Bathala. Alcobaçà. Nazaré. Miradouro. 4 juin 2014.

  Deux grands sites au programme du jour !

Construit en 1388, le monastère de Bathala est de style gothique. Il représente un ex-voto célébrant une victoire militaire. Joao 1er souhaitait faire de Bathala son panthéon et celui de ses enfants. Le plan de Bathala est assez classique : deux cloitres, une salle du chapitre, une nef et des chapelles.

Le plus étrange est la série de sept chapelles inachevées ouvertes à tous les vents, sans toiture et contenant les tombeaux de Duarte 1er et de son épouse Léonore d’Aragon.

Alors que nous déambulons, nous apercevons un soldat en faction devant une porte. Intrigués, nous pénétrons dans la chapelle pour découvrir la tombe du soldat inconnu gardées par deux statues de cire revêtues d’un uniforme. Elles sont bizarre ces statues…Très (trop) réalistes…Je fixe le visage de l’une d’elle…Aucune trace de respiration…2 bonnes minutes s’écoulent…1 battement de cil !!! Etranges statues en effet puisqu’il s’agit de deux vrais soldats parfaitement immobiles !!! Il ne faut pas avoir mal aux reins…Ni le nez qui gratte !!!

En sortant, nous nous glissons dans une belle boutique. La tenancière est une belle et accueillante femme qui nous explique la symbolique du cœur stylisé que nous voyons partout au Portugal. Quand les hommes partaient pêcher la morue ou à la guerre, les femmes leur brodaient des poèmes sur des mouchoirs, l’ancêtre de la lettre en quelque sorte. Il y avait toujours un cœur symbole de leur amour. Depuis, le cœur a été stylisé. La femme, trop contente de bavarder avec nous et de partager sa culture, nous offre une coupe en chocolat noir qu’elle remplit de ginja, la liqueur de cerise spécialité d’Obidos. Quel délice !

  Alcobaçà a été offert à Bernard de Clairvaux par Afonso Henrique en 1152 en remerciement de l’aide apportée contre le envahisseurs Maures. C’est donc un monastère cistercien que nous visitons. Il a été le théâtre d’une histoire tragique. Pedro, fils d’Alfonso IV s’éprend d’Inès, une des dames d’honneur de son épouse Constance de Castille, laquelle a le bon goût de décéder assez rapidement.

Pedro et Inès s’installent ensemble…Sauf que le roi ne voit pas ce ménage d’un bon œil… Lors d ‘un déplacement de Pedro, il fait assassiner Inès après une parodie de jugement en 1355. En 1357, le roi décède enfin et son fils Pedro accède au trône. Il révèlera alors son mariage secret avec Inès, la fera reine à titre posthume, l’exhumera et, avant de la glisser dans un somptueux tombeau, il obligera toute la Cour à lui baisser la main…Beurk !!! Les deux tombeaux sont réunis dans la nef.

La taille de cette dernière impressionne : plus de 100 mètres de long sur 20 mètres de haut ! Celles des cuisines aussi ! Elles sont construites juste au dessus de la rivière : pratique pour l’eau courante !

La restauration de l’édifice est magnifique. Nous admirons la blancheur de pierre et le travail de dentelle fait par les sculpteurs. Dans la cour du cloitre, nous entendons une mélodieuse voix féminine chanter Haendel. Nous nous dirigeons vers le chant et pénétrons dans une chapelle. Surprise ! C’est un homme qui chante ! Luis Peças, célèbre haute-contre portugais, donne des récitals tous les jours à heure fixe. Nous profitons de ce moment magique !

  Nazaré. …Grosse déception ! Nous pensions trouver un site de pêcheurs un peu typique…Nazaré est construite sur 3 collines. Nous choisissons de commencer par Sitio, édifié en haut des falaises. La falaise et la vue sur l’océan valent le détour. Pour le reste…Il n’y a ici que des boutiques d’artisanat…Les marchands vous harcèlent comme jamais nous ne l’avons été en Afrique de l’Ouest !!!! De quoi être de mauvais poil !!!

Nous reprenons le camping-car et descendons vers le bord de mer, direction l’office du tourisme pour avoir des indications sur le bairro des pescadores, le quartier des pêcheurs. A Sitio, un Portugais, très aimable, (en fait un Français habitant le Portugal), nous avait fourni des indications…approximatives ! L’hôtesse de l’office du tourisme nous a envoyés…Au port de pêche ! Rien à voir avec notre demande !!! On cherche encore ce quartier présenté comme typique mais… pas indiqué !

En bord de plage, nous avons la chance de voir des femmes faisant sécher le poisson au soleil…C’est bien ce que nous aurons de plus traditionnel à Nazaré !!!

Nous cherchons un beau bivouac avec vue sur la mer pour ce soir…un peu spécial ! Nous fêtons nos 10 ans de mariage et souhaitons un cadre en rapport avec l’évènement… Nous avons prospecté un bon moment un parking vers une plage ! Ici, trop de pente, là chemin d’accès trop étroit, ici, au cœur de la pinède : interdit de stationner. Les hommes qui exploitent la résine de pins veillent…

Nous prenons donc une route côtière…dont notre GPS ne veut pas entendre parler ! Après des demis-tours impossibles, des rues empruntées au pif au mètre, après Salir do Porto, nous arrivons sur un belvédère avec vue sur Nazaré et Péniche : toute la côte !!! Le lieu s’appelle Miradouro da Arrinhada et il est occupé pour partie par la Cantinha do Governo : une baraque à bière ! Une Madone trône aussi en bonne place. Commençons par consommer à la Cantinha et observer…Tout est calme, clientèle de gens du coin…Parfait ! On reste ici !!! Trop beau ! Trop bien !…Lorsque…

C’est quoi ce cauchemar ???… Du délire !!!…4 énormes camping-car bretons déboulent !!! Et se posent de manière anarchique en nous bouchant la vue sur Péniche !!! On râle à tout va !!! La Madonne a pitié de nous : les camping-cars partent ! Enfin seuls !!! Quelle magnifique soirée !!

Album photos. Bathala. Alcobaçà. Miradouro. Cliquez ci-dessous :

Bathala. Alcobaçà. Miradouro

Obidos. Péniche. Ericeira. Sintra. 5 au 7 juin 2014.



Obidos était à l’origine un oppidum romain, d’où le nom de la ville. Cette ville a un charme médiéval indéniable avec ses impressionnantes murailles et ces ruelles en pente. Nous grimpons sur le chemin de ronde : aucun garde corps nous protège d’une éventuelle chute, et, si vous êtes sujet au vertige…Autant vous abstenir !!!!

En descendant du rempart, nous pénétrons dans une belle église baroque et…Stupéfaction ! L ‘église abrite désormais une librairie ! Nous déambulerons sous le charme d’Obidos…qui se remplit de plus en plus de touristes déversés par cars entiers…Filons !

Nous voulons faire halte un peu plus longtemps à Péniche, pour parcourir cette presquîle soit à pied, soit en louant un vélo. Nous comptons aussi nous rendre sur l’île Berlenga qui abrite une impressionnante colonie d’oiseaux. Notre point de bivouac est parfait : bord de falaise, vue dégagée sur l’océan.

Nous partons donc à la découverte de la flore sous un vent violent ! Une bonne heure de balade dans les embruns…

Puis il est temps d’organiser notre activité de demain. Nous sommes à à peine 1 Km de la ville. Nous cherchons le centre-ville, l’office de tourisme et pourquoi pas un loueur de vélos…Pas par ici…Pas par là…Dans cette rue encore moins…Et bien sûr, personne n’est dehors ou alors…Personne ne parle français….Aucun panneau indicateur nous permettant d’estimer la taille de Péniche et la direction du centre….Ne voulant pas déplacer le camping-car, nous abandonnons la partie pour aujourd’hui et profitons de notre après-midi de repos ! On verra demain…

Album photos. Obidos. Cliquez ci-dessous :

Obidos. Peniche (bivouac).

  Hier soir, nous avons scruté la carte Michelin…Une route de 2 Km traverse la presqu’île. Elle part presque en face du chemin du terre qui conduit à notre bivouac. On devrait trouver sans problème…Soudain…Est-ce un effet de l’apéro ?…Le mode « blaireau » se désactive et nous activons le GPS…Pourquoi n’y avons nous pas pensé plus tôt ! Le quartier des pêcheurs est face à nous et en prenant tout droit, la citadelle est au bout de la rue.

Nous voici donc ce matin, tous guillerets. Le temps gris ne nous inquiète pas outre mesure. Nous parcourons le quartier des pêcheurs en alternant une ruelle à droite, une autre à gauche, enfilant une impasse, puis un cul de sac et, au bout d’un moment…

« Au fait…Hier… On avait décidé de prendre tout droit pour aller en ville…Tout droit, c’est par où maintenant ? »

Et bien sûr, le seul passant que nous trouvons ne parle que portugais et ne comprend rien à notre « baragouin ». Et inévitablement, l’un veut aller par là et l’autre par ici. Je me fie au château d’eau et emporte la manche !

Nous voici le long de la muraille d’enceinte. Jean-Paul m’alerte : « il pleut au fond et çà vient vite ». Je n’y prête pas garde et ….Le déluge s’abat sur nous : glacial, implacable, impitoyable même ! Nous nous réfugions sous une devanture et patientons…Longtemps ! A la faveur d’une accalmie, nous fonçons vers le marché en quête d’un parapluie…Hélas…En vain…Un bar ! Entrons…Ah non ! C’est trop enfumé !!! Tiens un magasin de sport…Les vendeuses comprennent notre demande (Vu notre allure de rats mouillés, c’était facile!). Elles nous envoie « au chinèse », un peu plus loin. Ah bon ?!?…Et jackpot !!!! Il s’agit d’une grande surface tenue par des Asiatiques. Véritable caverne d’Ali Baba, elle regorge de produits et articles en tout genre, à des prix défiant toute concurrence. Par exemple, Jean-Paul a acheté une connexion HDMI pour le satellite à 3,50€ contre 16€ en France ! Les parapluies à 8,50€ sont d’une super qualité ! Alors, si vous êtes au Portugal, poussez donc la porte d’un « chinois » .

Ainsi équipés, nous parcourons la forteresse, témoignage de l’importance stratégique de Péniche, le port et enfin le cœur de ville à la recherche de la fête de l’artisanat annoncée dans le Routard.

Raté ! L’office du tourisme nous confirme qu’elle a eu lieu le week-end dernier ! Etant dans le berceau de la dentelle au fuseau, les « rendas », nous pensions visiter des ateliers. Raté aussi ! La seule dentelière rencontrée restera de marbre.

Album photos. Peniche. Cliquez ci-dessous :

Peniche

  Le lendemain, un soleil radieux est de retour. Le vent souffle du large et la houle est puissante ; les surfeurs seront ravis. Nous rejoignons Ericeira par la route côtière. Après le monastère de Thibaès et le parc de Buçaco, Ericeira est notre gros coup de cœur. Certes, encore un fois, nous avons du mal à trouver le centre-ville. Il faut passer la barre d’immeubles de la station balnéaire…Encore faut-il le faire dans le bon sens…Ce qui ne sera pas notre cas !

Le charme de cette ville de pêcheurs est indéniables, avec ses maisons blanches et bleues, sa place nationale ombragée, la promenade en belvédère dominant les falaises et surtout…La poissonnière du marché ! En tenue locale, grande gueule à souhait, elle se prête volontiers au jeu des photos tout en haranguant le chalant ! Grand moment !!!!

C’est bien à regret que nous quittons l’harmonieuse Ericeira pour rejoindre Sintra.

Ville thermale, accrochée à la montagne, ses villas rivalisent avec les palais mais aussi les immeubles délabrés à souhait ! Nous aurons du mal à nous garer tant Sintra attire les foules. Très tôt, les rois portugais, l’aristocratie et la haute bourgeoisie ont été attirés par ce site protégé par une serra culminant à plus de 500 mètres d’altitude.

Après le vide-grenier, nous dirigeons nos pas vers le miradouro et la casa Piriquita en empruntant des ruelles escarpées aux pavés glissant à souhait… La foule est dense dans les ruelles…PFFF…çà braille de partout ! Quel contraste avec Ericeira.

Il faut trouver la Casa Piriquita, j’y tiens ! C’est ici et nulle part ailleurs, que sont fabriquées « à l’ancienne » les queijadas et les travesseiros ! Je scrute les sacs en plastique de la foule et telle le Petit Poucet, remonte le flot de sac en sac…Enfin, nous voici dans ce temple de la gourmandise.

Les travesseiros sont des rouleaux de pâte feuilletée fourrés à la pâte d’amande et les queijadas des gâteaux au fromage blanc parfumés à la cannelle.

Trop rebutés par la foule et les files d’attente, nous ne visiterons pas le Palàcio National, ni le Palàcio de Pena…Tant pis !

C’est ainsi que nous avons rejoins le camping de Lisbonne où nous goûtons un peu de repos avant de nous lancer à la découverte de cette capitale.

Album photos. Ericeira. Sintra. Cliquez ci-dessous :

Ericeira. Sintra.