6 juin 2023. Bruyères et Montbérault

Nous quittons Treigny après quelques achats au commerce multi-services pour rejoindre, bien au nord, Bruyères et Montbérault.
Le challenge est d’éviter la couronne parisienne par laquelle le GPS veut nous faire passer ! Nous choisissons la direction Meaux, puis Soissons, puis Laon. C’est ainsi que nous traversons de grandes plaines céréalières, des forêts et croisons de ci de là des fabriques de biogaz par méthanisation, pas belles du tout avec leur grosses cuves comme en plastique.
L’architecture des maisons change et nous dépayse. Ici la brique est reine !

Tout en début d’après-midi nous voici sur l’aire de Bruyères et Montbérault, petite mais coquette, avec 4 espaces bien délimités, des tables pique-nique…Challenge réussi : Tchin-Tchin !

Bruyères et Montbérault est toute proche du Chemin des Dames, haut lieu de la guerre de 1914-1918 et a subi quatre longues années d’occupation allemande, après la fameuse bataille de la Marne.

Seule l’église, avec son austérité, tranche sur le reste de la ville, qui comme un pied de nez à la guerre, offre un visage plaisant.

Un arbre nous intrigue. Ses feuilles poussent roses, puis blanchissent et enfin verdissent. Une beauté dont nous ne saurons vous dire le nom.

5 juin 2023. Guédelon. Chantier médiéval

Depuis fort longtemps nous entendions parler du chantier du château de Guédelon et avions envie de le visiter. Nous passions à proximité sans jamais concrétiser notre projet. Cette année, enfin, nous consacrons à Guédelon une grande visite !

L’aventure de ce chantier hors normes commence en 1997 ; l’ouverture au public n’interviendra qu’en 1998. Guédelon est un château « neuf » construit selon les règles architecturales de « Philippe-Auguste » (1180-1223). Le château est donc un chantier d’archéologie expérimentale ; en effet, il a fallu retrouver, à l’aide de documents d’archives, de résultats de fouilles archéologiques, de documents d’époque (quand ils existaient), d’ingéniosité aussi, toutes les techniques de construction du premier tiers du XIIIème siècle ! De nos jours, pourtant, beaucoup de questions ne sont pas encore résolues ! Guédelon est donc utile pour faire avancer les connaissances.

Les ouvriers-bâtisseurs sont confrontés aux mêmes problématiques qu’à l’époque de « Philippe-Auguste » : délais, coûts de construction, aléas climatiques, utilisations des outils. Ils sont toujours à notre disposition pour répondre aux diverses questions des visiteurs.

Nous avons bien évidemment posé celle de la sécurité au travail ; elle est prise en compte et l’ouvrier qui contreviendrait aux règles en vigueur actuellement est sévèrement réprimandé ! Construire comme au XIIIème siècle oui, mais avec les normes de sécurité au travail actuelles !

Sur le site sont rassemblés les menuisiers, forgerons, maçons, carriers, cordiers, tuiliers et potiers, tailleurs de pierres et cordiers…

Le choix du lieux de construction est lui aussi stratégique : un site permettant une défense naturelle ( donc une butte), avec un gros gisement de pierres (ici du grès ferrugineux), du bois à volonté et de l’eau bien sûr !

L’ensemble des matériaux utilisés provient du site et est transformé selon les méthodes du XVIIIème siècle sur le site ; ceci explique bien évidemment la longueur du chantier mais aussi son importance du point de vue historique.


La carrière fournit les blocs de pierre mais aussi le sable des mortiers, la glaise des tuiles et carreaux du sol, ainsi que l’ocre pour les peintures murales.

Dans les jardins, ont été plantées des plantes tinctorales permettant de teindre les tissus, des légumes, aromates et plantes médicinales utilisés au XVIIIème siècle.

C’est avec plaisir que nous avons échangé avec les teinturières et peintres et la vannière. Malheureusement l’herboriste prenait sa pause déjeuner lors de notre passage.

Les pièces du château sont décorées et les appartements du châtelain plutôt confortables. Il est doté de fênêtres dont les carreaux ne sont autre que de peaux de porc parcheminées, peintes puis enduites de cire d’abeille pour une meilleure résistance au mauvais temps et aux courants d’air.

Les sols sont ornés de tommettes de couleurs et les murs peints.

La chapelle est modeste car le châtelain n’était pas riche et ne pouvait se permettre d’acheter trop de pierres !

Pour autant, la salubrité tenait une bonne place puisque des latrines étaient installées.

Comme tout château qui se respecte, Guédelon est doté d’un puit, d’un four banal et surtout d’un moulin caché au cœur de la forêt, le long d’un cours d’eau. Malheureusement, xce dernier est trop à sec et ne permet pas au moulin de fonctionner lors de notre visite.

Conseils de visite :
Réservez votre visite : le site n’est pas ouvert tous les jours. Guédelon est grand ; il fait très chaud et poussiéreux. En conséquence, prévoyez chapeaux, vêtements qui ne craignent pas, chaussures adaptées et gourde d’eau.
Le stationnement camping-car est prévu uniquement lors des ouvertures du site donc interdit la nuit. Routes en Exsis vous conseille de gagner ensuite l’aire de Treigny, à 8 kms, pour la nuit. Vous trouverez un parking (partagé avec les voitures), mais aussi un coin pique-nique abrité sur le site, des toilettes et une aire de service « à votre bon coeur », c’est à dire dotée d’une urne dans laquelle vous mettez la somme que vous voulez, au bénéfice des projets des enfants des écoles de la commune. Belle initiative n’est-ce pas ?
A proximité des commerces, d’autres tables pique-nique, un jeu de boules et des jeux d’enfants (vers le cimetière).
Un préposé de l’office du tourisme passe chaque soir vous apporter de la documentation sur la région. Nous n’en voulions pas puisque uniquement de passage. Au vu de son âge et de mine contrite qu’il a affiché, nous pensons qu’il est rémunéré au « sachet » distribué donc…Nous avons pris la documentation !

Prêts pour un voyage en image au cœur Guédelon « château neuf » inspiré du XVIIIème siècle ?
Cliquez ci-dessous : https://photos.app.goo.gl/1TzgHmnQ3h7AG6pR8

4 juin 2023. Pays-Bas. Début de périple.

C’est décidé ! Cette année, puisque nous sommes enfin tous les deux à la retraite, nous partons pour deux mois aux Pays-Bas, histoire de tester et d’adapter le matériel pour un voyage au plus long cours.
Donc…Innovation 2023 : Mes bonsaïs sont du voyage. Je leur ai préparé une caisse qui voyagera attachée au pied de la table et sera sortie du véhicule à chaque étape.

Une question m’a été posée hier : « comment tu prépares ? ». Tout commence par la lecture d’un guide de voyage en sélectionnant les visites, puis des blogs ou sites sur Internet, et enfin par le report de nos « envies » sur la carte, lesquelles seront reliées entre elles de façon à créer un itinéraire optimum et cohérent. J’aime étaler les cartes et parfois…Ceci créée un vrai bazar sur nos bureaux !

Ensuite, commence la question cruciale du budget gas-oil….Question qui marque déjà le début des renoncements…C’est ainsi !

Le choix des étapes vient ensuite avec leur coût ainsi que le coût des éventuelles visites sur place ; Le tout est reporté sur la feuille de route générale.

Tout ceci est évidemment du « prescris », de l’estimation parce que vous l’avez vous au fil de ces pages : Routes en Exsis adapte en permanence son itinéraire en fonction des infos sur le terrain, de la météo etc…

Bel exemple : ce périple aux Pays-Bas ! Pourquoi donc faire ce détour à l’Ouest, par la Haute Loire,au lieu de monter cap au Nord sur la Belgique ? Tout simplement parce que notre collègue et amie Catherine nous invite à fêter, en tout petit comité, dans sa maison entre Yssingeaux et le Puy en Velay, son départ en retraite.

C’est ainsi que le 2 juin au soir, nous avons bivouaqué, dans la forêt, pas très loin de chez elle à : Le Pertuis ! Des elfes habitent là…Nous leur avons demandé une nuit tranquille… Pourtant, l’orage, grondant de colère, s’abat sur nous, nous empêchant de profiter pleinement du coin pique-nique et de la balade prévue.

Chez Catherine et René, à Malrevers, l’accueil est chaleureux ! Le soir, René allume le four à pain communal et cuit des pizzas que nous dégustons dès leur sortie du four… Malgré la pluie ! Nous avons dû installer un auvent de fortune pour nous permettre d’être tous abrités autour du foyer !

Ce matin, 4 juin 2023, nous avons quitté nos amis à regrets pour rouler cap à l’Est, puis au Nord pour visiter le château médiéval de Guédelon demain, avant sa fermeture hebdomadaire.

Nous profitons de l’aire de service de Vieux-Brioude pour découvrir le magnifique pressoir à grand point du XIVème siècle.

Nous avions prévu un bivouac à Urzy, dans la Nièvre, au bord de l’étang du niffon. Ors, ici tout est sec et le parking, bien que très bucolique, poudreux à souhait…Bof !!! Sortons le guide des étapes « France Passion »….Ah tiens ! Ici, l’étape chez le vigneron à l’air sympa. Nous voici donc à Tracy sur Loire, au Domaine de Maltaverne. Le vin est bon et gouleyant !

24 juillet 2019. Kune-Vain-Tale. Patok. Krujë.

24 Juillet 2019. Réserve Kune-Vain-Tale, lagune de Patok :

35° à 9H

En quittant le camping de Shkodër, le terminal CB a bloqué et je suis sûre que c’est… Après la transaction! J’ai du payer en liquide mais en indiquant fermement que si j’ai eu un débit, je reviendrais sur la route du retour. Affaire à surveiller de près !

Nous avons pris une première route pour la réserve de Kune-Vain-Tale, laquelle s’étend sur 2 000 ha, présente un paysage de marais salés, petits lacs et dunes et abrite 17 000 oiseaux.

Arrivés devant l’ancien relai de chasse du Comté Cioni, gendre de Mussolini, sans aucune autre explication, nous empruntons une piste sur 2 bons kms avant de rebrousser chemin. L’Exsis ne passait plus malgré sa bonne garde au sol.

Nous tentons la route de Tale et parvenons à 2 kms de la réserve… Sauf que là… Impossible de se garer sans gêner les exploitations agricoles… Donc…Nous avons filé ailleurs parce que …Chez Routes en Exsis… Nous sommes tenaces !

Nous avons enfin pu profiter du littoral sauvage à la lagune de Patok. Admirez les magnifiques carrelets! Par contre, pour les tortues Caouanes, les tortues vertes et les oiseaux…NADA !

Nous avons donc rejoint Krujë et son camping à la ferme. Après un moment de détente bien mérité, nous visitons la citadelle. Construite au V° siècle, puis reconstruite au XIIIème par Charles d’Anjou (oui le nôtre!), elle a ensuite appartenu aux Ottomans. Skanderberg est le héros national ! Il a régné sur l’Albanie au XV éme siècle et Krjë était sa capitale. Les monuments glorifient ses batailles.

Dans la citadelle, nous avons déambulé dans les ruelles en pavés de chat, cherché le passage secret et admiré le petit hamam encore bien conservé, non sans faire une halte sous l’olivier planté par Skanderberg.

Pour le retour, nous passons par le vieux bazar qui n’a de vieux que le nom ! Ici s’étend le royaume du MIC … Le « made in China ». Difficile de trouver du vrai artisanat albanais pour le moment.

Album photos. Cliquez : Kun-Vain-Tale Patok Krujë

25 juillet 2019. 1ères impressions

Comme un goût de « je m’en foutisme ». Comme un goût de laisser-aller…

Et pourtant, l’Albanais est très coquet, très apprêté. Pourquoi ne soigne-t-il pas son pays ? Les maisons à 2, voire 3 étages, sont habitées au rez-de-chaussée, ou au dernier étage, le reste est en attente : de fenêtres, de moellons, d’aménagement…Les fers à béton sortent sur la terrasse sommitale attendant ….Attendant… La rouille qui les gangrène chaque jour plus.

Les immeubles en ruine, qui mériteraient réhabilitation au titre de la sauvegarde du patrimoine, avoisinent des complexes flambant neufs. Et que dire de ces immeubles au luxe tape à l’œil, ostentatoire…Nouveaux riches que vous avez mauvais goût avec vos colonnes, vos statues et vos dorures partout !!!

Nous ne trouvons pas pour le moment d’habitat typique.

Bien sûr, il y a eu des guerres fratricides, des tremblements de terre…Mais quand même ? Est-ce la seule explication ? Est ce pour éviter de payer des impôts sur les constructions finies ?

Les gens sont étonnés de voir des Français. L’échange se fait souvent en italien. Les Albanais sont accueillants.

Nous sommes choqués du peu de considération pour le respect de la nature. Pas de tri sélectif et les ordures sont jetées n’importe où. Les décharges sauvages abondent. Pourquoi ? Alors qu’il y a de grands bacs poubelles ? Alors que des « brigades de propreté » ramassent les ordures, que des gens collectent les bouteilles en plastique dans de grands sacs…

Dans le lagon de Karavasta, les gens bronzent sur une belle plage de sable …Jonchée de détritus…Quasi couchés dans les détritus ! Les réserves naturelles ne sont pas respectées. Nous avons vu des pays « sales » (Mali, Mauritanie, Russie) mais pas au point d’ici.

Paradoxalement, les Albanais sont tirés à 4 épingles ! Les carrosseries des voitures étincellent !

À part le gas-oil, les prix sont plus bas qu’en France. Pour le moment, le réseau routier est plutôt bon. Les chauffards, par contre, sont légion. Il faut rester très calme au volant et avoir les yeux partout. Le code de la route versus Albanie c’est « je fais ce que je veux et toi tu te débrouilles avec mes décisions ».

Que nous réserve la suite du périple ???

25 et 26 juillet 2019. Durrës. Djivaka. Karavasta.

25 juillet 2019. Durrës. Karavasta.

30° à 9H.

Festival de musiques hier soir à Krujë ! Et du coup…Circulation intense sur la route en bas du camping une bonne partie de la nuit. Le propriétaire se confond en excuses même si je lui explique qu’il n’y est pour rien.

Il fait 30 ° ce matin à 8h30 à 600 mètres d’altitude !

Nous visitons un peu Durrës. Il faut chercher les sites…Et comme nous n’avons payé le parking que pour une heure, que la chaleur nous accable, nous renonçons à trouver les forum et bains romains.

Nous rejoignons la lagune de Karavasta pour, selon le Petit Futé, nous régaler, dans ce parc naturel préservé, de toutes sortes d’espèces d’oiseaux dont les pélicans frisés.

Nous trouvons, par pur hasard, un camping sans prétention où le gérant nous choisit la meilleure place, à l’ombre, au calme. Les cigales nous assourdissent. (camping Piccolo Paradiso : N 40°58’27.9’’ E 19°28’46.0’’)

En fin d’après-midi nous partons sur le bord du lagon voir les oiseaux. Bilan : des crabes, une mouette et une aigrette, des tonnes de détritus en tout genre, des paillotes, du béton ! Où est la réserve vantée par le Petit Futé ??? Il n’y a pas mis les roues depuis quelle année ???

Demain matin nous irons à la maison du parc pour en savoir plus…Parce que la balade en barque pour voir les oiseaux…C’était une idée sympa.

Pas de wifi au camping. En cherchant bien…Celui du « resort » voisin est libre : je me connecte dessus sans hésitation !

26 juillet. Djivaka. Karavasta

Hier impossible de trouver des informations sur les postes d’observation des oiseaux.

Aujourd’hui, c’est à pied que nous avons rejoint la maison du parc afin d’en savoir plus. Si vous venez dans le lagon de Karavasta, c’est ici qu’il faut se renseigner et nulle part ailleurs, y compris sur la balade en barque ! L’accueil est de 1er ordre : assuré par 3 pélicans frisés ! Nous qui les avons tant cherchés hier !

Les guides nous emmènent à travers la pinède admirer le lagon puis nous montons à la tour d’observation pour un tour d’horizon.

Nous parcourons ensuite le « resort » proche du camping, faisons quelques courses et admirons l’ingénieux ralentisseur albanais : un cordage en travers de la route ! Nous avons connu plus cassant sur les SH (routes nationales) albanaises ! De retour au camping « picolo paradiso » (un peu pompeux comme nom mais bon…), le gardien nous offre une bière et nous tentons d’échanger. Nous comprenons qu’après une carrière de chauffeur de car à l’international, il a trouvé ce boulot pour vivre. Ses 3 enfants sont en Allemagne. Il semble qu’il y ait une problème de visa, sans que nous comprenions bien lequel, pour qu’il puisse voir ses enfants. Quel agréable moment ! Par contre, quand nous lui annonçons notre intention d’admirer le coucher de soleil sur le lac ce soir…Il a une drôle de mimique…Pas sûre que ce soit une bonne idée…Nous renoncerons donc.

Conseil du jour :  « si l’Albanais te déconseille une action, obéis. Si tu ne sais pas pourquoi, lui le sait même s’il ne ta le dit pas ! »

Cet après-midi, c’est repos, lessive, tri des photos et tentative de rédaction d’un article pour le blog. Il faut dire que je me « ponte » sur le wifi du ressort voisin…D’où les coupures réseau !

Album photos. Cliquez : Durrës. Djivaka. Karavasta

27 juillet 2019. Monastère Ardenice. Berat.

27 juillet 2019 . Monastère Ardenice.

25,6° à 8H

Nous cherchons notre route en arrivant à Ardenice. Nous nous garons devant un hôtel restaurant et je descends du véhicule. Une femme, me voyant arriver, se « sauve » vers les tréfonds du restaurant. Je la suis tout sourire, mais la peur (oui.. LA peur et pas la crainte) est inscrite dans son regard. J’insiste d’une voix douce et avec le sourire. Elle se détend tout en restant méfiante…Manastary ? Ouf mot magique ! Manastéry !!! Elle sourit cette fois et se répand en explications !

Visite très agréable du monastère d’Ardenice ! Bien sûr, des mendiants occupent la montée à la porte du lieu saint. Les billets ? Ah non…Pas de billet ! Il faut acheter une publication par personne pour 0,91€ pièce.  Je couvre mes cheveux avec ma fouta au grand étonnement d’un autre couple de Français.  Pour le moment, aucune tenue ne nous est imposée dans les édifices religieux ; on prend les devants par respect.

Le monastère, construit en 1280, serait le plus beau monument orthodoxe d’Albanie et aurait abrité les noces de Skanderberg, héros national,en 1451 . Il abriterait le plus vieux texte en langue albanaise. Nous avons vu les photos… Les fresques murales sont magnifiques. Le « guide » nous autorise une photo par personne, soit 2 par couple, sans flash. Pendant ce temps, il sort de l’église…Comme çà il n’a rien vu et sa conscience est tranquille.

Il nous explique aussi que les plus belles icônes ont été « enlevées, cassées par les communistes » ! Nous n’en saurons pas plus.

Nous voici à Berat,  la ville aux 1000 fenêtres. L’influence ottomane est très marquée. C’est à pied, par une montée à plus de 10%, et une température indécente, que nous avons rejoins la citadelle. Elle est habitée.  Les maisons et ruelles sont typiques. Nous nous sommes régalés d’un plat traditionnel au restaurant Onufri après la visite du musée du même nom. Onufri est un célèbre peintre albanais, le 1er grand peintre albanais, à qui la peinture doit un « rouge » très particulier : un rouge brillant teinté de pigments roses. C’est le seul a avoir osé le rose dans les peintures très codifiées des icônes. On sait très peu de chose sur lui si ce n’est qu’il est à l’origine d’un style et d’une école renommés.

Autre personnage célèbre : Ali Pacha, un Ottoman, qui s’est emparé de la ville au dix neuvième siècle. Il utilisait le poison, la terreur et la diplomatie pour régner.

La campagne ici est très belle, plus entretenue que les villes. Les oliveraies très nombreuses avoisinent les grandes serres de production et les champs de maïs.  Après un achat épique de pêches en bordure de route, nous avons reçu en cadeau des poires. La vendeuse m’a mis 4 kg de pêches là où je n’en souhaitais qu’un. Impossible de l’arrêter ! Au pire, on fera de la compote ! En revanche, c’est la 3ème fois que les Albanais nous offrent de la nourriture ou une boisson en signe de bienvenue. Nous bivouaquons ce soir sur le parking du site archéologique Apollonia. Il fait 38° à 17h.

Album photos. Cliquez : Monastère Ardenice. Berat.

28 juillet 2019. Apollonia. Byllis.

28 juillet 2019.  Apollonia.

37,5° à 9H

Nous étions pourtant bien hier soir sur le parking d’Apollonia.  À 21h, un gardien en gilet jaune nous impose de nous garer dans le site même sur un autre parking.  On a du plier l’apéro et la salade vite fait ! Un 4X4 allemand, qui partageait le bivouac avec nous, avait compris qu’il devait se garer à côté de nous. Jean-Paul le détrompe: « Nein. Ferbotten ! Auf !!! » Le 4X4 s’engage en premier et prend une place sur la minuscule plate-forme qui nous est dédiée. LAS ! Impossible de rejoindre la place imposée : l’Exsis patine sur le gravier en pleine montée et virage à angle droit. Le «gilet jaune » ne veut rien savoir… On doit se poser ICI ! Je lui réponds fermement en italien que nous sommes trop lourd et que nous irons sous l’olivier en contre-bas. Il s’entête et nous aussi. Jean-Paul fait « fumer » le gravier…Et finalement…

On se pose sous l’olivier séculaire !!! Apéro !!!

Oui…Mais…Ce matin… Le « gilet jaune » veut qu’on se déplace avant la visite du site. On a fait la sourde oreille.  Curieusement, je ne comprends plus aucun mot italien…Nous comprendrons que la place que nous occupons est celle réservée au chef religieux d’Apollonia : bien plate et surtout à l’ombre sous la frondaison de l’olivier millénaire !

Apollonia est un parc archéologique très complet qui comprend un musée. Ancienne cité grecque fondée en 600 avant J.-C., Apollonia était dédiée au dieu Apollon. Elle disposait d’un port fluvial et les gisements de naphte proches assuraient sa prospérité. Les tremblements de terre du Vème siècle causeront sa perte. Le site sera découvert et fouillé par un Français, Léon Rey, aux environs de 1930. Tout au long des sentiers, nous serons accompagnés de tortues « caouanes ».

Nous avons ensuite rejoint Byllis par une route pourrie! Byllis est plus sauvage qu’Apollonia. La cité fut fondée au IV ème siècle avant J.-C. par le sanguinaire Néoptolène, fils d’Achille, à son retour de la guerre de Troie. Nous avons eu le sentiment que le lieu est laissé en déshérence. Les scorpions et serpents attendent les pieds des imprudents : chaussures fermées obligatoires !

Là aussi, le « gardien » nous offre une bière, des plantes aromatiques séchées qu’hélas je dois refuser…Vous imaginez les dégâts dans le camping-car causés par les plantes sur les routes défoncées ? Moi….Pas besoin de me faire un dessin…. Non merci !

Des puits de pétrole sont en activité dans les champs et l’air répand une odeur pestilentielle de gaz…

Nous poursuivons en direction de Fier quand soudain la SH devient …Défoncée. Tout doucement, nous poursuivons encore quelques kilomètres …La SH est de pire en pire ! Elle disparaît et de grands effondrements sont visibles plus loin. Nous sommes seuls et notre véhicule, même s’il présente une bonne garde au sol, n’est pas 4X4. En cas de plantage….çà risque de durer !!! Par prudence, nous rebroussons chemin et retournons sur Fier pour prendre la direction de Vlora par l’autoroute toute nouvelle. La campagne est toujours aussi belle avec de magnifiques oliviers.

Albums photos. Cliquez : Apollonia. Byllis.

28 et 29 juillet 2019. Orikum. Col Llogara. Ksamil.

28 juillet 2019. Route cotière Orikum.

Vlora la balnéaire…  Nous voulions voir la rue du célèbre lyonnais Justin Godart en bons Lyonnais que nous sommes mais nous avons renoncé à cause de travaux importants en centre ville rendant le stationnement impossible et du vent de sable.

C’est donc par la route côtière qui nous fait penser à notre Riviera entre les embouteillages, les transats, les parasols et les hôtels de luxe, nous atteignons Orikum et le camper park « fish house ». Quel Accueil !!!  Un endroit chaleureux!

Le patron, prénommé Colombo, nous fait goûter son raki maison. Nous discutons en italien et inévitablement vient LA question : «  Mais pourquoi les Français ne viennent pas ? Pourquoi les Français ne nous aiment pas ? Nous ne sommes pas tous des mafieux ! » Délicate réponse… Nous expliquons de l’Albanie est loin et qu’il faut beaucoup de temps pour venir, que le rejet vient de la méconnaissance des Albanais qui pourtant sont accueillants et que, hélas, il existe des mafias dans tous les pays.

Examen réussi ! Et une tournée de raki en plus ! Une !!! Il faut fêter l’ouverture !!! …Et la bonne réponse ?!?!?

Nous profitons de la mer et nous commandons le poisson de sa pêche du jour pour notre menu du soir. De gros nuages menaçants cachent le col de Llogora,  notre destination de demain… Ce soir, un déluge de pluie s’abat sur nous.

Album photos. Cliquez : Vlora. Orikum

29 juillet 2019. Col de Llogara. Ksamil

30° à 8 H

Super repas de poissons hier soir.

Déjà 30° à 8h ce matin! Nous achetons de l’huile d’olive albanaise sur conseil de Colombo. Je choisis 2 bouteilles en verre les pensant plus résistantes que le plastique. Arrivée au camping-car, un léger choc entre les 2 et… Patatrac ! L’une d’elle se brise ! Heureusement dans le sac à courses. Mais quand même…L’huile a giclé ! Et badigeonné la porte de la cellule !!!

Un bon nettoyage plus tard, nous voici partis pour le col de Lloagara qui se cache dans le brouillard. Le thermomètre affiche une agréable température de 21° à 10h. La maison du parc nous déconseille toute randonnée aujourd’hui et demain à cause de la météo.  Dommage…

Nous empruntons donc une route de corniche jusqu’à Ksamil. Malheureusement, il nous sera impossible de visiter le vieux village de Geparo à cause de la chaleur et de difficulté à garer notre Exsis. Par contre, nous avons vu l’ancienne base de sous- marins. D’après certains récits, elle aurait aussi servi de prisons pour les enfants utilisés dans le cadre d’un trafic d’organe. Sale réputation !

La route était entourée de montagnes arides d’un côté et d’oliviers de l’autre. La Riviera albanaise est belle pourtant nous remarquons la pauvreté des bergers dans les collines.

L’accueil au camping de Ksamil est super ! Café late glacé et mousseux à souhait, bonbons épicés, bouteille d’eau glacée.

Ce n’est qu’une fois la température tombée que nous avons visité la cité balnéaire… Dont nous vous livrons quelques clichés pris en centre-ville. Ici, le gouvernement s’est fâché contre les constructions illégales et en a cassé plus de 200…Dont il reste les squelettes.. En plus des immeubles inachevés…Qui vraissemblablement resteront en l’état !

Demain Butrint en bus…. Dès l’aube!

Album photos. Cliquez : Llogara. Ksamil.