Blansko. Skalmi Mlyn. Brno. 22 juin 2017.

Déjà 28° à notre départ à 8H du matin ! Qu’importe ! Nous avons choisi de visité la réserve de Skalmi Mlyn et ses grottes de karst. A partir de Blansko, il suffit de suivre la route, de se garer sur l’immense parking de la réserve puis d’opter soit pour le mini train, soit pour une marche en forêt de 1,5 km pour rejoindre l’entre de la grotte Punkevi. Il est prudent de venir tôt vu la foule déjà présente à 9H sur le parking ! Après 5 immenses salles, nous débouchons sur un lac émeraude situé au fond du gouffre de la Macocha. Profond de 138 mètres, il a été créé par l’effondrement d’une grotte. Puis nous avons navigué sur ma rivière souterraine pour rejoindre le bâtiment d’accueil. Les chauve-souris nombreuses nous ont servi d’accompagnatrices ! Moment magique !

Vu la chaleur, nous visitons Brno en sous-sol ! Un véritable labyrinthe a été édifié sous la place du marché. Ce sont les anciennes caves des maisons où été stockées les vivres au Moyen-Age, où l’on brassait la bière et qui toutes ont été reliées entre elles au moyen de galeries. Très utiles pour la population de Brno, elle étaient aussi équipées d ‘un pilori et d’une « cage-prison ». Les photos sont interdites. Avant la descente, je me suis fait dûment chapitrée en tchèque… Pourquoi moi ? La guide n’a eu de cesse de me surveiller…Pourtant…J’ai désobéi… pour un ou deux clichés ! Et ce sont les adolescentes qui formaient le groupe qui ont été enfermées dans la cage-prison et attachées au pilori ! Et là…Comme par hasard… Photos de la scène permises ! Nous avons bien ri en tout cas !

A Hustopece, Jean-Paul se lance dans une série de manœuvres en camping-car, bien inutiles vu la place disponibles et le peu de campeurs. Il s’énerve pour trouver la place bien plane…Et tout à coup…SCRRRAAAACCCC ! Il défonce un des blocs électriques, casse un feu arrière du camping-car… Alors là ! J’ai pris mes affaires et me suis réfugiée dans le bloc sanitaire. Rien de tel qu’un bon shampoing, longuement savonné pour éviter toute explication avec le gérant et…de servir d’éventuel défouloir !!!

Le temps est à l’orage ce soir !

Album photos. Blansko. Skalmi Mlyn. Brno. Cliquez ci-dessous :

Blansko. Skalmi Mlyn. Brno

Mikulov. Zojmo. 23 juin 2017

La tempête s ‘est déchainée toute la nuit secouant le camping-car dans tous les sens ! A peine croyable, le lendemain matin, le ciel est bleu limpide et le temps calme !

Nous n’avons pas encore goûté aux vins Moraves ! Il serait temps …Aussi, nous rendons à Mikulov, un très ancien village viticole qui entoure le château perché sur une colline, entourée de vignes.

La partie la plus ancienne du château date du XIIIème siècle ; Une autre est de style baroque. Cet édifice a été incendié par les nazis en 1945, après qu’ils l’ait utilisé en dépôt d’oeuvres volées au Louvre et aux grands collectionneurs juifs de France.

Nous profitons aussi longuement du magnifique parc qui l’entoure avant de redescendre vers le village et de pénétrer dans vinothèque. Le gérant est là, inoccupé et…ne fait aucun cas de nous ! Au bout de longues minutes, nous ne sortons de son inertie et demandons des explications sur les vins, s’il est possible de goûter etc… Il est surpris, puis se déride et se lance dans un flot de commentaires…Dont nous avons du mal à saisir l’entièreté ! Nous goûtons les vins primés au salon de Prague : rouges, blancs et rosés. Tous sont de grande qualité et nous n’hésitons pas à acheter une sélection, ainsi que du vin en « vrac », à la tireuse. Notre commerçant en était ahuri…Littéralement ! Peu de touristes doivent acheter du vin ainsi et c’est un tord ! Le vin est très bon, distribué dans une bouteille plastique que le commerçant encapsule de façon hermétique. Un « bon de transport» est fourni avec les bouteilles pour le voyage. A notre tour d’être ahuris !

Znojmo, toute proche de la frontière autrichienne surplombe une jolie rivière : la Dyji. La ville conserve un joli centre médiéval. Nous découvrons que Napoléon est passé par là ! Malgré la beauté architecturale de Znojmo, nous avons vraiment l’impression que toutes les villes tchèques sont construites sur le même modèle : une petite place avec une statue des Saints puis une immense place avec sa colonne de la peste ! Du coup, nous sommes un peu blasés… A moins que la chaleur étouffante nous cause cette lassitude. Tout en appréciant le patrimoine, nous nous interrogeons sur la suite de notre séjour…

Posons nous au camping et faisons le point ! …Euh ??? C’est çà le camping ! Un immense champ de terre avec un bloc sanitaire délabré, des groupes de marginaux avec des chiens, des feux de camp…Nous passons notre chemin, non sans une belle frayeur ! La route passe sous un immeuble. Le passage est étroit et semble bien bas… Passera ou passera pas ??? Jena-Paul avance tout doucement. Je le guide du mieux que je peux en prenant de la hauteur pour mieux estimer…Passe !!!

Et c’est ainsi que nous nous retrouvons au camping 4 étoiles de Vranov nad Dyji, au bord d’un magnifique lac et pour un prix identique au camping de Znojmo !

A 17H30, le thermomètre affiche encore 35° !

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Mikulov. Znojmo

Holasovice. Cesky Krumlov. 24 juin 2017

La route qui nous conduit à Holasovice traverse une magnifique campagne. Nous admirons des champs de fleurs cultivées uniquement pour une marque tchèque réputée de soins bio : Botanicus. De nombreux ruchers nomades sont installés.

Au détour de la route, voici la bucolique Holasovice avec sa mare, ses peupliers et ses belles maisons bien alignées le long de la grand place. Le village de style baroque rural nous séduit immédiatement ! Le village datant du XIIème siècle compte aujourd’hui 120 résidents. La place, longue de 200 mètres, large de 70 mètres accueille une chapelle et une ancienne forge. Devant chaque maison, au fronton agrémenté de la date de leur construction, se dresse un puit équipé d’une pompe en bois.

Nous admirons une ancienne ferme avec des étables et des greniers à blés haut de trios étages. Pour nous restaurer, nous pénétrons dans l’auberge Spejchar U Vojty ; la cuisine, simple et raffinée, ravit nos papilles et l’accueil est très sympathique.

Il n’en est pas de même dans le pré appelé « Stone Hedge ». Il contient de nombreuses sculptures en bois d’accès direct par un chemin ni barricadé, ni interdit à qui que ce soit. Au bout de l’allée des sculpture, nous nous faisons haranguer par une femme qui grimpe la colline en courant. Elle vitupère à gorge déployée et…Nous en comprenons rien ! Sauf que…Nous avons quelque chose qui a déclenché sa colère ! A part çà …. Elle hurle « no foto »…Ah bon ! Parce qu’il y a quelque chose à photographier ? Peut être les billots taillés…Bof !… Pas terrible !… Mais puisque qu’on se fait copieusement agonir d’insultes…On prend une photo ! Na !

Cesky Krumlov est qualifiée de perle de la Bohême tant elle est magique et ensorcelante, lovée dans les méandres de la Vltava, entre les monts Sumava et la frontière de l’Autriche. A dominante médiévale, elle affiche cependant une variété de styles qui se marient agréablement. Le cœur de ville est pavé et piéton ; ce qui ajoute encore au charme de cette bourgade. Nous avons un réel coup de cœur pour cette cité que nous parcourons tout l’après-midi ! La région a connu des rites sataniques jusqu’au XVIIIème siècle. D’ailleurs, la première femme vampire a habité le château de Cesky Krumlov : Eléonore de Schwarzenberg. Schwarzenberg ??? Comme le restaurateur de la chapelle des os à Sedlec ? Celui dont le blason est une tête de mort martelée par un pic vert ??? Peut être bien ! En attendant, Eléonore, de santé fragile et au teint diaphane, demeure une légende. Alentours, 3 squelettes ont été exhumés ; ils ont été enterrés selon le rite vampire : le crâne posé entre les jambes…

Notre journée s’achève au magnifique camping Paradis, tout proche de Cesky Krumlov. Imaginez une grande prairie verdoyante, avec des massifs de fleurs et des arbres magnifiques, une rivière qui coule en bordure…Le plus beau camping du voyage et le plus reposant ! Je me suis même fait un copain ! Un enfant d’une dizaine d’années qui jouait sur une tablette au point wifi me montre mille et une astuces sur Youtube et Facebook ! Belle complicité ! Nous papotons en anglais et rions ensemble un bon moment. Pour sa gentillesse, je lui offre un porte-clé « Tour Eiffel » qui le ravit ! Le Papa, cependant, viendra jusqu’au camping-car vérifier si nous sommes des gens corrects. Un sourire, un échange de mot, une gousse d’ail bien en vue… Non ! Nous en sommes pas des vampires !!! Quoique….

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Holasovice. Cesky Krumlov

En rentrant par la Lorraine. 25 au 28 juin 2017

Le vent est très frais ce matin et le ciel bien gris. Après une si belle étape, Nous décidons de regagner la France en passant par la Lorraine, saluer nos Nancéens favoris ! Pour une fois, nous ne rencontrons quasi aucun bouchon sur les autoroutes allemandes. Après Cesky Krumlov quitté le matin, nous voici cette fin d’après-midi en France, sur le parking du musée de la ligne Maginot, où nous passons la nuit.

Puis nous visitons Sarguemine où il n’y a plus de poterie d’après l’office du tourisme, le lac de Linde à Tarquinpol… Impossible de se garer ailleurs que dans la cour d’une ferme !

A Lunéville, le château propose une magnifique exposition animée par le conservatoire des dentelles et broderies. Nous échangeons longuement avec une dentelière…Hors d’âge !

Puis voici Toul où nous nous approvisionnons en Côte de Toul au Domaine de l’Ambroisie, une étape France Passion à souligner pour la qualité de son accueil et de son vin.

Puis Nancy et une agréable journée en famille et enfin Lyon !

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En rentrant par la Lorraine

Viana do Castelo.

  Le 23 mai 2014, C’est enfin l’heure du départ ! Nous avons rejoint Marie-Pierre au multi-services de St Georges (47) pour la première étape de ce voyage. Effectivement, ce n’est pas la route la plus courte pour rejoindre le Portugal mais nous avions envie de partager un moment avec notre amie ! Alors…çà ne se discute même pas. Grâce à elle, nous avons échangé avec un Portugais qui rentrait tout juste du Portugal. Nous avons tenté d’éclaircir les infos contradictoires sur le paiement des autoroutes portugaises «  automatiques ». D’un côté, les guides touristiques nous disent de louer un boitier de télépayage à la frontière ou à la poste, de l’autre, que notre plaque d’immatriculation sera photographiée à la frontière et l’empreinte de la CB prise pour paiement automatique. Notre Portugais est formel : la deuxième info est la bonne.

Le lendemain, 24 mai 2014, nous quittons notre amie très tôt et atteignons Léon, en Espagne, au bout d’une longue route. Nous serons accueillis par une cigogne au nid et visiterons l’église du quartier pour se dégourdir un peu les jambes. La première chose qui frappe est le côté rococo de l’architecture. C’est clair : style baroque ! La seconde est l’expression de douleur intense sur le visage des statues !

Les supporters d’un match de foot créeront de l’animation jusque fort tard dans la nuit. Pour autant, nous serons les premiers à partir aux premières heures du jour.

L’autovia est longue est monotone jusqu’en Galice ! Ce 25 mai 2014, nous avalons les kms….Jusqu’au moment où…Le GPS propose une alternative qui nous ferait gagner 40 minutes ! On prend c’est évident !

Soudain…Une bonne demie-heure après… le GPS se « réveille » et nous informe : « vous avez un péage sur votre route. Souhaitez vous l’inclure au parcours ? »…Stupeur !…Jean-Paul prend la première sortie et nous faisons le point carte en main. Nous sommes sur une autovia espagnole donc gratuite ; le péage ne peut être que du côté portugais ; la frontière est à 50 Km environ ; L’autoroute portugaise est très chère …Et puis…On voit quoi du pays sur une autoroute ? Nada !

Reprogrammation du GPS et…retour sur nos kms ! Tu parles d’un gain de temps !!! Ce soir, c’est clair, je « trifouille » les entrailles du GPS pour lui interdire de proposer des routes payantes !…

Du coup, nous restons vigilants tout le long du trajet.

Voici la frontière ! Selon les indications de « notre » Portugais, nous devons prendre une file « étranger », aller à une boutique et accomplir les formalités pour le paiement des autoroutes et rocades. Sauf que…à part un panneau carré indiquant « Portugal », il y a …NADA ! Pas de file spéciale et d’ailleurs…Pas de file du tout ! Juste notre route qui continue, normale, banale…Pas de boutique particulière…Et si on se fait prendre sur une route « automatica », c’est l’amende assurée. Çà commence bien le Portugal !

Nous nous garons sur le parking permettant le stationnement nocturne à Viana do Castelo, proche de la ville historique et du pont Eiffel.

Viana est à la fois un port de pêche et un port de plaisance. Le centre ancien regorge de palais et de vieilles demeures parées d’azulezos, ces céramiques typiques jaune et bleu.

Alfonse III a créé la ville en 1258 par regroupement des petits bourgs alentours. Du XV° auXVIII° siècle, les pêcheurs de Viana partent pêcher la morue au large de Terre-Neuve, tandis que les navigateurs commercent. Toutes ces activités passées marquent la ville : ici, une statue portant un caravelle, là une riche maison d’armateur…

Santa Luzia, du haut de son belvédère, nous nargue.

Nous cherchons et finissons par trouver le funiculaire ! Quel moment ! C’est le plus long du pays. Il s’élève de 160 mètres sur un parcours de 650 mètres ! Çà grimpe dur !!! Quelle vue époustouflante en haut. Dans la basilique, une messe est en cours. Nous faisons discrètement une photo et quittons l’office. Tiens…Un marchand du temple ?…Non ! Un étal de produits typiques : chorizo doux et fort, jambons secs, saucisses qui ressemblent à des figattelus, cerises. Nous nous laissons convaincre par la gentillesse du vendeur et rejoignons le camping-car chargés de chorizo et cerises… Illico, je trifouille les entrailles du GPS un œil sur le parking.

PFF… Re Pffff…« Tu crois qu’on passe la nuit là ? Il n’y a plus que 2 camping-cars étrangers, le portugais vient de partir. Çà tourne pas mal ! Les voitures nous frôlent. » Jean-Paul tente de négocier …Je reste intraitable : «  JP, ce plan je ne le sens pas ! Des couples viennent en voiture, restent dedans malgré le soleil et repartent au bout de 20 minutes ! Je le sens pas du tout! » Depuis le temps que nous bivouaquons un peu partout, que nous voyageons hors sentiers battus, Jean-Paul fait confiance à mon instinct. Nous plions tout et décampons pour rejoindre notre étape du lendemain : Braga.

Album photos. Viana do Castello. Cliquez ci-dessous :

Viana do Castelo

Braga. 26 mai 2014.

  Après la traversée d’une forêt d’eucalyptus impressionnants par leur hauteur et leur taille, nous nous installons au camp municipal de Braga. Un brin vétuste, ce camping est proche de la ville historique et l’accueil est sympathique.

En guise de réveil matin, le champ des tourterelles…C’est mieux que le parking de Viana !

Fondée par la tribu des Celtes des Bràcaros, la ville sera la capitale de la Galice à l’époque romaine. Encore aujourd’hui, elle fête, pendant une semaine, la Braga Romana. Chacun se déguise en romain et des échoppes s’installent dans les rues piétonnes.

Les Suèves s’emparent de Braga au V° siècle et en font le cœur du royaume des Wisigoths. Braga sera ensuite occupée par les Musulmans puis redeviendra chrétienne en 1040. Henri de Bourgogne lui redonne alors son rang de capitale du christianisme et fait bâtir la Sé, autrement dit la cathédrale. Les archevêques gouvernent la ville depuis le palais épiscopal. Au XVI° siècle, l’archevêque Diego de Sousa décide d’embellir la ville et créée des places avec des fontaines, des hôpitaux, transforme les églises et les palais. Enfin, au XVIII° siècle, André Soares, architecte de renom, achève l’embellissement de Braga…Enfin…Avec son style bien particulier : la rocaille ! Pas sûr que nous ayons les mêmes goûts !

De bon matin, nous prenons le bus puis le funiculaire pour rejoindre la via sacra et l’igreja (l’église) de Bom Jesus. A mi-course, au moment du croisement des cabines, le funiculaire stoppe brutalement !…Allons bon : une panne ?…çà tient bien ?…Il y a quoi comme sécurité ?…En fait, le conducteur de notre cabine discute tranquillement avec celui de l’autre…Notre panne est…Un besoin impérieux de commenter je ne sais quoi avec le collègue !!! Et le papotage dure…5 bonnes minutes !

Sur l’esplanade, nous découvrons une grotte de la dévotion style rocaille (!!!), l’église, présentée comme la réalisation la plus extravagante du baroque portugais, et un gigantesque escalier à double rampe, orné de statues et de fontaines. Présenté comme le grimpe-vers-dieu les plus exubérant du Portugal, il a été construit en 1723, en 88 ans et compte 600 marches.

Tiens…une balance ! Précise, elle indique, pour les hommes comme pour les femmes, le poids idéal en fonction de la taille et de la tranche d’âge. Bien vu !…sauf qu’elle ne sert pas uniquement à se peser ! Elle va de paire avec la montée des marches de l’escalier ! L’ascension de ce dernier est ponctué de stations, comme un chemin de croix. Le pèlerin monte, à genoux, d’abord l’escalier des cinq sens, où il fait le vœu de renoncer aux plaisirs terrestres. Sur la première volée, se trouve la fontaine de la vue, sur la seconde, celle de l’ouie avec la statue du roi David, sur la troisième, la fontaine de l’odorat avec les statues de Noé et Sulamite, sur la quatrième, la fontaine du goût et sur la cinquième, la fontaine du toucher, avec les statues de Salomon et Isaac.

Ensuite, le pèlerin prend, toujours à genoux, l’escalier des trois-vertus qui l’incite à acquérir les vertus théologiales : foi, espérance, charité.

Au terme du trajet, toujours à genoux, le pèlerin achète son pesant de cierges, d’où la balance anti-triche, et ensuite seulement pénètre dans l’église néo-classique.

Faut être convaincu ! D’autant que les pavés qui recouvrent les marches d’escalier et l’esplanade sont pointus à souhait !!!

Nous nous sommes contenté de descendre l’escalier…évidemment sur nos…Pieds !

Une curieuse maison couverte de moucharabiehs attire notre attention : la casa dos crivos. Construite au XVII-XVIII°, elle est typique des maisons qui rappellent l’Afrique du Nord. Les jalousies étaient imposées par une mentalité religieuse stricte : les femmes pouvaient regarder la rue mais…sans être vues ! Comme quoi !

De l’Igreja Santa Cruz au Palacio do Raio, en passant par l’Igreja do Populo et l’antigo paço episcopal et son jardin, nous atteignons la Sé ! Hérissée de pinacles à l’extérieur, elle est austère à l’intérieur, si ce n’est l’orgue double aux tuyaux « en chamade ». Sa charpente est bien visible. Par endroit, un plafond peint recouvre les poutres, notamment sous l’orgue et dans le cœur. Attention : photo interdite !!! Un cerbère monte la garde..Et il n’est pas commode !…Du coup, avec un plaisir évident et non dissimulé…Nous avons pris 3 photos !!!

Nos premières impressions : beaucoup d’églises de style baroque rococo, des statuts de saints présentant toutes les mimiques de la douleur, de beaux bâtiments et des immeubles dans un état de délabrement avancé…La gentillesse des portugais qui trouvent toujours un mot de français pour nous renseigner.

Ces impressions se confirmeront-elles au fil des jours ?

La rencontre de Braga : François !

François est arrivé sur son vélo tractant une remorque. Il était accompagné d’une femme plus jeune que lui, elle aussi en vélo. François est âgé de…78 ans ! A la suite de deux AVC, il a enfourché le vélo et depuis parcours les route seul ou en compagnie de cyclistes rencontrés lors de ses périples. Sa remorque pèse 60 kg. Il vient de pédaler pendant plus de 5 000km ! Nous avons discuté un bon moment dans la bonne humeur. Rendez-vous est pris pour le festival des aventuriers de Tonnay-Charente mi octobre ! François est en effet « voisin » : il habite Royan. Et pour fêter notre rencontre, j’apporte le champagne ! Bonne route François !

Demain : monastère de Tibaés et Guimaraés.

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Braga

Portugal : 1éres impressions.

  L’heure : une heure de moins qu’en France hiver comme été !

Le coq est omni présent ! Il est décliné sous toutes les formes, toutes les couleurs, toutes les tailles. Classique, design, rococco, il orne toute sorte d’objet !

Son histoire : à Barcelos, pour clouer le bec de son juge, un homme, condamné à mort à tort , remarque un coq grillé sur la table de son juge. Bravache, il prédit qu’au moment de son exécution le coq se ranimerait et chanterait lorsqu’il serait pendu. Incroyable ! Au moment de la pendaison, le coq a repris vie et a chanté !

Gustave Eiffel a construit cinq ponts dans la région en plus de celui de Port. Il a cependant pris un super « râteau » ! A Barcelos toujours, un paysan lui prédit que son ouvrage ne résisterait pas aux crues de l’hiver. Eiffel, méprisant, lui rétorque que si le pont s’écroule il se faisait fort de mettre le fleuve dans ses bottes. Les crues ont malheureusement embarqué une partie du pont. Chaque fois que le paysan a croisé Eiffel, il lui a demandé si ses bottes étaient déjà sèches !

La météo : pour le moment, une alternance d’un beau soleil, frais le matin et chaud, voire lourd l’après-midi, à un crachin que jalouserait un breton !

La route : beaucoup de portions en travaux, étroite parfois, sinueuse. De belles forêts d’eucalyptus aussi. Difficile de se retrouver entre les routes « automatiques », les routes à péage « physique », le trop plein d’ indications parfois.

Les prix : très corrects. Tous les produits, de première nécessité, notamment la nourriture sont moins chers qu’en France.

Les marchés : bien achalandés. Beaucoup de bancs de poissons, poulpes, calamars, de viande traitées en salaison, de fruits tel oranges, néfles, cerises très juteuses.

La morue : « bacalhau »

Les Portugais ont 365 manières de la préparer ! Ils ont « le rêve pour vivre et la morue pour survivre ». En fait, la morue n’est autre que du…cabillaud séché ! Elle était pêchée à Terre-Neuve, lors de pêches miraculeuses qui nourrissaient les Portugais au fils des siècles. Ils l’ont élevée au rang de plat national ! Aujourd’hui, les réserves canadiennes sont épuisées ; la morue vient de Norvège !

Pour le moment, nous avons mangé des boulettes de morue grillées : bon, fin en bouche, pas gras du tout.

Le Porto : anglais indéniablement car les compagnies appartiennent aux Anglais. Pour l’instant, nous avons dégusteé du très bon. Rien à voir avec celui vendu en France…Plus cher aussi !

Le vin : nous avons fait confiance à une Mémé épicière qui nous a conseillé le « Adega Grande » et le « Leziria ». L’Adega rouge est tannique, un peu « raide » mais bien acceptable. Le Leziria est en attente de dégustation.

Vinho verde : on en a horreur donc…

Les Portugais : toujours prêts à rendre service mais pas toujours en souriant. Très souvent, ils nous laissent nous empêtrer dans un sabir anglo/italiano/portugais et nous répondent en français, sans accent. Pour le moment, nous nous contentons de « por favor », « abregado » et « bon dia », et utilisons le français.

Monastère de Thibaès. Guimaraés. 27 mai 2014.

  Impossible de trouver les coordonnées exactes du Monastère de Tibaes ! Nous prenons donc la direction de la bourgade où j’avais vu un panneau indicateur…Le monastère est à 5 Km de Braga ; pourtant nous roulons depuis plus que çà. Renseignement pris, nous sommes presque arrivés !

Le monastère bénédictin a été fondé au XI° siècle, puis modifié du XVII° au XVIII°. Il a été restauré quasi de fond en comble. Une pure folie ! Actuellement, les jardins et le domaine alentour sont en restauration.

Après le cloitre, aux plafonds à caissons de bois et azuleros bien conservés, nous pénétrons dans la féérie de l’église et de la sacristie, puis parcourons les appartements privés du prélat en chef.

Une photo dans le miroir qui permettait aux moines d’ajuster leurs soutanes (coquetterie?) et hop, nous débouchons dans les jardins, grimpons un escalier rococo pour rejoindre une petite chapelle et un lac perdus dans les bois….Histoire de se reposer les yeux !

Album photos. Thibaès. Cliquez ci-dessous :

Thibaès

  A Guimaraes , nous nous garons derrière le palais de Ducs de Bragance. Nous pensions passer la nuit sur ce parking…Il est désormais interdit de 21H à 7H ! Nous rejoindrons donc Porto après la visite de la ville.

Guimaraes est l’ancien berceau du royaume ainsi qu’en témoigne son cœur médiéval. Après avoir pris possession du fief de « portugale », Henri de Bourgogne et sa femme Thérésa s’installent dans le château. Vers 1110, nait leur rejeton : Afonso Henriques, futur roi du Portugal.

Guimaraes est classée au patrimoine mondial de l’Unesco… Bof ! Est-ce parce nos yeux étaient fatigués par Tibaes ? Est-ce parce que nous comparons avec Pérouges ? Nous avons trouvé la réputation de Guimaraés surfaite.

Nous reprenons la route pour rejoindre le camping Orbitur Madalena à Vila Nova de Gaia, toute proche de Porto. Comme à l’accoutumée, nous « interdisons » au GPS de prendre les routes payantes. Sur la rocade de Porto…Bingo !…Fais comme des rats !…Pris dans la nasse !… Nous voici face à un portique de péage ! Impossible de faire demi-tour ! Il faut avancer ! Le portique est équipé d’une caméra et ne délivre aucun ticket. Ce qui nous attend en sortie ? Des ennuis ! Il faut obligatoirement un télépéage !!! Sinon : amende !!!

La mort dans l’âme, nous nous arrêtons sur l’aire de service et cherchons une astuce auprès de l’employée de la station service. Sauf qu’elle parle portugais, uniquement portugais et…Pas nous ! Serviable, elle appelle une collègue à la rescousse. Cette dernière nous rassure. Nous pourrons quitter la rocade et, dans les 5 jours, nous rendre chez CTT (la poste portugaise) pour régularisation. OUF ! Lorsque nous quittons la station en sa compagnie, elle nous souffle : « si vous ne faites rien, peut être personne ne vous trouvera ». Ah !?!?…

A la sortie de la rocade, aucun dispositif de détection, aucun portique …Donc…Comment les « autorités » vont-elles savoir la portion prise pour la régularisation ?

Nous arrivons au camp et demandons à l’hôtesse qui nous indique de nous rendre à la Police…pour régulariser !

Pour le moment : APERO !!! Nous allons dormir dessus et nous aviserons demain !

Album photos. Guimaraès. Cliquez ci-dessous :

Guimaraès

Porto. 28 au 30 mai 2014.

  Au fait : au Portugal, il est une heure de moins qu’en France, hiver comme été ! Après le déluge de pluie de la nuit, le ciel se calme et le soleil réapparait. C’est par le bus que nous rejoignons Porto. Autant dire qu’il vaut mieux avoir digéré le petit déjeuner avant de monter à bord. Le bus bringuebale sur les pavés, se faufile dans de minuscules rues à vive allure, accélère brutalement et freine…Tout aussi brusquement ! A plusieurs reprises, nous avons cru que le chauffeur accrocherait l’angle d’un mur ou serait obligé de plier les rétroviseurs pour passer…Même pas ! Quelle dextérité !

Première démarche …Pas la police !…Nous estimons que puisque nous n’avons trouvé aucune gare de sortie sur notre parcours, nous ne devons rien payer ! L’hôtesse de l’office de tourisme, mitoyen avec la police, nous confirme qu’il n’existe pas de péage urbain autour de Porto, et de Lisbonne. De plus, elle nous fournit la liste des autoroutes « automatiques », celles où le télépéage est obligatoire sous peine d’amende. Comme çà, on les évitera.

Porto est très vallonnée. Nous avons passé la journée à monter raide ou descendre de façon abrupte ! La ville est plaisante, toute en contrastes : colorée sur les quais, joliment rénovée ici, et, absolument délabrée là.

Par exemple, la Sé (cathédrale) tant vantée. A l’extérieur, les azulejos du cloitre sont restaurés, l’esplanade refaite entièrement ainsi que les murs de la cathédrale. A l’intérieur…Alors que nous étions vers le choeur, silencieux pour respecter le recueillement de deux dames, qui semblaient en prière, l’une d’elle dit : « Au lieu de passer leur temps à genoux à prier, ils feraient mieux de faire la poussière et de passer le plumeau ! Ce « truc » ne vaut pas la peine d’une photo tellement il est crasseux ! » Nos deux dames n’étaient autre que des Françaises outrées par la négligence à l’intérieur de la cathédrale ! Nous partageons leur analyse hélas ! Tous les décors baroques sont recouverts d’une épaisse gangue de poussière !

Un peu d’histoire : à l’époque romaine, existaient deux villes, chacune d’un côté du Douro, le fleuve qui baigne Porto. Les Maures, en 711, unifient les deux et créent Porto, qui deviendra catholique en 870. Très vite, son importance commerciale est indéniable. La ville développe les chantiers navals, se remplit de soldats. La population se prive pour nourrir tout ce monde là d’autant que les bœufs sont réquisitionnés. Elle en est réduite à manger les abats, d’où le surnom de « tripeiros » (mangeurs de tripes) et la création de la spécialité locale : les tripes à la mode de Porto !

Vers 1700, les vins de Porto sont principalement exportés vers l’Angleterre. De ce fait, très vite, les Britanniques achètent les vignes, créent des compagnies viticoles, contrôlent la production du vin à leur avantage. La réglementation est tellement sévère qu’elle génère une émeute : la révolte des ivrognes !

Ceci explique, en partie, l’anglicisme des termes liés au porto. Il convient aussi de se rappeler que le roi d’Angleterre avait mis l’embargo sur les vins français au XVII° siècle. Les Anglais se sont donc rabattus sur le Porto, d’où les qualificatifs anglais : dry, tawny, late bottled vintage…

Après avoir admiré la salle des pas perdus de la gare de Sao Bento, couverte d’Azulejos, parcourus mille et une rues le nez en l’air, traversé le pont Eiffel, une dégustation de porto est la bienvenue ! Nos critères : une cave ancienne, authentique autant que possible, pas trop de cars de touristes, une visite en français et un accueil sympa…Nous optons pour la cave Graham’s datant de 1820. Mais avant…çà se mérite ! Notre cave ne se situe pas en bord de Douro comme les autres, mais sur la colline ! Quelle grimpette ! On n’en voyait pas le bout !!!

Nous apprenons que les vignobles sont situés dans la haute vallée du Douro. Ils s’étagent en terrasses si étroites que seule une rangée de cep tient. Impossible de travailler mécaniquement ! De même de foulage des grappes se fait essentiellement à jambes d’hommes pour éviter d’écraser les pépins de raisin qui donneraient de l’amertume au vin. Cependant, un fouloir est en test. Il reproduit par des sortes de « pistons » la pression des pieds d’un homme de 80 kg. Les vignobles du Douro sont dit stressés : très froids l’hiver, très chauds l’été, poussant sur un sol aride et caillouteux. Pour avoir les nutriments nécessaires, les racines des ceps s’enfoncent à plus de 40 mètres dans la terre.

Le porto est un assemblage de quatre cépages : rouge pour le porto rouge et blanc pour le porto blanc….Pan sur le bec !…Encore une fausse information dans nos esprits : le porto blanc n’est pas blanc à cause de son très grand âge mais à cause des raisins blancs qui servent à le réaliser !

Selon, la qualité recherchée, le jus est vieilli en petits tonneaux, en barriques ou en foudres, pendant un nombre d’années différent aussi. Le précieux liquide s’évapore de 2% chaque année : la part des anges.

Graham’s est une compagnie appartenant à la même famille depuis l’origine ; les employés, l’oenologue travaillent en son sein de génération en génération : une vraie dynastie familiale ! Graham’s est aussi le fournisseur officiel de la cour d’Angleterre.

N’étant pas amatrice de Porto, je peux cependant vous dire que nous sommes tombés sur…Du bon ! De l’excellent même ! Rien à voir avec ce que nous connaissons chez nous : ce porto liquoreux et très sucré. Quelle merveille la dégustation !

Le temps de faire quelques courses dans une minuscule épicerie, tenue par une vraie Mémé, trop heureuse de discuter avec des français, de promouvoir un vin portugais que nous finirons par acheter (bien bon au demeurant), nous voici dans le bus de retour.

Au camping, l’hôtesse a dit de descendre à « Madalena » . C’est le terminus de la ligne. Jean-Paul a cependant un doute lorsque le bus passe vers les campings. Je reste ferme : « elle nous a dit Madalena et il n’y a pas qu’un seul camping ». Le chauffeur nous jette un coup d’oeil de temps autre dans le retro…Terminus !…Euh…çà ne ressemble pas à ce matin…C’est où le camping ?

Le chauffeur, questionné, se prend la tête à deux mains, se lamente prenant la « santa madona » à témoin. On peut peut être aller à pied ?…Re-incantations ! Il nous fait signe de grimper à bord. Nous obtempérons en pensant qu’il va nous montrer une carte …Pas du tout ! Il débraie son système d’identification, nous ordonne de nous assoir et…Fonce pied au plancher à travers les petites ruelles pour…Nous déposer…Devant le camping ! Et repartir tout aussi à fond vers son terminus !!!

Eh oui ! Cette fois, nous avons fait fort avec les transports en commun : détournement de bus à notre seul avantage !!!

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