Bathala. Alcobaçà. Nazaré. Miradouro. 4 juin 2014.

  Deux grands sites au programme du jour !

Construit en 1388, le monastère de Bathala est de style gothique. Il représente un ex-voto célébrant une victoire militaire. Joao 1er souhaitait faire de Bathala son panthéon et celui de ses enfants. Le plan de Bathala est assez classique : deux cloitres, une salle du chapitre, une nef et des chapelles.

Le plus étrange est la série de sept chapelles inachevées ouvertes à tous les vents, sans toiture et contenant les tombeaux de Duarte 1er et de son épouse Léonore d’Aragon.

Alors que nous déambulons, nous apercevons un soldat en faction devant une porte. Intrigués, nous pénétrons dans la chapelle pour découvrir la tombe du soldat inconnu gardées par deux statues de cire revêtues d’un uniforme. Elles sont bizarre ces statues…Très (trop) réalistes…Je fixe le visage de l’une d’elle…Aucune trace de respiration…2 bonnes minutes s’écoulent…1 battement de cil !!! Etranges statues en effet puisqu’il s’agit de deux vrais soldats parfaitement immobiles !!! Il ne faut pas avoir mal aux reins…Ni le nez qui gratte !!!

En sortant, nous nous glissons dans une belle boutique. La tenancière est une belle et accueillante femme qui nous explique la symbolique du cœur stylisé que nous voyons partout au Portugal. Quand les hommes partaient pêcher la morue ou à la guerre, les femmes leur brodaient des poèmes sur des mouchoirs, l’ancêtre de la lettre en quelque sorte. Il y avait toujours un cœur symbole de leur amour. Depuis, le cœur a été stylisé. La femme, trop contente de bavarder avec nous et de partager sa culture, nous offre une coupe en chocolat noir qu’elle remplit de ginja, la liqueur de cerise spécialité d’Obidos. Quel délice !

  Alcobaçà a été offert à Bernard de Clairvaux par Afonso Henrique en 1152 en remerciement de l’aide apportée contre le envahisseurs Maures. C’est donc un monastère cistercien que nous visitons. Il a été le théâtre d’une histoire tragique. Pedro, fils d’Alfonso IV s’éprend d’Inès, une des dames d’honneur de son épouse Constance de Castille, laquelle a le bon goût de décéder assez rapidement.

Pedro et Inès s’installent ensemble…Sauf que le roi ne voit pas ce ménage d’un bon œil… Lors d ‘un déplacement de Pedro, il fait assassiner Inès après une parodie de jugement en 1355. En 1357, le roi décède enfin et son fils Pedro accède au trône. Il révèlera alors son mariage secret avec Inès, la fera reine à titre posthume, l’exhumera et, avant de la glisser dans un somptueux tombeau, il obligera toute la Cour à lui baisser la main…Beurk !!! Les deux tombeaux sont réunis dans la nef.

La taille de cette dernière impressionne : plus de 100 mètres de long sur 20 mètres de haut ! Celles des cuisines aussi ! Elles sont construites juste au dessus de la rivière : pratique pour l’eau courante ! La restauration de l’édifice est magnifique. Nous admirons la blancheur de pierre et le travail de dentelle fait par les sculpteurs. Dans la cour du cloitre, nous entendons une mélodieuse voix féminine chanter Haendel. Nous nous dirigeons vers le chant et pénétrons dans une chapelle. Surprise ! C’est un homme qui chante ! Luis Peças, célèbre haute-contre portugais, donne des récitals tous les jours à heure fixe. Nous profitons de ce moment magique !

  Nazaré….Grosse déception ! Nous pensions trouver un site de pêcheurs un peu typique…Nazaré est construite sur 3 collines. Nous choisissons de commencer par Sitio, édifié en haut des falaises. La falaise et la vue sur l’océan valent le détour. Pour le reste…Il n’y a ici que des boutiques d’artisanat…Les marchands vous harcèlent comme jamais nous ne l’avons été en Afrique de l’Ouest !!!! De quoi être de mauvais poil !!!

Nous reprenons le camping-car et descendons vers le bord de mer, direction l’office du tourisme pour avoir des indications sur le bairro des pescadores, le quartier des pêcheurs. A Sitio, un Portugais, très aimable, (en fait un Français habitant le Portugal), nous avait fourni des indications…approximatives ! L’hôtesse de l’office du tourisme nous a envoyés…Au port de pêche ! Rien à voir avec notre demande !!! On cherche encore ce quartier présenté comme typique mais… pas indiqué !

En bord de plage, nous avons la chance de voir des femmes faisant sécher le poisson au soleil…C’est bien ce que nous aurons de plus traditionnel à Nazaré !!!

Nous cherchons un beau bivouac avec vue sur la mer pour ce soir…un peu spécial ! Nous fêtons nos 10 ans de mariage et souhaitons un cadre en rapport avec l’évènement… Nous avons prospecté un bon moment un parking vers une plage ! Ici, trop de pente, là chemin d’accès trop étroit, ici, au cœur de la pinède : interdit de stationner. Les hommes qui exploitent la résine de pins veillent…

Nous prenons donc une route côtière…dont notre GPS ne veut pas entendre parler ! Après des demis-tours impossibles, des rues empruntées au pif au mètre, après Salir do Porto, nous arrivons sur un belvédère avec vue sur Nazaré et Péniche : toute la côte !!! Le lieu s’appelle Miradouro da Arrinhada et il est occupé pour partie par la Cantinha do Governo : une baraque à bière ! Une Madone trône aussi en bonne place. Commençons par consommer à la Cantinha et observer…Tout est calme, clientèle de gens du coin…Parfait ! On reste ici !!! Trop beau ! Trop bien !…Lorsque…

C’est quoi ce cauchemar ???… Du délire !!!…4 énormes camping-car bretons déboulent !!! Et se posent de manière anarchique en nous bouchant la vue sur Péniche !!! On râle à tout va !!! La Madonne a pitié de nous : les camping-cars partent ! Enfin seuls !!! Quelle magnifique soirée !!

Album photos. Bathala. Alcobaçà. Miradouro. Cliquez ci-dessous :

Bathala. Alcobaçà. Miradouro

Obidos. Péniche. Ericeira. Sintra. 5 au 7 juin 2014.



Obidos était à l’origine un oppidum romain, d’où le nom de la ville. Cette ville a un charme médiéval indéniable avec ses impressionnantes murailles et ces ruelles en pente. Nous grimpons sur le chemin de ronde : aucun garde corps nous protège d’une éventuelle chute, et, si vous êtes sujet au vertige…Autant vous abstenir !!!!

En descendant du rempart, nous pénétrons dans une belle église baroque et…Stupéfaction ! L ‘église abrite désormais une librairie ! Nous déambulerons sous le charme d’Obidos…qui se remplit de plus en plus de touristes déversés par cars entiers…Filons !

Nous voulons faire halte un peu plus longtemps à Péniche, pour parcourir cette presquîle soit à pied, soit en louant un vélo. Nous comptons aussi nous rendre sur l’île Berlenga qui abrite une impressionnante colonie d’oiseaux. Notre point de bivouac est parfait : bord de falaise, vue dégagée sur l’océan.

Nous partons donc à la découverte de la flore sous un vent violent ! Une bonne heure de balade dans les embruns…Puis il est temps d’organiser notre activité de demain. Nous sommes à à peine 1 Km de la ville. Nous cherchons le centre-ville, l’office de tourisme et pourquoi pas un loueur de vélos…Pas par ici…Pas par là…Dans cette rue encore moins…Et bien sûr, personne n’est dehors ou alors…Personne ne parle français….Aucun panneau indicateur nous permettant d’estimer la taille de Péniche et la direction du centre….Ne voulant pas déplacer le camping-car, nous abandonnons la partie pour aujourd’hui et profitons de notre après-midi de repos ! On verra demain…

Album photos. Obidos. Cliquez ci-dessous :

Obidos. Peniche (bivouac).

  Hier soir, nous avons scruté la carte Michelin…Une route de 2 Km traverse la presqu’île. Elle part presque en face du chemin du terre qui conduit à notre bivouac. On devrait trouver sans problème…Soudain…Est-ce un effet de l’apéro ?…Le mode « blaireau » se désactive et nous activons le GPS…Pourquoi n’y avons nous pas pensé plus tôt ! Le quartier des pêcheurs est face à nous et en prenant tout droit, la citadelle est au bout de la rue.

Nous voici donc ce matin, tous guillerets. Le temps gris ne nous inquiète pas outre mesure. Nous parcourons le quartier des pêcheurs en alternant une ruelle à droite, une autre à gauche, enfilant une impasse, puis un cul de sac et, au bout d’un moment…

« Au fait…Hier… On avait décidé de prendre tout droit pour aller en ville…Tout droit, c’est par où maintenant ? »

Et bien sûr, le seul passant que nous trouvons ne parle que portugais et ne comprend rien à notre « baragouin ». Et inévitablement, l’un veut aller par là et l’autre par ici. Je me fie au château d’eau et emporte la manche !

Nous voici le long de la muraille d’enceinte. Jean-Paul m’alerte : « il pleut au fond et çà vient vite ». Je n’y prête pas garde et ….Le déluge s’abat sur nous : glacial, implacable, impitoyable même ! Nous nous réfugions sous une devanture et patientons…Longtemps ! A la faveur d’une accalmie, nous fonçons vers le marché en quête d’un parapluie…Hélas…En vain…Un bar ! Entrons…Ah non ! C’est trop enfumé !!! Tiens un magasin de sport…Les vendeuses comprennent notre demande (Vu notre allure de rats mouillés, c’était facile!). Elles nous envoie « au chinèse », un peu plus loin. Ah bon ?!?…Et jackpot !!!! Il s’agit d’une grande surface tenue par des Asiatiques. Véritable caverne d’Ali Baba, elle regorge de produits et articles en tout genre, à des prix défiant toute concurrence. Par exemple, Jean-Paul a acheté une connexion HDMI pour le satellite à 3,50€ contre 16€ en France ! Les parapluies à 8,50€ sont d’une super qualité ! Alors, si vous êtes au Portugal, poussez donc la porte d’un « chinois » .

Ainsi équipés, nous parcourons la forteresse, témoignage de l’importance stratégique de Péniche, le port et enfin le cœur de ville à la recherche de la fête de l’artisanat annoncée dans le Routard. Raté ! L’office du tourisme nous confirme qu’elle a eu lieu le week-end dernier ! Etant dans le berceau de la dentelle au fuseau, les « rendas », nous pensions visiter des ateliers. Raté aussi ! La seule dentelière rencontrée restera de marbre.

Album photos. Peniche. Cliquez ci-dessous :

Peniche

  Le lendemain, un soleil radieux est de retour. Le vent souffle du large et la houle est puissante ; les surfeurs seront ravis. Nous rejoignons Ericeira par la route côtière. Après le monastère de Thibaès et le parc de Buçaco, Ericeira est notre gros coup de cœur. Certes, encore un fois, nous avons du mal à trouver le centre-ville. Il faut passer la barre d’immeubles de la station balnéaire…Encore faut-il le faire dans le bon sens…Ce qui ne sera pas notre cas !

Le charme de cette ville de pêcheurs est indéniables, avec ses maisons blanches et bleues, sa place nationale ombragée, la promenade en belvédère dominant les falaises et surtout…La poissonnière du marché ! En tenue locale, grande gueule à souhait, elle se prête volontiers au jeu des photos tout en haranguant le chalant ! Grand moment !!!!

C’est bien à regret que nous quittons l’harmonieuse Ericeira pour rejoindre Sintra.

Ville thermale, accrochée à la montagne, ses villas rivalisent avec les palais mais aussi les immeubles délabrés à souhait ! Nous aurons du mal à nous garer tant Sintra attire les foules. Très tôt, les rois portugais, l’aristocratie et la haute bourgeoisie ont été attirés par ce site protégé par une serra culminant à plus de 500 mètres d’altitude. Après le vide-grenier, nous dirigeons nos pas vers le miradouro et la casa Piriquita en empruntant des ruelles escarpées aux pavés glissant à souhait… La foule est dense dans les ruelles…PFFF…çà braille de partout ! Quel contraste avec Ericeira. Il faut trouver la Casa Piriquita, j’y tiens ! C’est ici et nulle part ailleurs, que sont fabriquées « à l’ancienne » les queijadas et les travesseiros ! Je scrute les sacs en plastique de la foule et telle le Petit Poucet, remonte le flot de sac en sac…Enfin, nous voici dans ce temple de la gourmandise.

Les travesseiros sont des rouleaux de pâte feuilletée fourrés à la pâte d’amande et les queijadas des gâteaux au fromage blanc parfumés à la cannelle.

Trop rebutés par la foule et les files d’attente, nous ne visiterons pas le Palàcio National, ni le Palàcio de Pena…Tant pis !

C’est ainsi que nous avons rejoins le camping de Lisbonne où nous goûtons un peu de repos avant de nous lancer à la découverte de cette capitale.

Album photos. Ericeira. Sintra. Cliquez ci-dessous :

Ericeira. Sintra.

Lisbonne. Cabo Espichel. Mourisca. 8 au 11 juin 2014.

  Lisbonne a été bâtie sur 7 collines sur la rive droite du Tage, autre fleuve important du Portugal. Inutile de vous dire que çà grimpe dur à Lisbonne ! Lisbonne est faite de contrastes : richesse et pauvreté extrêmes (pauvres hères vêtus de sacs poubelles, mendiants en tout genre…), l’Alfama pittoresque et presque sauvegardé avec ses boites à fado, Graçà populaire à souhait, Baixa chic, animée et commerçante, des édifices en ruine cotoyant des immeubles restaurés à grand frais. Nous avons évité certains trottois de peur de recevoir des parties de façade sur la tête !

Aussitôt débarqués Plaçà da Figueira, nous avons acheté la carte de transport multi-modale « sete collines e viva viagem » dans un distributeur automatique du métro. Stupeur ! Ni la mastercard, ni la visa ne sont acceptées…Et bien sûr, aucun guichet en vue et encore moins un agent. Ce sont des jeunes Français qui nous ont briefés et conseillés sur le choix du ticket et le fonctionnement de l’automate. Comme la carte est valable 24H, selon l’heure à laquelle on la prend ou la renouvelle et le programme de la journée (visite à pied d’un seul quartier ou trajets à travers toute la ville), il est facile d’économiser une journée. Au rechargement de la carte, c’est le billet de 20€ qui a été refusé ! L’automate ne veut que des billets de 10€ maximum ! GRRR !

Tiens…C’est quoi cette structure métallique bizarre ? Une machine inventée par Jules Verne pour aller sur Mars ? Construit en 1907, l’élévateur de Santa Justa est une dentelle de fer dans ses moindres détails. L’ascenseur est piloté par un liftier qui actionne un volant de manoeuvre comme dans les bateaux ! Au début, l’élévateur fonctionnait grâce à une turbine à vapeur ; il est désormais électrique. Et ce n’est pas Eiffel qui l’a construit mais un de ses élèves : Raoul Mesnier du Ponsard!Du sommet nous avons admiré la vue sur Lisbonne…Et compris sa complexité !

Le meilleur moyen de se repérer est encore de parcourir la ville de part en part avec la typique ligne 28E qui part du quartier Mouraria pour rejoindre Estrela, de l’autre côté de la ville, en passant par Alfama, Graçà, Baixa, Rossio, Chiado et Bairo Alto. Sauf que ce trajet se mérite ! Le tram ne peut contenir que 58 personnes maximum. Nous avons donc sagement fait la queue presque ¾ d’heure et pris la …3ème voiture !!! Cette mini rame est en tôle jaune canari, bois et cuivre pour le poste de pilotage. Aucune vitre aux fenêtres…Peut être à cause de la belle saison…La mécanique brinquebale à tout rompre sur ses rails, aborde des virages impossibles en épingles défiant toutes les lois sur la motricité, frôle les étals, passants ou voitures, s’arrête au sommet des côtes pour attendre une voie parfaitement dégagée et, enfin, s’élance dans un plongeon « de la mort » à « fond les manivelles », histoire d’avoir suffisamment d’élan pour grimper de l’autre côté. Un vari dessin animé de Tex Avery !!! Nous avons retenu notre souffle et fermé les yeux plusieurs fois ! Nous avons même eu droit à un recul en règle en pleine côte de notre tram…Pour cause d’élan coupé en pleine ascension ! Nous avons admiré la dextérité du wattman (une femme !) actionnant boutons et manettes dans un ballet soutenu. Et…Nous avons atteint le terminus de la ligne ! Tout le monde descend ! En plein quartier où ce jour là, tout était désert…Et sans autre mode de transport en vue alors que nous pensions faire une boucle… On fait quoi ?!?!…Ben ! Pardi ! Comme dirait Guignol : «  en descendant, montez donc ! ». Rebelote dans le même 28E, en sens inverse…Quand on aime…

Nos pérégrinations nous ont emmenés devant un autre « monument historique » : le funiculaire de Lavra. Il est le tout 1er de Lisbonne et a été édifié au 19° siècle. Un peu délaissé par les touristes au profit de celui de Gloria, il offre cependant une sacrée montée. Nous sommes redescendus à pied par la calcada do lavra toute ornée de splendides grafs.

Au retour, j’ai cuisiné une caldeira, sorte de bouillabaisse portugaise. Sauf que…la « soupe de poissons » était encore congelée et des ingrédients me manquaient : les oignons, un beau poivron…C’est donc la caldeira façon Exsis que je vous propose. Faites revenir les poissons à l’huile d’olive dans la cocotte minute, réservez les. Epluchez et coupez les pommes de terres en tranches comme pour un gratin. Idem pour les tomates. Mettre au fond de la cocotte une couche de pommes de terre, puis une de tomates, puis une de poisson et alternez ainsi de suite. Ail, sel, poivre, fines herbes, piment d’espelette (ben quoi ??? C’est façon Exsis pas portugaise). Arrosez d’un bon verre de vin blanc. Fermez la cocotte et comptez 20 à 30 minutes, à fond de feu, dès que la cocotte siffle. Un régal !

De quoi attaquer la journée du lendemain en pleine forme. Et il fallait bien ! Nous avons grimpé l’Alfama à pied, en prenant les rues, les culs de sacs, les escaliers, en long, en large, en montée, en descente, les oreilles emplies du fado qui envahit le quartier.

Ici, la plus vieille conserverie de Lisbonne ! 80 ans que çà dure au moins ! Les boites de sardines, thon et autres poissons s’étalent du sol au plafond sur des étagères de bois sculpté. Toutes sont pliées dans un papier sérigraphié…à la main ! Une mamie sans âge, mais très coquette, s’en occupe ! C’est un cliché pour les touristes ? Même pas ! J’ai posé la question : toutes les boites sont emballées manuellement ! Et toute la famille s’y colle !

Là, la maison des parents de Sao Antonio, celle aussi où il est né. C’est le grand patron de Lisbonne. On le trouve partout : impossible de le louper ! En concurrence avec Sao Vincente, toutefois ! Les reliques de ce dernier sont conservées dans la Sé, austère à souhait !

Sao Antonio a fait un miracle dans l’Alfama…Mais on n’a pas compris lequel… En tout cas, il est fêté et vénéré 3 jours durant à partir du 12 Juin.

Nous voici enfin tout en haut : au castello Sao Jorge. Nous pénétrons dans l’enceinte…Elle constitue le plus vieux quartier de Lisbonne avec ses maisons anciennes, ses ruelles pavées où il fait bon flâner. Toutes les habitations sont décorées pour honorer Sao Antonio, mais aussi pour la fête nationale portugaise fixée au 10 Juin. On est en plein dedans ! Les préparatifs vont bon train. Des buvettes s’installent partout, avec des sonos, des barbecues. Les sardines grillent…Une voiture est coincée dans une ruelle… Des jeunes la chahute et la secoue un peu. Quand finalement, le conducteur s’est dégagé…Il a détallé à la poursuite des trublions…Qui n’avaient pas attendu leur reste ! Quelles belles scènes de vie depuis ce matin ! Et quelles engueulades auxquelles nous ne comprenons rien ! Les gestes suffisent à nous amuser !

Idem au restaurant de St André (encore un saint!) situé en dehors de l’enceinte du château, le long de la muraille. Le cuisinier grille poulet, tentaculos (poulpe), morue dans un énorme barbecue sur la terrasse…Au charbon de bois ! Il faut le voir activer son feu, surveiller la bête sur le grill…

Plus loin, toujours le long de la muraille, une porte ouverte sur un escalier nous invite à la visite à condition de rester « tranquille ». Nous pénétrons sur la terrasse d’une maison de charme, dans un jardin bien entretenu et profitons tranquillement du panorama que les propriétaires ont la gentillesse de nous offrir.

Toujours à pied, nous avons rejoins le populaire quartier de Graçà et avons délaissé « l’itinéraire » à touristes pour nous perdre dans les rues et cul de sac…Nous avons découvert la vraie vie, celle avec les ivrognes qui refont le monde à grand coup de bière (la Sagres), des toxicos, de la mixité sociale et de la débrouille.

Pour finir cette journée, nous avons pris un tram « moderne » pour rejoindre Belem et le monastère de Jeronimos. Ce dernier a été miraculeusement épargné par le tremblement de terre de 1755…Heureusement pour nous ! Le mot qui vient de suite à l’esprit est : grandiose ! Sa construction a été décidée en 1496 par le roi Manuel 1er (style manuelien donc!), boosté par le retour des Indes de Vasco de Gama …Et les richesses qui remplissaient les soutes de ses navires quand même !

D’ailleurs un énorme monument, au bord du Tage, glorifie les grands navigateurs portugais et, en premier lieu, Henri le Navigateur, posé en figure de proue.

Au bout du quai, une « folie » manuelline : la Tour de Belem. Edifiée en 1515, au milieu du fleuve, elle se retrouve maintenant sur la rive ! Un miracle ? Peut être … Le tremblement de terre de 1755 l’a secouée. Elle a résisté…C’est donc le lit du fleuve qui s’est déplacé en 1755, pas la maison !!! Elle servait d’habitation au capitaine du port qui ,du haut de la terrasse, au 5éme étage, observait les mouvements dans l’estuaire.

Après les kms de dénivelés enchainés à pied hier, nous avons été plus sages aujourd’hui. Nous avons pris le métro pour rejoindre à Campo Santa Clara (tiens une sainte ! Çà change!) la Feira da Ladra : la foire de la voleuse. Autrement dit le marché aux puces ! Immense, dans toutes les rues du quartier, et sur la place Santa Clara. De tout : fripes, céramiques, azulejos, artisanat…Du beau et du moche…Et des « figures » comme cette « Ladra », assise à l’ombre entre deux voitures, un œil sur son magazine, l’autre sur son étal. On s’est régalé ! Avec un regret : celui de ne pas comprendre les échanges hauts en verbe entre les « ladre » !

Quelques danses folklorique, un détour à la pâtisserie de Bélem réputée pour ses pastéis de Bélem et…Il est temps de poursuivre notre voyage vers Sétubal et Faro.

Album photos. Lisbonne. Cliquez ci-dessous :

Lisbonne

  Nous quittons Lisbonne tôt pour aller à la maison de la réserve du Sado à Sétubal où nous comptons glaner de précieux renseignements sur les ballades dans l’estuaire du Sado. Nous empruntons l’A12 IP1 et un magnifique pont enjambant le Tage au nord de Lisbonne. La pêche à pied dans l’estuaire bat son plein ; certains pêcheurs ont quand même de l’eau jusqu’à la taille !

La personne chargée des renseignements à la maison de la réserve veut à tout crin m’envoyer sur internet ! J’ai beau lui expliquer qu’en camping-car, ce n’est guère facile…Elle continue à me parler de l’internet de l’hôtel ! Lequel ??? Celui qui se fout du monde ??? Assurément ! Parce que là , je suis en plein dedans ! Au lieu de me documenter sur le Sardo, la personne me parle de Cabo Espichel et de Pamela ! Je perds patience, ramasse mes cliques et mes claques et passe la porte ! On se débrouillera seuls… c’est plus sûr !

Le Cap Espichel a des airs de bout du monde comme on les aime ! C’est d’ailleurs ici que le cinéaste Raoul Ruiz a tourné des scènes de l’île au trésor !

Depuis le moyen-âge les pèlerins passent sur cette lande ! En 1200, la vierge est apparue par 2 fois, assise sur un âne. Du coup, une chapelle a été édifiée, à laquelle a été accolée une citée pour pèlerins avec dortoirs, échoppes et auditorium pour des concerts…parce que parmi les pèlerins, il y a avait des nobles et des bourgeois et qu’il leur fallait bien de la distraction haut de gamme !

Aujourd’hui, tout le rez de chaussée de la « cité » est muré, l’auditorium est écroulé. Ne reste que la chapelle, gardée par une cerbère …Qui interdit toute photo avec ou sans flash ! Grand moment ! Nous avions 2 pictogrammes contradictoires : l’un interdisant le flash, l’autre les photos. Et comme le plafond peint était magnifique…Les contradictions m’ont déclenché une quinte de toux furieuse et…Oh malheur ! Mon doigt a malencontreusement déclenché l’appareil photo…Pas de chance ! La cerbère a quand même du flair ; elle a gueulé : « no fotografar » ! J’en ai été quitte pour tousser y compris en sortant ! Faut penser aux suivants et faire vrai !!! Après tout, c’est le décor d’un film, non ! Alors, jouer la comédie est de circonstance !!!

Tiens encore une chapelle en face ? Non, ce sont les bains réservés au Chapitre et aux pèlerins de rang ! Un aqueduc les alimente en eau à travers la campagne aride. Nous aurons le plaisir d’observer deux bergers avec leurs troupeaux de moutons sur la lande…Et de découvrir une curieuse armée nippone, bleue…azulejos !

Nous poursuivons à travers la réserve de l’Arrabida dans un paysage alternant les montagnes (point culminant : 500 mètres!), les exploitation de chêne-liége, les oliviers et les vignes et parvenons à Mourisca. Au point GPS N38°31’41.90 » W-008°48’11.49 », faute d’indication autre, se trouve un centre d’interprétation de la réserve de l’estuaire du Sardo. Il est situé dans un moulin à marée. Quel calme loin des foules ! Et quel grand moment lorsque les échasses blanches défendent leur petit face à la sterne naine ! Belles prises de bec !!! Une huppe fasciée prend son envol presque sous nos pieds ! Le parcours à travers la saline nous conduit vers une cabane…Habitée ! Poules naines et chien nous accueillerons dans un concert de vocalises.

Compte-tenu des 30° du jour, nous mettons la clim pour la première fois depuis notre départ !

Reste à trouver le bivouac du soir ! Nous pensions aller jusqu’à Troia, mais l’aller-retour nous prendrait trop de temps sur le timing serré qui est le notre. Vers Alcacer do Sal, nous empruntons la N265 pour nous rapprocher des plages. De chaque côté de la routes s’étendent des rizières. Les cigognes, y compris la cigogne noire, ont colonisé chaque village, chaque ferme ! Pour un peu, il y en aurait plus qu’en Alsace !

Les parking le long des plages sont payants ou interdits aux camping-cars la nuit. Nous arrivons donc dans un camping au Lagoa de San André, très bien tenu, calme, clientèle d’habitués…(N 38.10791° W-008.78837°)

Jean-Paul passe l’aspirateur dans le véhicule…CLAC !…Il a fait sauter les plombs ! Il essaiera en vain toutes les prises du boitier…Il a tout disjoncté ! Après un rapide calcul, il n’y a que 2 ampères à disposition par prise !

Album photos. Cabo Espichel. Mourisca. Cliquez ci-dessous :

Cabo Espichel. Mourisca

Sagrès. Cabo San Vicente. 12 juin 2014.

  Au camping, de jeunes Belges nous ont conseillé d’aller à Sagrès plutôt qu’à Lagos et de dormir au Cabo San Vicente, au bord des falaises… Tentés, nous modifions donc l’itinéraire et prenons la N120, le long de la Costa Dourade. Le revêtement est abimé par endroit mais dans l’ensemble très roulant, ce qui est loin d’être le cas au Portugal. La route s’étire dans une campagne aride, à travers les chênes-liége, les mimosas, les pins et les pâturages. En pleine ville, un âne, bâté avec un antique harnais à pompons rouges tire une carriole d’herbe sur laquelle est juchée deux anciens, leurs chapeaux visés à la tête ! Plus loin, une dame âgée accroche des peaux de chèvre tannées sur sa façade dans l’espoir d’en vendre…Quel anachronisme avec les camions flambant neufs qui empruntent la N120 !!!

Nous ne croiserons que 4 camping-cars ; c’est vous dire si nous sommes loin des itinéraires à touristes !

A Sagrès, nous optons pour la visite de la forteresse. Les remparts du XVIII° ont été construits selon les principes de Vauban. Un motif circulaire de 50 mètres de diamètre orne la cour ; rose des vents, cadran solaire, aire de séchage du poisson ou lieu de cérémonie : nul ne sait ! C’est d’ici qu’Henri le Navigateur souhaitait ouvrir une route sur l’Inde contournant l’Afrique. Avec la fortune de l’Ordre du christ, héritier des Templiers, il armé des bateaux et …Aucune expédition n’est partie de Sagrès ! Peut être à cause des falaises abruptes… En tout cas, le quartier général d’Henri le Navigateur était bien ici en 1415 après la prise de Ceuta. Il a attiré tous les grands astronomes, cartographes et mathématiciens. Ce qui lui a permis de découvrir…Non pas l’itinéraire bis pour les Indes…Mais Porto Santo, Madère et les Açores !

6 Kms plus tard, nous rejoignons le cap San Vicente posé sur un à pic de 80 mètres. Là aussi, le lieu est entouré de légendes…

Dans l’Antiquité, les Grecs en ont fait le lieu de repos des Dieux. Les chrétiens, bien plus tard, au IV° siècle, le baptisent Cap St Vincent parce qu’ici s’est échoué le bateau qui transportait la dépouille du martyr ! Au début du XX° siècle, les nonnes vivaient sur le cap, bien avant la construction du phare. Par temps de brouillard, elles secouaient toute la journée des centaines de clochettes et allumaient un grand feu la nuit pour signaler la côte dangereuse aux marins…D’ailleurs, certaines nuits sans lune, si vous êtes sur la lande ou en mer….les clochettes peuvent de tinter encore !

Ce soir, aucun risque. Le vent a forci mais la température est montée à plus de 35° dans la journée et le ciel est tout dégagé… Nous avons hâte de photographier le coucher de soleil dont on disait, au Moyen âge qu’il était 100 fois plus grand qu’ailleurs ! Et plus incendiaire ! Légende… ???

Album photos. Sagrès. Cabo San Vicente. Cliquez ci-dessous :

Sagrès. Cabo San Vicente.

Portimao. Ferragudo. Silvès. 13 juin 2014.

  Pour carillonner…C’est un tintamarre de carillons qui a résonné jusqu’à 22H. Pas celui des nonnes ! Celui des bips de fermeture des voitures des badauds ! Jamais nous n’avons vu autant de monde devant un coucher de soleil !!! Puis, telle une envolée de moineaux, tous les badauds sont partis…Créant quasiment un embouteillage et… Nous avons enfin été seuls sur le cap, point le plus à l’ouest de l’Europe. Le faisceau du phare a illuminé notre nuit, concurrençant ainsi la lune.

A Portimao, la chaleur nous écrase. Nous jetons notre dévolu sur le musée de la ville. Le musée occupe les anciens locaux de la conserverie de sardine ; la scénographie lui est essentiellement consacrée. La présentation est très bien faite du déchargement des poissons dans des paniers d’osier à la mise en boite, en passant par la confection des boites en fer et l’éviscération des sardines. Un très bon moment ! La ville en elle même est peu attrayante ; aussi avons nous traversé le pont pour visiter Ferragudo, plus attachante à nos yeux. Son port de pêche artisanale fonctionne encore. Nous avons chercher un peu d’ombre dans les ruelles. Le mercure grimpe ferme …

C’est l’aire de camping-car de Silves que nous choisissons pour attendre la chute des températures. De beaux emplacements avec tous les services, un accueil des plus sympathique, le wifi à disposition, des tables pique-nique et des oliviers à l’ombre propice….La visite de Silves attendra la soirée !

Etant très proche de la borne du wifi, j’en profite pour mettre à jour le blog. Le signal est excellent ; çà devrait aller vite. Eh bien, pour le wifi aussi c’est l’heure de la sieste. Au bout d’une heure, seules quelques photos , « allégées » comme il se doit, sont téléchargées ! J’enrage…en vain ! Internet à pleine puissance est un mythe ici aussi.

La température baisse enfin au fur et à mesure que le soleil décline. Silves est une ville perchée sur une colline, entourée de vergers, et au pied de laquelle serpente l’Arade, un fleuve poissonneux à souhait. L’influence maure est très présente ne serait-ce que par l’imposante forteresse de grès rouge qui domine. Avant la reconquista, Silvès était la capitale de l’Al-ghrab musulman : le royaume de l’Algarve. En 1189, après l’avoir conquise, Sancho 1er rase la ville et détruit une vingtaine de mosquées. Seule la citadelle a été épargnée. En 1191, les Maures reprennent la ville qui ne redeviendra chrétienne qu’en 1248. Par le port transitait tout le bois de la serra. Il s’est envasé peu à peu…Ainsi déclina la ville ! Elle reste cependant un centre culturel important et fête chaque année sa bière ! Cette dernière, à la fois légère et puissante, est servie dans des bocks très particuliers en grès. Elle est la bienvenue pour étancher notre soif après l’ascension de la citadelle ! Le bar comporte une cour intérieur, agrémentée d’une fontaine. Il nous a immédiatement renvoyé à nos souvenir du Maroc.

Dans cette paisible bourgade, la horde de chiens errants que nous rencontrons est paisible. A peine, un des chiens lèvera-t-il une paupière à notre passage…Ce n’est pas le cas des cigognes ! Ici aussi, elles sont très présentes. L’un de nos étonnement est la quantité de cigognes nichant au Portugal ! L’Alsace est belle est bien battue à plate couture. Nous aurons le plaisir d’observer y compris la cigogne noire. Et figurez vous que la cigogne est très bruyante…Elle claque sans arrêt du bec d’un claquement sec et rythmé : clac-clac…clac-clac…Clac-clac-clac !

Album photos. Portimao. Ferragudo. Silvès. Cliquez ci-dessous :

Portimao. Ferragudo. Silvès.

San Lourenço. Faro. Beja. 14 juin 2014.

DSC03911 Déjà 33,6° à 8H50 : çà promet !

Nous prenons la route pour Faro, avec une halte à la chapelle Sao Lourenço. Inutile de vous dire qu’elle est bien mal indiquée, que nous avons cherché un bon moment, emprunté une route très étroite, sinueuse pour enfin déboucher sur la place et…Essayez de garer un camping-car, même d’une longueur de 5,45 mètres frôle parfois l’exploit sportif ! C’est le cas au pied de cette chapelle ! Notre Exsis envahit littéralement l’espace…

Pour vous aider, cet édifice est à 2 km à l’est d’Almancil, à 6 km de Loulé, sur la route de Faro. Il faut donc prendre la route au lieu de la voie rapide…Prévoyez une carte assez détaillée et…De nombreuses fausses routes !

L’extérieur n’a rien de rare si ce n’est l’escalier quasi à pic qui conduit au clocher et la fresque représentant le martyre de St Laurent. La visite est payante et plutôt chère : 2€ par personne ! Les photos sont interdites…Si ! Si ! La cerbère voit et entend tout. Pour le prix, quand même…Un cliché…Comme nous n’avions pas l’appoint et la cerbère pas de monnaie, Jean-Paul retourne au véhicule chercher des « petites pièces ». Bonne élève (Hum ! Hum!), je lui tends, avec un grand sourire mon appareil photo, à ranger dans le véhicule. Sauf que…Dans ma pochette…Patiente mon mini appareil, le fameux Cybershot format carte de crédit et silencieux au possible.

L’intérieur de la chapelle est tapissé d’azulejos, réalisés au XVIII° par le Maitre de l’époque : Oliveira Bernardes. Les scènes racontent la vie et la mort en l’an 258 de St Laurent . Figurez vous qu’il préférait distribuer les biens de l’Eglise aux pauvres plutôt que de les donner à l’empereur romain. Grave ignominie qui sera punie comme il convient ! St Laurent a fini brûlé sur un gril chauffé par un brasier…La 1ére plancha en somme !

Dans la chapelle, le bleu de azulezos est comme rehaussé par l’or des retables. La lumière est fantastique, un peu magique…Alors…Sans bruit, je m’autorise 3 clichés à la volée…Le résultat est moyen mais on a bien rigolé !

DSC04103 A Faro, nous visitons la vieille ville uniquement. La chaleur gagne en intensité. Nous serons donc un peu épargnés dans les vieilles ruelles. Ce qui frappe au premier abord est le bruit incessant du trafic aérien ! Comment font les gens pour vivre dans un tel rugissement de réacteurs ? La vieille ville présente un bel ensemble architectural, en pleine restauration. Nous aurons la chance d’apercevoir de belles scènes de vie : la mendiante sous le porche, l’atelier du céramiste, des azulezos en cours de restauration, un mariage et son cérémonial bien différent du notre, et, enfin, la serrure portugaise. Vous ne connaissez pas ? Pourtant, elle est simple, efficace et…à la portée de toutes les bourses ! Prenez une chaine et un cadenas. Passez la chaine dans des trous faits dans chaque battant de la porte, pour une porte à 2 vantaux, ou dans le trou de la porte et celui du volet de la fenêtre, cadenassez et …Le tour est joué !

Il fait trop chaud pour rester à Faro…Cap au nord pour trouver de la fraicheur ! Nous empruntons la N2 plutôt que l’autoroute. Ceci nous permet d’acheter en direct des fruits et légumes incomparables ! Les tomates cœur de bœuf sont charnues, sans pépin. Le goût est celui de la tomate juste cueillie au jardin mûre à point. Une odeur de fraise envahit soudain l’étal. Sous nos yeux, un ouvrier en apporte de pleines caisses. La cueillette est en cours. Côté tarif ? Un kilo de cerises très charnues, deux kilos de tomates cerises, 500 grammes de fraises, autant de figues, un kilo d’abricot et 500gr d’orange, le tout pour…10,70 euros ! Non, je ne me trompe pas ! Moins de 11€ le tout ! Alors, faites comme nous ! Achetez direct au producteur en bord de route ! Vérifiez cependant le rendu de monnaie. L’erreur est humaine…L’appât du gain aussi !

Nous roulons dans l’Alentejo, la plus grande province du Portugal ( environ la superficie de la Belgique). Ici, le paysage est composé de vastes plaines dont la monotonie est rompue par quelques collines. Grenier à blé du pays, 1er producteur mondial de liège, couvrant 1/3 de la superficie du Portugal, l’Alentejo ne regroupe pourtant que 6% de la population. Le climat est rude : glacial et venté l’hiver mais torride et poussiéreux l’été. On en découvre un bel échantillon puisque nous voyageons toute fenêtre close et climatisation poussée !

L’Alentejo est la province des Latifondias. Ce sont d’énormes propriétés (un peu comme les haciendas) qui produisaient les céréales, la viande bovine, l’huile d’olive. Elles employaient un minimum d’ouvriers permanents et beaucoup de saisonniers. Lors de la révolution de 1975, les latifundaires ont été obligés de partager la terre. Ils n’ont pu conserver qu’une centaine d’hectares chacun. On peut vous dire que c’est déjà beaucoup et qu’il n’y a pas foule ! Les voisins proches sont encore bien loin les uns des autres ! Même si le portail de la latifundia est proche de la route principale, nous ne verrons presque pas les bâtiments tant la route d’accès est longue.

Le liège est exploité dans cette région. Nous trouverons de nombreuses exploitations de chêne liége. Seule l’écorce est collectée, à une périodicité de 4 ans par arbre. Elle est ensuite stockée puis travaillée, transformée en chapeau, sac, bijou ou vêtement. Le « produit fini » est très souple, fin, léger et résistant.

DSC04196  Nous voici enfin au camping de Béja. La température extérieure est de presque 46° alors qu’à l’intérieur du camping-car, elle culmine à 31°. En sortant du véhicule, Jean-Paul, qui ne craint pourtant pas la chaleur, a l’impression d’être précipité dans un brasier intense, comme si du plomb en fusion coulait sur ses épaules. Il reconnaît que c’est la première fois de sa vie de baroudeur qu’il connait une telle sensation. Moi ?…OUT ! Je suis totalement OUT ! C’est sûrement pour çà que…J’y reviendrais un plus loin ! Subit-on le martyr de St Laurent pour les 3 photos clandestines de la chapelle ?

Pour autant nous souhaitons visiter le musée d’Art Wisigoth. Et si on veut le faire avant la fermeture…Il faut affronter la fournaise ! Le billet est couplé avec le musée régional, lequel est installé dans l’ancien couvent. Et qui dit couvent, dit ??? Fraicheur bien sûr ! Un vrai bonheur ! Nous avons apprécié la marqueterie de marbre de la chapelle baroque, le déambulatoire, la chapelle St Jean-Baptiste et sa curieuse porte des morts.

Le musée wisigoth étant malheureusement fermé, nous nous sommes précipité dans le château toujours à la recherche d’une bienheureuse fraicheur. La visite est gratuite ! La vue du haut des remparts, et surtout de la tour, est époustouflante. A perte de vue, ce ne sont que champs de céréales dorés par le soleil, tâches vertes des oliveraies et immenses silos de stockage des céréales.

La chaleur écrasante ne réussissant pas à réduire notre gourmandise, nous cherchons la pasteleria Luis da Rochas. Cette pâtisserie est une institution ! Elle tient le haut du pavé depuis 1893 ; le décor est très « année 1950 ». Déguster une douceur devient un moment d’anthologie ! La rue qui nous conduit dans ce haut lieu de la gourmandise est ombragée par de grandes toiles tendues de part et d’autre. Pratique pour le challant mais désespoir du photographe ! Comme souvent au Portugal, nous manquons de recul pour photographier une belle façade, les rues en pente ou les bâtiments de guingois donnent l’impression que la photo est tordue ! Nous découvrirons quand même une magnifique cheminée maure qui tient lieu de barbecue.

Le camping …Maintenant que me voici revigorée, je me lance dans la visite des sanitaires. J’espérais laver ma tignasse…Là !…Horreur !!! Stupeur !!!! Dégout !!! Je reviens au véhicule hors de moi ! Et refuse catégoriquement d’utiliser le bloc sanitaire ! Je ronchonne à tout va, empoigne l’appareil photo et opère une volte-face devant Jean-Paul médusé. Quelle mouche me pique ? Le bac à vaisselle est rempli d’une sorte de sable noir, les douches femmes sont décorées de touffes de poils noirs, de rasoirs jetables, d’emballages de tampons périodiques. Çà mérite un bon commentaire assorti de photos sur le net !!! Alors, je me défoule ! Le chariot de ménage est dans un coin : les éponges, serpillières et balais sont …Momifiés ! Ils n’ont pas du servir depuis, au moins, leur invention !

Je fonce à l’accueil, ordi sous le bras pour une mise en ligne de cette abomination sans tarder. Hé ! Hé !

Béja est une ville qui a beaucoup développé le wifi ; elle l’offre gratuitement dans les endroits les plus touristiques, dont l’accueil du camping. Je respecte toute la procédure, créé mon identifiant, attend le mail de confirmation contenant le lien de connexion…çà dure un peu ! L’ordi est sur mes genoux car la seule minuscule table est occupée par un Papy qui lit le journal. Le responsable du camping sort et…Chasse le Papy. Il doit me céder la place ; je propose de partager…Stratégie pour engager la conversation et m’étonner de la difficulté à se connecter. Qu’est ce que je n’ai pas fait là ? Le responsable, dévoué comme tout Portugais de plus de 50 ans, m’impose son aide et s’approprie mon ordi. Il refait la procédure…1 fois, 2 fois, 3 fois…Peste et me prouve que çà marche sur son téléphone portable. Au bout d’une demi-heure, je déclare forfait ! Mais avec une idée derrière la tête…Puisque je ne peux pas avoir internet, est-ce l’agent d’entretien pourrait me laver une douche ? Dit avec un beau sourire et devant l’air dépité du responsable, j’avais une chance… Ce sera comme le wifi ! C’est proposé mais impossible à réaliser de suite ! Pour la petite histoire, le mail contenant le lien a été envoyé…3 heures après ma demande initiale ! Et toujours pour la petite histoire, nous avons déboursé dans ce magnifique camping au sol poussiéreux et aux sanitaires insalubres : 11,50 € la nuit ! Alors, les camarades : faites du camping sauvage aux environs de Béja et boycottez ce bouge !

Album photos. San Louricio. Faro. Beja. Cliquez ci-dessous :

San Lourenço. Faro. Beja

 

Evora. Marvao. 15 juin 2014.

Ce billet est dédié à nos amis André et Monique Bonnetat pour les remercier de leur insistance à nous engager à visiter la chapelle des os.

  Ce matin, les chants de tourterelles nous réveillent. Il est encore tôt et, curieusement, la température est devenue acceptable. Je ne peux pas m’empêcher, en quittant le camping, d’interpeler la personne à l’accueil sur la « propreté » des sanitaires. Il se gratte le ventre, puis la nuque, me répond « pas aujourd’hui » avec le sourire ! Les amis, çà se confirme ! Nous avons campé chez « crados et fainéantise » !

En parlant de sale, le camping-car est vraiment peu reluisant côté extérieur. Justement voici une station de lavage acceptant les véhicules hauts. Le tableau de commande est écrit en portugais mais c’est le même que chez nous : lavage, rinçage simple, anti-trace et cire. Nous commençons le lavage…Jusque là, classique : de la mousse. Nous passons au rinçage simple…De l’eau sous pression…Mais quand même…çà mousse un peu… ?!?!…Nous n’insistons pas et enclenchons le rinçage anti-trace….C’est quoi çà ? C’est quoi ce cauchemar ????…De la mousse ! En quantité ! De la mousse haute pression, dense, qui nappe le camping-car !!! Horreur !!!!…Nous vérifions : c’est bien le rinçage anti-trace !!!…Nous revenons au rinçage simple…La mousse part petit à petit mais….La carrosserie, les baies en acrylique sont couvertes de traces. Nous enrageons ! Nous voici donc à essuyer le camping-car avec des microfibres, à verser de l’eau de notre réservoir avec une bouteille sur les baies pour éviter une attaque corrosive qui les abimerait à tout jamais ! Et nous pestons comme de beaux diables !!!! Au bout de trois quart d’heure d’efforts intenses, nous prenons enfin la route d’Evora.

Evora est classée à l’Unesco et, franchement, ceci est mérité. La cité est très belle avec son temple romain, son enceinte médiévale intactes, ses maisons à moucharabiehs et ses arcades.

Evora a abrité la cour du Portugal au XV° et XVI° siècle. C’était un foyer d’humanisme jusqu’à l’arrivée…Des jésuites et de l’inquisition ! Evora deviendra alors la capitale de… l’intolérance et sombrera dans une léthargie profonde !

Un peu pour faire plaisir à nos amis André et Monique, nous cherchons la chapelle des os. Nous avons visité les catacombes de Paris et l’ossuaire de Douaumont donc…Les empilements de squelettes…On connait. Nous sommes même un peu blasés pour tout dire.

Cette chapelle se trouverait sur l’un de côté de la cathédrale. André nous a prévenu : il faut chercher l’entrée, assez mal indiquée. Bon…La cathédrale est en rénovation, bardée d’échafaudages, cachée par des cabanes de chantier. Impossible de pénétrer à l’intérieur ou d’apercevoir un clocher suggérant une chapelle. On a promis donc on cherche ! Nous décidons de faire le tour du chantier et furetons dans les recoins… Là ! Un panneau minuscule, derrière un étal d’artisanat et de bouteilles d’eau. Il indique : « capela dos ossos ». Pas besoin de parler portugais pour comprendre… Nous passons une méchante porte, enjambons un tas de bois …PFF… çà commence bien ! On ne va trouver que des gravas et des trucs crados ! Lorsque …

Nous débouchons dans un déambulatoire bien soigné ! Et au fond, à gauche, l’entrée de la chapelle !!! Nous ne regrettons pas d’avoir insisté ! Au XVI° siècle, 5 000 personnes ont offert des crânes et des tibias pour décorer la chapelle. Ils forment des frises le long des arcs des voutes. A côté de l’autel, il y a même le crâne du Père fondateur ! Lieu absolument incroyable : André et Monique avaient raison !

A 14H30, lorsque nous quittons Evora, le vent s’est levé ; pour autant, la température est de 43° ! Nous décidons de rejoindre le village perché de Marvao pour une halte nocturne que nous espérons fraiche. La route serpente en épingles à cheveux très serrées lorsque nous franchissons les monts puis, elle s’tire en un long ruban d’asphalte lorsque nous rejoignons la plaine. Nous n’en finissons pas de traverser d’immenses champs de céréales…Quelle monotonie ! Ah…Enfin…Nous grimpons !!! Au détour du chemin, nous apercevons Marvao sur un piton rocheux. Vue magique ! Et endroit magique aussi ! Nous stationnons sur le parking camping-car ; en fait : une terrasse arborée, aux emplacements bien délimités, des tables pique-niques, une vue à 180° sur la plaine et tous les services dont…Un panneau d’interdiction de stationner pour les…camping-cars !… ?!?!?… On a loupé quelque chose ??? A pied, nous retournons sur la route inspecter les indications. Le parking est bien là où nous sommes. En bon Français, nous faisons fi du panneau d’interdiction ! On verra bien ! IZONKA n’a qu’à être clair !

Marvao sera une des des plus belles étapes de notre périple et une des plus pittoresques. Ce village est un nid d’aigle, tout proche de l’Espagne, perché sur une éminence de la serra Sao Mamede à 900 mètres d’altitude. En regardant la forteresse, nous ne savons pas où finit la muraille et où commence le rocher.

Nous débutons la visite par le couvent de Nossa Senhora da Estrella, situé tout à côté du parking. Il a été fondé par les Franciscains au milieu du XV° siècle. La porte est ouverte…Nous…N’entrons pas !!!

Un jeune homme handicapé nous barre le chemin et nous interpelle d’un ton peu amène. Il dit quoi ? Il est très ferme, campé sur ses jambes et désigne, d’un index accusateur …Un tas de balayures… Je finis par comprendre : en fait, il balaie la chapelle et nous interdit de marcher dans les balayures. Je le rassure avec un beau sourire… çà suffira à nous faire entrer mais…Pas plus !

En bon cerbère, il livre, fermement, tout un tas de consignes…Nous ne comprenons que « no fotographar ». Bon ben…De toute façon, il n’y a pas grand chose à « fotographar ». Il s’éloigne…Et là…C’est plus fort que moi ! Poussée par le diable, je photographie ! Non mais !!! Le jeune revient et fonce droit sur moi. Ouille !!!

Il me parle à nouveau …Puis me tire par le bras … !?!?…

Intriguée et amusée, je le laisse me conduire, manu militari, dans une pièce voisine. Whaou !!! Magnifique !!! Ce sont les pièces réservées aux dignitaires, totalement conservées dans leur jus, avec, dans les vitrines, les trésors du couvent. Le jeune homme est content. Pour autant, il me montre fermement les vitrines, puis le flacon de produit à vitre…Pas poser les doigts sur les vitrines : je lui indique que j’ai bien compris. Dommage qu’il soit resté avec nous…En partant, je lui montre un kakémono explicatif pour lui demander s’il existe un dépliant. Il part ventre à terre…Et revient avec une plaquette en anglais. Il veut de toute force nous vendre une carte postale en contrepartie du dépliant. Nous refusons et lui proposons 1€ pour la plaquette. Il réfléchit et, finalement, empoche l’euro. Le voici soudain pris de remord…Il nous tend une carte postale que nous refusons à nouveau avec le sourire… Nous avons bien compris : il nous a vendu quelque chose de gratuit et se demande comment justifier l’écart entre la caisse et le nombre de cartes postales. Nous réussissons à force de mimiques à lui faire comprendre qu’il peut garder l’euro ! Eh bien, à notre départ, il n’avait plus rien du cerbère ! Il était devenu un soleil tant il rayonnait !

Nous sommes partis à l’assaut de la citadelle! Les ruelles sont étroites, pavées et glissantes. En cette fin d’après-midi, nous cherchons un cyber et demandons à l’office du tourisme. L’accueil est sans pareil, d’une gentillesse incroyable. L’hôtesse nous indique deux points wifi dont l’un dans un bar. Une bière serait bienvenue…Nous optons donc pour la superbe terrasse du bar, en surplomb de la vallée. Là encore, la gentillesse des personnels nous surprend. Les voici aux petits soins pour nous, proposant leur aide pour la connexion, s’inquiétant de notre confort, multipliant les délicatesses. C’est une exception ??? Eh bien non ! Lorsque nous visitons, le château, les gens que nous rencontrons sont très sympathiques, accueillants.

Vraiment, Marvao est une superbe étape !

Album photos. Evora. Marvao. Cliquez ci-dessous :

Evora. Marvao

Guarda. Bragançà. Lyon. 16 au 22 juin 2014

Nous quittons à regrets la halte paisible de Marvao pour rejoindre Guarda. Nous roulons à travers des pâturages occupés par des blocs de granits de ci de là ; ils nous font penser à des baleines échouées dans des champs de céréales. La N18 après Nisa n’est qu’une suite de virages rapprochés et serrés. Çà tangue pas mal dans le camping-car. Après Castel Branco, la route « tape » beaucoup. C’est l’un des rares tronçons de notre périple qui sera aussi délabré.

Nous empruntons ensuite la N 233 à travers la Vale de Santa Pao et aurons la chance de voir une scène authentique : une charrette attelée d’un âne, remplie de salades et de carottes juste tirées du potager, le tout piloté par un couple tout aussi typique. Rien ne manque : ni les pompons de l’âne, ni le chapeau sur la tête de l’homme, le fichu pour la femme et les inévitables chaussettes. Hélas, impossible de s’arrêter pour un cliché tant la route est étroite !

Nous remarquons que les potagers sont installés sous les oliviers, signe que le soleil tape dur dans la région !

Nous voici à Guarda. La première aire de stationnement est trop loin de la ville. Nous cherchons en vain la seconde et finissons par opter pour une place de stationnement pour voiture sous la ville haute.

Guarda : la gardienne ! Perchée à 1000 mètres d’altitude, elle est la ville la plus haute du Portugal. Le visage du centre ancien est rude, noir à cause de la pierre locale, un granit brun. Elle esymbolise des hivers rigoureux et de la résistance sans relâche à l’envahisseur espagnol. D’ailleurs, si vous faites le tour de la cathédrale en levant les yeux, vous découvrirez vers une échelle de secours, une superbe paire de fesses, au trou largement ouvert et tourné vers l’Espagne en signe de dédain !

Ici aussi la gentillesse est de mise : de la passante nous entrainant vers la cathédrale à travers les ruelles, au quincailler qui nous explique le mode d’emploi des casseroles typiques au tailleur de pierres qui nous captive par le récit de son dur labeur et de la décadence du Portugal. Emus, nous lui achèterons une pierre sculptée contre une photo. Dans mon petit sac à dos, elle vaudra son pesant de…granit !!!

Album photos. Guarda. Cliquez ci-dessous :

Guarda

Nous rallions Bragança pour l’étape nocturne. L’aire de stationnement est surprenante , toute en terrasses, sous les remparts : une belle étape ! Compte-tenu de l’heure, nous remettons la visite au lendemain.

Bien nous en a pris car la lumière matinale est belle ! La vieille ville, ou citadelle, est ombragée de grands arbres et close de murailles. Nous découvrons un vieux village aux maisons blanches encore habitées, un étonnant pilori dont le fût représente grossièrement un sanglier. Bien sûr ici aussi la donjon du château a abrité une princesse prisonnière qui se morfondait derrière les moucharrabiehs de sa fenêtre dans l’attente du retour de son prince, éloigné par le Père intransigeant qui le trouvait indigne de sa chère fille.

Il y a plus passionnant à nos yeux ! Nous investissons le domus ! Ce dernier est l’unique hôtel de ville dans ce genre du Portugal. Il est bien caché derrière l’église et son entrée encore plus dissimulée puisqu’elle se trouve dans l’étroit espace qui sépare le domus et l’église. Le domus est de style roman et témoigne de la puissance passée des franchises communales. Cette grande salle ouverte à tous les vents abritait le conseil municipal. Les marchands venaient ici s’acquitter des taxes diverses. D’étranges figures ornent le haut des murs. Le style est plutôt celui d’une halle… Pourquoi l’avoir installé au premier étage d’ailleurs ??? Tout simplement parce que le rez-de-chaussée abrite une immense citerne d’eau potable. Lors des conflits avec l’Espagne, elle a permis aux habitants de résister à l’envahisseur !

Impossible aussi de résister au musée des masques ! Il y en a de tout type : en osier, en paille tressée, en bois, en peau tannée, en papier, en fer…Avec bien sûr, les costumes en harmonie et tout ce qui permet de piquer les fesses ou pincer les entrejambes masculines. Chaque année, le carnaval de Bragance est réputé pour la qualité des déguisements, l’intensité de la fête et les facéties des carnavaliers ! Derrière le masque tout est permis !

L’église Santa Maria est enfin ouverte…Avec une heure de retard ! Elle abrite un magnifique plafond en bois polychrome, peint en trompe l’oeil et un autel au summum du baroque. Il convient de glisser 1 euro pour déclencher l’éclairage et…De patienter ! L’éclairage est d’abord verdâtre…Beurk …Puis les lampes gagnent en intensité, livrant alors toute la magnificence des peintures aux visiteurs. Près de la porte d’entrée se cache un escalier dérobé qui conduit au balcon de la nef. Nous l’avons emprunté sans hésiter pour être encore plus prés du magnifique plafond afin de profiter de sa splendeur.

On rentre à Lyon par où ??? Hier soir, Jean-Paul envisageait de rejoindre Lyon via Toulouse ; ce matin, il opte pour Pau. Ors, nous sommes attendus vers Montpellier…Regardez donc une carte…A mon sens, se diriger sur Perpignan est plus pertinent. Nous devrons faire au moins une étape en Espagne. Le GPS est réglé sur le camping de Zaragossa. J’attends que la réflexion murisse et se décante…Nous avons subi une véritable « grêle » d’insectes au milieu de l’Espagne qui a duré plus d’une demi-heure…C’était bien la peine de vouloir un véhicule propre !!!

Finalement, l’itinéraire sera Bragançà, Zaragossa, La Jonquiera, Perpignan, Collioure, Roujan (34. merci à Béatrice et Gérard pour leur accueil), Dieulefit puis Lyon.

Album photos. Bragançà. Cliquez ci-dessous :

Bragançà

Roadboak

23 mai après-midi : départ Lyon

24 Mai : Leon ( Espagne)

25 mai : Viana do Castello

26 mai : Braga

27 mai : fin de visite Braga et se rendre l’AM à Guimaraès

28 mai : Porto

29 Mai : Porto

30 mai : Porto

30 mai : Basse vallée du douro

Amarante / Vila Real / Solar de Mateus

31 Mai : Viseu / Aveiro

1 juin : Coimbra

2 juin : Luso Buçàco

3juin : Tomar, Fatima, San Pedro de Moel

4 juin : Batalha/ Nazaré

5 juin : Obidos /Péniche

6 juin : Peniche

7 juin : Ericeira / Sintra/ arrivée Lisbonne

8 au 10 juin : Lisbonne

11 juin : Setubal

estuaire du sado/ Parc Serra Arrabida/ lago San André

12juin : Lagos / Sagrès / Cabo Sao Vicente

13 juin : Portimao / Silvès

14 juin : Faro / Béja

15 juin : Evora / Marvao

16 juin : Guarda / Bragançà

17 juin : Zaragosa (Espagne)

18 juin : Collioure

20 juin : Roujas

21 juin : Roche St Secret

22 juin : Lyon

infos pratiques

Le Portugal est terre  de contrastes entre les bâtiments rénovés à grand frais et ceux en état de délabrement avancé, les zones fortement urbanisées de l’ouest à celles désertes de l’est. Nous avons été souvent irrités par le manque d’informations touristiques ou la mauvaise grâce mise à nous renseigner chez les moins de 50 ans, émus par la gentillesse des plus de 50 ans et leur accueil. Que vous aimiez la plage, la fête, les vieilles pierres, la religion, les endroits intimes ou les belles forêts : vous trouverez tout au Portugal.

Notre périple a été trop rapide à notre goût : en un mois c’est un peu juste.

Côté prix, les camping sont chers, les musées et transports très abordables. La nourriture est simple, à prix correct et les pâtisseries…Divines !

Concernant les visites de monuments, le Portugal a une véritable politique des seniors : n’hésitez pas à demander la réduction.

Camping obligatoire dans les grandes villes : Porto, Lisbonne, Coimbra…Le vol est sport national dans ces villes ! Attention aux sacs, appareils photos et bijoux ! N’empruntez pas les ruelles qui vous paraissent peu sûres. Attention lors des files d’attente notamment celles des transports en commun.

Kms parcourus : 6300 environ

budget GO  : 850 €

budget autoroute : je n’ai pas encore compté ! Pour le moment la facture des « électroniques » portugaise n’est pas arrivée…

Faut-il prendre l’autoroute au Portugal ? NON, le réseau secondaire est bien entretenu et roulant à quelques tronçons près.

Insécurité ? Dans les grandes villes, prendre les précautions habituelles et aller dans les camping. Ailleurs, aucune !

Emmener des vélos ? Franchement, à part être de super cyclotouristes, ils sont inutiles. Le Portugal est très vallonné avec de beaux dénivelés.

Nos livres de voyage : le Guide Evasion « Portugal », un must pour sortir des sentiers battus et les itinéraires insolites en ville et le Routard, guide Gépalémo du Routard (utile plus d’une fois!)

la carte : Michelin 733

Le GPS : fort utile ! Et parfois capricieux …

Internet : dans les cyber ou les bibliothèques mais…souvent à « petit » débit !

Les aires de services et stationnement : à peu près partout. Voir le site http://www.campingcar-infos.com

Quelques prix au Portugal  en juin 2014 :

repas pour 2 en ville ( Porto, Lisbonne, Coimbra) : aux alentours de 11€ ( prata de dias + pain+ bière + café)

Gas oil : entre 1,349 €/l et 1,258€/l

1 litre d’eau minérale : 0,40€

bière (50cl)  : 2€

Les magasins d’alimentation Pingo Doce et Lidl sont ouverts le dimanche toute la journée (pour les imprévoyants).

Les campings de la chaine Orbitur sont à privilégier. Bien que plus chers, ils sont plus propres et mieux organisés que les autres.

CB : pas acceptée partout y compris lorsque le pictogramme est affiché . Renseignez vous avant de vous servir.

Prévoir des petites coupures et jamais de billet supérieur à 20€ : le rendu de monnaie est souvent difficile.

Et si vous pouvez, assistez aux concerts gratuits que donne Luis Peças au monastère de Alcobaça, en général d’avril à septembre, du lundi au vendredi, à 11h et 15 H. Magique et troublant !!!