Tepla. Marianské Lazné. Cheb. 10 juin 2017.

Le couvent de Tepla renferme un « trésor » à nos yeux : une bibliothèque de style baroque, ornée de 40 anges de bois sculptés et contenant 100 000 ouvrages anciens dont plus de la moitié sont en latin. Elle est la seconde plus grande bibliothèque d’abbaye en République Tchèque.

Le couvent n’est pas reluisant et en cours de restauration. A force de tourner et virer, nous trouvons la caisse. Une dame charmante nous explique qu’il y a deux visites, chacune avec sa propre caisse…Pour la bibliothèque, il s’agit de l’autre guichet qui n’ouvrira que…dans 40 minutes ! La caissier déjeune. Bon d’accord…Un tour de parc plus tard, nous poussons la porte d’un corridor…Rien…Pas de bruit…La porte du guichet est fermée. Nous vérifions les horaires…10 minutes de retard…Nous patientons encore…10 minutes…Toujours rien… Alors là ! …Nous rentrons carrément dans la pièce…Et discutons, en français, à haute voix. Voici enfin le guichetier, la bouche pleine et la serviette nouée autour du cou ! Rien à faire pour visiter la bibliothèque avec un guide juste pour nous 2 ! Il faut se joindre au groupe qui arrivera…dans 1 heure ! Là…On a vu rouge ! Pas question d’attendre encore ! Dans une heure, il nous vendra quoi le gars ??? la sieste ???

Je vous mets la photo de la brochure…Pour le fun !

Nous filons à la boutique. La caissière, charmante et souriante, s’exprime en français et nous renseigne sur les principaux sites de la région. Nous passons un moment agréable et glanons des informations intéressantes.

Marianské Lazné, ex Marienbad, est une station thermale emblématique. Curieusement, la caissière ne nous l’avait pas conseillée… L’eau de Marianské a été analysée pour la 1ère fois en 1606. Elle contient de la materia vitrioli (matière vitriolée ???) qui mélangée à l’hydrogène sulfuré est excellente pour le métabolisme. Goethe la préconisait et séjournait souvent à Marianské, ainsi que d’autres personnalités. Nous ?…BOF ! … Nous avons bien sûr goûté l’eau : tiède, soufrée, gazeuse, goût de fer rouillée, odeur d’oeuf pourri ! La seule chose qui nous plut dans Marianské est le magnifique parc avec ses arbres plus que centenaires et ses kiosques où jaillissent les sources. Nous comprenons pourquoi Marianské Lazné ne nous a pas été conseillée !

A travers des champs de bleuets, de lin, de céréales et de magnifiques forêts, nous rejoignons Cheb. Dans la région, beaucoup de plantes sont cultivées pour l’industrie pharmaceutique et cosmétique, ce qui explique les immensités fleuries que nous traversons…Prudemment ! Une biche détalera devant nous, signe que les forêts sont giboyeuses !

Cheb est une ville médiévale à 10 Km de la frontière allemande, côté Bavière. La ville se déclara pro-national socialisme dans les années 30. Du coup, en 1945, à la fin de la guerre, toutes la population germanophobe a été expulsée !

De jolies maisons médiévales entourent la place centrale. Leurs façades sont soient en colombage, soit sculptées. Toutes ont un cachet particulier que nous apprécions, notamment celles du XIII° siècle qui nous évoquent un décor de noël ; elles appartenaient à de riches marchands juifs.

Les toitures des tours de l’église sont étonnantes : Une pointe centrale, entourée de 4 pointes plus basses, le tout surmonté de boules d’or ! L’ensemble est élancé, élégant !

Nous succombons à la gourmandise et achetons de grandes gaufrettes, plates comme des hosties, délicieusement fourrées noisette, goût nougat…Voilà qui change de l’eau de Marianské !

Album photos. Tépla. Marianské Lazné. Cheb. Cliquez ci-dessous :

Tépla. Marianské Lazné. Cheb

Soos. Doubrava. Loket. Karlovy Vary. 11 juin 2017.

Dernier jour dans le triangle thermal…

Sur recommandation de la caissière de la boutique de Tepla, nous nous rendons à la réserve de Soos, à 15 km de Frantiskovy Lazné. Un circuit piéton de 3 Km nous entraine à travers saunières, étangs, tourbières, de ruisseaux ferrugineux, le tout entrecoupé d’émergence de sources d’eau minérale et de cratères d’où s’échappe de l’oxyde de carbone. En hiver, l’eau forme de véritable geyser. En juin, nous admirons la force du bouillonnement de l’eau jaillissante et reniflons une persistante odeur …d’oeuf pourri ! Par contre, ici, l’eau est froide contrairement à celle de Marianskè. Nous avons goûté sur site évidemment !

Par endroit, le sol est noir, rouille et blanc : noir de la tourbe, roux du fer, blanc…des cristaux de sel ! Ce dernier est amer.

Vidéo des sources. Cliquez ci-contre : Source de Soos

Le village eco-musée de Doubrava, au sud de Cheb, complétera cette matinée bucolique. Il faut bien le chercher…Parcourir une méchante route étroite, pour enfin voir…9 maisons typiques avec colombages peints du « soleil de Doubrava », une sorte de rose des vents. En fait, le village a été rasé pendant la guerre de 1940/1945, et seules les maisons restantes ont échappé à la destruction…Peut être à cause de leur situation loin du centre, cachées au creux d’un vallon encaissé. En tout cas, la ferme du Rustier (nom du propriétaire) est splendide et l’accueil au diapason. L’hôtesse ira même cherché une dame parlant un peu français pour nous donner des explications. Quel dommage que le restaurant à la ferme soit fermé : nous aurions surement dégusté des mets typiques directement issus de la production familiale !

Nous déjeunerons, en conséquence, à Loket, au son d’un violon et d’une guitare, deux musiciens de rue s’étant installés proche de la terrasse.

Au menu, pour l’un : domaci svickova (boeuf en sauce (mais laquelle ?) , avec galette de pain de mie, gelée de groseille, crème chantilly) et pecena kachynka Zelicko (canard grillé avec galette de pain de mie, galette de polenta, choux rouge et oignons macérés, et une autre galette au goût de pomme avec???). C’est bon mais roboratif !

Loket est une ville royale, avec un château perché sur un éperon rocheux, dans un lacet de la rivière Ohre. Pendant des siècles, cette ville était la mieux protégée de Bohême, le château est l’un des plus ancien châteaux-forts tchèques. Les ruelles pavées montent toutes au château. Pour la petite histoire, c’est ici que certaines scènes de Casino Royale ( James Bond) ont été tournées.

Dernière ville d’eau de notre journée : Karlovy Vary. La ville comptait 12 sources à sa création…15 aujourd’hui. Elles sont les vestiges de l’activité volcanique de la région. Recommandées contre les troubles du système digestif et le diabète, les eaux jaillissent à diverses températures : de 73° à 53°. Chacune est repérée par une plaque qui mentionne le nom de la source et la température de l’eau. Il convient de boire dans un ordre précis et selon un protocole adapté à chaque pathologie…pour se faire, le curiste doit s’équiper d’un kalisek, littéralement « tasse-canard » : une tasse plate avec un bec, un peu comme une pipe au fourneau aplati. L’eau se boit au bec, lequel permet de baisser la température du breuvage. Nous avons bien sûr testé chacune des sources avec le kalisek. Une seule nous a paru acceptable au goût !

La 16ème source est la Becherovka, une boisson alcoolisée à 40°, élaborée à base de plantes macérées, dont la recette est tenue secrète. Nous avons identifié : cannelle, clous de girofle, écorces d ‘orange. Pour les reste mystère. La Becherovka soigne tout, absolument tout…Sauf…Le mal de tête ! Nous nous sommes abstenus !

Karlovy Vary nous a conquis par son charme désuet et sa quiétude.

Album photos. Soos. Doubrava. Loket. Karlovy Vary. Cliquez ci-dessous :

Soos. Doubrava. Loket. Karlovy Vary