Evora. Marvao. 15 juin 2014.

Ce billet est dédié à nos amis André et Monique Bonnetat pour les remercier de leur insistance à nous engager à visiter la chapelle des os.

  Ce matin, les chants de tourterelles nous réveillent. Il est encore tôt et, curieusement, la température est devenue acceptable. Je ne peux pas m’empêcher, en quittant le camping, d’interpeler la personne à l’accueil sur la « propreté » des sanitaires. Il se gratte le ventre, puis la nuque, me répond « pas aujourd’hui » avec le sourire ! Les amis, çà se confirme ! Nous avons campé chez « crados et fainéantise » !

En parlant de sale, le camping-car est vraiment peu reluisant côté extérieur. Justement voici une station de lavage acceptant les véhicules hauts. Le tableau de commande est écrit en portugais mais c’est le même que chez nous : lavage, rinçage simple, anti-trace et cire. Nous commençons le lavage…Jusque là, classique : de la mousse. Nous passons au rinçage simple…De l’eau sous pression…Mais quand même…çà mousse un peu… ?!?!…Nous n’insistons pas et enclenchons le rinçage anti-trace….C’est quoi çà ? C’est quoi ce cauchemar ????…De la mousse ! En quantité ! De la mousse haute pression, dense, qui nappe le camping-car !!! Horreur !!!!…Nous vérifions : c’est bien le rinçage anti-trace !!!…Nous revenons au rinçage simple…La mousse part petit à petit mais….La carrosserie, les baies en acrylique sont couvertes de traces. Nous enrageons ! Nous voici donc à essuyer le camping-car avec des microfibres, à verser de l’eau de notre réservoir avec une bouteille sur les baies pour éviter une attaque corrosive qui les abimerait à tout jamais ! Et nous pestons comme de beaux diables !!!! Au bout de trois quart d’heure d’efforts intenses, nous prenons enfin la route d’Evora.

Evora est classée à l’Unesco et, franchement, ceci est mérité. La cité est très belle avec son temple romain, son enceinte médiévale intactes, ses maisons à moucharabiehs et ses arcades.

Evora a abrité la cour du Portugal au XV° et XVI° siècle. C’était un foyer d’humanisme jusqu’à l’arrivée…Des jésuites et de l’inquisition ! Evora deviendra alors la capitale de… l’intolérance et sombrera dans une léthargie profonde !

Un peu pour faire plaisir à nos amis André et Monique, nous cherchons la chapelle des os. Nous avons visité les catacombes de Paris et l’ossuaire de Douaumont donc…Les empilements de squelettes…On connait. Nous sommes même un peu blasés pour tout dire.

Cette chapelle se trouverait sur l’un de côté de la cathédrale. André nous a prévenu : il faut chercher l’entrée, assez mal indiquée. Bon…La cathédrale est en rénovation, bardée d’échafaudages, cachée par des cabanes de chantier. Impossible de pénétrer à l’intérieur ou d’apercevoir un clocher suggérant une chapelle. On a promis donc on cherche ! Nous décidons de faire le tour du chantier et furetons dans les recoins… Là ! Un panneau minuscule, derrière un étal d’artisanat et de bouteilles d’eau. Il indique : « capela dos ossos ». Pas besoin de parler portugais pour comprendre… Nous passons une méchante porte, enjambons un tas de bois …PFF… çà commence bien ! On ne va trouver que des gravas et des trucs crados ! Lorsque …

Nous débouchons dans un déambulatoire bien soigné ! Et au fond, à gauche, l’entrée de la chapelle !!! Nous ne regrettons pas d’avoir insisté ! Au XVI° siècle, 5 000 personnes ont offert des crânes et des tibias pour décorer la chapelle. Ils forment des frises le long des arcs des voutes. A côté de l’autel, il y a même le crâne du Père fondateur ! Lieu absolument incroyable : André et Monique avaient raison !

A 14H30, lorsque nous quittons Evora, le vent s’est levé ; pour autant, la température est de 43° ! Nous décidons de rejoindre le village perché de Marvao pour une halte nocturne que nous espérons fraiche. La route serpente en épingles à cheveux très serrées lorsque nous franchissons les monts puis, elle s’étire en un long ruban d’asphalte lorsque nous rejoignons la plaine. Nous n’en finissons pas de traverser d’immenses champs de céréales…Quelle monotonie ! Ah…Enfin…Nous grimpons !!! Au détour du chemin, nous apercevons Marvao sur un piton rocheux. Vue magique !

Et endroit magique aussi ! Nous stationnons sur le parking camping-car ; en fait : une terrasse arborée, aux emplacements bien délimités, des tables pique-niques, une vue à 180° sur la plaine et tous les services dont…Un panneau d’interdiction de stationner pour les…camping-cars !… ?!?!?… On a loupé quelque chose ??? A pied, nous retournons sur la route inspecter les indications. Le parking est bien là où nous sommes. En bon Français, nous faisons fi du panneau d’interdiction ! On verra bien ! IZONKA n’a qu’à être clair !

Marvao sera une des des plus belles étapes de notre périple et une des plus pittoresques. Ce village est un nid d’aigle, tout proche de l’Espagne, perché sur une éminence de la serra Sao Mamede à 900 mètres d’altitude. En regardant la forteresse, nous ne savons pas où finit la muraille et où commence le rocher.

Nous débutons la visite par le couvent de Nossa Senhora da Estrella, situé tout à côté du parking. Il a été fondé par les Franciscains au milieu du XV° siècle. La porte est ouverte…Nous…N’entrons pas !!!

Un jeune homme handicapé nous barre le chemin et nous interpelle d’un ton peu amène. Il dit quoi ? Il est très ferme, campé sur ses jambes et désigne, d’un index accusateur …Un tas de balayures… Je finis par comprendre : en fait, il balaie la chapelle et nous interdit de marcher dans les balayures. Je le rassure avec un beau sourire… çà suffira à nous faire entrer mais…Pas plus !

En bon cerbère, il livre, fermement, tout un tas de consignes…Nous ne comprenons que « no fotographar ». Bon ben…De toute façon, il n’y a pas grand chose à « fotographar ». Il s’éloigne…Et là…C’est plus fort que moi ! Poussée par le diable, je photographie ! Non mais !!! Le jeune revient et fonce droit sur moi. Ouille !!!

Il me parle à nouveau …Puis me tire par le bras … !?!?…

Intriguée et amusée, je le laisse me conduire, manu militari, dans une pièce voisine. Whaou !!! Magnifique !!! Ce sont les pièces réservées aux dignitaires, totalement conservées dans leur jus, avec, dans les vitrines, les trésors du couvent. Le jeune homme est content. Pour autant, il me montre fermement les vitrines, puis le flacon de produit à vitre…Pas poser les doigts sur les vitrines : je lui indique que j’ai bien compris. Dommage qu’il soit resté avec nous…En partant, je lui montre un kakémono explicatif pour lui demander s’il existe un dépliant. Il part ventre à terre…Et revient avec une plaquette en anglais. Il veut de toute force nous vendre une carte postale en contrepartie du dépliant. Nous refusons et lui proposons 1€ pour la plaquette. Il réfléchit et, finalement, empoche l’euro. Le voici soudain pris de remord…Il nous tend une carte postale que nous refusons à nouveau avec le sourire… Nous avons bien compris : il nous a vendu quelque chose de gratuit et se demande comment justifier l’écart entre la caisse et le nombre de cartes postales. Nous réussissons à force de mimiques à lui faire comprendre qu’il peut garder l’euro ! Eh bien, à notre départ, il n’avait plus rien du cerbère ! Il était devenu un soleil tant il rayonnait !

Nous sommes partis à l’assaut de la citadelle! Les ruelles sont étroites, pavées et glissantes.

En cette fin d’après-midi, nous cherchons un cyber et demandons à l’office du tourisme. L’accueil est sans pareil, d’une gentillesse incroyable. L’hôtesse nous indique deux points wifi dont l’un dans un bar. Une bière serait bienvenue…Nous optons donc pour la superbe terrasse du bar, en surplomb de la vallée.

Là encore, la gentillesse des personnels nous surprend. Les voici aux petits soins pour nous, proposant leur aide pour la connexion, s’inquiétant de notre confort, multipliant les délicatesses. C’est une exception ??? Eh bien non ! Lorsque nous visitons, le château, les gens que nous rencontrons sont très sympathiques, accueillants.

Vraiment, Marvao est une superbe étape !

Album photos. Evora. Marvao. Cliquez ci-dessous :

Evora. Marvao

Guarda. Bragançà. Lyon. 16 au 22 juin 2014

Nous quittons à regrets la halte paisible de Marvao pour rejoindre Guarda. Nous roulons à travers des pâturages occupés par des blocs de granits de ci de là ; ils nous font penser à des baleines échouées dans des champs de céréales. La N18 après Nisa n’est qu’une suite de virages rapprochés et serrés. Çà tangue pas mal dans le camping-car. Après Castel Branco, la route « tape » beaucoup. C’est l’un des rares tronçons de notre périple qui sera aussi délabré.

Nous empruntons ensuite la N 233 à travers la Vale de Santa Pao et aurons la chance de voir une scène authentique : une charrette attelée d’un âne, remplie de salades et de carottes juste tirées du potager, le tout piloté par un couple tout aussi typique. Rien ne manque : ni les pompons de l’âne, ni le chapeau sur la tête de l’homme, le fichu pour la femme et les inévitables chaussettes. Hélas, impossible de s’arrêter pour un cliché tant la route est étroite !

Nous remarquons que les potagers sont installés sous les oliviers, signe que le soleil tape dur dans la région !

Nous voici à Guarda. La première aire de stationnement est trop loin de la ville. Nous cherchons en vain la seconde et finissons par opter pour une place de stationnement pour voiture sous la ville haute.

Guarda : la gardienne ! Perchée à 1000 mètres d’altitude, elle est la ville la plus haute du Portugal. Le visage du centre ancien est rude, noir à cause de la pierre locale, un granit brun. Elle symbolise des hivers rigoureux et de la résistance sans relâche à l’envahisseur espagnol. D’ailleurs, si vous faites le tour de la cathédrale en levant les yeux, vous découvrirez vers une échelle de secours, une superbe paire de fesses, au trou largement ouvert et tourné vers l’Espagne en signe de dédain !

Ici aussi la gentillesse est de mise : de la passante nous entrainant vers la cathédrale à travers les ruelles, au quincailler qui nous explique le mode d’emploi des casseroles typiques au tailleur de pierres qui nous captive par le récit de son dur labeur et de la décadence du Portugal. Emus, nous lui achèterons une pierre sculptée contre une photo. Dans mon petit sac à dos, elle vaudra son pesant de…granit !!!

Album photos. Guarda. Cliquez ci-dessous :

Guarda

Nous rallions Bragança pour l’étape nocturne. L’aire de stationnement est surprenante , toute en terrasses, sous les remparts : une belle étape ! Compte-tenu de l’heure, nous remettons la visite au lendemain.

Bien nous en a pris car la lumière matinale est belle ! La vieille ville, ou citadelle, est ombragée de grands arbres et close de murailles. Nous découvrons un vieux village aux maisons blanches encore habitées, un étonnant pilori dont le fût représente grossièrement un sanglier. Bien sûr ici aussi le donjon du château a abrité une princesse prisonnière qui se morfondait derrière les moucharrabiehs de sa fenêtre dans l’attente du retour de son prince, éloigné par le Père intransigeant qui le trouvait indigne de sa chère fille.

Il y a plus passionnant à nos yeux ! Nous investissons le domus ! Ce dernier est l’unique hôtel de ville dans ce genre du Portugal. Il est bien caché derrière l’église et son entrée encore plus dissimulée puisqu’elle se trouve dans l’étroit espace qui sépare le domus et l’église. Le domus est de style roman et témoigne de la puissance passée des franchises communales. Cette grande salle ouverte à tous les vents abritait le conseil municipal. Les marchands venaient ici s’acquitter des taxes diverses. D’étranges figures ornent le haut des murs. Le style est plutôt celui d’une halle… Pourquoi l’avoir installé au premier étage d’ailleurs ??? Tout simplement parce que le rez-de-chaussée abrite une immense citerne d’eau potable. Lors des conflits avec l’Espagne, elle a permis aux habitants de résister à l’envahisseur !

Impossible aussi de résister au musée des masques ! Il y en a de tout type : en osier, en paille tressée, en bois, en peau tannée, en papier, en fer…Avec bien sûr, les costumes en harmonie et tout ce qui permet de piquer les fesses ou pincer les entrejambes masculines. Chaque année, le carnaval de Bragance est réputé pour la qualité des déguisements, l’intensité de la fête et les facéties des carnavaliers ! Derrière le masque tout est permis !

L’église Santa Maria est enfin ouverte…Avec une heure de retard ! Elle abrite un magnifique plafond en bois polychrome, peint en trompe l’oeil et un autel au summum du baroque. Il convient de glisser 1 euro pour déclencher l’éclairage et…De patienter ! L’éclairage est d’abord verdâtre…Beurk …Puis les lampes gagnent en intensité, livrant alors toute la magnificence des peintures aux visiteurs. Près de la porte d’entrée se cache un escalier dérobé qui conduit au balcon de la nef. Nous l’avons emprunté sans hésiter pour être encore plus prés du magnifique plafond afin de profiter de sa splendeur.

On rentre à Lyon par où ??? Hier soir, Jean-Paul envisageait de rejoindre Lyon via Toulouse ; ce matin, il opte pour Pau. Ors, nous sommes attendus vers Montpellier…Regardez donc une carte…A mon sens, se diriger sur Perpignan est plus pertinent. Nous devrons faire au moins une étape en Espagne. Le GPS est réglé sur le camping de Zaragossa. J’attends que la réflexion murisse et se décante…Nous avons subi une véritable « grêle » d’insectes au milieu de l’Espagne qui a duré plus d’une demi-heure…C’était bien la peine de vouloir un véhicule propre !!!

Finalement, l’itinéraire sera Bragançà, Zaragossa, La Jonquiera, Perpignan, Collioure, Roujan (34. merci à Béatrice et Gérard pour leur accueil), Dieulefit puis Lyon.

Album photos. Bragançà. Cliquez ci-dessous :

Bragançà

Roadbook

23 mai après-midi : départ Lyon

24 Mai : Leon ( Espagne)

25 mai : Viana do Castello

26 mai : Braga

27 mai : fin de visite Braga et se rendre l’AM à Guimaraès

28 mai : Porto

29 Mai : Porto

30 mai : Porto

30 mai : Basse vallée du douro

Amarante / Vila Real / Solar de Mateus

31 Mai : Viseu / Aveiro

1 juin : Coimbra

2 juin : Luso Buçàco

3juin : Tomar, Fatima, San Pedro de Moel

4 juin : Batalha/ Nazaré

5 juin : Obidos /Péniche

6 juin : Peniche

7 juin : Ericeira / Sintra/ arrivée Lisbonne

8 au 10 juin : Lisbonne

11 juin : Setubal

estuaire du sado/ Parc Serra Arrabida/ lago San André

12juin : Lagos / Sagrès / Cabo Sao Vicente

13 juin : Portimao / Silvès

14 juin : Faro / Béja

15 juin : Evora / Marvao

16 juin : Guarda / Bragançà

17 juin : Zaragosa (Espagne)

18 juin : Collioure

20 juin : Roujas

21 juin : Roche St Secret

22 juin : Lyon

infos pratiques

Le Portugal est terre  de contrastes entre les bâtiments rénovés à grand frais et ceux en état de délabrement avancé, les zones fortement urbanisées de l’ouest à celles désertes de l’est. Nous avons été souvent irrités par le manque d’informations touristiques ou la mauvaise grâce mise à nous renseigner chez les moins de 50 ans, émus par la gentillesse des plus de 50 ans et leur accueil. Que vous aimiez la plage, la fête, les vieilles pierres, la religion, les endroits intimes ou les belles forêts : vous trouverez tout au Portugal.

Notre périple a été trop rapide à notre goût : en un mois c’est un peu juste.

Côté prix, les camping sont chers, les musées et transports très abordables. La nourriture est simple, à prix correct et les pâtisseries…Divines !

Concernant les visites de monuments, le Portugal a une véritable politique des seniors : n’hésitez pas à demander la réduction.

Camping obligatoire dans les grandes villes : Porto, Lisbonne, Coimbra…Le vol est sport national dans ces villes ! Attention aux sacs, appareils photos et bijoux ! N’empruntez pas les ruelles qui vous paraissent peu sûres. Attention lors des files d’attente notamment celles des transports en commun.

Kms parcourus : 6300 environ

budget GO  : 850 €

budget autoroute : je n’ai pas encore compté ! Pour le moment la facture des « électroniques » portugaise n’est pas arrivée…

Faut-il prendre l’autoroute au Portugal ? NON, le réseau secondaire est bien entretenu et roulant à quelques tronçons près.

Insécurité ? Dans les grandes villes, prendre les précautions habituelles et aller dans les camping. Ailleurs, aucune !

Emmener des vélos ? Franchement, à part être de super cyclotouristes, ils sont inutiles. Le Portugal est très vallonné avec de beaux dénivelés.

Nos livres de voyage : le Guide Evasion « Portugal », un must pour sortir des sentiers battus et les itinéraires insolites en ville et le Routard, guide Gépalémo du Routard (utile plus d’une fois!)

la carte : Michelin 733

Le GPS : fort utile ! Et parfois capricieux …

Internet : dans les cyber ou les bibliothèques mais…souvent à « petit » débit !

Les aires de services et stationnement : à peu près partout. Voir le site http://www.campingcar-infos.com

Quelques prix au Portugal  en juin 2014 :

repas pour 2 en ville ( Porto, Lisbonne, Coimbra) : aux alentours de 11€ ( prata de dias + pain+ bière + café)

Gas oil : entre 1,349 €/l et 1,258€/l

1 litre d’eau minérale : 0,40€

bière (50cl)  : 2€

Les magasins d’alimentation Pingo Doce et Lidl sont ouverts le dimanche toute la journée (pour les imprévoyants).

Les campings de la chaine Orbitur sont à privilégier. Bien que plus chers, ils sont plus propres et mieux organisés que les autres.

CB : pas acceptée partout y compris lorsque le pictogramme est affiché . Renseignez vous avant de vous servir.

Prévoir des petites coupures et jamais de billet supérieur à 20€ : le rendu de monnaie est souvent difficile.

Et si vous pouvez, assistez aux concerts gratuits que donne Luis Peças au monastère de Alcobaça, en général d’avril à septembre, du lundi au vendredi, à 11h et 15 H. Magique et troublant !!!