Dès 8 heures ce matin, nous sommes cernés par une horde de jardiniers armés de roto-fils vrombissants. Ils ont choisi de tailler toutes les herbes du parking et bien sûr…Leur tâche commence par la partie « camping-car » ! Il était pourtant plus simple et plus efficace d’attaquer le côté « voiture » en 1er, histoire qu’on ait tous le temps de plier bagage et faire les services sans risque de projection.
Pour rejoindre Anvers, nous choisissons d’emprunter la N 57 pour emprunter le barrage de l’Escaut oriental. En fait, il s’agit d’un ensemble de 4 barrages dont 2 avec écluses. Ils ont pour rôle de protéger les villes et villages du delta des raz-de marée et courants trop violents qui détruisent les digues. Nous sommes à -5 mètres en dessous-de la mer !
Décidée en 1058, la construction du « Plan Delta » s’achèvera près de 40 ans après avec la construction du barrage anti-tempête de Nieuwe Waterweg.
Le barrage de l’Escaut Oriental, long de 3 kms, est constitué de 65 piliers, entre lesquels peuvent coulisser 62 vannes d’acier. La hauteur d’un pilier est de 30 à 38 mètres et son poids peut atteindre 18 000 tonnes. Les vannes ont une largeur de 40 mètres et une hauteur variant entre 6 et 12 mètres.
Ici, l’air est vif et vivifiant, un brin iodé, le vent fréquent comme en attestent les nombreuses éoliennes.
On aurait bien aimé passer la nuit ici mais, le panneau d’interdiction est bien présent hélas.
Nous nous arrêtons finalement sur l’aire de Brasschaat, à quelques kilomètres au nord d’Anvers, que nous rejoindrons demain en bus.
En gare de Gouda…çà commence bien ! Un gnome grimaçant, pipe au bec, nous surveille dès le portail franchi…Voilà qui augure bizarrement de notre dernière vraie journée aux Pays-Bas.
L’innovation est le maitre-mot à Rotterdam comme en atteste son architecture unique et son design urbain. Autrefois simple village de pêcheurs, puis cité portuaire majeure au XVIème siècle, Rotterdam a été détruite par les bombes allemandes le 14 mai 1940. L’élan architectural né de la reconstruction après-guerre n’est jamais retombé depuis et les grattes-ciels et les édifices audacieux donnent à cette ville une ambiance dynamique et moderne, assez unique aux Pays-Bas.
Dès l’arrivée, la gare de Centraalstation donne le ton avec sa toiture de métal élancée.
Milleniumtoren, construite en 2 000, est une tour de verre de 131 mètres qui abrite un hôtel de luxe et des bureaux.
Voici la maison style Piet Mondrian !
L’Hôtel de ville, construit entre 1914 et 1920 a été épargné par les bombardements. Son beffroi abrite un carillon de 63 cloches, qui compte parmi les plus gros de ce type en Europe.
Beursplein, ou l’esplanade de la bourse a été bâtie entre 1936 et 1940. Elle abrite le Worl Trade Center, une tour elliptique de 23 étages construite en 1986.
L’église St Laurens compte parmi les plus vieux édifices. Elle a été édifiée en 1646. Par contre, son portail de bronze date de 1968.
Le Markthal (Halle du marché) interroge par son étonnante silhouette ; cette halle ressemble à un tunnel. L’arche géante lance sa voûte à 39 mètres de haut ! Elle est tapissée de 4 000 panneaux photographiques sur une surface de 11 000 m2.
Etrange photo…Il n’y a aucune statue de chevalier moyen-âgeux à proximité donc…Aucune possibilité d’en avoir un sur la photo ! Normalement ! Là c’est étrange …Vous le voyez : juste sur l’ouverture du fond ? Une manifestation paranormale…?!?!
Tout à côté, un bâtiment s’inspire de Beaubourg avec ces tuyaux énormes…
…Et cette tour ne déparerait pas au Japon.
J’étais très impatiente de découvrir les maison-cubes et je n’ai pas été déçue ! Construites entre 1978 et 1984, elles reposent sur un angle enfoncé dans un pilier renfermant l’escalier d’accès.
L’intérieur, sur 3 étages, et adapté à un couple plus un enfant, est garni d’un mobilier adapté aux murs obliques percés de fenêtres tournées tantôt vers le sol tantôt vers le ciel.
J’aimerais trop habiter une maison comme çà ! Mais pas Jean-Paul : les escaliers trop raides lui déplaisent. Pour nous mettre d’accord…A chacun sa brouette de tulipes !
Le vieux-port a été construit en 1325 et d’anciens navires y sont à l’anneau. La maison de l’écluse est bien belle. Le bassin de radoub est installé à côté de sa cour.
Erasmus, le prince des humanistes, est bien présent à Rotterdam. Il est né à Rotterdam en 1469 et a vécu à Gouda, avant de devenir un infatigable voyageur. Cependant, sa philosophie ne s’imposa qu’au 18ème siècle. L’université de Rotterdam et un élégant pont portent son nom.
De nombreux grafs ornent Rotterdam.
Remarquez comme la cascade « coule » dans le prolongement de la façade de l’immeuble comme si l’une répondait à l’autre !
En arrivant à la gare par une galerie couverte, je lève les yeux…Encore, une déesse observe au loin ! Décidément…Que nous réserve la suite du périple ?
Après notre rencontre avec la dame en chocolat sur son gouda…
…et un clin d’oeil au monsieur sur le toit qui nous surveille…
…nous partons, sous la pluie, à la découverte de Gouda, qui se prétend capitale mondiale du fromage et l’affiche !
Sur ce point, nous émettons les plus grandes réserves ! Décliner un seul fromage à l’infini en l’aromatisant ne fait pas d’un pays « l’autre pays du fromage » et d’une ville « la capitale mondiale du fromage ».
Les fromageries sont cependant légion et toutes plus belles les unes que les autres.
Pour le moment, nous sommes admiratifs de la boutique Lego ! Et il y a de quoi !
Vient ensuite le tour du marché hebdomadaire, bien achalandé et tentant !
L’office du tourisme est installé dans l’ancien poids et conserve les balances. Au Moyen-Age, ces poids étaient utilisés comme détecteurs de sorcières. La femme suspectée de sorcellerie était pesée. Si elle était légère, c’est sûr ! Elle était une sorcière ! En effet, comment voulez-vous qu’une femme bien en chair vole sur un balai ???
L’Hôtel de ville date de 1450 et dresse fièrement sa silhouette gothique. Sur le côté le carillon s’anime aux heures pleines et demi-heures. Aujourd’hui, un concert de carillon se déroulera plusieurs fois dans la journée. Il est très agréable à écouter.
Malheureusement, nous ne pourrons pas visiter Sint Janskerk et ses réputés vitraux. Aujourd’hui, il y a un mariage et demain c’est fermé car dédié au culte. Tant pis ! Nous continuons notre découverte du coeur de ville.
Lever aux aurores ce matin ! Il ne s’agit pas de trainer si nous voulons profiter du plus grand marché aux fleurs du monde : Royal Flora Holland. Il faut être sur site à 7 heures, au plus tard 7 heures 30 car le moment le plus intense se situe entre 7 heures et 8 heures.
Ici, chaque matin, dès 4 heures, 46 millions de fleurs du monde entier, soit 23 000 plantes et fleurs différentes, arrivent pour être vendues aux enchères et repartir dans la matinée quelque part dans le monde entier. Le chiffre d’affaire journalier est de 22 millions d’euros, soit 5,6 milliards de chiffre d’affaire annuel !
Ici, tout est senteur, couleur mais aussi bruit.
Le ballet des chariots est incessant, tantôt ceux-ci sont automatisés, tantôt conduits par un humain. Tout va à une vitesse folle, dans tous les sens, mais avec une logique que seuls les 2 700 employés comprennent.
Le marché comme si vous y étiez !
Le site couvre 1 732 769 m2, soit 250 terrains de football et nous découvrons son immensité depuis le toit terrasse sur lequel nous sommes garés.
Puis, d’un coup, l’agitation cesse. Les chariots sont vides et les commandes expédiées. Il est temps pour nous de rejoindre Delft.
Delft.
Delft est si calme avec ses tilleuls ombrageant de paisibles canaux qu’elle incite à la contemplation.
Le Vermeer centrum, installé dans l’ancien siège de la guilde de St Luc, est une centre d’interprétation de l’oeuvre de Vermeer et propose une découverte du génie créatif de ce peintre réputé.
Nous découvrons ses œuvres majeures…
…comment il a créé ses effets de lumière et surtout le peu de couleurs qui composaient sa palette. Elles étaient réalisées à partir de pigments végétaux et minéraux qu’il confectionnait lui-même.
Son œuvre majeure, la jeune fille à la perle, se décline à l’envi.
La halle aux viandes et ses bœufs en façade ne réussit pas à distraire…
…la laitière derrière sa fenêtre.
Le poids public présente un fronton explicite.
L’hôtel de ville en impose sur la grand-place.
Quant au célèbre bleu de Delft, inventé au XVIIème siècle par copie des porcelaines chinoises, il orne plus d’un objet.
Pendant que le mille-patte coiffé d’un haut de forme lit….
…nous rejoignons le camperpark de Gouda, qui n’est qu’un parking partagé avec les voitures proposant les services et l’emplacement pour 8€ la journée. Vu les prix pratiqués aux Pays-bas, nous sommes preneurs.