Bulgarie 2024. Infos pratiques et bilan

Prendre la vignette routière bulgare aux bornes à la frontière ou sur https://www.bg-vignette.com/fr/ Elle est obligatoire dès la frontière et sur toutes les routes. Contrôle électronique ou par voiture-radar.
Coût : 19,11€ pour notre véhicule.

Préparation :
Le Routard Bulgarie
Petit Futé Bulgarie

https://la-bulgarie.fr/

https://forum.campingcar-infos.com/

https://park4night.com/fr

https://forumvoyage.forumactif.com/

https://www.campercontact.com/fr

Cartes routières :
Reise Know-How Bulgarie
Michelin 739 national Bulgarie

Infos camping-car :
Peu d’aires de service telles que nous les connaissons en France. Pas d’aire du tout dans certaines région. Prévoir un seau pour vidanger les eaux grises. Pour les eaux noires, trouver des WC publics raccordés aux canalisations. Pour le plein d’eau potable, se fier aux sources auxquelles s’approvisionnent les Bulgares et prévoir un arrosoir ou un bidon avec un entonnoir.

L’accueil est en général très sympathique même si les Bulgares ne sont pas souriants au premier abord.

Routes : généralement en mauvais, voire très mauvais, état. Nombreux trous y compris sur les axes principaux.

Kms parcourus en Bulgarie : 2 522 kms

CB : pas acceptée partout. Se renseigner avant de faire la dépense.
Euros : souvent demandés pour payer l’hébergement

Gas oil entre 1,26€ et 1,34€. demandez toujours si vous pouvez payer avec la carte bleue. Parfois le terminal ne fonctionne pas ou la station n’est pas équipée.
Cout de la nourriture : bien moins chère qu’en France
Camping : plutôt chers par rapport aux prestations.
Bivouacs sauvages : interdits en principe même si nous en avons fait.

Insécurité : aucune. Prendre les précautions habituelles : Ne rien laissez en vue dans le véhicule, garder ses papiers d’identité et sa CB sur soi dans des poches fermées…

La Bulgarie est très vallonnée et recouverte d’immenses forêts auxquelles succèdent de grandes plaines céréalières dans la partie Est. Elle possède plus de 500 sources thermales et de nombreuses fontaines d’eau potable où l’eau est de qualité. Méfiance toutefois dans le Pirin où elle est réputée polluée aux métaux lourds.
La faune et la flore sont très riches et les paysages de toute beauté.
La Bulgarie reste, pour quelques temps encore, une destination sauvage et préservée à part la Rivièra de la Mer Noire, un peu trop bétonnée. La Bulgarie offre une grande richesse patrimoniale et architecturale. Prévoir cependant des chaussures avec une bonne semelle et qui tiennent bien le pied car les galets sont terribles dans les rues des villes ainsi que les pavés de la plupart des sites.

Écrasante chaleur !

Depuis notre arrivée en Roumanie nous sommes terrassés par la chaleur ! Plus de 47 degrés hier à Sibiu ! Mon rein fragile est douloureux malgré plus de 3 litres d’eau bus par jour. Nous avons décidé de rentrer en cherchant un peu de fraîcheur. Un camping, une cinquantaine de kilomètres avant Arad, nous accueille et nous offre ombre et vent… même s’il est chaud. Nous décidons donc d’un repos avant de repartir.

12 et 13 juillet 2024. Fagaras. Sibiu. Roumanie

Enfin une belle nuit fraiche et reposante ! Les deux équipages, requinqués, prennent la route chacun de leur côté. Nous nous retrouverons mi-octobre au festival des aventuriers de Tonnay-Charente !
A cause des trop fortes chaleurs qui vont encore sévir plusieurs semaines selon la météo, et des malaises qu’elles me causent, nous décidons de rentrer tranquillement à Lyon. Avec beaucoup e tristesse, nous prévenons Irina, connue en 2016 et avec qui nous entretenons des contacts réguliers, que nous ne viendrons pas dans le delta du Danube à Murighiol dans leur joli camping « Dan the fisherman ». Elle comprend aisément et nous indique que la Roumanie n’a jamais connu une telle vague de chaleur, ni aussi longue !

Lors de notre voyage en Roumanie, en 2016, nous n’avions pas visité le château de Fagaras faute de temps. Aussi, devient-il notre destination du jour. Le magnifique château, récemment restauré, se mire dans l’eau des douves.

Propriété des Princes de Valachie au XIIIème et XIVème siècle, la forteresse a été aménagée par la vovoïde de Transylvanie au XVIème siècle, puis sous le règne du Prince Gabor Bethlen dans le style renaissance transylvanien.

Prends garde ! La tour nous surveille de ses multiples yeux !

Les salles de réunion, dont la salle du trône, où étaient prises les décisions importantes sont imposantes !

Hélas, le château a abrité des salles de tortures et la terrible « dame de fer », engin de torture dont personne ne réchappe vivant, trône encore dans les murs.

Ensuite,les Autrichiens ont utilisé le château comme prison militaire et reconverti en prison politique sous le régime communiste. Nous descendons dans les cachots …

Même s’il fait frais et que j’apprécie…Décidément non ! Je ne suis pas prête à rester trop longtemps dans ces murs qui exsudent les mauvaises ondes !

A l’étage, bien sûr, revoilà Dracula !!!

Le musée du pays de Fagaras, dans l’enceinte même du château, mérité une visite tant il recèle des trésors de broderies, verreries, poteries…

En longeant les douves, une église, dont les dômes resplendissent au soleil, s’offre à nos yeux !

Il s’agit de la cathédrale St John of the Baptist, elle aussi rénovée et entourée d’un immense parvis, après modification de la voirie. Malheureusement, nous n’avons trouvé aucune documentation sur sa construction et son histoire.

Nous avions beaucoup aimé Sibiu en 2016 et avons décidé d’y établir notre halte nocturne à l’aire de camping-car nomad caravan . Pour y accéder, il nous faudra opérer une manœuvre délicate en pleine circulation du vendredi après-midi, période au cours de laquelle de nombreux Roumains quittent la ville pour le bord de mer. OUF ! Nous y voilà sans encombre et accueilli, non pas par la patronne qui n’a qu’une hâte, filer à bord de son camping-car, mais par une résidente qui prend le temps de tout nous expliquer du fonctionnement de l’aire au bus ou taxis pour rejoindre le centre-ville en passant par la vaisselle et internet !

Sibiu est réputée être la plus belle ville de Roumanie. Elle se laisse découvrir en longues flâneries. A nouveau, en descendant du bus, nous sommes interpellés par une dame…En français..Très contente de trouver des Français et de pratiquer une langue qu’elle aime beaucoup.

Elle nous envoie dans des ruelles et quartiers que nous n’avions pas visité en 2016, un peu comme en balade privée. Ses conseils s’avèreront judicieux !

Nous nous amusons des « yeux sur le toit », ces lucarnes percées dans les toits de tuiles rouges, et destinés à protéger la nourriture, stockée dans les greniers, de la lumière directe du soleil et de garder une ventilation adaptée à la conservation des denrées. En 2017, avec le slogan « Vă vedem », qui signifie « On vous voit », les manifestants contre la dictature de Ceausescu dessinent sur leurs banderoles les yeux de Sibiu ! Et c’est ainsi qu’ils sont devenus, partout dans le monde, la symbole de la contestation.

Ce n’est pas Dracula, malgré son air courroucé, qui nous dira le contraire !

Lorsque nous rentrons au camping-car, à 14H, il fera 47,4° à l’extérieur, à l’ombre des arbres et 40,8° à l’intérieur de l’Exsis. Impossible de faire quoi que ce soit cet après-midi !

11 juillet 2024. Brasov. Prejmer. Roumanie.

Quelle belle soirée avec nos amis ! Pour être plus à l’air et à l’aise, nous avons utilisé une des tables du bar, non sans offrir un kir au propriétaire, toujours prêts à discuter avec les clients !
D’anecdotes en échanges autour de nos voyages, d’astuces en camping-car en rigolades, la soirée a passé bien vite !

La nuit a été chaude et étouffante…Et éprouvante et quasi-blanche pour moi ! Vivement la fraicheur que nous espérons trouver plus au nord ! Nous nous quittons en se donnant un point de retrouvailles… éventuellement… pour le soir à Prejmer sur une aire de stationnement que nous connaissons.

De notre côté, nous voulons visiter Brasov, ville où il est bien difficile de stationner ! Les nombreux parkings et places de stationnement le long des rues sont bondés. Nous virons et tournons un bon moment avant de se décider pour un stationnement en épi dans une rue étroite….Voyons voir ! Sommes bien dans la case ? Est-ce qu’on ne dépasse pas sur la chaussée ? Devant nos interrogations, un homme nous dit que tout est parfait ! OUF !

Une dame échange dans un français parfait avec Jean-Paul pendant que je m’acquitte des droits de stationnement. Elle est heureuse de pratiquer cette langue qu’elle aime. Nous aurons une longue discussion sur les perspective de travail en Roumanie. Comme en France, les plus de 50 ans ont bien du mal à trouver un emploi. Les salaires sont plus bas aussi.

Brasov a été fondée en 1211 par les chevaliers teutoniques sur un ancien site dace. En 1987, c’est aussi ici qu’a eu lieu la première manifestation contre la dictature de Ceausescu !

L’hôtel de ville est bien imposant. Sa façade en arc de cercle ne réussit pas à adoucir cette impression de puissance.

Dans la rue piétonne, les façades baroques ou gothiques incitent à marcher les yeux au ciel !

Le mont Tâmpa domine la Place Stafuliu et toute la vieille ville. A son sommet, le terrifiant Vlad Tepes fit empalé plus d’une quarantaine de nobles !

La Piata Stafului était autrefois le centre médiéval de Brasov. La maison de conseil, construite en 1420, se dresse fièrement au centre.

Elle est surmontée par la tour du héraut où se réunissaient les conseillers municipaux.

Le puit, dans les margelles supportent une structure de fer forgé, délivre une eau très fraîche et délicieuse.

Le joueur de flûte de Hamelin est apparu à Brasov qui le rappelle à notre bon souvenir grâce à sa statue négligemment posée à l’angle d’un balcon.

Ici, tout est prétexte à décoration et à fleurissement. La preuve avec ces deux vélos bien garés dans un espace dédié !

Pour l’étape nocturne, nous rejoignons Prejmer et ses stationnements dédiés, bien identifiés au sol par le mot « RULOT ». lors de notre voyage en 2016, nous avions apprécié le calme de cette étape et le charme de son église-forteresse saxonne.

Surprise ! Nos amis Stéphane et Annie sont là ! Quel plaisir de se retrouver encore une fois ! Le temps d’apprécier deux anciennes maisons, de réparer le klaxon du camping-car de nos amis, il est l’heure de faire comme les cigognes du nid tout proche : papoter autour d’un verre et d’un repas !

9 et 10 juillet 2024. Giurgui. Barcaresti. Roumanie

Nous rentrons à Lyon par la Roumanie parce que nous avons envie de revoir Irina et son mari Dan, connus en 2016 et propriétaires du camping « Dan the fisherman » à Murighiol dans le delta du Danube. Nous sommes restés amis via les réseaux sociaux. https://camping-dan-pescarul.ro/

En parlant d’amis, il paraît plus facile de rejoindre d’abord Annie et Stéphane, plus proches en kms, que d’aller vers Irina et Dan et monter ensuite plein nord à la rencontre d’Annie et Stéphane. Rendez-vous est donc donner pour demain, vers Berça, dans le parc des volcans de boue.
Cléo est venue nous saluer ce matin et nous avons échangé avec ses parents sous un soleil déjà chaud.
Après les dernières courses à Ruse pour terminer nos levas, nous voici sur le pont sur le Danube qui marque la frontière Bulgarie/Roumanie.

Emprunter ce pont nous coute 2€. Et bien sûr, nous ne comprenons pas ce que dit la préposée dans le guichet ! Nous avons pris la Rovignette en ligne, après bien de bug du site…
Trop tard pour tergiverser ! En plein milieu du Danube, nous nous retrouvons en Roumanie !

Au débouché du pont, à Giurgui, un petit box, le dernier contrôle bulgare…où le douanier est épaule contre épaule avec sa collègue roumaine !
Jean-Paul marque bien le stop côté roumain, enclenche la première et c’est parti !!!
STOP !!!
Il pile !
Il a juste oublié l’arrêt roumain à 1 mètre du bulgare ! Il emporte vite nos papiers d’identité à la douanière roumaine qui dans un grand sourire lui dit de filer !
Nous sommes bien en Roumanie et retrouvons ces boutiques de pompes funèbres qui n’ont cesser de nous étonner tant elles diffèrent des nôtres.

Nous filons bon train sur Bucarest. Tellement bon train que nous loupons la bretelle pour le périphérique qui évite Bucarest ! Et le GPS reste muet !
Nous ferons plus de une heure de bouchon pour traverser la capitale et la trouverons bien changée. Par exemple, d’immenses building de verre entourent le Parlement et donne la sensation que celui-ci est écrasé alors qu’il y a 8 ans, il culminait !
C’est bien fatigués que nous arrivons à l’aire de service de Barcaresti, ou plutôt dans la cour d’un particulier qui reçoit les camping-cars. Pour nous mettre bien à l’ombre alors que la température excède les 40°, il coupe la branche d’un arbre en grimpant sur une échelle branlante, équipé d’une sorte de défonceuse électro-portative. Nous frémissons et pensons à l’accident..;Ouf ! Tout se termine bien ! Il sera très prévenant tout en restant discret ! Quel accueil !
Et qui dit nouveau pays dit nouvelle monnaie !


10 Juillet 2024. Berca.

Grâce à une route de campagne très rurale, nous rejoignons nos amis à Berca au camping Muddy, idéalement placé pour accéder aux volcans

Il fait si chaud que nous tentons de trouver un place à l’ombre, chose que s’avèrera quasi impossible !
Après une rude montée, nous accédons à un site quasi lunaire et aux couleurs si contrastées : voici les volcans de boue !

Nous y retrouvons nos amis et partons à l’exploration du parc.

Rien ne pousse sur cette terre trop salée, argileuse, juste animée par les bulles des volcans formées par un gaz qui remontent des entrailles de la terre. La boue est froide et certains s’en enduisent pour ses propriétés curatives.

7 et 8 Juillet 2024. Basarbovo. Roussenski Lom

Direction les environs de Ruse sous un soleil déjà chaud !

Le monastère troglodytique de Basarbovo nous attend au bout d’une étroite route où il nous sera délicat de faire demi-tour tant les voitures mal garées sont nombreuses ! Heureusement Jean-Paul est habile et notre Exsis très court !
Basarbovo est le seul monastère rupestre de Bulgarie encore en activité. Lors de notre passage, un baptême est célébré ! Le monastère serait antérieur au XVème siècle, probablement du XIIème.

Il est dédié à St Démétrios Basarbovski qui y aurait vécu.

Les fresques murales extérieures sont de toute beauté !

Des marches très étroites et très hautes nous conduisent à l’église, malmenant encore un peu mon genou !

Toute proche une petite chapelle creusée dans la falaise appelle au recueillement. Nous apprécions la fraicheur qui règne à l’intérieur !

Le moine Hrisant a, lui aussi, occupé les lieux. Pénétrons « chez lui » !

Derrière la façade, se cache une grotte qu’il aurait lui même creusé en 100 jours d’un dur labeur. Son portait sculpté orne le lieu.

Nous rejoignons la rivière Lom et le canyon qu’elle a creusé dans le calcaire au cours des millénaires. En prenant de la hauteur pour rejoindre le camping Koukery à Koshov, nous admirons les falaises et grottes naturelles dont certaines sont encore occupées.

Au coucher du soleil, les falaises se parent de magnifiques couleurs alors que les renards glapissent alentours .


8 juillet 2024. Roussenski Lom

Le site est tellement beau et calme que nous décidons de faire relâche. Nous avons d’ailleurs à convenir d’un rendez-vous en Roumanie avec nos amis Annie et Stéphane Marais de l’association « 3 enfants autour du monde » https://www.periple.org/. Ils organisent chaque année, au mois d’octobre, le festival des aventuriers de Tonnay-Charente, un moment très sympa où prendre des idées de voyages et échanger en toute simplicité avec des aventuriers. Vous y serez les bienvenus !

Nous nous renseignons sur une possible randonnée dans les falaise au départ du camping. La propriétaire nous en dissuade : nous n’avons pas la tenue adéquate !

Tant pis ! Les occupations ne manquent pas !
Alors que nous étions seuls dans le camping, un autre camping-car arrive et se gare à côté du notre.
Une jeune demoiselle en descend et, du haut de ses 4 ans, se présente à nous, nous salue et s’enquière de l’aménagement de notre véhicule ! Nous lui offrons une vite guidée ! Cléo s’intéresse à tout, retourne vers ses parents et revient avec de nouvelles questions et remarques comparatives. Un grand moment de joie !
Le soir, autour d’un apéritif, nous faisons plus ample connaissance avec ses parents qui voyagent sept mois en Europe et habitent à…Une heure de Lyon !

6 juillet 2024. Aladja. Pobiti Kamani. Pliska

Aladja est un monastère troglodyte bien caché dans une falaise calcaire. A l’origine (Vème siècle) temple paléochrétien, il a été converti en monastère du XIIème au XIVème.

Les cellules des moines, chapelles, l’église et la crypte ont été creusées dans la roche.

Ce site reste un lieu important de dévotion. Des messages et des offrandes sont déposés dans les anfractuosités de la roche au grand dam des conservateurs de l’édifice.

Pobiti Kamani offre un paysage insolite et fantomatique.

Cette forêt pétrifiée est unique en Europe et son origine bien incertaine. Etait-ce des récifs coralliens restés une fois que la mer s’est retirée ? Des colonnes de pierre formées autour d’algues gigantesques ? Personne ne sait. Certains  « arbres » atteignent 5 mètres de haut !

La légende veut que celui qui passe sans encombre, ni accrochage, par l’endroit le plus étroit, entre les cornes du diable est une personne au cœur pur. Nous avons tenté l’expérience et…A votre avis ?

En voici un qui a eu moins de chance que nous ! Pétrifié pour le reste de son existence !

Dernière visite du jour : Pliska, la toute première capitale du premier empire bulgare. Les ruines de l’ancienne cité sont impressionnantes !

L’enceinte extérieure délimite un espace de 23 kms. Pourtant les portes sont étroites !

La forteresse intérieure entourait la ville d’une muraille en pierres massives.

Le grand palais, construit par le Khan Omourtag en 814, est remarquablement conservé.

Evidemment, le passage secret, facilitant la fuite des Puissants, n’a pas été oublié !

Plus loin, hors dans la ville extérieure, la grande basilique a été la plus grande basilique des Balkans (100MX30M) et l’un des plus grand chefs d’oeuvre de l’architecture bulgare de la seconde moitié du IXème siècle.

Cette journée a encore été marquée par la découverte de sites au combien étonnants et riches d’enseignements.
Que nous réservent nos dernières journées bulgares ?

5 juillet 2024. Varna

Une longue route, parfois bien cabossée et trouée, nous conduit à Varna, cité balnéaire de la Riviera bulgare, à travers d’immenses vergers et plaines céréalières.

A cause de la chaleur, nous avons décidé de faire l’impasse sur Sozopol et Nessebar pour remonter plus vite vers le nord, dans l’espoir de trouver un peu de fraicheur.

Varna est l’une des plus ancienne ville d’Europe. Elle a été fondée au IIIème millénaire avant JC par les Thraces. Au VIème siècle avant JC, les Grecs s’emparent de la ville, la modernise et l’appelle Odessos.

Sur les conseils du guide de Chouchmanets, nous nous consacrons à la visite du musée archéologique qui renferme les vestiges de la toute première civilisation européenne connue à ce jour dont les traces ont été trouvées dans la nécropole de Varna.

Nous consacrerons toute l’après-midi à cette visite. Sous nos yeux émerveillés les bijoux en or, pierre ou verroterie,…

…succèdent aux poteries…

…ou aux ornements de maisons.

Sous nos yeux, l’ancêtre de la fourchette atteste du raffinement des habitants d’Odessos,…

…tout comme ces paires de ciseaux…

..ou la poêle à frire !

La visite se termine par une riche collection d’icônes de l’école bulgare, où bien sur, St Georges apparait en bonne place.

Pour rejoindre le camping safari, le GPS nous fait couper à travers une zone résidentielle. Sauf que… Les rues deviennent de plus en plus étroites…jusqu’à n’être plus que des pistes défoncées !!! Allons nous rester coincés ? Il est impossible de croiser ! Nous pestons ! Nous regardons qui les trous qui les branches des arbres traitresses, prêtes à rayer la carrosserie. Enfin, nous voici sur une route carrossable ! Las ! Un bon kilomètre avant le camping, une nouvelle piste bien défoncée nous attend !
Au camping…Un campeur assure l’accueil ! Nous voici installés, les yeux plein des merveilles vues au musée de Varna, sur un emplacement bien venté, proche d’une collection de vieux Land Rover.

3 juillet 2024. Chipka. Chouchmanets. Sliven

Quel bel orage ! Il a duré toute la nuit et ne s’est apaisé que sur le matin ! La température a baissé d’un coup pour culminer à…14°.
A 7 heures, je me suis réveillée d’un coup…Sans aucune raison…Avec une inquiétude latente…Une voiture vient de se garer. Je jette un œil par notre petit lanterneau…5 hommes cagoulés sortent d’un fourgon noir. Jusque là…Rien d’inquiétant ! Ils se postent en ligne, à 3 mètres l’un de l’autre, et observent…dans la vallée ! Ouh là ! Pas le moment de bouger une oreille ! Silence ! Quand, au bout de 3 à 4 minutes, ils retournent à leur véhicule, je remarque qu’ils sont cagoulés !!!! Des hommes cagoulés qui font le guet à 7 heures …C’est …Louche ! Bizarre ! Inquiétant ! Pas le moment de se faire remarquer !!!

OUF ! Ils repartent vers la forêt par une minuscule route forestière à peine goudronnée.

Jean-Paul vient de se réveiller ; je lui raconte. Il ne fait aucun commentaire.

Lors de notre petit-déjeuner, nous entendons des claquements secs provenant de la forêt. Jean-Paul reconnaît des tirs d’arme à feu !
Ce matin là, chacun s’est acquitté de sa tâche sans parole ou geste inutile ! Tout a été rangé sans perte de temps !
Nous avons repris la route laissant derrière nous une histoire qui ne nous appartient pas.

A Chipka, nous repérons la cathédrale grâce à ses magnifiques bulbes russes qui dépassent des frondaisons.

Elle a été construite en 1902 en hommage aux soldats russes et volontaires bulgares tombés lors de la guerre de libération du pays du joug ottoman.
Dans la crypte, 17 sarcophage en marbre contiennent les ossements des soldats. La plus grosse des 17 cloches pèse 12 tonnes et a été coulée à partir des douilles des cartouches tirées lors de la guerre !
L’heure était au recueillement dans la cathédrale et les popes priaient. Nous en sommes autorisés aucune photo des fresques pourtant très belles.

Au tombeau thrace de Chouchmanets, un Bulgare parlant très bien le français nous accueille. Nous évoquons la tempête de la veille et les dégâts occasionnés dans la vallée. Ici aussi, le dérèglement climatique frappe ! La semaine précédente, la grêle a tout détruit sur son passage !
Puis, il nous indique des sites incontournables à visiter, et enfin, nous parle du tombeau de Chouchmanets.
Unique en son genre, datant du IVème siècle avant J.C., il se distingue par son antichambre soutenue par une colonne unique.

Il en est de même pour la voute de la chambre funéraire à laquelle s’jouent 7 semi-colonnes dans les murs.
Le tombeau est tout petit. Il était bien caché sous son tumulus. C’est par le plus grand des hasard que la porte a été découverte et les investigations poussées. Elle est sculptée de soleils, astre vénéré par les Thraces, et peinte de rouge, symbolisant le sang de la vie et le vin des vignes !

A Sliven, malgré notre détermination, nous ne réussirons hélas pas à trouver l’arbre millénaire !

Direction le camping Oasis ! Après un demi-tour dans une friche industrielle qui ferait le bonheur des amateurs d’urbex, Nous voici chaleureusement accueillis et installés au pied des monts des rochers bleus.

Vous les trouvez vraiment bleus ??? Il semblerait qu’ils le soient tôt le matin ou tard le soir et sous une certaine lumière….Eh bien ! Ce sera pour un autre jour !

2 Juillet 2024. Véliko Tarnovo. Arbanassi. Etara. Col de Chipka.

Ne soyez donc pas si impatients ! Vous allez savoir si nous sommes immobilisés et combien de jours …

Hier, Jean-Paul a contacté l’assistance qui nous envoie sur un garage en périphérie de Véliko. Quand nous arrivons sur site, il s’agit d’une concession de vente de voitures et non d’un réparateur. Pendant que Jean-Paul recontacte l’assurance, je questionne une personne qui sort pour sa pause. Elle ne connait pas de garage ! Je cherche sur mon téléphone et trouve un réparateur pas très loin de nous, à environ 2 kms ! L’assistance nous l’indique aussi. Pourquoi la dame ne le connaissait-elle pas ???

Sur place, tout semble fermé. Ouille !…Nous décidons de pousser les portes ! Voilà quelqu’un derrière un comptoir. Je l’interromps, au bout d’un bon moment, à l’aide de Translate en bulgare et, avec un grand sourire, il m’entraine vers la porte suivante ! Chez « D1 auto garage » ! Espérons qu’il est en D1 !!!

Un peu penaude, j’explique, ou plutôt Translate, explique notre problème et demande s’il est possible de faire « quelque chose » dans un « délai raisonnable ». Là…on a affaire à un « vrai mécanicien » ! Il regarde et nous répond avec un grand sourire, en anglais : « pas de problème pour les plaquettes». « OK…mais combien de jours ? ». Nouveau sourire chaleureux : « dans la journée ! Garez vous et entrez au frais. Je commande la pièce ».

Nous étions ébahis ! Cela nous est si rarement arrivé en France ! En moins de 2 heures, nous avons été accueillis chaleureusement, pris en charge et dépannés. Et tout cela, avec le sourire et sans grognement ! Le garagiste nous a offert à boire et s’est inquiété de notre confort tout le long de ces deux heures ! Voilà qui fait chaud au cœur ! Et pour un prix plus que raisonnable ! Voyez donc la facture ! Pas de chichi entre nous ! De l’efficacité ! Du professionnalisme ! De la D1 !!! Voilà qui nous a rendu le sourire ! La « facture » sera archivée dans le dossier de notre Exsis bien sûr !

Nous avons chaleureusement remercier le garagiste et, bien sûr, mis une appréciation très favorable sur son référencement.

Arbanassi nous semblait valoir le détour. Cette bourgade compte nombre de maisons classées monuments historiques.
Bof ! De notre point de vue, la visite n’est pas incontournable à la découverte de la Bulgarie. Nous remplissons nos gourdes d’eau fraiche à la belle fontaine et poursuivons notre route.

Etara, par contre, nous ravit ! Aménagé en 1960 le long d’un vallon, cet éco-musée rassemble des bâtiments typiques de la vallée de Gabrovo des XVIIIème et XIXème siècles.

Plusieurs moulins et ateliers fonctionnant à la force de l’eau démontre à quelle point celle-ci, a de tout temps, été importante pour l’Homme et ses activités.

Elle coule avec force et en abondance à Etara.

Plusieurs maisons présentent, au 1er étage, une sorte de patio, aménagé avec des bancs, preuve en est que le soleil tape dur dans la région. Ils gardent une agréable fraicheur qui aident à supporter la chaleur !

A contrario, les double-fenêtres indiquent des hivers très rigoureux !

Au niveau de la rue, plusieurs maisons présentent des volets curieux. Ils s’ouvrent et s’accrochent par le haut. Les entourages en bois des fenêtres forment une sorte d’étal !

A Etara aussi, les icônes sont bien présentes et rappellent que la roue de la vie tourne ; ainsi, ceux qui se comportent mal finissent dans la gueule du diable !

La salle de classe accueillait peu d’enfants, en classe unique.

Sur le bureau de la maitresse, la plume d’oie, qui a connu des jours meilleurs, attend, sagement, dans l’encrier de bois et métal, de couvrir une hypothétique feuille de papier de beaux caractères cyrilliques.

Il est temps de trouver un bivouac pour ce jour. Le col de Chipka et le parking au pied du monument de la liberté (encore un) nous séduit. Par une route étroite, et après franchissement d’une barrière, mi ouverte, mi fermée, nous voici au parking sommital, celui qui évite de grimper les 900 marches d’accès à l’esplanade à pied !

Le monument, haut de 31,5 mètres, est gardé par un lion de bronze, symbole de l’état bulgare. 


La vue est fantastique ! On sera vraiment bien pour la nuit !

Au loin, une sorte de soucoupe volante attire le regard. Ce bâtiment est une ancienne salle de congrès commémorative, bâtie pour le 90ème anniversaire du parti communiste bulgare. Au sommet du mat trône l’étoile rouge du parti.

Aujourd’hui désaffecté, ce bâtiment est laissé à l’abandon et, semble-t-il, à l’esprit créatif de certains tagueurs vengeurs.

Confortablement installés, nous savourions le paysage et un repos bien mérité, quand…Soudain…La Police nous demande de partir, en anglais ! Le monument ferme donc la barrière ferme et…Tout le monde descend au carrefour des routes !
Nous demandons un lieu où stationner pour la nuit. Grand geste vers le bas …Bon ! D’accord !

Le « bas » ne nous inspire pas donc…Nous remontons sur un parking de randonnées juste après l’hôtel. Ah voilà qui est bien !

Juste qu’à ce que l’orage se déchaine ! Eclairs, tonnerre, déluge de pluie, grand vent !!! Voilà qui promet une belle nuit !