Portugal : 1éres impressions.

  L’heure : une heure de moins qu’en France hiver comme été !

Le coq est omni présent ! Il est décliné sous toutes les formes, toutes les couleurs, toutes les tailles. Classique, design, rococco, il orne toute sorte d’objet !

Son histoire : à Barcelos, pour clouer le bec de son juge, un homme, condamné à mort à tort , remarque un coq grillé sur la table de son juge. Bravache, il prédit qu’au moment de son exécution le coq se ranimerait et chanterait lorsqu’il serait pendu. Incroyable ! Au moment de la pendaison, le coq a repris vie et a chanté !

Gustave Eiffel a construit cinq ponts dans la région en plus de celui de Port. Il a cependant pris un super « râteau » ! A Barcelos toujours, un paysan lui prédit que son ouvrage ne résisterait pas aux crues de l’hiver. Eiffel, méprisant, lui rétorque que si le pont s’écroule il se faisait fort de mettre le fleuve dans ses bottes. Les crues ont malheureusement embarqué une partie du pont. Chaque fois que le paysan a croisé Eiffel, il lui a demandé si ses bottes étaient déjà sèches !

La météo : pour le moment, une alternance d’un beau soleil, frais le matin et chaud, voire lourd l’après-midi, à un crachin que jalouserait un breton !

La route : beaucoup de portions en travaux, étroite parfois, sinueuse. De belles forêts d’eucalyptus aussi. Difficile de se retrouver entre les routes « automatiques », les routes à péage « physique », le trop plein d’ indications parfois.

Les prix : très corrects. Tous les produits, de première nécessité, notamment la nourriture sont moins chers qu’en France.

Les marchés : bien achalandés. Beaucoup de bancs de poissons, poulpes, calamars, de viande traitées en salaison, de fruits tel oranges, néfles, cerises très juteuses.

La morue : « bacalhau »

Les Portugais ont 365 manières de la préparer ! Ils ont « le rêve pour vivre et la morue pour survivre ». En fait, la morue n’est autre que du…cabillaud séché ! Elle était pêchée à Terre-Neuve, lors de pêches miraculeuses qui nourrissaient les Portugais au fils des siècles. Ils l’ont élevée au rang de plat national ! Aujourd’hui, les réserves canadiennes sont épuisées ; la morue vient de Norvège !

Pour le moment, nous avons mangé des boulettes de morue grillées : bon, fin en bouche, pas gras du tout.

Le Porto : anglais indéniablement car les compagnies appartiennent aux Anglais. Pour l’instant, nous avons dégusteé du très bon. Rien à voir avec celui vendu en France…Plus cher aussi !

Le vin : nous avons fait confiance à une Mémé épicière qui nous a conseillé le « Adega Grande » et le « Leziria ». L’Adega rouge est tannique, un peu « raide » mais bien acceptable. Le Leziria est en attente de dégustation.

Vinho verde : on en a horreur donc…

Les Portugais : toujours prêts à rendre service mais pas toujours en souriant. Très souvent, ils nous laissent nous empêtrer dans un sabir anglo/italiano/portugais et nous répondent en français, sans accent. Pour le moment, nous nous contentons de « por favor », « abregado » et « bon dia », et utilisons le français.

Monastère de Thibaès. Guimaraés. 27 mai 2014.

  Impossible de trouver les coordonnées exactes du Monastère de Tibaes ! Nous prenons donc la direction de la bourgade où j’avais vu un panneau indicateur…Le monastère est à 5 Km de Braga ; pourtant nous roulons depuis plus que çà. Renseignement pris, nous sommes presque arrivés !

Le monastère bénédictin a été fondé au XI° siècle, puis modifié du XVII° au XVIII°. Il a été restauré quasi de fond en comble. Une pure folie ! Actuellement, les jardins et le domaine alentour sont en restauration.

Après le cloitre, aux plafonds à caissons de bois et azuleros bien conservés, nous pénétrons dans la féérie de l’église et de la sacristie, puis parcourons les appartements privés du prélat en chef.

Une photo dans le miroir qui permettait aux moines d’ajuster leurs soutanes (coquetterie?) et hop, nous débouchons dans les jardins, grimpons un escalier rococo pour rejoindre une petite chapelle et un lac perdus dans les bois….Histoire de se reposer les yeux !

Album photos. Thibaès. Cliquez ci-dessous :

Thibaès

  A Guimaraes , nous nous garons derrière le palais de Ducs de Bragance. Nous pensions passer la nuit sur ce parking…Il est désormais interdit de 21H à 7H ! Nous rejoindrons donc Porto après la visite de la ville.

Guimaraes est l’ancien berceau du royaume ainsi qu’en témoigne son cœur médiéval. Après avoir pris possession du fief de « portugale », Henri de Bourgogne et sa femme Thérésa s’installent dans le château. Vers 1110, nait leur rejeton : Afonso Henriques, futur roi du Portugal.

Guimaraes est classée au patrimoine mondial de l’Unesco… Bof ! Est-ce parce nos yeux étaient fatigués par Tibaes ? Est-ce parce que nous comparons avec Pérouges ? Nous avons trouvé la réputation de Guimaraés surfaite.

Nous reprenons la route pour rejoindre le camping Orbitur Madalena à Vila Nova de Gaia, toute proche de Porto. Comme à l’accoutumée, nous « interdisons » au GPS de prendre les routes payantes. Sur la rocade de Porto…Bingo !…Fais comme des rats !…Pris dans la nasse !… Nous voici face à un portique de péage ! Impossible de faire demi-tour ! Il faut avancer ! Le portique est équipé d’une caméra et ne délivre aucun ticket. Ce qui nous attend en sortie ? Des ennuis ! Il faut obligatoirement un télépéage !!! Sinon : amende !!!

La mort dans l’âme, nous nous arrêtons sur l’aire de service et cherchons une astuce auprès de l’employée de la station service. Sauf qu’elle parle portugais, uniquement portugais et…Pas nous ! Serviable, elle appelle une collègue à la rescousse. Cette dernière nous rassure. Nous pourrons quitter la rocade et, dans les 5 jours, nous rendre chez CTT (la poste portugaise) pour régularisation. OUF ! Lorsque nous quittons la station en sa compagnie, elle nous souffle : « si vous ne faites rien, peut être personne ne vous trouvera ». Ah !?!?…

A la sortie de la rocade, aucun dispositif de détection, aucun portique …Donc…Comment les « autorités » vont-elles savoir la portion prise pour la régularisation ?

Nous arrivons au camp et demandons à l’hôtesse qui nous indique de nous rendre à la Police…pour régulariser !

Pour le moment : APERO !!! Nous allons dormir dessus et nous aviserons demain !

Album photos. Guimaraès. Cliquez ci-dessous :

Guimaraès

Porto. 28 au 30 mai 2014.

  Au fait : au Portugal, il est une heure de moins qu’en France, hiver comme été ! Après le déluge de pluie de la nuit, le ciel se calme et le soleil réapparait. C’est par le bus que nous rejoignons Porto. Autant dire qu’il vaut mieux avoir digéré le petit déjeuner avant de monter à bord. Le bus bringuebale sur les pavés, se faufile dans de minuscules rues à vive allure, accélère brutalement et freine…Tout aussi brusquement ! A plusieurs reprises, nous avons cru que le chauffeur accrocherait l’angle d’un mur ou serait obligé de plier les rétroviseurs pour passer…Même pas ! Quelle dextérité !

Première démarche …Pas la police !…Nous estimons que puisque nous n’avons trouvé aucune gare de sortie sur notre parcours, nous ne devons rien payer ! L’hôtesse de l’office de tourisme, mitoyen avec la police, nous confirme qu’il n’existe pas de péage urbain autour de Porto, et de Lisbonne. De plus, elle nous fournit la liste des autoroutes « automatiques », celles où le télépéage est obligatoire sous peine d’amende. Comme çà, on les évitera.

Porto est très vallonnée. Nous avons passé la journée à monter raide ou descendre de façon abrupte ! La ville est plaisante, toute en contrastes : colorée sur les quais, joliment rénovée ici, et, absolument délabrée là.

Par exemple, la Sé (cathédrale) tant vantée. A l’extérieur, les azulejos du cloitre sont restaurés, l’esplanade refaite entièrement ainsi que les murs de la cathédrale. A l’intérieur…Alors que nous étions vers le choeur, silencieux pour respecter le recueillement de deux dames, qui semblaient en prière, l’une d’elle dit : « Au lieu de passer leur temps à genoux à prier, ils feraient mieux de faire la poussière et de passer le plumeau ! Ce « truc » ne vaut pas la peine d’une photo tellement il est crasseux ! » Nos deux dames n’étaient autre que des Françaises outrées par la négligence à l’intérieur de la cathédrale ! Nous partageons leur analyse hélas ! Tous les décors baroques sont recouverts d’une épaisse gangue de poussière !

Un peu d’histoire : à l’époque romaine, existaient deux villes, chacune d’un côté du Douro, le fleuve qui baigne Porto. Les Maures, en 711, unifient les deux et créent Porto, qui deviendra catholique en 870. Très vite, son importance commerciale est indéniable. La ville développe les chantiers navals, se remplit de soldats. La population se prive pour nourrir tout ce monde là d’autant que les bœufs sont réquisitionnés. Elle en est réduite à manger les abats, d’où le surnom de « tripeiros » (mangeurs de tripes) et la création de la spécialité locale : les tripes à la mode de Porto !

Vers 1700, les vins de Porto sont principalement exportés vers l’Angleterre. De ce fait, très vite, les Britanniques achètent les vignes, créent des compagnies viticoles, contrôlent la production du vin à leur avantage. La réglementation est tellement sévère qu’elle génère une émeute : la révolte des ivrognes !

Ceci explique, en partie, l’anglicisme des termes liés au porto. Il convient aussi de se rappeler que le roi d’Angleterre avait mis l’embargo sur les vins français au XVII° siècle. Les Anglais se sont donc rabattus sur le Porto, d’où les qualificatifs anglais : dry, tawny, late bottled vintage…

Après avoir admiré la salle des pas perdus de la gare de Sao Bento, couverte d’Azulejos, parcourus mille et une rues le nez en l’air, traversé le pont Eiffel, une dégustation de porto est la bienvenue ! Nos critères : une cave ancienne, authentique autant que possible, pas trop de cars de touristes, une visite en français et un accueil sympa…Nous optons pour la cave Graham’s datant de 1820. Mais avant…çà se mérite ! Notre cave ne se situe pas en bord de Douro comme les autres, mais sur la colline ! Quelle grimpette ! On n’en voyait pas le bout !!!

Nous apprenons que les vignobles sont situés dans la haute vallée du Douro. Ils s’étagent en terrasses si étroites que seule une rangée de cep tient. Impossible de travailler mécaniquement ! De même de foulage des grappes se fait essentiellement à jambes d’hommes pour éviter d’écraser les pépins de raisin qui donneraient de l’amertume au vin. Cependant, un fouloir est en test. Il reproduit par des sortes de « pistons » la pression des pieds d’un homme de 80 kg. Les vignobles du Douro sont dit stressés : très froids l’hiver, très chauds l’été, poussant sur un sol aride et caillouteux. Pour avoir les nutriments nécessaires, les racines des ceps s’enfoncent à plus de 40 mètres dans la terre.

Le porto est un assemblage de quatre cépages : rouge pour le porto rouge et blanc pour le porto blanc….Pan sur le bec !…Encore une fausse information dans nos esprits : le porto blanc n’est pas blanc à cause de son très grand âge mais à cause des raisins blancs qui servent à le réaliser !

Selon, la qualité recherchée, le jus est vieilli en petits tonneaux, en barriques ou en foudres, pendant un nombre d’années différent aussi. Le précieux liquide s’évapore de 2% chaque année : la part des anges.

Graham’s est une compagnie appartenant à la même famille depuis l’origine ; les employés, l’oenologue travaillent en son sein de génération en génération : une vraie dynastie familiale ! Graham’s est aussi le fournisseur officiel de la cour d’Angleterre.

N’étant pas amatrice de Porto, je peux cependant vous dire que nous sommes tombés sur…Du bon ! De l’excellent même ! Rien à voir avec ce que nous connaissons chez nous : ce porto liquoreux et très sucré. Quelle merveille la dégustation !

Le temps de faire quelques courses dans une minuscule épicerie, tenue par une vraie Mémé, trop heureuse de discuter avec des français, de promouvoir un vin portugais que nous finirons par acheter (bien bon au demeurant), nous voici dans le bus de retour.

Au camping, l’hôtesse a dit de descendre à « Madalena » . C’est le terminus de la ligne. Jean-Paul a cependant un doute lorsque le bus passe vers les campings. Je reste ferme : « elle nous a dit Madalena et il n’y a pas qu’un seul camping ». Le chauffeur nous jette un coup d’oeil de temps autre dans le retro…Terminus !…Euh…çà ne ressemble pas à ce matin…C’est où le camping ?

Le chauffeur, questionné, se prend la tête à deux mains, se lamente prenant la « santa madona » à témoin. On peut peut être aller à pied ?…Re-incantations ! Il nous fait signe de grimper à bord. Nous obtempérons en pensant qu’il va nous montrer une carte …Pas du tout ! Il débraie son système d’identification, nous ordonne de nous assoir et…Fonce pied au plancher à travers les petites ruelles pour…Nous déposer…Devant le camping ! Et repartir tout aussi à fond vers son terminus !!!

Eh oui ! Cette fois, nous avons fait fort avec les transports en commun : détournement de bus à notre seul avantage !!!

Album photos. porto. Cliquez ci-dessous :

Porto

Amarante. Solar de Mateus. Vila Real. 30 mai 2014.

  Nous quittons Porto sous un beau soleil. Très rapidement, la route s’élève à travers pour grimper à 895 mètres d’altitude. Les pentes sont de l’ordre de 8% ! Nous atteignons Amarante. Le GPS veut que nous empruntions une voie étroite…Méfiance ! Et bien nous en a pris…La rue débouche sur un pont, puis tourne quasi à angle droit ! Elle est interdite aux véhicules dont la longueur dépasse 5,50métres. L’Exsis est à …5,45 !

Amarante est située dans le Tras-os-Montès, région « montagneuse » et vinicole. Elle compte plusieurs maisons du XVII ° siècle, un magnifique pont dédié à Sao Gonçalo, le saint patron et une église étonnante puisque recouverte de tuiles. Jean-Paul ira même essayer le confessionnal, c’est vous dire !

Sao Gonçalo est le saint de vieilles filles. Pour trouver un mari, il leur suffit de le prier !

Après un achat de confiseries à la Confeira da Ponte, nous roulons vers Vila Réal et le Solar de Mateus.

Le Solar est une sorte de maison noble, un manoir. Les propriétaires en héritaient selon une sorte de droit d’ainesse. Obligation leur était faite de faire prospérer le domaine soit par mariage, soit par les affaires.

Le Solar de Mateus date du XVIII° siècle. Il est de style baroque et appartient aux Albuquerque, une des plus anciennes familles du pays. C’est un domaine vinicole réputé. La maisons a subi plusieurs transformations, certaines lui adjoignant des jardins à la française, copie de ceux de Versailles…En taille bonsais !

Nous sommes déçus par la visite de la maison ! Elle ne vaut pas le prix demandé ! Beaucoup de pièces sont fermées car habitées par le propriétaire et la guide…PFFF…Service minimum !

Nous nous installons au camping pour la nuit. J’espérais une connexion wifi…Elle n’a pas voulu de mes Apple !!! Nous avons enfin pu manger dehors. Les pâtisseries d’Amarante étaient un pur régal ! Goût de nèfle/girofle, abricot/rhubarbe, chocolat noir/coco, œufs au sucre…

Album photos. Amarante. Vila Real. Cliquez ci-dessous :

Amarante. Solar de Mateus. Vila Real.

Viseu. Aveiro. 31 mai 2014.

  Hier soir, en préparant l’itinéraire, le GPS n’a trouvé aucune route « gratuite » nous permettant de rejoindre Viseu. Carte en main, j’ai tenté plusieurs hypothèses. Rien à faire…Il doit y avoir un gabarit, ou plusieurs, quelque part sur une des routes complètement incompatible avec notre véhicule. De plus, le temps de trajet est triple par rapport à l’autoroute. Nous optons donc pour cette solution et nous renseignons auprès de la patronne du camping. Elle insiste fortement, voire très fortement : « c’est une « automatica ». Il faudra vite aller payer le trajet à la poste de Viseu. N’oubliez pas ! Sinon…La Police…Amende ! Grosses amende ! »

Nous roulons à travers le Haut Douro, région où pousse le raisin pour le porto ! Les vignes ne sont qu’escaliers, pentes abruptes et cailloux ! Elles couvrent toutes les collines autour de nous. Nous vous mettons un cliché pris en roulant : il rend mal ce que nous avons vu, hélas.

Viseu…Clin d’oeil sur le parking !…

Nous fonçons, c’est le terme exact, à la Poste…Cerrada !… ?!?!…On fait comment nous ? La poste est fermée tout le week end !!!! Nous filons ventre à terre à l’office du tourisme et arrivons à bout de souffle : çà grimpe dur !!! L’hôtesse nous explique qu’il est impossible de payer de suite… ?!?!…En effet, le parcours enregistré par les nombreux portiques, hérissés de caméras, ne sera disponible que sous minimum 3 jours ouvrables ! Elle s’étonne de notre inquiétude et nous lui expliquons que nous souhaitons éviter l’amende. Elle retient un sourire…La police ne verbalise pas à la place de la société privée qui gère l’autoroute. Nous recevrons au pire un courrier à notre domicile nous demandant de payer nos trajets, si nous n’avons pas régularisé trois jours avant de quitter le Portugal. Elle nous remet une plaquette explicative. Encore une information contradictoire donc…Nous verrons bien !

Viseu fêtait les arts ! Nous découvrons des flash mob curieuses au fils des rues. Ici, une dame créée des chapeaux étonnants avec des protections de cagettes et tout de sorte d’objets de récupération. Le marché est étonnant tout en rondeurs à l’étage, tout dédié aux producteurs locaux au rez-de chaussée.

Sans états d’âme, nous reprenons l’automatica pour rejoindre Aveiro. Ancien port de pêche, Aveiro est très touristique. Là aussi, Eiffel a sévit en construisant le marché aux poissons. La spécialité d’Aveiro est l’ovos moles (œufs mous), vendu en petits barils. La recette ? Prennez un kilo de sucre et battez le avec…60 jaunes d’oeufs !!! Pas un de moins ! Un véritable péril jaune…que nous achetons bien sûr !

Nous découvrirons Aveiro à bord d’un moliceiros. Il s’agit d’une barque traditionnelle qui permettait de recueillir le moliço, une algue qui pousse dans la lagune et sert à fertiliser les sols. Ces bateaux à fond plat et proue en forme de demi-lune sont ornés de quatre peintures, représentant souvent des scènes satiriques ou égrillardes…Notre « capitaine » est parfois obligé de jouer de la corne de brume avant de s’engager sous les ponts très bas et étroits…

Aveiro récolte aussi le sel dans sa saline. Nous la parcourons…le vent est fort aujourd’hui ; la fleur de sel se forme et les paludiers sont au travail…

Album photos. Viseu. Aveiro. Cliquez ci-dessous :

Viseu. Aveiro

Vela. Figuera de Fos. Coimbra. 1 et 2 juin 2014.

  Quelle nuit ! La fièvre du samedi soir !!! Dès 2 heures du matin, impossible de fermer l’oeil sur l’aire de stationnement. La distraction de la jeunesse portugaise de Aveiro doit être pourrir les nuits des camping-caristes ! Moteurs à fond, voix tonitruantes jusqu’à un karaoké à 4 heures du matin, tout autoradio hurlant et « greluches » piaillantes !

Se préparer et partir pour Figuera da Fos ? Un peu tôt quand même pour profiter du paysage….

Autant dire que ce n’était pas le jour à me casser les pieds ! Le GPS ouvre le bal !!! Il ne trouve aucune route gratuite entre Aveiro et Figuera alors que moi j’ai une belle N 111 !!! On va se passer de lui ,c’est clair !

La route est belle, hyper roulante. Nous longeons, d’après la carte, un cordon de dunes. Allons voir…

A Tocha, nous bifurquons en direction du Lago de Vela et de la pinède. La route est étroite et « tape » un peu. Par contre, les pins sont de toute beauté. Nous arrivons au bord du lac couvert de nénuphars. Nous nous garons sur un parking pour les pêcheurs où il aurait été vraiment très bon de passer la nuit. Quelle sérénité au bord de ce lac dans la pinède !

Amis camping-caristes : pas de point GPS de cet endroit. Il vous faudra le chercher et le garder secret pour lui conserver tout son charme…

Figuera da Fos sera l’occasion de tremper les pieds dans l’océan. Il est froid encore ! A part çà…Bof ! Une caserne des pompiers étrange, quelques beaux bâtiments de style Art Déco…Au marché, nous achetons deux poissons « rouges » dont nous ne comprenons pas le nom. La poissonnière indique qu’il faut les cuire à la plancha, en crapaudine, rapidement de chaque côté. En effet, ils seront vite cuits ; la chair est ferme, dense, le goût délicat, un peu comme une langouste.

  A Coimbra, le parking à camping-cars est envahi par des camping-caristes portugais, installés comme au camping : auvents ouverts, haubanés, tables, transats et barbecues déballés, raccordés sur l’électricité… Curieux …Pas question pour moi de dormir ici ! Niet catégorique !!! D’autant que c’est concerto de chiens ! Ils me veulent quoi ceux-là ???

Lassés des églises, nous optons pour la visite de la vieille université, que nous rejoindrons par une grimpette terrible le long de ruelles pavées. Le soleil tape fort aujourd’hui !

L’université a été créée en 1290, à Lisbonne, par Dinis 1er. Elle déménagera à Coimbra en 1308 ; elle sera finalement installée, en 1537, dans l’ancien palais royal. Elle restera la seule université du pays jusqu’en 1911 et jouera un rôle important lors de la révolution des oeillets en 1974.

La bibliothèque Joanina est époustouflante ! Elle abrite 300 000 livres dont les plus anciens datent du XVI° siècle. L’intérieur est un summum du baroque avec des rayonnages en bois sculptés, des plafonds en trompe l’oeil, des escaliers camouflés permettant l’accès aux mezzanines et des échelles pour atteindre le haut des rayons cachées dans les montants de ces derniers.

La température est de 18 à 19°, hiver comme été, et l’hygrométrie de 60% ! Y compris le nombre de personnes présentes au même moment dans le lieu est sévèrement contrôlé…Donc…Photo interdite !…Fallait pas me mettre en rogne avec une mauvaise nuit !…Où sont les caméras ?…Ici…Donc là : je suis hors champ ! Et la cerbère ? Occupée ailleurs…Clic !

Idem pour la chapelle ! C’était même plus facile puisque le cerbère est sorti de la pièce 3 minutes ! Çà lui apprendra à bosser à celui-là !

Nous nous glissons aussi dans les cachots réservés aux étudiants ! Pas une seule fenêtre…pas de lumière du tout ! Il valait mieux filer droit ici ! Encore une photo pour la peine !!!

Nous rejoignons le camping de Coimbra. Le wifi est au top ! Le camp aussi ! Des coins barbecues/cuisines avec hottes filtrantes sont à disposition des campeurs ! Je vais me laver la tête avec délectation !!! Parce que côté couleur flamboyante et jolis cheveux…Aïe!!! Entre les embruns, le vent desséchant, l’eau dure et le crachin, faut voir les dégâts !!! Heureusement que j’ai tout un arsenal de soins : masque à l’argan, protéines de soie, soins repigmentants, voile protecteur solaire…Si rien n’y fait, ce sera chignon ou chapeau le reste du voyage…Enfin, vu le vent…Ce sera chignon !

Le moustique sévit aussi depuis Aveiro ! Le portugais est débonnaire, un peu molasson…Il tourne, vire, dédaigne sa proie…Bof !…Ce n’est qu’une fois qu’il est bien gavé de votre sang que vous vous rendez compte, mais un peu tard, de son forfait !

  Un fin crachin nous accompagne jusqu’à Luso et à la forêt de Buçaco. Quel bel endroit que ce site protégé. L’accès est payant : 7€ pour le camping-car. Si on le demande, on peut être autorisé à passer la nuit sur le site.

Le parc s’étend sur une bonne centaine d’hectares et compte plus de 700 espèces différentes, dont des fougères arbustives ressemblant à des palmiers nains !

La forêt était hantée par des Hermites au Moyen-Age. Elle reviendra à l’évêché de Coimbra au XI° siècle. Une bulle pontificale interdit le site aux femmes en 1622…Il se prend pour qui celui qui bulle ???… Six ans plus tard, les carmes, donc des femmes, le défient et construisent le monastère, plantent des espèces exotiques venues de tous les continents et dressent une muraille dans la forêt !

C’est en 1834 seulement que le domaine reviendra à la Couronne Portugaise et que sera édifié le palace-hôtel.

Nous n’hésiterons à grimper au point culminant de la forêt par un étonnant chemin de croix…45 minutes de marche soutenue pour environ 3 Kms…Quelle vue du sommet ! Je vous mets quelques photos de la statuaire du chemin de croix ! Elles sont prises à travers le grillage qui protège les chapelles. Remarquez le réalisme de l’expression des statues de terre.

Cet après-midi la température est de 30° sous abri…

Album photos. Vela. Figuera de Fos. Coimbra. Cliquez ci-dessous :

Vela. Figuera de Fos. Coimbra

Tomar, Fatima, Sao Pedro de Moel. 3 juin 2014

  En route pour Tomar ! Encore une fois, nous serons piégés par « l’automatica » ! Nous roulions sereins sur une « N », en suivant les panneaux blancs pour Tomar…Inexplicablement, sans qu’aucun panneau ne l’annonce, nous passons sous un portique à caméras de « l’automatica ». Et cette fois, ce n’est pas la faute du GPS ! Le tronçon ne figure pas dans sa cartographie : il est flambant neuf ; l’herbe n’a pas encore poussé sur les talus !

Sur le parking de Tomar, qui voilà ? L’Exsis autrichien!!! Nous engageons la conversation avec les Autrichiens ; eux aussi, on cru avoir trop bu à la vision du nôtre : il y en a si peu en circulation !

Au convento do Christo, Jean-Paul, en tant que « reformados », a droit à une réduction de 50% ! Est-ce ceci qui expliquera son comportement bien étrange pour un anticlérical pur jus ! Il y a déjà eu des alertes quand je l’ai vu agenouillé sur un prie-dieu ou assis dans un confessionnal….

En 1190, c’est à Tomar que Gualdim Pais décidé d’installer la maison mère de l’ordre des Templiers dans la forteresse de Tomar. Dans l’enceinte du château, le couvent du Christ résume cinq siècles d’architecture, depuis la rotonde du XII°, style byzantin, jusqu’au cloitre palladien du XVI°, en passant par la célèbre fenêtre manuèline, dite de Tomar !

Nous errerons dans ce labyrinthe impressionnant, d’enfilades d’interminables couloirs en déambulatoires presque intimes aux couleurs dorées ou roses en fonction de la pierre choisie, en corridors, escaliers dérobés bien étroits, terrasses sur plusieurs niveaux. Les cuisines et la salle à manger sont elles aussi de belles proportions.

Nous resterons bouche bée devant la rotonde des templiers, dans l’église. Elle fait explicitement allusion au St Sépulcre de Jérusalem. La décoration date du début du XVI° siècle. La passion du Christ est représentée sous une sorte de dôme en ogive ; tout est recouvert de fresques, de sculptures très fines qui changent nettement avec tout le baroque rococo que nous avons vu jusqu’à présent.

Au bout de 2 heures de déambulations, nous remarquons un phénomène étrange. Nul de besoin de regarder en direction de la cour pour savoir ce qui se passe…Le reflet dans les fenêtres des divers déambulatoires vous permet de tout espionner sans être vu…Ingéniosité et malice templières…

Mais ??? Jean-Paul, tu es malade ? Observez le…Assis sur un banc de pierre dans une niche dévolue au prélat, les mains ouvertes en offrande….?!?!?…Ou encore…A la fenêtre du passe-plat…. Y’a un truc…Overdose d’église ? Miracle ?

Il est tôt encore pour bivouaquer sur le parking, d’autant qu’il est payant de 8H à 20 H. Nous partons pour Fatima.

Fatima est le « Lourdes » portugais. La vierge est apparue le 13 mai 1917, puis chaque 13 du mois jusqu’en octobre à trois jeunes bergers. Elle leur révèle « le secret de Fatima »…Enfin trois secrets : La révolution bolchevique, le retour au catholicisme de la Russie. …Il en manque un ! Il faudra attendre mai 2000 pour le connaître. Il est contenu dans une lettre qui aurait dû être ouverte en 1960 et qui annonçait l’attentat contre Jean-Paul II en 1981 !

Nous sommes estomaqués par la ferveur des gens, de tout âge, qui parcourent le site à…Genoux ! Y compris la traversée de l’immense esplanade, deux fois plus grande que celle de St Pierre de Rome !

A côté et en face de la basilique ancienne, se dressent la chapelle des Apparitions et l’Igreja Santa Trindad, de construction très moderne ! Santa Trindad est de forme circulaire, blanche et dépouillée. Son diamètre mesure 125 mètres et elle ne repose sur aucun pilier intérieur, mais sur deux poutres gigantesques de plus de 180 mètres de long ! Elle jauge 9 000 places assises. A l’intérieur, nous avons l’impression d’être baignés dans la lumière naturelle…En contre bas, le bassin aux jets d’eau est rempli…D’eau bénite !..Rien que çà !

Tiens, un barbecue !…Des flammes, de la fumée, une odeur…Ben non ! Pas de grillades…D’hydrocarbures ! En fait, il s’agit d’un « brûloir » à cierges. Je reprends l’explication de mon Routard : «  Personne ne peut savoir ce que « brûler un cierge » veut dire sans être passé à fatima : ici, les cierges de toutes tailles sont jetés directement dans un brasier : çà va plus vite ! En guise d’ex voto, des membres en cire sont brûlés aussi ! » Véridique !

Il faut dire que chaque 13 du mois, 700 000 pèlerins peuvent être accueillis sur le site et comme chacun achète des boisseaux de cierges, de toute taille, de toute longueur ( nous en avons vu un de 1,50 mètres!) Il faut que çà débite ! Pas question d’attendre que le cierge s’éteigne, il n’y aurait pas la place.

Le stand de vente est en libre service. Il suffit de mettre le prix du ou des cierges dans le tronc. Mais que fait Jean-Paul ?… ?!?!?!…Je n’y crois pas !!!…Il choisit un cierge, un support de cierge et …paie son obole !!!…La preuve en photo !!! …Pas pour le bûler sur site mais pour le ramener à la Croix-Rousse ! Quand je vous dis qu’il a un comportement étrange pour un anticlérical ….A moins que çà ne soit sa qualité de « réformados » qui déclenche çà.

Ce soir, nous sommes face à l’océan à Sao Pedro de Moel. Quelle vue magnifique !

Album photos. Tomar. Fatima. Sao Pedro de Moel. Cliquez ci-dessous :

Tomar. Fatima. Sao Pedro de Moel

Bathala. Alcobaçà. Nazaré. Miradouro. 4 juin 2014.

  Deux grands sites au programme du jour !

Construit en 1388, le monastère de Bathala est de style gothique. Il représente un ex-voto célébrant une victoire militaire. Joao 1er souhaitait faire de Bathala son panthéon et celui de ses enfants. Le plan de Bathala est assez classique : deux cloitres, une salle du chapitre, une nef et des chapelles.

Le plus étrange est la série de sept chapelles inachevées ouvertes à tous les vents, sans toiture et contenant les tombeaux de Duarte 1er et de son épouse Léonore d’Aragon.

Alors que nous déambulons, nous apercevons un soldat en faction devant une porte. Intrigués, nous pénétrons dans la chapelle pour découvrir la tombe du soldat inconnu gardées par deux statues de cire revêtues d’un uniforme. Elles sont bizarre ces statues…Très (trop) réalistes…Je fixe le visage de l’une d’elle…Aucune trace de respiration…2 bonnes minutes s’écoulent…1 battement de cil !!! Etranges statues en effet puisqu’il s’agit de deux vrais soldats parfaitement immobiles !!! Il ne faut pas avoir mal aux reins…Ni le nez qui gratte !!!

En sortant, nous nous glissons dans une belle boutique. La tenancière est une belle et accueillante femme qui nous explique la symbolique du cœur stylisé que nous voyons partout au Portugal. Quand les hommes partaient pêcher la morue ou à la guerre, les femmes leur brodaient des poèmes sur des mouchoirs, l’ancêtre de la lettre en quelque sorte. Il y avait toujours un cœur symbole de leur amour. Depuis, le cœur a été stylisé. La femme, trop contente de bavarder avec nous et de partager sa culture, nous offre une coupe en chocolat noir qu’elle remplit de ginja, la liqueur de cerise spécialité d’Obidos. Quel délice !

  Alcobaçà a été offert à Bernard de Clairvaux par Afonso Henrique en 1152 en remerciement de l’aide apportée contre le envahisseurs Maures. C’est donc un monastère cistercien que nous visitons. Il a été le théâtre d’une histoire tragique. Pedro, fils d’Alfonso IV s’éprend d’Inès, une des dames d’honneur de son épouse Constance de Castille, laquelle a le bon goût de décéder assez rapidement.

Pedro et Inès s’installent ensemble…Sauf que le roi ne voit pas ce ménage d’un bon œil… Lors d ‘un déplacement de Pedro, il fait assassiner Inès après une parodie de jugement en 1355. En 1357, le roi décède enfin et son fils Pedro accède au trône. Il révèlera alors son mariage secret avec Inès, la fera reine à titre posthume, l’exhumera et, avant de la glisser dans un somptueux tombeau, il obligera toute la Cour à lui baisser la main…Beurk !!! Les deux tombeaux sont réunis dans la nef.

La taille de cette dernière impressionne : plus de 100 mètres de long sur 20 mètres de haut ! Celles des cuisines aussi ! Elles sont construites juste au dessus de la rivière : pratique pour l’eau courante !

La restauration de l’édifice est magnifique. Nous admirons la blancheur de pierre et le travail de dentelle fait par les sculpteurs. Dans la cour du cloitre, nous entendons une mélodieuse voix féminine chanter Haendel. Nous nous dirigeons vers le chant et pénétrons dans une chapelle. Surprise ! C’est un homme qui chante ! Luis Peças, célèbre haute-contre portugais, donne des récitals tous les jours à heure fixe. Nous profitons de ce moment magique !

  Nazaré. …Grosse déception ! Nous pensions trouver un site de pêcheurs un peu typique…Nazaré est construite sur 3 collines. Nous choisissons de commencer par Sitio, édifié en haut des falaises. La falaise et la vue sur l’océan valent le détour. Pour le reste…Il n’y a ici que des boutiques d’artisanat…Les marchands vous harcèlent comme jamais nous ne l’avons été en Afrique de l’Ouest !!!! De quoi être de mauvais poil !!!

Nous reprenons le camping-car et descendons vers le bord de mer, direction l’office du tourisme pour avoir des indications sur le bairro des pescadores, le quartier des pêcheurs. A Sitio, un Portugais, très aimable, (en fait un Français habitant le Portugal), nous avait fourni des indications…approximatives ! L’hôtesse de l’office du tourisme nous a envoyés…Au port de pêche ! Rien à voir avec notre demande !!! On cherche encore ce quartier présenté comme typique mais… pas indiqué !

En bord de plage, nous avons la chance de voir des femmes faisant sécher le poisson au soleil…C’est bien ce que nous aurons de plus traditionnel à Nazaré !!!

Nous cherchons un beau bivouac avec vue sur la mer pour ce soir…un peu spécial ! Nous fêtons nos 10 ans de mariage et souhaitons un cadre en rapport avec l’évènement… Nous avons prospecté un bon moment un parking vers une plage ! Ici, trop de pente, là chemin d’accès trop étroit, ici, au cœur de la pinède : interdit de stationner. Les hommes qui exploitent la résine de pins veillent…

Nous prenons donc une route côtière…dont notre GPS ne veut pas entendre parler ! Après des demis-tours impossibles, des rues empruntées au pif au mètre, après Salir do Porto, nous arrivons sur un belvédère avec vue sur Nazaré et Péniche : toute la côte !!! Le lieu s’appelle Miradouro da Arrinhada et il est occupé pour partie par la Cantinha do Governo : une baraque à bière ! Une Madone trône aussi en bonne place. Commençons par consommer à la Cantinha et observer…Tout est calme, clientèle de gens du coin…Parfait ! On reste ici !!! Trop beau ! Trop bien !…Lorsque…

C’est quoi ce cauchemar ???… Du délire !!!…4 énormes camping-car bretons déboulent !!! Et se posent de manière anarchique en nous bouchant la vue sur Péniche !!! On râle à tout va !!! La Madonne a pitié de nous : les camping-cars partent ! Enfin seuls !!! Quelle magnifique soirée !!

Album photos. Bathala. Alcobaçà. Miradouro. Cliquez ci-dessous :

Bathala. Alcobaçà. Miradouro

Obidos. Péniche. Ericeira. Sintra. 5 au 7 juin 2014.



Obidos était à l’origine un oppidum romain, d’où le nom de la ville. Cette ville a un charme médiéval indéniable avec ses impressionnantes murailles et ces ruelles en pente. Nous grimpons sur le chemin de ronde : aucun garde corps nous protège d’une éventuelle chute, et, si vous êtes sujet au vertige…Autant vous abstenir !!!!

En descendant du rempart, nous pénétrons dans une belle église baroque et…Stupéfaction ! L ‘église abrite désormais une librairie ! Nous déambulerons sous le charme d’Obidos…qui se remplit de plus en plus de touristes déversés par cars entiers…Filons !

Nous voulons faire halte un peu plus longtemps à Péniche, pour parcourir cette presquîle soit à pied, soit en louant un vélo. Nous comptons aussi nous rendre sur l’île Berlenga qui abrite une impressionnante colonie d’oiseaux. Notre point de bivouac est parfait : bord de falaise, vue dégagée sur l’océan.

Nous partons donc à la découverte de la flore sous un vent violent ! Une bonne heure de balade dans les embruns…

Puis il est temps d’organiser notre activité de demain. Nous sommes à à peine 1 Km de la ville. Nous cherchons le centre-ville, l’office de tourisme et pourquoi pas un loueur de vélos…Pas par ici…Pas par là…Dans cette rue encore moins…Et bien sûr, personne n’est dehors ou alors…Personne ne parle français….Aucun panneau indicateur nous permettant d’estimer la taille de Péniche et la direction du centre….Ne voulant pas déplacer le camping-car, nous abandonnons la partie pour aujourd’hui et profitons de notre après-midi de repos ! On verra demain…

Album photos. Obidos. Cliquez ci-dessous :

Obidos. Peniche (bivouac).

  Hier soir, nous avons scruté la carte Michelin…Une route de 2 Km traverse la presqu’île. Elle part presque en face du chemin du terre qui conduit à notre bivouac. On devrait trouver sans problème…Soudain…Est-ce un effet de l’apéro ?…Le mode « blaireau » se désactive et nous activons le GPS…Pourquoi n’y avons nous pas pensé plus tôt ! Le quartier des pêcheurs est face à nous et en prenant tout droit, la citadelle est au bout de la rue.

Nous voici donc ce matin, tous guillerets. Le temps gris ne nous inquiète pas outre mesure. Nous parcourons le quartier des pêcheurs en alternant une ruelle à droite, une autre à gauche, enfilant une impasse, puis un cul de sac et, au bout d’un moment…

« Au fait…Hier… On avait décidé de prendre tout droit pour aller en ville…Tout droit, c’est par où maintenant ? »

Et bien sûr, le seul passant que nous trouvons ne parle que portugais et ne comprend rien à notre « baragouin ». Et inévitablement, l’un veut aller par là et l’autre par ici. Je me fie au château d’eau et emporte la manche !

Nous voici le long de la muraille d’enceinte. Jean-Paul m’alerte : « il pleut au fond et çà vient vite ». Je n’y prête pas garde et ….Le déluge s’abat sur nous : glacial, implacable, impitoyable même ! Nous nous réfugions sous une devanture et patientons…Longtemps ! A la faveur d’une accalmie, nous fonçons vers le marché en quête d’un parapluie…Hélas…En vain…Un bar ! Entrons…Ah non ! C’est trop enfumé !!! Tiens un magasin de sport…Les vendeuses comprennent notre demande (Vu notre allure de rats mouillés, c’était facile!). Elles nous envoie « au chinèse », un peu plus loin. Ah bon ?!?…Et jackpot !!!! Il s’agit d’une grande surface tenue par des Asiatiques. Véritable caverne d’Ali Baba, elle regorge de produits et articles en tout genre, à des prix défiant toute concurrence. Par exemple, Jean-Paul a acheté une connexion HDMI pour le satellite à 3,50€ contre 16€ en France ! Les parapluies à 8,50€ sont d’une super qualité ! Alors, si vous êtes au Portugal, poussez donc la porte d’un « chinois » .

Ainsi équipés, nous parcourons la forteresse, témoignage de l’importance stratégique de Péniche, le port et enfin le cœur de ville à la recherche de la fête de l’artisanat annoncée dans le Routard.

Raté ! L’office du tourisme nous confirme qu’elle a eu lieu le week-end dernier ! Etant dans le berceau de la dentelle au fuseau, les « rendas », nous pensions visiter des ateliers. Raté aussi ! La seule dentelière rencontrée restera de marbre.

Album photos. Peniche. Cliquez ci-dessous :

Peniche

  Le lendemain, un soleil radieux est de retour. Le vent souffle du large et la houle est puissante ; les surfeurs seront ravis. Nous rejoignons Ericeira par la route côtière. Après le monastère de Thibaès et le parc de Buçaco, Ericeira est notre gros coup de cœur. Certes, encore un fois, nous avons du mal à trouver le centre-ville. Il faut passer la barre d’immeubles de la station balnéaire…Encore faut-il le faire dans le bon sens…Ce qui ne sera pas notre cas !

Le charme de cette ville de pêcheurs est indéniables, avec ses maisons blanches et bleues, sa place nationale ombragée, la promenade en belvédère dominant les falaises et surtout…La poissonnière du marché ! En tenue locale, grande gueule à souhait, elle se prête volontiers au jeu des photos tout en haranguant le chalant ! Grand moment !!!!

C’est bien à regret que nous quittons l’harmonieuse Ericeira pour rejoindre Sintra.

Ville thermale, accrochée à la montagne, ses villas rivalisent avec les palais mais aussi les immeubles délabrés à souhait ! Nous aurons du mal à nous garer tant Sintra attire les foules. Très tôt, les rois portugais, l’aristocratie et la haute bourgeoisie ont été attirés par ce site protégé par une serra culminant à plus de 500 mètres d’altitude.

Après le vide-grenier, nous dirigeons nos pas vers le miradouro et la casa Piriquita en empruntant des ruelles escarpées aux pavés glissant à souhait… La foule est dense dans les ruelles…PFFF…çà braille de partout ! Quel contraste avec Ericeira.

Il faut trouver la Casa Piriquita, j’y tiens ! C’est ici et nulle part ailleurs, que sont fabriquées « à l’ancienne » les queijadas et les travesseiros ! Je scrute les sacs en plastique de la foule et telle le Petit Poucet, remonte le flot de sac en sac…Enfin, nous voici dans ce temple de la gourmandise.

Les travesseiros sont des rouleaux de pâte feuilletée fourrés à la pâte d’amande et les queijadas des gâteaux au fromage blanc parfumés à la cannelle.

Trop rebutés par la foule et les files d’attente, nous ne visiterons pas le Palàcio National, ni le Palàcio de Pena…Tant pis !

C’est ainsi que nous avons rejoins le camping de Lisbonne où nous goûtons un peu de repos avant de nous lancer à la découverte de cette capitale.

Album photos. Ericeira. Sintra. Cliquez ci-dessous :

Ericeira. Sintra.

Lisbonne. Cabo Espichel. Mourisca. 8 au 11 juin 2014.

  Lisbonne a été bâtie sur 7 collines sur la rive droite du Tage, autre fleuve important du Portugal. Inutile de vous dire que çà grimpe dur à Lisbonne ! Lisbonne est faite de contrastes : richesse et pauvreté extrêmes (pauvres hères vêtus de sacs poubelles, mendiants en tout genre…), l’Alfama pittoresque et presque sauvegardé avec ses boites à fado, Graçà populaire à souhait, Baixa chic, animée et commerçante, des édifices en ruine cotoyant des immeubles restaurés à grand frais. Nous avons évité certains trottoirs de peur de recevoir des parties de façade sur la tête !

Aussitôt débarqués Plaçà da Figueira, nous avons acheté la carte de transport multi-modale « sete collines e viva viagem » dans un distributeur automatique du métro. Stupeur ! Ni la mastercard, ni la visa ne sont acceptées…Et bien sûr, aucun guichet en vue et encore moins un agent. Ce sont des jeunes Français qui nous ont briefés et conseillés sur le choix du ticket et le fonctionnement de l’automate. Comme la carte est valable 24H, selon l’heure à laquelle on la prend ou la renouvelle et le programme de la journée (visite à pied d’un seul quartier ou trajets à travers toute la ville), il est facile d’économiser une journée. Au rechargement de la carte, c’est le billet de 20€ qui a été refusé ! L’automate ne veut que des billets de 10€ maximum ! GRRR !

Tiens…C’est quoi cette structure métallique bizarre ? Une machine inventée par Jules Verne pour aller sur Mars ? Construit en 1907, l’élévateur de Santa Justa est une dentelle de fer dans ses moindres détails. L’ascenseur est piloté par un liftier qui actionne un volant de manoeuvre comme dans les bateaux ! Au début, l’élévateur fonctionnait grâce à une turbine à vapeur ; il est désormais électrique. Et ce n’est pas Eiffel qui l’a construit mais un de ses élèves : Raoul Mesnier du Ponsard!Du sommet nous avons admiré la vue sur Lisbonne…Et compris sa complexité !

Le meilleur moyen de se repérer est encore de parcourir la ville de part en part avec la typique ligne 28E qui part du quartier Mouraria pour rejoindre Estrela, de l’autre côté de la ville, en passant par Alfama, Graçà, Baixa, Rossio, Chiado et Bairo Alto. Sauf que ce trajet se mérite ! Le tram ne peut contenir que 58 personnes maximum. Nous avons donc sagement fait la queue presque ¾ d’heure et pris la …3ème voiture !!! Cette mini rame est en tôle jaune canari, bois et cuivre pour le poste de pilotage.

Aucune vitre aux fenêtres…Peut être à cause de la belle saison…La mécanique brinquebale à tout rompre sur ses rails, aborde des virages impossibles en épingles défiant toutes les lois sur la motricité, frôle les étals, passants ou voitures, s’arrête au sommet des côtes pour attendre une voie parfaitement dégagée et, enfin, s’élance dans un plongeon « de la mort » à « fond les manivelles », histoire d’avoir suffisamment d’élan pour grimper de l’autre côté. Un vrai dessin animé de Tex Avery !!! Nous avons retenu notre souffle et fermé les yeux plusieurs fois ! Nous avons même eu droit à un recul en règle en pleine côte de notre tram…Pour cause d’élan coupé en pleine ascension ! Nous avons admiré la dextérité du wattman (une femme !) actionnant boutons et manettes dans un ballet soutenu. Et…Nous avons atteint le terminus de la ligne ! Tout le monde descend ! En plein quartier où ce jour là, tout était désert…Et sans autre mode de transport en vue alors que nous pensions faire une boucle… On fait quoi ?!?!…Ben ! Pardi ! Comme dirait Guignol : «  en descendant, montez donc ! ». Rebelote dans le même 28E, en sens inverse…Quand on aime…

Nos pérégrinations nous ont emmenés devant un autre « monument historique » : le funiculaire de Lavra. Il est le tout 1er de Lisbonne et a été édifié au 19° siècle. Un peu délaissé par les touristes au profit de celui de Gloria, il offre cependant une sacrée montée. Nous sommes redescendus à pied par la calcada do lavra toute ornée de splendides grafs.

Au retour, j’ai cuisiné une caldeira, sorte de bouillabaisse portugaise. Sauf que…la « soupe de poissons » était encore congelée et des ingrédients me manquaient : les oignons, un beau poivron…C’est donc la caldeira façon Exsis que je vous propose. Faites revenir les poissons à l’huile d’olive dans la cocotte minute, réservez les. Epluchez et coupez les pommes de terres en tranches comme pour un gratin. Idem pour les tomates. Mettre au fond de la cocotte une couche de pommes de terre, puis une de tomates, puis une de poisson et alternez ainsi de suite. Ail, sel, poivre, fines herbes, piment d’espelette (ben quoi ??? C’est façon Exsis pas portugaise). Arrosez d’un bon verre de vin blanc. Fermez la cocotte et comptez 20 à 30 minutes, à fond de feu, dès que la cocotte siffle. Un régal !

De quoi attaquer la journée du lendemain en pleine forme. Et il fallait bien ! Nous avons grimpé l’Alfama à pied, en prenant les rues, les culs de sacs, les escaliers, en long, en large, en montée, en descente, les oreilles emplies du fado qui envahit le quartier.

Ici, la plus vieille conserverie de Lisbonne ! 80 ans que çà dure au moins ! Les boites de sardines, thon et autres poissons s’étalent du sol au plafond sur des étagères de bois sculpté. Toutes sont pliées dans un papier sérigraphié…à la main ! Une mamie sans âge, mais très coquette, s’en occupe ! C’est un cliché pour les touristes ? Même pas ! J’ai posé la question : toutes les boites sont emballées manuellement ! Et toute la famille s’y colle !

Là, la maison des parents de Sao Antonio, celle aussi où il est né. C’est le grand patron de Lisbonne. On le trouve partout : impossible de le louper ! En concurrence avec Sao Vincente, toutefois ! Les reliques de ce dernier sont conservées dans la Sé, austère à souhait !

Sao Antonio a fait un miracle dans l’Alfama…Mais on n’a pas compris lequel… En tout cas, il est fêté et vénéré 3 jours durant à partir du 12 Juin.

Nous voici enfin tout en haut : au castello Sao Jorge. Nous pénétrons dans l’enceinte…Elle constitue le plus vieux quartier de Lisbonne avec ses maisons anciennes, ses ruelles pavées où il fait bon flâner. Toutes les habitations sont décorées pour honorer Sao Antonio, mais aussi pour la fête nationale portugaise fixée au 10 Juin. On est en plein dedans ! Les préparatifs vont bon train. Des buvettes s’installent partout, avec des sonos, des barbecues. Les sardines grillent…Une voiture est coincée dans une ruelle… Des jeunes la chahute et la secoue un peu. Quand finalement, le conducteur s’est dégagé…Il a détallé à la poursuite des trublions…Qui n’avaient pas attendu leur reste ! Quelles belles scènes de vie depuis ce matin ! Et quelles engueulades auxquelles nous ne comprenons rien ! Les gestes suffisent à nous amuser !

Idem au restaurant de St André (encore un saint!) situé en dehors de l’enceinte du château, le long de la muraille. Le cuisinier grille poulet, tentaculos (poulpe), morue dans un énorme barbecue sur la terrasse…Au charbon de bois ! Il faut le voir activer son feu, surveiller la bête sur le grill…

Plus loin, toujours le long de la muraille, une porte ouverte sur un escalier nous invite à la visite à condition de rester « tranquille ». Nous pénétrons sur la terrasse d’une maison de charme, dans un jardin bien entretenu et profitons tranquillement du panorama que les propriétaires ont la gentillesse de nous offrir.

Toujours à pied, nous avons rejoins le populaire quartier de Graçà et avons délaissé « l’itinéraire » à touristes pour nous perdre dans les rues et cul de sac…Nous avons découvert la vraie vie, celle avec les ivrognes qui refont le monde à grand coup de bière (la Sagres), des toxicos, de la mixité sociale et de la débrouille.

Pour finir cette journée, nous avons pris un tram « moderne » pour rejoindre Belem et le monastère de Jeronimos. Ce dernier a été miraculeusement épargné par le tremblement de terre de 1755…Heureusement pour nous ! Le mot qui vient de suite à l’esprit est : grandiose ! Sa construction a été décidée en 1496 par le roi Manuel 1er (style manuelien donc!), boosté par le retour des Indes de Vasco de Gama …Et les richesses qui remplissaient les soutes de ses navires quand même !

D’ailleurs un énorme monument, au bord du Tage, glorifie les grands navigateurs portugais et, en premier lieu, Henri le Navigateur, posé en figure de proue.

Au bout du quai, une « folie » manuelline : la Tour de Belem. Edifiée en 1515, au milieu du fleuve, elle se retrouve maintenant sur la rive ! Un miracle ? Peut être … Le tremblement de terre de 1755 l’a secouée. Elle a résisté…C’est donc le lit du fleuve qui s’est déplacé en 1755, pas la maison !!! Elle servait d’habitation au capitaine du port qui ,du haut de la terrasse, au 5éme étage, observait les mouvements dans l’estuaire.

Après les kms de dénivelés enchainés à pied hier, nous avons été plus sages aujourd’hui. Nous avons pris le métro pour rejoindre à Campo Santa Clara (tiens une sainte ! Çà change!) la Feira da Ladra : la foire de la voleuse. Autrement dit le marché aux puces ! Immense, dans toutes les rues du quartier, et sur la place Santa Clara. De tout : fripes, céramiques, azulejos, artisanat…Du beau et du moche…Et des « figures » comme cette « Ladra », assise à l’ombre entre deux voitures, un œil sur son magazine, l’autre sur son étal. On s’est régalé ! Avec un regret : celui de ne pas comprendre les échanges hauts en verbe entre les « ladre » !

Quelques danses folklorique, un détour à la pâtisserie de Bélem réputée pour ses pastéis de Bélem et…Il est temps de poursuivre notre voyage vers Sétubal et Faro.

Album photos. Lisbonne. Cliquez ci-dessous :

Lisbonne

  Nous quittons Lisbonne tôt pour aller à la maison de la réserve du Sado à Sétubal où nous comptons glaner de précieux renseignements sur les ballades dans l’estuaire du Sado. Nous empruntons l’A12 IP1 et un magnifique pont enjambant le Tage au nord de Lisbonne. La pêche à pied dans l’estuaire bat son plein ; certains pêcheurs ont quand même de l’eau jusqu’à la taille !

La personne chargée des renseignements à la maison de la réserve veut à tout crin m’envoyer sur internet ! J’ai beau lui expliquer qu’en camping-car, ce n’est guère facile…Elle continue à me parler de l’internet de l’hôtel ! Lequel ??? Celui qui se fout du monde ??? Assurément ! Parce que là , je suis en plein dedans ! Au lieu de me documenter sur le Sardo, la personne me parle de Cabo Espichel et de Pamela ! Je perds patience, ramasse mes cliques et mes claques et passe la porte ! On se débrouillera seuls… c’est plus sûr !

Le Cap Espichel a des airs de bout du monde comme on les aime ! C’est d’ailleurs ici que le cinéaste Raoul Ruiz a tourné des scènes de l’île au trésor !

Depuis le moyen-âge les pèlerins passent sur cette lande ! En 1200, la vierge est apparue par 2 fois, assise sur un âne. Du coup, une chapelle a été édifiée, à laquelle a été accolée une citée pour pèlerins avec dortoirs, échoppes et auditorium pour des concerts…parce que parmi les pèlerins, il y a avait des nobles et des bourgeois et qu’il leur fallait bien de la distraction haut de gamme !

Aujourd’hui, tout le rez de chaussée de la « cité » est muré, l’auditorium est écroulé. Ne reste que la chapelle, gardée par une cerbère …Qui interdit toute photo avec ou sans flash ! Grand moment ! Nous avions 2 pictogrammes contradictoires : l’un interdisant le flash, l’autre les photos. Et comme le plafond peint était magnifique…Les contradictions m’ont déclenché une quinte de toux furieuse et…Oh malheur ! Mon doigt a malencontreusement déclenché l’appareil photo…Pas de chance ! La cerbère a quand même du flair ; elle a gueulé : « no fotografar » ! J’en ai été quitte pour tousser y compris en sortant ! Faut penser aux suivants et faire vrai !!! Après tout, c’est le décor d’un film, non ! Alors, jouer la comédie est de circonstance !!!

Tiens encore une chapelle en face ? Non, ce sont les bains réservés au Chapitre et aux pèlerins de rang ! Un aqueduc les alimente en eau à travers la campagne aride. Nous aurons le plaisir d’observer deux bergers avec leurs troupeaux de moutons sur la lande…Et de découvrir une curieuse armée nippone, bleue…azulejos !

Nous poursuivons à travers la réserve de l’Arrabida dans un paysage alternant les montagnes (point culminant : 500 mètres!), les exploitation de chêne-liége, les oliviers et les vignes et parvenons à Mourisca. Au point GPS N38°31’41.90 » W-008°48’11.49 », faute d’indication autre, se trouve un centre d’interprétation de la réserve de l’estuaire du Sardo. Il est situé dans un moulin à marée. Quel calme loin des foules ! Et quel grand moment lorsque les échasses blanches défendent leur petit face à la sterne naine ! Belles prises de bec !!! Une huppe fasciée prend son envol presque sous nos pieds ! Le parcours à travers la saline nous conduit vers une cabane…Habitée ! Poules naines et chien nous accueillerons dans un concert de vocalises.

Compte-tenu des 30° du jour, nous mettons la clim pour la première fois depuis notre départ !

Reste à trouver le bivouac du soir ! Nous pensions aller jusqu’à Troia, mais l’aller-retour nous prendrait trop de temps sur le timing serré qui est le notre. Vers Alcacer do Sal, nous empruntons la N265 pour nous rapprocher des plages. De chaque côté de la routes s’étendent des rizières. Les cigognes, y compris la cigogne noire, ont colonisé chaque village, chaque ferme ! Pour un peu, il y en aurait plus qu’en Alsace !

Les parking le long des plages sont payants ou interdits aux camping-cars la nuit. Nous arrivons donc dans un camping au Lagoa de San André, très bien tenu, calme, clientèle d’habitués…(N 38.10791° W-008.78837°)

Jean-Paul passe l’aspirateur dans le véhicule…CLAC !…Il a fait sauter les plombs ! Il essaiera en vain toutes les prises du boitier…Il a tout disjoncté ! Après un rapide calcul, il n’y a que 2 ampères à disposition par prise !

Album photos. Cabo Espichel. Mourisca. Cliquez ci-dessous :

Cabo Espichel. Mourisca