Monastère de Thibaès. Guimaraés. 27 mai 2014.

  Impossible de trouver les coordonnées exactes du Monastère de Tibaes ! Nous prenons donc la direction de la bourgade où j’avais vu un panneau indicateur…Le monastère est à 5 Km de Braga ; pourtant nous roulons depuis plus que çà. Renseignement pris, nous sommes presque arrivés !

Le monastère bénédictin a été fondé au XI° siècle, puis modifié du XVII° au XVIII°. Il a été restauré quasi de fond en comble. Une pure folie ! Actuellement, les jardins et le domaine alentour sont en restauration.

Après le cloitre, aux plafonds à caissons de bois et azuleros bien conservés, nous pénétrons dans la féérie de l’église et de la sacristie, puis parcourons les appartements privés du prélat en chef.

Une photo dans le miroir qui permettait aux moines d’ajuster leurs soutanes (coquetterie?) et hop, nous débouchons dans les jardins, grimpons un escalier rococo pour rejoindre une petite chapelle et un lac perdus dans les bois….Histoire de se reposer les yeux !

Album photos. Thibaès. Cliquez ci-dessous :

Thibaès

  A Guimaraes , nous nous garons derrière le palais de Ducs de Bragance. Nous pensions passer la nuit sur ce parking…Il est désormais interdit de 21H à 7H ! Nous rejoindrons donc Porto après la visite de la ville.

Guimaraes est l’ancien berceau du royaume ainsi qu’en témoigne son cœur médiéval. Après avoir pris possession du fief de « portugale », Henri de Bourgogne et sa femme Thérésa s’installent dans le château. Vers 1110, nait leur rejeton : Afonso Henriques, futur roi du Portugal.

Guimaraes est classée au patrimoine mondial de l’Unesco… Bof ! Est-ce parce nos yeux étaient fatigués par Tibaes ? Est-ce parce que nous comparons avec Pérouges ? Nous avons trouvé la réputation de Guimaraés surfaite.

Nous reprenons la route pour rejoindre le camping Orbitur Madalena à Vila Nova de Gaia, toute proche de Porto. Comme à l’accoutumée, nous « interdisons » au GPS de prendre les routes payantes. Sur la rocade de Porto…Bingo !…Fais comme des rats !…Pris dans la nasse !… Nous voici face à un portique de péage ! Impossible de faire demi-tour ! Il faut avancer ! Le portique est équipé d’une caméra et ne délivre aucun ticket. Ce qui nous attend en sortie ? Des ennuis ! Il faut obligatoirement un télépéage !!! Sinon : amende !!!

La mort dans l’âme, nous nous arrêtons sur l’aire de service et cherchons une astuce auprès de l’employée de la station service. Sauf qu’elle parle portugais, uniquement portugais et…Pas nous ! Serviable, elle appelle une collègue à la rescousse. Cette dernière nous rassure. Nous pourrons quitter la rocade et, dans les 5 jours, nous rendre chez CTT (la poste portugaise) pour régularisation. OUF ! Lorsque nous quittons la station en sa compagnie, elle nous souffle : « si vous ne faites rien, peut être personne ne vous trouvera ». Ah !?!?…

A la sortie de la rocade, aucun dispositif de détection, aucun portique …Donc…Comment les « autorités » vont-elles savoir la portion prise pour la régularisation ?

Nous arrivons au camp et demandons à l’hôtesse qui nous indique de nous rendre à la Police…pour régulariser !

Pour le moment : APERO !!! Nous allons dormir dessus et nous aviserons demain !

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Guimaraès

Porto. 28 au 30 mai 2014.

  Au fait : au Portugal, il est une heure de moins qu’en France, hiver comme été ! Après le déluge de pluie de la nuit, le ciel se calme et le soleil réapparait. C’est par le bus que nous rejoignons Porto. Autant dire qu’il vaut mieux avoir digéré le petit déjeuner avant de monter à bord. Le bus bringuebale sur les pavés, se faufile dans de minuscules rues à vive allure, accélère brutalement et freine…Tout aussi brusquement ! A plusieurs reprises, nous avons cru que le chauffeur accrocherait l’angle d’un mur ou serait obligé de plier les rétroviseurs pour passer…Même pas ! Quelle dextérité !

Première démarche …Pas la police !…Nous estimons que puisque nous n’avons trouvé aucune gare de sortie sur notre parcours, nous ne devons rien payer ! L’hôtesse de l’office de tourisme, mitoyen avec la police, nous confirme qu’il n’existe pas de péage urbain autour de Porto, et de Lisbonne. De plus, elle nous fournit la liste des autoroutes « automatiques », celles où le télépéage est obligatoire sous peine d’amende. Comme çà, on les évitera.

Porto est très vallonnée. Nous avons passé la journée à monter raide ou descendre de façon abrupte ! La ville est plaisante, toute en contrastes : colorée sur les quais, joliment rénovée ici, et, absolument délabrée là.

Par exemple, la Sé (cathédrale) tant vantée. A l’extérieur, les azulejos du cloitre sont restaurés, l’esplanade refaite entièrement ainsi que les murs de la cathédrale. A l’intérieur…Alors que nous étions vers le choeur, silencieux pour respecter le recueillement de deux dames, qui semblaient en prière, l’une d’elle dit : « Au lieu de passer leur temps à genoux à prier, ils feraient mieux de faire la poussière et de passer le plumeau ! Ce « truc » ne vaut pas la peine d’une photo tellement il est crasseux ! » Nos deux dames n’étaient autre que des Françaises outrées par la négligence à l’intérieur de la cathédrale ! Nous partageons leur analyse hélas ! Tous les décors baroques sont recouverts d’une épaisse gangue de poussière !

Un peu d’histoire : à l’époque romaine, existaient deux villes, chacune d’un côté du Douro, le fleuve qui baigne Porto. Les Maures, en 711, unifient les deux et créent Porto, qui deviendra catholique en 870. Très vite, son importance commerciale est indéniable. La ville développe les chantiers navals, se remplit de soldats. La population se prive pour nourrir tout ce monde là d’autant que les bœufs sont réquisitionnés. Elle en est réduite à manger les abats, d’où le surnom de « tripeiros » (mangeurs de tripes) et la création de la spécialité locale : les tripes à la mode de Porto !

Vers 1700, les vins de Porto sont principalement exportés vers l’Angleterre. De ce fait, très vite, les Britanniques achètent les vignes, créent des compagnies viticoles, contrôlent la production du vin à leur avantage. La réglementation est tellement sévère qu’elle génère une émeute : la révolte des ivrognes !

Ceci explique, en partie, l’anglicisme des termes liés au porto. Il convient aussi de se rappeler que le roi d’Angleterre avait mis l’embargo sur les vins français au XVII° siècle. Les Anglais se sont donc rabattus sur le Porto, d’où les qualificatifs anglais : dry, tawny, late bottled vintage…

Après avoir admiré la salle des pas perdus de la gare de Sao Bento, couverte d’Azulejos, parcourus mille et une rues le nez en l’air, traversé le pont Eiffel, une dégustation de porto est la bienvenue ! Nos critères : une cave ancienne, authentique autant que possible, pas trop de cars de touristes, une visite en français et un accueil sympa…Nous optons pour la cave Graham’s datant de 1820. Mais avant…çà se mérite ! Notre cave ne se situe pas en bord de Douro comme les autres, mais sur la colline ! Quelle grimpette ! On n’en voyait pas le bout !!!

Nous apprenons que les vignobles sont situés dans la haute vallée du Douro. Ils s’étagent en terrasses si étroites que seule une rangée de cep tient. Impossible de travailler mécaniquement ! De même de foulage des grappes se fait essentiellement à jambes d’hommes pour éviter d’écraser les pépins de raisin qui donneraient de l’amertume au vin. Cependant, un fouloir est en test. Il reproduit par des sortes de « pistons » la pression des pieds d’un homme de 80 kg. Les vignobles du Douro sont dit stressés : très froids l’hiver, très chauds l’été, poussant sur un sol aride et caillouteux. Pour avoir les nutriments nécessaires, les racines des ceps s’enfoncent à plus de 40 mètres dans la terre.

Le porto est un assemblage de quatre cépages : rouge pour le porto rouge et blanc pour le porto blanc….Pan sur le bec !…Encore une fausse information dans nos esprits : le porto blanc n’est pas blanc à cause de son très grand âge mais à cause des raisins blancs qui servent à le réaliser !

Selon, la qualité recherchée, le jus est vieilli en petits tonneaux, en barriques ou en foudres, pendant un nombre d’années différent aussi. Le précieux liquide s’évapore de 2% chaque année : la part des anges.

Graham’s est une compagnie appartenant à la même famille depuis l’origine ; les employés, l’oenologue travaillent en son sein de génération en génération : une vraie dynastie familiale ! Graham’s est aussi le fournisseur officiel de la cour d’Angleterre.

N’étant pas amatrice de Porto, je peux cependant vous dire que nous sommes tombés sur…Du bon ! De l’excellent même ! Rien à voir avec ce que nous connaissons chez nous : ce porto liquoreux et très sucré. Quelle merveille la dégustation !

Le temps de faire quelques courses dans une minuscule épicerie, tenue par une vraie Mémé, trop heureuse de discuter avec des français, de promouvoir un vin portugais que nous finirons par acheter (bien bon au demeurant), nous voici dans le bus de retour.

Au camping, l’hôtesse a dit de descendre à « Madalena » . C’est le terminus de la ligne. Jean-Paul a cependant un doute lorsque le bus passe vers les campings. Je reste ferme : « elle nous a dit Madalena et il n’y a pas qu’un seul camping ». Le chauffeur nous jette un coup d’oeil de temps autre dans le retro…Terminus !…Euh…çà ne ressemble pas à ce matin…C’est où le camping ?

Le chauffeur, questionné, se prend la tête à deux mains, se lamente prenant la « santa madona » à témoin. On peut peut être aller à pied ?…Re-incantations ! Il nous fait signe de grimper à bord. Nous obtempérons en pensant qu’il va nous montrer une carte …Pas du tout ! Il débraie son système d’identification, nous ordonne de nous assoir et…Fonce pied au plancher à travers les petites ruelles pour…Nous déposer…Devant le camping ! Et repartir tout aussi à fond vers son terminus !!!

Eh oui ! Cette fois, nous avons fait fort avec les transports en commun : détournement de bus à notre seul avantage !!!

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Porto