reste….Peut mieux faire ! Largement mieux faire ! Au bout d’un moment, Babou décide de changer ma ligne : le bleu c’est pas bon,  il faut un gros plomb et un vrai hameçon, le mien a pourtant l’air redoutable avec tous ses crochets… « Non ! Pas bon ! Demain tu y es encore » s’entête Babou. Il monte sur ma ligne un plomb qui fait ployer le bout de ma canne (çà va casser ?) et un hameçon…tout bête ! Bête comme…Un crochet. « Je vais vraiment attraper quelque chose?  »  » Oui çà c’est bon ! »

Concentration…Application…Accroche minutieuse de la crevette…Lancer…Tout y est ! Çà frétille au bout de la ligne! « Vite ferre ! » Coup de poignet (là je n’ai aucune formation)…. »La ligne tire…C’est terrible »… »Non ! Normal ! Mouline »…Bon d’accord…Et là….Crac ! Le fil casse, le plomb et l’hameçon tombent au fond du bolong !!!! Babou ne va pas être content ! Tu vois, je t’avais prévenu : çà a tout pété ton gros plomb ! Babou n’a rien dit mais décidé  de dévider tout mon moulinet !?!? Yves m’équipe d’un super fils dernier cri. Quelle patience avec leur élève ! La ligne est encore plus lourde dans ma main…Mais je m’entête…Ce coup ci, les poissons vous allez voir ! …Rien vu du tout! Complètement misogynes les poissons sénégalais ! Ils ont boudé la canne de Roselyne et la mienne pour s’agglutiner sur celles d’Yves et Babou.  Et Jean-Paul ?…Il immortalise la formation et se gausse.

A midi, nous accostons sur une île déserte et Babou a tôt fait d’installer un feu et de griller le poisson . Au menu : des thioffs, des merlus et un magnifique St Pierre. Cool non ! Babou ne mange pas avec nous. Roselyne explique : le client est servi en 1er et quand il a fini de manger le Sénégalais mange les restes. Voilà qui choque Jean-Paul et moi…Mais pour éviter de mettre en difficulté nos amis nous appliquons cette règle, sans doute héritée du colonialisme.

La pêche reprend. Roselyne sort des poissons elle aussi. Et moi ? Oh ben…La garniture ! Je pêche une super salade, amas d’algues du bolong, et nourris les poissons ! Ils grignotent toutes mes crevettes mais boudent l’hameçon….Ben quoi ? Si vous voulez attraper des gros poissons, il faut bien les nourrir et là…Je m’en occupe consciencieusement. Tout le monde se moque de ma malchance…dans la bonne humeur ! Cette journée magnifique, hors du temps, s’achèvera autour d’une bière au port….Une Flag …L’authentique bière blonde de l’Afrique de l’Ouest, brassée ici même…par Jenlain !

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N’Dangane